CHLORHYDRATE D'AMMONIAQUE
tables dans la stomatite ulcéro-inembrancuse et triomphe véritablement clans la gingivite et la gîossite mercurielles. Mais, dans ce dernier cas, te Chlorate de Potasse n'est pas seulement un moyen curatif, il est également préventif des accidents hydrargyriques qui s'opposent trop souvent à la continuation du traitement. L'action prophylactique de ce sel est tellement certaine, qu'on peut prolonger deux mois l'administration simultanée du préservatif et du protoiodure de mercure, sans qu'il se manifeste le moindre accident du côté de la bouche (Ricord, Fournier, Laborde).
Mentionnons une application du Chlorate potassique qui serait fort heureuse, celle que Millon, Bergeron et Leblanc ont faite à la curation des cancroïdes lesquels seraient détruits sans retour.
Modes d'administration lt doses. — Le sel de Berthollet se prescrit à l'intérieur en potion, en opiat et en tablettes; à l'extérieur, en solution dans l'eau ou la glycérine, sous forme de lotions, de collutoire ou de gargarisme. La dose habituelle dans une potion gommeuse est de k grammes. Cette potion peut être remplacée par une solution aqueuse étendue (2 à 5 grammes par litre d'eau), qu'on fait prendre pure ou aromatisée, ou coupée avec le vin aux repas (Boucharclat).
Les gargarismes, comme les solutions pour l'usage externe, doivent renfermer environ Zj grammes de Chlorate de Potasse pour 150 grammes de véhicule.
Les Pastilles au Chlorate potassique de Dethan contiennent chacune 20 centigrammes du principe actif.
Afin d'obtenir le maximum d'effet pour les applications topiques, on peut faire usage du Chlorate de Potasse pulvérisé, soit sec, soit humecté d'eau ou de glycérine. Debout l'a mêlé au sous-nitrate de bismuth pour le faire priser conlre l'ozène.
C 19 L4$ R 13 1 DR AT E D'AMMOXIAQI'E, SEL AMMONIAC, Clllorhydras Arumoniœ seu ammonicus.
Angl. Hydrocldorate of Ammonia. — Ail. Gereinigter Salmiak.
Le Sel ammoniac ( HCl,AzIl3), comme les composés ammoniacaux en général, jouit de propriétés irritantes locales, et constitue un stimulant diffusible en même temps qu'un agent de liquéfaction du sang.
Introduit dans l'estomac en quantité modérée il cause une sensation de chaleur, et, si la dose est forte, donne lieu à de l'oppression, à de la céphalalgie, à de l'excitation fébrile et à de fréquentes envies d'uriner. A dose massive, il occasionne le vomissement, la diarrhée et la gastro-entérite, quelquefois la paralysie et la mort (Courten, Gaspard, Orfila, etc.). Son usage longtemps continué amène la dénutrition des globules sanguins, l'état aplaslique de la fibrine, et consécutivement l'anémie, la langueur, la diathèse scorbutique, avec le ramollissement des tissus et les hémorrhagies multiples. Il fluxionne les réseaux capillaires, stimule la sécrétion des muqueuses et en rend le mucus plus fluide; enfin il accroît également la sudation et provoque l'éruption menstruelle.
tiOll SUBSTANCES TIRÉES DES MINÉRAUX ET PRODUITS CHIMIQUES.
Des aphthes et une éruption miliaire sont quelquefois la preuve de son élimination par les glandes muqueuses et sudoripares.
Substances synergiques et antagonistes. — Voy. Ammoniaque. On ne lui connaît que des contre-poisons mécaniques.
Usages. — Le Chlorhydrate d'Ammoniaque est indiqué dans les cas morbides auxquels conviennent les stimulants diffusibles, spécialement l'Ammoniaque et ses préparations ainsi que dans ceux qui se compliquent d'une exagération de plasticité du sang, ou qui consistent en des engorgements glandulaires ou viscéraux.
