TABAC
bruit particulier dû, soit au spasme des voies respiratoires (Praag), soit à la contraction très-brusque du diaphragme (Claude Bernard). Un ralentissement marqué succède toujours à cette accélération. Les pupilles se dilatent, des phénomènes convulsifs se montrent du côté des yeux et des membres, consistant en spasmes cloniques et toniques, ou tétaniformcs. Puis surviennent l'adynamie, accompagnée de tremblement musculaire, et la mort. La sécrétion urinaire ne s'est pas montrée modifiée, et celle de la salive a été augmentée dans moins de la moitié des cas. Enfui; on a observé les vomissements et les évacuations alvines toutes les fois que les animaux ont survécu.
Quant à Yhidle empyreumatique, sans exercer comme la Nicotine une action paralysante sur le cœur, elle n'en constitue pas moins un violent poison m Une seule goutte appliquée sur la langue d'un chat l'a fait périr en deux minutes, dans des convulsions, le cœur continuant à battre avec force et régularité.
Substances synergiques, auxiliaires. — En tête, nous devons placer les autres espèces de Tabacs : les Nicotiana latissima, N. rustica, TV. Persica, N. repanda, etc.; puis viennent les Lobelia inflata et syphilitica ; ensuite les Solanêes vireuses, et enfin les Aconits et l'Aconitine, ainsi que les Renonculacées toxiques, etc. De plus, tout ce qui anémie, tout ce qui épuise le système nerveux , peut être considéré comme adjuvant dynamique de la Nicotine .
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes et contrepoisons. — Les antagonistes du Tabac sont les toniques, les stimulants et particulièrement les cordiaux, les spiritueux, le Café; tous les excitants mécaniques : frictions, flagellation, acupuncture, ou physico -chimiques: électrisation, ustion, etc. Les antidotes les meilleurs sont les alcooliques et le Café.
Ce dernier agit même de deux façons : dynamiquement et chimiquement par le tannin qu'il renferme et qui précipite la Nicotine à l'état insoluble. Le Thé se comporte de même, et les astringents tanniques, en général, sont les contrepoisons du Tabac. Il faudra donc éviter de les associer à ce dernier, ou de donner concurremment avec lui des stimulants diffusibles.
Usages. — L'action dépressive du Tabac sur le système nerveux, et surtout ses effets relâchants sur le système musculaire, indiquent l'emploi de cette plante ou de son alcaloïde dans les affections où le symptôme principal est le spasme musculaire simple ou tétanique, intermittent ou continu. Au contraire, les qualités anodynes, diurétiques, émétiques ou cathartiques, sont trop incertaines et environnées de trop d'inconvénients pour qu'il soit raisonnable de les rechercher.
Tout au plus serait-on autorisé à joindre le Tabac aux purgatifs proprement dits, afin de favoriser les résultats en amenant le relâchement des fibres musculaires. C'est ainsi qu'il paraît agir dans certaines constipations, dans l'iléus ou volvulus et dans l'étranglement herniaire. Mais c'est là un moyen
extrême auquel il ne faut recourir que lorsque tous les autres ont échoué. Plus d'une fois, un lavement de tabac a déterminé des symptômes d'empoisonnement dont l'issue a été fatale. On doit, en général, le proscrire dans tous les cas où la vie n'est pas mise en péril par le mal spontané, et dans tous ceux où les forces vitales sont déjà profondément déprimées et la circulation languissante. Ainsi nous ne l'admettons ni dans la constipation simple, ni dans la rigidité du col utérin, ni dans les étals soporeux et asphyxique, ni dans les affections vermineuses, parce qu'il constitue, dans ces cas, une arme à deux tranchants qui peut être funeste au malade; ni dans le phimosis et le paraphimosis, l'érysipèle, l'ascite et l'anasarque, parce que le moyen est sans efficacité. Nous n'en voyons guère l'utilité dans la dysurie et l'ischurie, alors même qu'on peut les supposer dépendre d'un spasme du col vésical. En ce cas, la Belladone fait bien mieux notre affaire. Mais le Tabac est appelé à rendre de réels services dans les convulsions toniques, et particulièrement dans le tétanos, dont Curling rapporte dix-neuf cas de guérison par ce moyen.
