‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 125 sur 276 · SUMAC VÉNÉNEUX · texte numérisé non relu

SUMAC VÉNÉNEUX

intermittente, et n'agissent vraisemblablement que comme tonique astringent.

Le Fustet (Bhus Cotinu$),qm habite également le midi de la France, passe aussi pour un succédané du Quinquina (Zsoldos).

SCMA.C vénéneux, Rhus radicans et Rhus Toxicodendron, L. — Térk-

BINTHACÉES.

Angl. Trailing poison Oak or Sumach. — AIL Giftbaum.

Les Rhus radicans et Toxicodendron sont deux espèces extrêmement voisines, qui habitent les États-Unis d'Amérique, et jouissent chacune d'une préférence marquée, la première en Europe, et la seconde dans le nouveau monde.

Composition. — Aucune analyse satisfaisante de ces plantes actives n'a été effectuée jusqu'à présent ; nous savons seulement qu'elles renferment un principe volatil acre, une substance noircissant au contact de l'air, du tannin el de l'acide galliquc.

Action physiologique. — Le Sumac vénéneux possède la singulière propriété d'émettre, non pas au soleil, mais la nuit, de l'hydrogène carboné, mêlé de vapeurs acres et irritantes, lesquelles agissent énergiquement sur certains sujets exposés à leur influence, et produisent une violente démangeaison suivie de rougeur, de gonflement érysipélateux du visage, des mains et même des régions couvertes par les vêtements et surtout des parties génitales. Quelquefois les traits du visage sont complètement déformés par la tuméfaction et deviennent méconnaissables; il existe une grande ardeur dans la bouche et le gosier; des phlyetènes couvrent les surfaces enflammées. Puis le travail phlogistique s'apaise, et laisse à sa suite une desquamation épidermique en écailles ou en lambeaux plus ou moins étendus.

Y ces faits remarquables on ajoute une particularité bien autrement extraordinaire : c'est la nécessité d'une sorte d'incubation pour le développement des effets spéciaux de ces émanations toxiques. Cette opinion se fonde d'abord sur l'apparition des symptômes un, deux ou trois jours seulement après qu'on a commencé à s'exposer aux émanations malfaisantes ; en second lieu, sur l'expérience de Lavini, qui se servit du suc laiteux de l'arbuste, et n'observa les conséquences de l'inoculation que longtemps après. Le premier fait n'a rien de singulier et s'explique tout naturellement, sinon par l'accumulation des doses, du moins par l'accumulation d'action de la substance volatile et acre qui serait incapable d'exciter du premier coup une vive inflammation, mais qui, trouvant le seconrl ou le troisième jour une peau déjà irritée, finit par atteindre à toute sa puissance pathogénique. Quant à l'expérience mentionnée plus haut, elle n'est rien moins que concluante. Comment croire, en effet, que les accidents généraux survenant seulement vingt jours après l'application sur l'index de deux gouttes de sue laiteux, aient pu être la conséquence de la pénétration du principe toxique dans l'économie ? L'auteur signale, en \ attachant de l'importance, deux taches qui se seraient montrées

une heure après que les gouttes de suc irritant avaient été enlevées. Ces taches étaient dues, selon nous, au changement de couleur qu'avait subi naturellement la petite couche de substance restée adhérente à la phalange. Pour ce qui est des phénomènes généraux observés trois semaines plus tard, nous les croyons absolument indépendants de l'expérience. C'était vraisemblablement une attaque spontanée (Y eczéma rubrum.

D'après Fontana, le Sumac vénéneux, pris à l'intérieur, ne produirait aucun effet fâcheux, soit qu'on emploie les feuilles et les tiges, ou bien le lait qui en découle à l'époque de la floraison. Cependant les cliniciens ont constaté que, si de petites doses donnent plus d'activité aux fonctions digestives, et n'ont d'autre inconvénient que d'occasionner un peu de spasme ou de ténesme vésical (Trousseau et Pidoux); si elles se bornent à augmenter les sécrétions de la peau, des reins et des intestins, à ramener un peu de sensibilité et de mouvement avec sensation de brûlure, de picotement ou de tiraillement dans les membres paralysés ; d'un autre côté, des doses fortes ont donné lieu à des douleurs épigastriques, à des nausées, des vomissements, des étourdissemenîs, de la stupeur et du gonflement inflammatoire des parties paralysées. Pereira en conclut que le Sumac vénéneux est à la fois acre et narcotique.

