‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 12 sur 276 · AMANDES A MÈRES · texte numérisé non relu

AMANDES A MÈRES

Propriétés physiologiques. — Les Amandes amères doivent leur vertu à leur huile essentielle et à l'acide cyanhydrique, dont les propriétés sont d'ailleurs fort analogues. L'essence est un poison sensiblement aussi violent que l'acide prussique médicinal. Outre sou odeur agréable, elle possède un goût amer et Acre. Un stylet trempé dans celte essence et porté sur la langue produisit instantanément, chez B.Brodie, une souffrance singulière aucreuxde l'estomac, accompagnée de faiblesse des membres et de perte de contracliiité musculaire. Des doses croissantes amènent des nausées et des vomissements, quelquefois des évacuations alvines, un tremblement général et une éruption d'urticaire à répétition, si la guérison a lieu ; ou bien des contractions convulsives, l'insensibilité, la perte de la parole, le coma et la mort.

Elle s'oxyde dans la circulation ("Wôhler et Frcrichs, Mitscherlich), et se retrouve dans l'urine à l'état d'acide hippurique.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les substances végétales qui renferment la même essence que les Amandes amères, ainsi les amandes d'un grand nombre de fruits de Rosacées, les fleurs de quelques espèces de ceite famille, les feuilles du Cerasus Lauro Cerasus, peuvent remplacer les Amandes amères. L'acide cyanhydrique agit dans le même sens.

Les composés chimiques qui entravent les oxydations, tels que l'acide arsénieux ou les antimoniaux , les circonstances quelconques qui diminuent l'hématose, sont des auxiliaires pour l'essence d'Amandes amères.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — Les antagonistes dynamiques sont les stimulants et toutes les conditions favorables à l'activité respiratoire.

Les antagonistes chimiques sont ceux de l'acide cyanhydrique (voy. cemotl

Ces différents agents ou moyens sont donc incompatibles avec les Amandes amères ou son huile essentielle, et doivent être exclus d'une formule dont elles font partie.

Usages. — Les propriétés calmantes de l'essence et de l'acide cyanhydrique, que la fermentation développe dans les Amandes amères, font employer assez souvent l'émulsion de ces dernières, soit à l'intérieur, dans les affections des voies respiratoires et la dysménorrhée douloureuse, soit à l'extérieur, dans les maladies cutanées irritantes. On ne s'en sert plus contre les fièvres intermittentes.

Modes D'ADMINISTRATION et doses. — On n'ajoute pas plus de trois ou quatre amandes amères à l'émulsion d'amandes douces dans le looeh blanc du Codex,

Le lait d'amandes, usité en lotions sur la peau, pourrait, sans inconvénients, en renfermer davantage.

Les Amandes amères s'emploient en poudre ou en pâte, associées aux amandes douces, pour remplacer le savon lorsque la peau est irritable, et spécialement dans l'eczéma des mains.

Elles se prescrivent plus souvent en émulsion ou en sirop connu sous le

\k SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

nom d'orgeat. Celui-ci est fréquemment employé comme rafraîchissant et calmant dans les inflammations des voies gônilo-ur inaires.

Ni l'essence ni l'eau distillée ne sont usitées parmi nous : la première, à cause de son inconstance; la seconde, parce qu'elle est économiquement remplacée par l'eau distillée de laurier-cerise.

ama^ms liVPOBS'. Semences de Y Amygdalus communis, var. dul-

CÏS, L. — KOSACI.ES-ÂMYGDAl ÉES.

Angl. Siveet Âîmomds. — Ali. S Os se Mandrin.

Composition. — I es Amandes douces contiennent plus de la moitié de leur poids d'huile lixe, de l'essence et quelques autres principes, sans trace

d'amygdaline.

Propriétés physiologiques. — Elles constituent un aliment respiratoire et un agent de la médication émolliente. L'huile qu'elles renferment en abondance étant d'une digestion difficile, produit des troubles gastriques et des évacuations alvines.

Usages. — Les amandes douces entrent dans la composition du loock blanc, du lait, de la poudre et de la pâte d'amandes, ainsi que du sirop d'orgeat. L'huile qu'on en retire est un véhicule souvent employé dans la préparation des Jiuiments.

Oiî l'administre aussi comme contre-poison et comme laxatif doux chez les

en fan (s en bas âge, à la dose de 5 à 15 grammes.

ambre GRIS. Concrétion intestinale du Cachalot (Physeter macrocep ha lus). — Mammifères-Cétacés.

Angl. Ambergris. — Ail. Grauer Ambra.

Composition. — V Ambre gris est constitué par deux principes : l'un volatil, d'une odeur suave; l'autre lixe, insaponiliable, auquel on donne le nom à'ambréine (Pelletier et Caventou), ce qui le rapproche des calculs biliaires.

Action physiologique et usages. — ïl agit comme stimulant di (fusible à la manière du musc. On le considère comme stomachique, antispasmodique et aphrodisiaque, et on le prescrit dans les névroses apyrétiques et contre les accidents nerveux des pyrexies (H. Cloquet).

Substances synergiques, auxiliaires. — Les essences végétales qui ont l'odeur d'ambre, telles que celles d'Abelmosch, de Chenopodium ambrostoides, etc., sont synergiques, et peuvent sans doute remplacer l'Ambre gris. Il en est à peu près de même du musc et jusqu'à un certain point du casloréum et de la civette. L'éther, les alcooliques, l'opium, la valériane, l'ammoniaque, sont des auxiliaires.

Substances antagonistes, incompatibles. •— Les acides, les astringents, les sels neutres et les purgatifs, le sulfate de quinine et les agents analogues contrarient les effets de l'Ambre et de ses auxiliaires. L'acide cyanhy-

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