On peut l'essayer également dans l'hydrophobie,dans l'épilepsie compliquée, et, pourvu qu'on y mette beaucoup de prudence, dans quelques autres états convulsifs, tels que l'asthme et le spasme de la glotte.
Modes d'administration et doses. — Le Tabac est rarement administré en substance. Cependant, comme émétique, on en donne 25 à 30 centigrammes.
Vin fusion se donne en lavement à la dose de k grammes pour 250 grammes d'eau bouillante (formule de la Pharmacopée anglaise). Le Codex de 1837 prescrivait 30 grammes de feuilles de Tabac pour un lavement, ce qui était excessif, ainsi que Bouchardat le fait justement remarquer. Il est vrai que les feuilles de Nicoliane étaient associées à un purgatif qui en neutralisait partiellement les effets. Fowler fait prendre à l'intérieur 2 à U grammes seulement d'une pareille infusion. Nous pensons qu'en effet, la dose de 2 grammes est suffisante, en lavement aussi bien que par les voies supérieures. La préparation la plus usitée en Angleterre, pour l'usage interne, est le vin de Tabac ait xérès.
La fumée de Tabac est conseillée aussi comme antispasmodique aux personnes non blasées. Tantôt on la fait aspirer par les poumons, tantôt on l'introduit dans le rectum à l'aide d'un appareil spécial.
A l'extérieur, le Tabac s'emploie en cataplasmes et en infusion, en fumée et en onctions. Quelques médecins ont conseillé, à tort, la décoction qui permet la volatilisation de la plus grande partie de la Nicotine. Ceci nous amène à faire une remarque importante relativement à l'usage médical du Tabac : c'est qu'il ne suffit pas de spécifier la dose de cette plante, il faudrait encore en indiquer l'espèce, ou plutôt la sorte commerciale qu'il convient d'employer, attendu que, comme on l'a vu plus haut, le principe actif varie du simple au sextuple.
TAMARINIER. 3ÛU
TACAIttAHACA (RÉSINE), TACAUIAQUE HUILEUSE. Fournie par
Vf cita Guyanensis, Aubl. — ïérébinthacées.
On compte sept sortes de Résines tacamaques dont les principales sont fournies par des Iciquiers. La Tacamaque liuilmse se distingue par l'abondance de son huile volatile, son odeur très-forte et très-agréable, rappelant celle du Cumin, et par sa saveur parfumée devenant un peu amère.
Toutes ces substances ont des propriétés semblables, qu'elles partagent d'ailleurs avec les balsamiques dont la composition est analogue, tels que les Térébenthines, le Mastic, etc. Ainsi elles sont toniques, stimulantes, anticatarrhales, antispasmodiques, et parfois diurétiques ou diaphoniques. La Tacamaque huileuse l'emporte seulement sur les autres par ses vertus stimulantes, diaphoniques et par la prédominance de son action sur les voies respiratoires, en raison de la forte proportion d'huile essentielle qu'elle renferme.
On employait la résine Tacamahaca à l'intérieur, à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes, comme stimulante, anticatarrhale et antispasmodique; à l'extérieur, comme excitante et résolutive.
Elle entrait dans plusieurs préparations officinales maintenant inusitées, et fait encore partie du Baume de Fioravanti.
tamarinier, Tamarindus indica, L. — Légumineuses.
Angl. Common Tamarind-tree. — AU. Sauerdatteln.
Le Tamarinier habite les contrées intertropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, où Ton fait un usage habituel de la pulpe de ses fruits, qu'on expédie en Europe sous deux formes: 1° unie encore à la gousse privée seulement de son épicarpe et confite dans le sirop de sucre; 2° extraite du légume avec les semences et des fibres ligneuses, et condensée par la coclion.
Composition. — Vauquelin a démontré dans la pulpe de Tamarin les principes suivants : acides citrique, tartrique et malique libres, bitartrate de potasse, sucre, gomme, gelée végétale, parenchyme et eau.
