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Revenu peu à peu à mes instincts de curiosité,, j'interrogeai mon voisin qui avait été un des premiers à rire de ma déconvenue. J'étais bien à l'Institut des Lois.
Le but de cette soirée, était une réédition du procès u Sickles " fameux procès qui, il y a deux ou trois ans, excita au plus haut point l'intérêt de la première société de Washington. Enfin les procédés de la séance commencèrent, le solennel : Oyez ! Oyez ! Oyez ! la Cour va commencer fut prononcé avec touîe l'éloquence dont il est susceptible. Et la lecture de la nomination des officiers eut lieu. MM. F. X. A. Trudel, A. Brunet et T. C. A. Desjardins étaient les juges dont l'aspect m'avait d'abord frappé. Je fus très content de me trouver en pays de connaissance. M. J.-Bte. Vallée avait la charge de Greffier et MM. G. Doutre et O. Perrault occupaient, le premier pour la poursuite et le dernier pour la défense. Alors lecture fut faite du Réquisitoire contenant les faits de la cause tels que présentés par la preuve et l'avocat de la poursuite commença son adresse au Jury,
Il n'entre pas dans mon but, M. le Rédacteur, de faire une appréciation détaillée de ce travail. Il est suffisant que je puisse dire que M. Doutre a bien rencontré l'attente de son auditoire et a réussi non seulement à l'intéresser mais à l'instruire par les nombreuses recherches qu'il s'était imposées pour apporter des autorités à Pappui de ses arguments. Ce jeune monsieur paraît avoir de grandes tendances pour les travaux sérieux. M. Perrault lui succéda et eut aussi sa part de succès. Il sut si bien faire mirouelter les circonstances atténuantes devant le fait principal qu'il décida le jury, qui n'était autre que l'auditoire, à confirmer le verdict rendu en premier lieu par le jury américain. Enfin tes juges, après " mûr examen" firent leur charge aux jurésj les éclairant sur les questions qui auraient pu les embarrasser et attirant leur attention sur les points principaux de la cause.
Qu'il me soit permis de dire que ces MM. s^ao quittèrent bien de leur tâche, si bien que je me pris à regretter qu'ils eussent encore à faire neuf à dix ans de pratique comme avocats avant que les Cours de justice les eussent réellement pour juges. Il y avait peut-être un peu d'égoïsme dans ce regret.
M. l'abbé Fabre, l'ami par excellence des jeunes gens, et le3 RR. MM- Lavallée, curé de S te, Julienne, et Lamarche, de l'Evêché, qui avaient honoré cette assemblée de leur présence, furent invités à parler. Ils félicitèrent hautement l'Institut de son but, de ses tendances et de ses travaux. Ils témoignèrent combien cette soirée leur avait été agréable sous tout rapport. Ces MM. étaient bien certainement l'interprète de tout l'auditoire.
Ce genre d'exercice adopté par l'Institut des Lois produira de bons fruits pour ses membres, en les familiarisant d'avance avec la pratique de la profession à laquelle ils aspirent. Il est à espérer qu'il ne s'arrêtera pas en si bon chemin et que de nouveaux travaux donneront encore lieu à de nouveaux succès.
Un Auditeur.
Extrait du Pays,
Nous apprenons que M. Eugène Fontaine, de St. Hugues, a été admis à la pratique du Notariat à la dernière séance de la Chambre des Notaires du. District de Beaubarnais, après un examen qui lui a valu les félicitations de Messieurs les examinateurs de cette Chambre. {1).
(1) M. H. N. Raby, avait été admis par la Chambre de Montréal en juin. Un des examinateurs, M. Archambault, apprenait sans surprise qu'il avait suivi les cours de l'Ecole de Droit, car son xamen laissait voir chez lui une précision qu'on n'avait point rencontrée depuis longtemps dans les réponses.
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Extrait de l'Ordre.
Nous avons appris avec plaisir l'admission au barreau de notre confrère et ami, M. Joseph Royal, Rédacteur en chef de VEcho du Cabinet de Lecture. L'examen qu'il a subi hindi dernier lui fait le plus grand honneur. Interrogé tour à tour par MM. Day et Bélanger, il a répondu avec une fermeté et une précision dont nous le félicitons sincèrement.... M. Royal est porteur du Diplôme de l'Ecole de Droit de M. Bibaud. Il a étudié sous MM. Cartier et Pomminville ; puis, dans ces derniers tems, sous M. J. A. A. BeUe> Professeur de Procédureà l'Ecole de Droit.
Extrait du Herald.
