‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 106 sur 276 · ROSE ROUGE · texte numérisé non relu

ROSE ROUGE

La Rose de Damas, également asiatique, plus colorée, plus odorante que la Rose à cent feuilles, offre d'ailleurs une composition chimique et des propriétés semblables. On la cultive en grand dans un village des environs de Paris, d'où son nom de Rose de Puteaux. Elle fleurit une grande partie de l'année, et est appelée, à cause de cela, Rose de tous mois ou Rose des quatre saisons.

La Rose de Damas subit les mêmes préparations et sert exactement aux mêmes usages que sa congénère, à laquelle elle est supérieure en fragrance et en richesse d'huile volatile.

ROSE rouge ou ROSE DE PROVINS, Rosa Gallica^L.; Rosa Milcsia^

Pline. — llOSACÊES-ROSÉES.

Angl. French or red Rose. — Ail. Essigrose.

La Rose rouge habite la France et le sud de l'Europe.

Composition. — L'analyse des pétales a donné à Cartier les résultats suivants : huile volatile, matière colorante, tannin, acide gallique, matière grasse, albumine, sels de potasse solubles, sels calcaires insolubles, silice et oxyde de fer.

Action physiologique et usages. — Les pétales de Rose rouge possèdent des propriétés légèrement styptiques en rapport avec la présence du tannin et de l'acide gallique. Ils agissent donc comme astringents et aromatiques. On les a vus parfois produire des effets laxatifs dus probablement en pailic à l'excitation causée sur la muqueuse intestinale par les substances astringentes et à l'action réfléchie sur les fibres contractiles du tube digestif.

Les Roses rouges ontété vantées par les Arabes et quelques modernes comme un excellent remède contre la phthisie, parce que, sans doute, elles tonifient, refrènent le mouvement fébrile, et diminuent le flux intestinal, les sueurs et jusqu'aux sécrétions pulmonaires ou bronchiques. On les emploie comme astringentes, pour l'usage externe, dans la leucorrhée et quelques autres affections.

Modes d'administration et doses. — A l'extérieur, on emploie la décoction de feuilles, ou mieux de pétales de Rose en lotions, lavements et injections uréthrales ou vaginales.

La Tisane de Rose rouge se prépare par infusion de 10 grammes de pétales dans un litre d'eau.'

Le 1 in rosat et le Vinaigre rosat sont obtenus par la macération de 120 grammes de Rose rouge sèche dans un litre de véhicule. Ce sont de bons astringents qu'on peut employer en injections, en les étendant de six à huit fois leur quantité d'eau.

Le Sirop dr Rose rouge est peu usité. Jl en est autremenl du Mellite ou Miel rosati qu'on prescrit journellement à la dose de 30 grammes dans '200 grammes d'eau, comme gargarisme astringent, dans 1rs angines inflammatoires et pultacées.

La Conserve de Rose rouge est, comme les préparations précédentes, ira astringent léger et très-agréable, assez employé dans l'atonie de l'appareil digestif et la diarrhée séreuse, à la dose de 2 à k et 8 grammes par jour. Elle sert aussi d'excipient à d'autres médicaments.

îsose trémière ou passe-rose, Althœa rosea, Gav. ; Alcea rosea, L. — Malvagées.

Angl. ffollykock. — AU. Stockrose, Roseneibisch.

Le Codex recommande les fleurs de cette magnifique Mcdvacée comme un succédané de celles de la Guimauve et de la Mauve sylvestre. Les racines ont été également employées pour remplacer celles de la Guimauve (voy. ce mot).

rosier sauvage, églantier sauyage, Rosa canina, L. —ROSA- CÉES-ROSÉES.

Angl. Dog-Rose. — Ail. Hundrose.

Le Rosier sauvage fait l'ornement des buissons et des haies dans toute l'Europe. Ses fleurs sont consommées à titre de Roses pâles, mais c'est particulièrement pour ses fruits ou Cynorrhodons qu'il figure au Codex,

Composition. — D'après Bilz, les Cynorrhodons contiennent : huile volatile, huile grasse, tannin, sucre incristallisable, myricine, résine solide, résine molle, cellulose, albumine^ gomme, acides citrique, malique et sels organiques et minéraux.

Action physiologique et usages. — La chair des Cynorrhodons est acide, styptique et légèrement sucrée. Elle devient plus douce et comestible lorsqu'elle a subi l'influence de la gelée. Récoltés avant leur parfaite maturité, les fruits de Y Eglantier sauvage sont plus après et plus astringents; c'est alors qu'on les soumet aux préparations pharmaceutiques. On en fait une sorte de conserve recommandée dans la diarrhée et l'atonie intestinale. Elle est nutritive, rafraîchissante et sert de véhicule à d'autres médicaments.

En Allemagne, on mange une confiture de fruits de Rosier sauvage, servie ordinairement comme assaisonnement de la viande rôtie.

rue, Ruta graveolens, L. — Rutacées.

Angl. Common or garden Rue. — Ail. Gemeine Raute. La Rue, spontanée en France et dans le sud de l'Europe, est cultivée dans nos jardins.

Composition. — L'analyse de Mahl donne les résultats suivants : huile volatile, extractif amer, chlorophylle, matière végéto-animale particulière, acide malique, gomme, albumine, amidon et ligneux.

V huile volatile, d'un jaune pale, possède un goût amer-acre. Elle est un peu plus soluble dans l'eau que les autres essences ; c'est le principe actif de la plante.

V extractif très-amer est insoluble dans l'alcool et l'éther. Il exerce égale-

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