Usages. — Les homœopathes emploient le Sumac vénéneux dans les affections cutanées. Les médecins ne l'ont guère appliqué qu'au traitement des paralysies (Dufresnoy, Bretonneau, Trousseau). Le professeur Trousseau et son illustre maître l'ont prescrit avec succès dans les paraplégies sans lésion organique, consécutive à une commotion de la moelle. Il conviendrait également, selon Pereira, dans les paralysies asthéniques anciennes, ainsi que dans le rhumatisme chronique, dans les formes rebelles de maladies cutanées et dans quelques cas d'amaurose et d'affections nerveuses des yeux.

Modes d'administration et doses. — : Les auteurs ne s'accordent pas sur les doses auxquelles il convient d'administrer la poudre de feuilles de Sumac vénéneux. Tandis que les Anglais emploient seulement 2 à 3 centigrammes de Rlius Toxicodendron pour commencer, puis doublent la dose et ne l'augmentent chaque fois que de la même quantité, selon l'effet produit, Trousseau prescrit d'emblée une prise de 25 centigrammes de Rkus radicans à l'heure du repas, et double, triple, quadruple la dose, s'il y a lieu, les jours suivants, jusqu'à ce qu'il atteigne le maximum de k grammes par jour.

sureau, Sambucus nigra, L. — Caprifoliagées.

Angl. Common Elder. — AU. Flieder, Hollanderbaum.

Le Sureau est un arbuste commun dans les haies, autour des habitations, qui fournit à la matière médicale ses fruits, ses fleurs et son écorce.

Composition. — Il n'existe pas d'analyse de Vécorce de Sureau. Les fleurs renferment d'après Eliason : huile volatile, résine âçre, acide tannique, deux extractifs, gomme, fibre ligneuse, gluten, albumine, malales de potasse et de chaux, sels minéraux et trace de soufre.

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Le suc des baies de Sureau contient : acide malique, un peu d'acide citrique, sucre, pectine et matière colorante devenant rouge par les acides et verte par les alcalis.

Action physiologique. — La seconde ccorcè du Sureau ou enveloppe herbacée, est inodore, douceâtre, arrière et nauséeuse. Elle occasionne des vomissements et des selles liquides. C'est un éméto-cathartique, hydragogue. Les feuilles, d'une odeur forte et déplaisante, jouissent de propriétés semblables, mais moins énergiques. En Lorraine, les paysans les mangent en salade pour se purger.

Les fleurs fraîches sont d'une odeur un peu fétide qui se corrige par la dessiccation. Leurs émanations odorantes ont produit parfois une sorte de narcotisme. Elles jouissent, comme diaphoniques, d'une réputation à peu près universelle qu'elles paraissent mériter, surtout lorsqu'elles sont sèches et qu'elles ont perdu les qualités légèrement éméto-calhartiques qui rappel le ni les vertus de l'écorce et des feuilles.

Les baies de Sureau, d'un goût acidulé et sucré, passent pour sudorifiques et purgatives, bien qu'elles ne possèdent que les propriétés d'un purgatif hydragogue.

