SAXIFRAGE
Salicine est invariablement transformée en acide salicylique, et les insectes qui se nourrissent d'écorce de Saule produisent, dit-on, cette métamorphose.
C'est, d'ailleurs, une substance d'une amertume forte et franche, jouissant de propriétés toniques analogues à celles de la Quinine, sans avoir au môme degré l'inconvénient d'irriter l'estomac. La Salicine est absorbée et s'oxyde dans la circulation ; on la retrouve dans l'urine à l'état d'hydrure de salicyle [acide salicylique, C14H604).
On l'emploie comme succédané du sulfate de Quinine, auquel elle est inférieure, surtout en puissance antipériodique. C'est néanmoins un tonique qui n'est pas à dédaigner dans la dyspepsie, la débilité générale avec anémie, dyscrasie et cachexie, et môme dans la lièvre intermittente. Elle se donne en poudre, à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes dans du pain azyme, ou bien dissoute dans une infusion aromatique. On dit son action plus rapide quand elle est administrée simplement en poudre.
Duhalde et Halmagrand l'ont associée au cyanoferrure de sodium, et prescrivent des pilules de 20 centigrammes du sel double, comme équivalent de 10 centigrammes de sel de Quinine.
Action physiologique et usages. — L'écorce du Saule blanc est un amer astringent dont les propriétés sont dues à la présence du tannin, et principalement à celle de la Salicine. Son action physiologique se confond par conséquent avec celle de son principe immédiat.
L'écorce de Saule est employée en poudre et en décoction, soit à l'extérieur, comme astringent, sur des plaies, des contusions, etc. , soit à l'intérieur, en qualité de tonique dans les troubles digestifs, les états de langueur et de débilité consécutifs aux maladies aiguës, dans les hémorrhagies, les flux muqueux; en qualité de fébrifuge, dans les fièvres intermittentes vernales, automnales et palustres; enfin, à titre d'anthelminthique.
La poudre d'écorce de Saule se donne à la dose de 2 à h grammes, et la décoction se prépare avec 30 grammes d'écorce pour 500 grammes d'eau : à prendre depuis deux cuillerées jusqu'à une verrée chaque fois,
saxifrage (GRANDE) ou boucage, Pimpinella magna, L. —
Ombellifères.
Angl. Saxifraga, Stonebreak. — - Ail. Steinbrech.
Le Pimpinella magna est une Ombellifère indigène qui habite les bois humides. La variété à fleurs blanches donne la racine de Saxifrage blanche; la variété à fleurs roses donne la Saxifrage noire des officines.
Composition. — Sa racine, qui est la partie usitée, contient un suc bleu, soluble dans l'alcool. L'analyse de Bley lui assigne pour composition : huile volatile, résine, acide benzoïque, huile grasse, albumine, sucre, fécule, extrac tif, acides acétique et malique, ligneux.
Action physiologique. — Les racines des deux Boucages sont stimulantes et toniques; mais ces qualités existent à un degré plus élevé dans celles
de la petite Boucage (Pimpinella Saxifraga), qui ont une odeur forte, une saveur amère, et contiennent beaucoup plus d'huile essentielle.
La grande Saxifrage est employée comme astringent tonique, stomachique et stimulant, contre les catarrhes, l'angine glanduleuse, la laryngite chronique, la paralysie de la langue.
On se sert particulièrement de la petite Boucage pour masquer l'odeur et la saveur déplaisantes du Séné et de la Rhubarbe.
La dose de ces racines est de 2 grammes, en poudre, et de h à 8 grammes, en infusion,
scabiEuse, Scabiosa succisa, L. — Dipsacées. Angl. Field Scabious. — AH. Ackerscabiose.
Différentes espèces indigènes du genre Scabiosa, sont employées en médecine comme amères et dépuratives : ce sont les Scabiosa arvensis, S. sylvatica et S. succisa. Celle-ci, la seule mentionnée au Codex, joint à l'amertume commune aux trois espèces un certain degré d'astringence. De même que ses congénères, elle est estimée dépurative, sudorifique, et usitée comme telle dans les affections dartreuses avec déterminations morbides vers l'un ou l'autre tégument. En outre, ses propriétés légèrement styptiques l'ont fait employer contre la leucorrhée, l'amygdalite et les ulcères atoniques.
scammonée d'alep. Gomme-résine du Convolvulus Scammonia, L. — Convolvulacées.
Angl. Scammony. — Ail. Scammonien.
Le Convolvulus Scammonia habite les haies et les buissons, en Grèce et dans l'Asie Mineure.
Composition. — La racine de ce Liseron, analysée par Marquart, contient : résine, cire, convolvuline, gomme, amidon, extractif, ligneux et sels. La résine, la cire, et une partie de la gomme sont contenues dans le suc laiteux des vaisseaux laticifères, lequel doit, en conséquence, être considéré comme la source de la Scammonée, dont voici la composition, d'après les analyses de Bouillon -Lagrange et Vogel, et de Marquart : résine, cire, extractif, gomme, amidon, bassorine, gluten, albumine, cellulose et sels.
La résine, décolorée par le charbon, est une substance inodore et à peu près insipide, bien qu'elle soit le principe actif de la Scammonée. Elle est soluble dans l'éther et l'essence de térébenthine.
Action physiologique. — La Scammonée est un purgatif puissant et même drastique, ayant toutefois l'inconvénient d'être inégal dans ses résultats, non-seulement à cause des falsifications dont il est l'objet, mais encore en raison des conditions individuelles, variées, qu'il rencontre. On attribue son défaut d'action à la présence d'une couche épaisse de mucus, tapissant et protégeant la muqueuse digestive contre son impression irritante (Pereira). Il est difficile de concevoir la muqueuse intestinale couverte partout d'une épaisseur