A titre de stimulant diaphorétique, le Sel ammoniac est employé dans la fièvre catarrhale ou rhumatismale, dans quelques affections chroniques, ou du moins apyrétiques, liées à la suppression des fonctions cutanées, et dans l'aménorrhée torpide ,ou plutôt dans celle qui dépend, soit d'une excessive plasticitédu sang, soit de conditions locales contraires aux hémorrhagies par diapédèse. En qualité de fondant, désobstruant ou résolutif, le Chlorhydrate d'Ammoniaque est conseillé dans les inflammations chroniques du poumon, du foie, dans les engorgements des glandes mésenlériques, de la prostate, etc. Comme fluidifiant, il peut rendre des services dans le catarrhe à raies vibrants et dans quelques circonstances analogues. On doit y renoncer quand il existe de la fièvre (Saucerotte), et ne jamais le prodiguer, de peur de déterminer la diathèse hémorrhagique.
A l'extérieur, on l'emploie comme résolutif sur les mamelles gorgées de lait, sur les gonflements lymphatiques, les tumeurs indolentes et les contusions.
Le Sel ammoniac entre aussi dans la composition d'un mélange réfrigérant susceptible de donner une température de — 12 degrés centigrades, et dont voici la formule (Walker) : Sel ammoniac et nitrate de potasse, ââ 5 parties; eau, 16 parties. Ce mélange réfrigérant convient en applications topiques sur les tumeurs vasculaires et les anévrysmes.
Modes d'administration et doses. — Le Chlorhydrate d'Ammoniaque se donne à l'intérieur en pilules ou en potion, à la dose de 25 à 50 centigrammes répétée deux, trois ou quatre fois par jour. La potion (Barailler) est aromatisée avec de l'infusion de Mélisse ou de Menthe et édulcorée avec du sirop d'écorce d'orange.
A l'extérieur, ce sel s'emploie en lotions, en gargarismes et même m collyre. Les lotions se font, soit avec une simple solution aqueuse (de 25 à 50 grammes pour 500 grammes d'eau), soit avec la mC'me dose en solution dans le vinaigre additionné ou non d'esprit-de-vin. Pour injections dans la bleunorrhagie et la leucorrhée, on ne met que h à 8 grammes pour 500 grammes d'eau.
En Angleterre, on emploie comme résolutif un emplâtre de Chlorhydrate d'Ammoniaque, dans lequel ce sel se trouve incorporé avec de l'emplâtre de plomb et du savon.
Bl-CHROMATE DE POTASSE. /l05 CHLORURE DE CHAUX SEC, HYPOC'IIEORITE de chaux impur.
— Voy. Chlorure de chaux liquide.
CHLORURE DE POTASSIUM et CHLORURE 91 E SODIUM. — Voyez
les mêmes mots dans la Pharmacopée.
CHROMATE DE POTASSE (BI-), BichromaS potaSSÎCUS.
Angl. Bichromate of Potash.
Le Bichromate de Potasse (2Cr03, KO) cristallisé est soluble dans 10 parlies d'eau froide et dans une quantité moindre d'eau bouillante ; mais il ne se dissout pas dans l'alcool.
Action physiologique. — Ce sel, d'une saveur fraîche, amèrc et métallique, est, selon la dose, un simple irritant ou un caustique pour les parties sur lesquelles on l'applique. Il détermine chez les ouvriers qui le préparent une éruption papuleuse d'abord, puis bientôt pustuleuse, pouvant faire place à des ulcérations plus ou moins profondes et douloureuses qui s'emparent de la moindre solution de continuité accidentelle à la peau ou sur les muqueuses. Un phénomène très-commun chez ces ouvriers (Cl. Bernard, Hillairet, Lailler, Gubler), c'est la perforation de la cloison des fosses nasales dans sa partie cartilagineuse, lésion que j'ai également observée à l'état d'isolement chez un sujet qui n'avait jamais été exposé aux émanations de Bichromate potassique.