Usages. — Modes d'administration et doses. — La seconde êcorce de Sureau se prend à la dose de 30 à 60 ou 90 grammes, comme émétique et comme purgatif, dans les hydropisies. Il en est de même des feuilles. Le suc de l'écorce de la racine a été employé à la dose de 15 à 60 grammes. V infusion de feurs de Sureau se fait avec 2 ou 3 pincées de fleurs dans 500 grammes d'eau bouillante, et se prescrit comme'sudorifiquc dans les maladies de refroidissement, toutes les fois que la suppression de la transpiration a pu jouer un rôle dans la production de l'état morbide : ainsi dans le rhumatisme, les bronchites, les angines, les exanthèmes répercutés. Cette même infusion sert en fomentations calmantes sur les surfaces irritées, affectées d'érysipèle. On la considère, ainsi que les fleurs sèches en sachet, comme résolutive dans les engorgements froids, l'œdème, etc.

Le suc des baies, concentré et additionné de sucre, est employé sous Le nom de /lob de Sureau, comme calhartique, à la dose de k à 16 grammes.

sirelle ou alléluia, Oxalis Acetosella, L. — Oxalidées. Angl. Common ivood Sorrel. — Ail. Gemeiner iveisser Suuerhlrr. (Cette jolie plante vient à l'ombre des bois, dans la plus grande partie de l'Europe.

Composition. — Le suc exprimé de la Surelle fournit par l?évaporation du bioxalale de polasse: c'est là tout ce que nous savons de positif sur sa composition; mais, par analogie, on peut admettre la présence des différents principes constituants de V Oxalis crenata, analysé par Payen, parmi lesquels nous distinguons, outre l'oxalatede potasse, l'acide oxalique libre l'oxalate d'ammo-

niaque, une substance aromatique et différentes matières minérales ou organiques.

Action physiologique et usages. — La Surelle est inodore, d'un goût fortement acidulé et très-agréable. Elle jouit des propriétés rafraîchissantes et tempérantes des acides végétaux, ce qui lui a valu l'appellation de Citron du Nord.

On l'emploie dans les fièvres et les phlegmasies fébriles, ainsi que dans le scorbut. Dans cette dernière affection, on la mange en salade, ou bien on en boit le suc à la dose de 15 à 60 grammes. Dans les autres cas, on en fait une infusion dans l'eau ou le petit-lait.

Le sel qu'on retire de la Surelle, c'est-à-dire le suroxalate de potasse, ou Sel d'Oseille, peut être substitué à la piaule dans la préparation des boissons rafraîchissantes. On en met 8 grammes dans 750 grammes d'eau sucrée pour faire une limonade agréable. Ce sel fait la base de la poudre tempérante de Rosenstein.

L'oxalate de potasse passe inaltéré dans les urines, où le microscope le fait aisément reconnaître à sa forme octaédrique. En ingérer beaucoup, c'est donc s'exposer à une irritation rénale et à la production de calculs muraux. D'ailleurs ce sel, avalé en quantité excessive, produit des accidents toxiques qui, dans plusieurs cas, se sont terminés par la mort (voy. Oxalate acide de potasse).

C'est assez dire que nous considérons son emploi et celui de la Surelle comme pouvant être nuisibles ou dangereux.

tabac ou nkotiwe, Nicotiana Tabacum, L. • — Solanacées.

Angl. Commonov Virginian Tobacco. — Ail. Tabaksblatter.

Le Tabac est originaire de l'Amérique tropicale, d'où sa culture s'est répandue sur tout le nouveau continent, en Europe et dans la plus grande partie du globe.

Composition. — D'après l'analyse la plus récente, celle de Conwell, les feuilles fraîches de Tabac renferment : gomme, mucilage, acides tannique et galliquc, chlorophylle, matière pulvérulente verte, huile jaune ayant l'odeur, e goût et les propriétés de la plante, résine jaune pale, nicotine, substance analogue à la morphine, matière colorante orangé rouge et nicotianine.

La Nicotine (C20H14Az2) est un alcaloïde liquide incolore, d'une odeur acre et d'un goût acre et brûlant. C'est un des alcalis végétaux volatilisables ; les autres sont la Conicine, la Caféine, la Théine et la Théobromine. Ses vapeurs irritantes reproduisent au plus haut degré l'odeur caractéristique du Tabac. Il estsoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther,les huiles fixes et volatiles, se

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