‹ Commentaires sur les lois du Bas-Canada; ou, Conferences de lEcole de Droit liée au collége des RR.PP. Jesuites; suivis dune notice historiqueChapitre 10 sur 102 · SI · texte numérisé non relu

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subdivisions qui s'y rattachent, toutes hé variétés du délire intellect v>l et moral, tel q-1' 'é jusque à ce jour. Ainsi me en a été déjàfaite d'après Esquirol dans la Bévue de Wollmvslii, la fureur, qui a été si longiems confondue arec ta manie, "•'•/, n'est qu'un symptôme commun à toutes les affections mentales, et la mélancolie ou monomanie, que le législateur n'a point distinctement classée parmites variétés de la folie, exprime le c de cette espèce d'altération mentale dans laquelle le délire est partiel et circonscrit. Dans la manie, les facultés de l'entendement sont boulever s>' es : elles sont opprimées ou éteintes dans la démence et /'imbécillité. Dans la monomanie, au contraire, c'est le principe affectif qui e?l lésé 7 il y a désordre de la volonté. Mais le libre arbitre peuf être détruit aussi bien, soit que le désordre mental se révèle par un'! lésion de la faculté pensante, soit que le défaut origine dans la partie affective de l'être. Si une délirante passien s'empare d'un individu et gouverneses actes, il peut y avoir encore jugement, mais jugement opprimé et sans 'puissance d'impulsion. La liberté est détruite dans les deux cas. L'homme esfiéne vivante et harmonique unité. Il n'est pas possible, a dit Herd>r. de morceler Pâme comme Médéefit du corps de son frère. H faut que l'âme se montre dans sa pUine existence. Il n'y a rien en elle deparliel ni de fragmentaire. Lui oter un seul de ces merveilleux ressorts qui la constituent, c'est l'empêcher de remplir sa fin, car c'est lui enlever un de ses modes nécéêsaires d'activité. Il est entre les facultés intellectuelles un principe de '. connexité qui ne permet pas de les isoler. Perception, mémoire, association des idées, jugement, y a-t-il rien là qu'on puisse fractionner ? Peut-on, sons délibérer, pratiquer les

contrais, les transactions même les plus élémentaires? et

peut-on délibérer, quand une seule des facultés précitées est en état de perturbation } Sait-on ce que c'est que délibérer ?. . . un psycholoL us le dire. Délibérer, dit Damiron, est un

acte d'intelligence, acte complexe et multiple, dans lequel, si on roulait, il serait aisé de retrouver tous les modes de la pensée. — C'est iin fait maintenant acquis que s'il n'y a pas volonté sans intelligence, nil volitum qiiin prsecognitum, la réciproque est vraie, et il n'y a plus intelligence, du, moins active, dès qu'il n'y, a plus volonté. Xe serait-il pas étrange que le principe affectif ou volontaire étant lésé chez un individu, le principe intelligent conservât néanmoins son mode normal d'activité : que l'homme qui est esclave par la volonté, fût libre par l'esprit ?

Mais que dire, si celui qu'on croit atteint, raisonne avec justesse sur une série de sujets ? — Que peuvent penser des juges, dit à cela Pinel, en entendant raisonner arec justesse un homme atteint de manie raisonnante ; et qui cependant déchire ses habits? La réponse est simple. Ils devront prononcer son interdiction ou annuler les actes qu'il aura souscrits sous l'empire de cette disposition ànvmale, . , . car cet individu appartient à cette ca-

iégone d'aliénés qui conservent en apparance, un jugement calme et sain, malgré le désordre de leurs actions ; il n'en sont p>as moins des aliénés.

Ainsi la médecine moderne a cru assigner son vrai caractère au phénomène tout d'abord inconcevable que présenterait V exercice régulier de l'intelligence au sein de mmivemens désordonnés et de d </lira ni es passions. Sous avons analysé ses prétentions, sans examiner ici si elles sont fa vorables à la morale, et si elles ne créeraient point une sorte de destin en fait de mauvaises actions, car, il ne faut point se le dissimuler, la question de l'interdiction n'est pas la plus importante qu'elles touchent : généralement adoptées elles changeraient radicalement une partie majeure de ta jurisprudence criminelle, (*) sans l>\ conflit naturel de la magistrature et de la faculté de médecine. M. Sa case t juge à Bordeaux, a adopté les données de la faculté : mais ce n'est là qu'un exemple isolé ; et quoique que la magistrature soit bien sujette à s'exagérer son rôle de résistance, tant qu'une doctrine physiologique n'a pas obtenu V adhésion du sens commun, et la, consécration de l'évidence, le pouvoir judiciaire, pour lequel tout doit être certain, rigoureux, irrécusable, est légitimement sur ses gardes. Tant que la médecine légale, ou plutôt la médecine mentale ne sera pas arrivée aux termes de ses analyses, de ses évolutions et de ses recherches. — qu'elle ne se sera pas reposée dans la certitude, on ne doit pas se promettre de voir les tribunaux lui faire le sacrifice de leurs hésitations et de leurs doutes- Nous voyons clairement que la médecine moderne argumente du cas de V absence de volonté à celui du défo.ut de délibération, m.ais ce que la psychologie peut ne pas voir si clairement; c'est que la physiologie ait suffisamment prouvé que les passions détruisent absolument le volontaire, preuve rigoureuse qui doit être lepoint de départ dans cette dispute.

Pour ne pas paraître changer abruptement de sujet, puisqu'il a été plusieurs fois question des interdits dans ces Considérans, nous allons parler des personnes non usantes de leurs droits, et en dernier lieu, des vices qui, dans les contrats, détruisent ou diminuent le consentement, contrairement à ce que nous nous proposions dans une conférence précédente.

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