SCILLE
Angl. Camel's hay Straw; siveet smelling Rush. Cette Graminée couvre les deux Arabies.
Elle possède une odeur aromatique et des propriétés stimulantes et diaphoniques en rapport avec la présence d'une huile volatile. On l'administre à la dose de 2 à U grammes, en infusion théiforme.
Elle entre dans la Thêriaque et le Mithridate.
SCILLE, Scilla maritime^ L. — Liliagées.
Angl. Sea Onion, officinal Squill. — Ail. Meerzwiebel.
La Saille maritime habite les rivages de la Méditerranée, en France, en Algérie, en Espagne et en Sicile.
Composition. — D'après les analyses de Vogel, Tilloy, Buchncr et Marais, on peut considérer les bulbes de Scille comme ayant la composition suivante : matière volatile et acre, principe amer particulier {scillitine), résine, mucilage, gomme, sucre liquide, tannin, cellulose, citrate, tartrate et phosphate de chaux, avec quelques autres substances de peu de valeur.
La matière acre est probablement volatile, bien que cela soit contesté, car les bulbes perdent en partie leur âcreté par la dessiccation, et Athanasius a pu tuer un chien avec 60 grammes d'eau distillée de Scille fraîche. L'amertume attribuée à cette matière appartient, selon "Wittstein, à un autre principe.
La Scillitine (Vogel) est cristallisable, hygrométrique (Tereira la dit trèssoluble dans l'eau), déliquescente et insoluble dans l'eau (Bouchardat), trèssoluble dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique, neutre aux papiers réactifs; d'un goût d'abord fortement amer, puis douceâtre (Pereira), ainsi que cela s'observe dans plusieurs glycosides.
La Scillitine est le principe actif de la plante. D'après les expériences de Marais et Gosselin, elle est toxique à la dose de 5 centigrammes, et produit une vive inflammation de l'appareil digestif, même à une dose moindre. Elle agit d'abord sur l'estomac comme vomitif et purgatif violent ; le narcotisme survient ensuite, et la mort semble avoir lieu par la paralysie du cœur. Appliquée parla méthode endermique, la Scillitine agit plus rapidement et se montre presque exclusivement narcotique. Un lapin est tué en trente-sept minutes, et un chien en moins d'une heure et demie.
Dans la cuticule des écailles du bulbe, on rencontre de nombreuses rophides de phosphate ou d'oxalate de chaux.
Action physiologique. — A doses modérées, la Scille excite des nausées et des vomissements, rarement de la diarrhée. En plus petite quantité, elle ne donne lieu qu'à un accroissement de sécrétion des muqueuses bronchique et gastro-intestinale, ainsi que des reins, ou, à leur défaut, du tégument externe. L'action diurétique est la plus prononcée et la plus constante, mais elle est d'autant moins manifeste que les effets éméto-cathartiques sont plus intenses. Ccsparticularités ont reçu plusieurs explications, suivant l'idée qu'on s'est faite du mode d'action du médicament. Voici comment nous interprétons les phé-
nomèncs. La Scille agit principalement sur les premières voies, et, selon la dose, elle donne lieu, soit à un simple malaise gastrique, accompagné seulement d'un peu de nausée, soit à des évacuations par le haut ou par le bas. Dans le premier cas, les sécrétions aqueuses des reins, ou accidentellement de la peau, se trouvent accrues; dans le second, cette hypercrinie ne se produit pas à cause de la puissante dérivation qui se fait du côté du tube digestif. En d'autres termes, l'impression faite sur la muqueuse gastrique est le phénomène primitif et fondamental, les autres symptômes sont secondaires et dérivent du premier par sympathie ou action réflexe. Pour se rendre compte de la diurèse, il n'est pas besoin d'invoquer le passage des principes de la Sciile à travers les glandes uropoiétiques. Nous en dirons autant de la diminution de fréquence du pouls, qui est réelle, mais qui s'observe indépendamment de toute cause spéciale, chaque fois qu'il existe des nausées et des vomissements.
Ce n'est pas à dire pour cela que les principes actifs de la Scille ne puissent être absorbés : ils le sont sans doute quelquefois, seulement la clinique ne nous enseigne pas encore à discerner les symptômes dus à leur présence dans le sang, de ceux qui se rattachent à leurs effets locaux sur l'appareil digestif. Toutefois on retrouve, dans le tableau de l'empoisonnement par la Scille, quelques traits qui rappellent les résultats des expériences de Gosseliu et Marais. A dose excessive, la Scille agit comme un poison acre qui devient indirectement narcotique ou stupéfiant. Les symptômes qu'elle produit sont des vomissements, des évacuations alvines, des coliques, la strangurie, des urines sanglantes, le refroidissement, une sueur visqueuse, des convulsions, la torpeur, le coma, et la mort. A l'autopsie, on constate une violente inflammation, et parfois la gangrène de l'estomac et des intestins.
Substances synergiques, auxiliaires. — Les agents de la médication émélique sont synergiques de la Scille pour son action sur l'appareil digestif comme pour ses effets diurétiques. Comme stimulant direct de la sécrétion urinairc. elle aurait des analogues dans la Digitale et le promure de bolas-
Surstacsces antagonistes. — Antidotes. — Les antagonistes de la Scille sont ceux des autres émétiques et des poisons acres, à savoir : les aromatiques, les eaux acidulés gazeuses froides, et, par-dessus tout, les opiacés. Ceux-ci en doivent être considérés comme les antidotes.
Usages. — La Scille est peut-être le plus efficace des diurétiques. Elle est employée comme telle dans les hydropisies dépendant d'une affection du cœur ou d'une dyscrasie, quand il n'existe aucune complication irritative ou inflammatoire du côté des organes digestifs. Elle agit de même quand on se borne, suivant la recommandation de Van Swicten, à obtenir la nausée, sans aller jusqu'au vomissement, parce qu'alors, conformément à nos idées, l'irritation sécrétoirc se porte vers le rein. La grande quantité d'eau soustraite au sang appelle l'absorption périphérique, et l'anasarquc se réduit ou disparaît par ce