A Spécial Session. — On monday evening the law students heid a term of Court of Queen's Bench in the St. Jean-Baptiste Hall. The Court was presided over by Mr. Cyrille Boucher, Mr. de Bellefeuille and Mr. Guenette. Mr. Léfèbvre acted as Clerk of the Crown, and Mr. Loiselle as cryer of ihe Court. The gentleman who occupied the position of prisoner, was a médical student named Gaston Diva who was charged with breaking into a churchyard, in the Parish of Longue Pointe, and stealing a dead body therefrom. The prosecution, was conducted by Messrs. Laurier and Joseph, and the défense, by Messrs. Valois and Bouchard. The whole of the proceedings were conducted with the utmost décorum, and the trial had every appearance of being quite as serious a matter as it pretended to be> A jury was swora in, and several witnesses examinée, and the four leamed gentlemen who acted as counsel addressed the Court and jury in a most éloquent manner, exhibiting great powers of reasoning, and knowledge of the subject of which they were speaking. Their speeches could hardly bave been more caiefully put together had the issue
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joined m the case concernée! ihe prisoner at ihe bar much more nearly than it did. The honorable judges also behaved with great dignity and discrétion, and the case, having occupied from half past seven unlil eleven o'clock, was terminated by the jury returning a verdiet of a not guilty."
The Hall was crowded, and many had to go away witbout being able to obtain admission. A great number of ladies and many eminentmembers of the Bar were présent, arnong whom we noticed Mr. Cherrier, Q. C, the Hon. Mr. Chauveau, Q. G., and Mr. Bibaud LL. D.; also his Worship the Mayor, (1) who after the proceedings were over, complimented the gentlemen who had taken part^ on the able manner in which the trial had been conducted.
Extrait de la Minerve.
La salle de l'Institut Canadien Français ne pouvait contenir, lundi dernier, la foule qui s'y pressait. On allait avec empressement assister au simulacre d'une de ces luttes si intéressantes dont les cours de justice sont journellement le théâtre. En effet, un procès criminel devait y être plaidé suivant toutes les formes requises. Après quelques paroles de MM. Bourgoin et Doutre, les juges s'assirent majestueusement sur leurs sièges, les avocats parurent, revêtus de leurs longues robes, le crieur fit silence, les jurés furent assermentés et l'on se trouva en pleine cour criminelle. Un jeune étudiant en médecine était accusé d'avoir volé un cadavre dans le cimetière de la Longue-Pointe. MM. Laurier et Joseph étaient les avocats de la poursuite, MM. Valois et Bouchard défendaient l'accusé. Quelques uns des plaidoyers furent certainement remarquables et parurent intéresser vive-
nt) On remarquait aussi dans l'auditoire le Docteur Meilleur" yi\ÏQ Chanoine Fabre et plusieurs autres membres du Clergé.
ment l'auditoire. Les juges étaient MM. Boucher, Je Bellefeuille et Guenette ; ils se sont très bien acquittés de leurs devoirs. Disons, en un mot, que cette soirée fait honneur à l'Institut des Lois, espérons qu'il voudra bien nous faire passer encore à l'avenir des heures aussi agréables. M. Cherrier, invité à prendre la parole, lit en termes éloquents Pêloge de l'Institut et de quelques-uns de nos premiers avocats. M. Chauveau et M. Bibaud dirent aussi quelques mots appropriés à la circonstance.
Allocution du Professeur Bibaudr à la Séance Publique de ï Institut des Lois, le 10 Nov. 1S62.
Messieurs de l'Institut des Lois. — Je dois, sans hésiter, me rendre à votre invitation, parce que, s'il ne me venait pas quelques paroles à l'occasion de ce soir, cela parlerait peu en ma faveur. Mais de quoi vous parlerais-je ? -Ce ne sera pas, bien que mon opinion soit bien formée assurément, do la grave question que vous avez débattue ; je ne veux pas empiéter sur le rôle des jurés et de la magistrature ad hoc que l'Institut a nommée. Je voudrais toujours, quelle que lût cette mienne opinion, m'incliner, comme il convient ici, devant la maxime du Palais: res judicata jtro veritate acci^ p-itar !
Ce sur quoi je veux parler, c'est la forme de vos exercices, et sur ce point, je ne puis qu'applaudir, puisque moi-même, à l'Ecole de Droit, j'ai pris l'initiative du genre de séances que nous avons vu ce soir. Mais ce qui devrait me peiner beaucoup, c'est d'avoir à faire des admissions, dont après tout je fais mieux de prendre mon parti, puisque les hommes d'esprit pourraient bien me devancer; je dois donc avouer que cette mienne séance était or--