‹ Commentaires sur les lois du Bas-Canada; ou, Conferences de lEcole de Droit liée au collége des RR.PP. Jesuites; suivis dune notice historiqueChapitre 100 sur 102 · L'AFFAIRE ST. ALBANS · texte numérisé non relu

L'AFFAIRE ST. ALBANS

A Médéric Lanctot écr., Rédacteur-en-Chef de V Union Nationale.

Mon cher monsieur, — Puis-je user de votre feuille pour relever l'injustice qu'on fait à M. Lamothe et l'opprobre dont se couvre le comité de police de la municipalité en paraissant servir sans aucune nécessité ni à propos ]a passion de personnes vraiment trop intéressées et qui auraient dû garder le silence.

Je reviendrai probablement, si vous me le permettez, sur la question qui agite maintenant le public ; mais mon but immédiat, dans la communication d'aujourd'hui, n'est que de dénoncer au public les contradictions flagrantes qui se trouvent dans la déposition de M. Carter devant un tribunal tout nouveau : le comité de police de la Corporation ! ! M. Carter ne nie pas avoir dit à M. Lamothe qu'il devrait rendre les argents dans le cas de la décharge des accusés, mais seulement il insinue que cela devait s'entendre du cas où ils seraient déchargés sur le mérite — distinction après tout plausible, mais que certainement il aurait du. faire dès lors à M. Lamothe, car elle ne sautera nullement aux yeux d'un homme qui n'est pas de la profession ; aussi la conversation alléguée de M. Carter justifie-t elle pleinement le chef de police nonobstant cette distinction technique qu'on vient faire, après coup ; elle ne pouvait venir à l'idée de M. Lamothe. M. Carter termine néanmoins sa déposition en disant que Mr. Lamothe n'a point agi légitiment en remettant l'argent sans aucun ordre. Le croira-t-on, quand M. Carter, repond qu'en ce pays, à la différence de P Angleterre, les Juges n'ont point le droit de donner d'ordre tant que l'accusé n'a point été convaincu ! Eh bien ! malgTÔ tcelte déclaration, que V Ordre de ce matin a enregistrée

à bon droit, il ne craint pas de nous dire qu'il a soufflé au juge de ne point donner d'ordre [c'est-à-dire un ordre que le juge n'avait pas le droit de donner ! ] et que le dépôt n'a pas été légitimement remis sans ordre !

Notez bien aussi que Mr. Carter n'a pas pu préciser quel est le devoir des officiers quant à garder les argents ou effets, ou à les restituer à cause de la différence qui existe entre notre loi et celle d'outre-mer.

En aitendant la solution de questions plus importantes encore, je me souscris

Votre dévoué serviteur,

Maximilien Bibaud.

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