Action physiologique. — Par le sucre, la gomme et la pectine, le Tamarin est un aliment respiratoire ; par les acides libres et le bitartrate potassique, il devient rafraîchissant et laxatif.
Usages et modes d'administration. — Dans les pays chauds, la pulpe de Tamarin est usitée, comme aliment acidulé, en boisson, sorbets et confitures.
Délayée dans l'eau très-chaude, puis passée et refroidie, la pulpe de Tamarin donne un breuvage frais, tempérant et fort agréable, qui convient dans les maladies inflammatoires et fébriles, particulièrement dans les fièvres putrides, bilieuses ou gastro-hépatiques, ainsi que dans l'embarras gastrique et la diarrhée bilieuse non fébriles et toutes les fois que les acidulés et les laxatifs se trouvent indiqués. On l'associe fréquemment au Séné, bien qu'elle passe, à tort peut-être, pour diminuer l'action de ce purgatif et des cathartiques résineux.
La dose est de 10 à 30 grammes et au delà; 15 grammes suffisent dans un litre d'eau pour donner une tisane légèrement tempérante; on en met cepen-
datît d'ordinaire une dose double. Il faut 60 grammes de pulpe pour agir comme laxatif.
A la place d'eau, on emploie assez souvent le petit-lait, ce qui constitue le
Sérum tamarindê.
La pulpe de Tamarin entrait dans le Catholicon et nombre d'autres confections tombées en désuétude.
tanaisie, Tanacetum vulgare, L. — Composées ou Synanthérées- Sénécionidées.
Angl. Common Tansy. — Ail. Rheinfarn.
La Tanaisie est une espèce indigène, spontanée et cultivée pour sa beauté et pour ses propriétés médicinales.
COMPOSITION- — La plante fleurie, analysée par Peschier, a donné les résultats suivants : huile volatile, huile grasse, cire ou stéarine, chlorophylle, résine amère, matière colorante jaune, tannin et acide gallique, extra ctif amer, gomme, fibre ligneuse et acide tanacétique.
Y? huile essentielle, jaune ou verte, possède l'odeur de la plante avec un goût chaud et amer. La matière amère est en partie résineuse (Peschier). V acide tanacétique est cristallisé, et forme des sels insolubles avec la chaux, la baryte et l'oxyde de plomb.
Action physiologique et usages, — La Tanaisie produit les effets des toniques aromatiques et amers : elle agit par son essence, sa résine et par son tannin. Son odeur est aromatique, désagréable; son goût très-fort, aromatique, amer et nauséeux. Sa puissance est considérable; cependant elle n'est pas toxique, même lorsqu'elle est prise en grande masse. Il n'en est pas ainsi de son huile volatile, qui, à la dose de 45 grammes, a produit, chez un sujet, de violentes convulsions cloniques, des troubles respiratoires, l'affaiblissement progressif des contractions cardiaques, jusqu'à ce que la mort eût lieu par suite de leur entière suspension.
Les jeunes pousses de Tanaisie servent de condiment en Angleterre et dans les pays du Nord. Cette plante n'est guère usitée dans la médecine officielle, cependant on l'a conseillée comme tonique et stimulante dans la dyspepsie, la gastrodynie, le météorisme, les vertiges, l'hystérie et même l'épilepsie, ainsi que dans la fièvre intermittente, le rhumatisme chronique et la goutte froide. On l'emploie comme vermifuge, à l'instar du Semen contra, qu'on falsifie, du reste, avec les semences de Tanaisie, vendues sous le nom de Barbotine*
Modes d'administration et doses. — On donnait autrefois 30 à L\ 0 grammes du suc de la plante, 2 à U grammes de poudre ou le double, en infusion, dans 60 grammes d'eau versée bouillante.
Y? huile essentielle peut être prise à la dose de 1 ou 2 gouttes sous forme pilulaire, avec de la poudre vermifuge. Quant aux semences, elles se donnent soit en infusion, soit en poudre, celle-ci à la dose de 1 à 5 grammes dans du lait ou du miel.
TAPIOKA.