Porté dans l'estomac, ce sel détermine aussi une irritation plus ou moins vive, accompagnée parfois de douleur épigaslrique, de vomissements de mucus et de sang, et plus tard de difficulté de respirer, de symptômes cholériformcs, suivis de la paralysie et de la mort. Des doses faibles ou modérées donnent lieu simplement à di3 la chaleur dans les premières voies, sans aucun autre accident. Au reste les symptômes graves indiqués ici sont à peu près ceux de tous les empoisonnements par les caustiques quelconques, et s'expliquent aisément par les lésions des organes digestifs et les troubles fonctionnels locaux ou sympathiques qu'elles excitent. Ce n'est pas à dire pour cela que le Bichromate de Potasse n'exerce aucune action générale, consécutivement à sa pénétration dans le torrent circulatoire. Cumin lui reconnaît, à petites doses, une puissante actioiv tonique, et suppose qu'il pourrait bien tuer en frappant de mort les globules sanguins; mais aucun fait expérimental, aucune observation clinique ne vient encore fournir une base solide aux hypothèses des physiologistes.
Succédanés. — L'acide chromique agit comme le Bichromate de Potasse, mais plus énergiquement. L'acide sulfuriquc est un caustique assez analogue à l'un et à l'autre et peut les remplacer tous deux.
CONTRE-POISONS. ■ — Une mixture d'eau de chaux avec du lait ou de la solution de blanc d'œuf paraît être le meilleur moyen de neutraliser les effets toxiques du Bichromate de Potasse.
Usages. — Pendant quelque temps on n'osa se servir du Bichromate pelas-
sique que pour l'usage externe. Ses propriétés escharotiques furent utilisées contre les élevures tuberculeuses de la peau, les verrues et autres excroissances. Ces applications, qui sont très-douloureuses, ont réussi particulièrement (Puche) contre les plaques muqueuses et les végétations syphilitiques. On lui attribue le pouvoir de favoriser la cicatrisation des ulcères et la guérison de la scrofule et du cancer de l'utérus.
Puche a donné ce médicament périlleux à l'intérieur, chez des sujets syphilitiques, dont l'état s'est d'abord aggravé. Cependant certains praticiens paraissent fonder quelques espérances sur cet agent.
Modes d'administration et doses. — Pour l'usage interne, on doit prescrire le Bichromate de Potasse avec beaucoup de prudence, La dose n'en est pas encore fixée.
Pour l'usage externe, on emploie des solutions plus ou moins concentrées, suivant l'intensité des effets locaux qu'on veut obtenir. S'agit-iî de produire rapidement une eschare, c'est à la solution saturée qu'il faut avoir recours (1 gramme pour 10 grammes d'eau). Une proportion beaucoup moindre (l décigramme pour 10 grammes) suffirait pour agir comme irritant ou cathérétique contre les verrues ou les ulcères fongueux a toniques.
On prépare contre les verrues une pommade dans laquelle entrent 10 centigrammes seulement de Bichromate et 15 grammes d'axonge (Blaschko).
Les moxas formés de papier Joseph imprégné d'une solution concentrée de Bichromate de Potasse n'ont aucun avantage sur ceux qui doivent leur combustibilité au nitrate de potasse.
Le Bichromate de Potasse sert encore à préparer une liqueur d'épreuve dont les chimistes se servent pour reconnaître la présence de l'alcool et des substances ternaires, et dont Lulon (de Reims) a fait la première application à l'analyse clinique des urines. Cette liqueur se compose de Bichromate de Potasse cl d'acide sulfurique, et laisse déposer de l'acide chromique d'un beau rouge. Elle est de couleur jaune-topaze, et lorsqu'on l'ajoute à une solution contenant du sucre ou toute autre matière hyJrocarbonée, elle devient d'un vert-émeraude.
On croit généralement que l'acide sulfurique n'a d'autre office que de mettre l'acide chromique en liberté ; mais celui-ci ne subit pas le changement indiqué, quand il est mis tout seul en présence d'une matière oxydable, et Derlon pense avec raison que, l'acide sulfurique étant indispensable à la production du phénomène, il faut admettre la formation du sulfate de sesquioxyde de chrome. Cette réaction permet de constater l'alcool dans l'urine et les diverses sérosités chez les sujets atteints d'alcoolisme aigu (Gubler).
cinabre. — Voy. Sulfure de Mercure.