SCAMMONÉE D'ALEP
de mucus assez grande pour la garantir absolument du contact de la matière purgative; j'aime mieux admettre l'absence des sécrétions alcalines, bile et suc pancréatique, capables de dissoudre la résine, et de réaliser ainsi les conditions indispensables à son action physiologique. La Scammonée, comme les autres résines ou gommes-résines, comme l'Aloès, a probablement besoin de la salive et des sécrétions hépatique et pancréatique pour agir sur l'intestin ; mais, une fois commencée, son action s'accroît nécessairement par l'hypcrcrinie réflexe qu'elle excite du côté du pancréas et du foie.
Un fait singulier a été remarqué par Rayer et par Willemin, c'est que des doses plus élevées de Scammonée ou de sa résine purgent moins que des doses plus faibles. Deux circonstances peuvent l'expliquer : ou bien une masse plus grande de gomme-résine ne trouve pas dans les premières voies de quoi se dissoudre, ou bien elle excite l'irritation inflammatoire jusqu'à ce point, de supprimer la sécrétion intestinale, ainsi que cela se passe dans beaucoup de phlegmasies.
Usages. — La Scammonée convient parfaitement aux sujets dont les entrailles sont inactives et torpides, fort mal au contraire à ceux qui soulfrenl d'une irritabilité ou d'une phlogose des voies digeslives. Elle rend particulièrement de bons services chez les enfants, à cause de son insipidité et de la petite quantité qu'il en faut pour les purger convenablement. On l'associe fréquemment aucalomel, pour obtenir une purgation forte, et à quelques minoratifs, quand on ne recherche qu'un effet cathartique modéré.
Pour en assurer l'action, il serait peut-être utile de faire prendre concurremment une certaine quantité d'une préparation alcaline; cependant Rayer a trouvé que cette addition ne rend pas l'effet purgatif plus marqué. La Scammonée est employée dans la constipation opiniâtre et dans les affections vermineuses, spécialement chez les enfants. En qualité de purgatif hydragogue, elle est un agent de la médication résolutive dans les maladies cérébrales ou thoraciques, pulmonaires et cardiaques, et dans les hydropisies.
Modes d'administration et doses. — La Scammonée se donne en poudre, à la dose de 50 centigrammes à 1 ou rarement 2 grammes, enfermée dans du pain azyme, dans de la confiture ou simplement délayée dans du lait.
La résine de Scammonée se prescrit à la dose de 40 à 60 centigrammes, en potion, dans du lait sucré, et aromatisé d'essence ou d'eau de Laurier-cerise (Planche), ou sous forme de savon et de sirop vanillé. Le savon de résine pourrait être remplacé par un mélange de Scammonée et de savon médicinal.
On en fait une teinture alcoolique au dixième, et une sorte de sirop de Punch additionné de celte solution normale, à raison de 3 grammes, par exemple, pour 30 grammes de sirop, ce qui représente 30 centigrammes de substance active (Lepage). On prépare aussi des biscuits purgatifs à la Scammonée (Meynet), des pilules hydragogues composées (Champouillon), et une poudre antiarthritique purgative, qui se prend à la dose de 2 h 5 grammes.
La Scammonée entre dans VElectuaire Diaphœnix, qui est un cathartique
assez énergique, et par là dans la Potion purgative et le Lavement purgatif des peintres.
Insérée dans un coing qu'on faisait cuire pour corriger l'âcreté du purgatif, la Scammonée prenait anciennement le nom de Diagrède.
Sceau-DE-salômotc, Polygonatwn vulgare, Desf. — Asparaginêes. Angl. Salomon's Seal. — AU. Salomonssiegel.
Le Sceau-de-Salomon, commun dans les bois sablonneux, a joui d'une grande réputation contre les affections goutteuses et rhumatismales. Il est maintenant inusité.
Cependant sa racine et son fruit, ce dernier surtout, jouissent, d'après Schrôder, de propriétés émétiques. La racine était employée comme astringente, en application topique pour empêcher le retour des hernies après leur réduction, et comme vulnéraire sur les contusions et les plaies. Les Russes la prennent encore, à la dose d'environ 2 grammes, comme préservatif de la rage.
Son eau distillée a servi de cosmétique.
SCHCENANTUE DE L'INDE, Andropogon Schœnanthus, L. — Graminées.
Angl. Lemon grass.
Pereira soupçonne que trois espèces ont été confondues sous le nom (V Andropogon Schœnanthus : le Schœnanthe d'Amhoine, celui d' Arabie et Y Andropogon citratum, DC. , auquel se rapporte indubitablement, selon lui, la plante indienne appelée Lemon grass par les Anglais. De Candolle est le premier qui ait remarqué l'odeur de citron exhalée par un Andropogon très-voisin de l'A. Schœnanthus, et qui se soit servi de ce caractère pour distinguer ces deux variétés d'un môme type. Cette odeur ressemble aussi à celle de la Mélisse officinale ou Citronnelle. Elle est due à une huile volatile qu'on extrait par la distillation, et qui nous vient de Ceylan, Bombay et Madras, sous le nom de Lemon grass oil. Cette essence, d'une odeur mixte de rose et de citron, s'appelle en parfumerie, essence de Verveine, parce qu'en effet elle rappelle la fragrance spéciale du Verbena triphyllos.
Le Lemon grass est employé comme diaphorétique, au début des rhumes, dans les Indes orientales et en Amérique, où il a été introduit depuis longtemps. Ce sont les feuilles dont on fait usage en infusion théiforme. Dans l'Inde, on se sert aussi des pétioles succulents, pour donner une agréable odeur à de certaines pâtisseries [curry, plur. curries).
A la Martinique, on ne sait pourquoi, cette plante passe pour vénéneuse et abortive.
SCHtENANTHE OFFICINAL ou SCHOËftANTHE ARABIQUE, Andropogon lanigerum, Desf. — Graminées.