CRÉOSOTE
Voy. Sulfate de Cuivre.
COUPEROSE "VERTE. — Voy. SULFATE DE FER.
craie. — Voy. Carbonate de Chaux.
CRÈME DE TARTRE. — Voy. ÏARTRATE ACIDE DE POTASSE.
créosote, Creosotum.
La Créosote ou Créosote (G24H1604), l'un des nombreux principes contenus dans le goudron de bois, est un liquide oléagineux, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique.
Action physiologique. — Appliquée pure sur la peau, la Créosote produit l'effet d'une brûlure au premier ou au second degré, avec une sensation pénible de cuisson. Sur la muqueuse, elle détermine une tache blanche semblable à l'eschare formée par un acide puissant ou parle nitrate d'argent, et due à la coagulation de l'albumine dans le derme muqueux, lequel demeure ex ulcéré après la chute de la pellicule sphacélée.
En solution étendue, la Créosote cesse d'être caustique pour devenir simplement astringente. Au lieu d'être brûlante, sa saveur offre un mélange d'âpreté et de rancidité très-déplaisant. Dans l'estomac, cette substance détermine une sensation de chaleur, d'astriction, et, si la dose est forte, une irritation comparable à celle qui suit l'ingestion des poisons irritants et caustiques. Consécutivement, la Créosote donne lieu à une action stupéfiante sur le système nerveux, en même temps qu'elle agit comme coagulante et comme astringente sur le sang et les tissus.
Substances synergiques et antagonistes. — Les astringents minéraux et organiques sont homologues de la Créosote au point de vue thérapeutique. Ses antagonistes sont les mucilagineux et les relâchants. L'albumine est son contre-poison chimique. 11 faut éviter de l'associer aux corps oxydés qu'elle réduit en qualité de substance fortement hydrocarbonée.
Usages. — La Créosote, vantée un moment comme une panacée universelle, peut remplir les différents offices auxquels sont propres les styptiqucs, les cathérétiques et les antiseptiques.
En qualité d'astringent, elle est utile topiquement contre les phlegmasies catarrhales des muqueuses : otorrhée, leucorrhée, blennorrhagie, diarrhée chronique; contre les vomissements de la maladie de Brighl ou de la grossesse (Rayer, Petslaft) et les hémorrhagies capillaires.
A titre de cathérétique^ la Créosote est introduite dans les dents cariées, ou appliquée sur les ulcères saignants, fongueux et les plaques gangreneuses de la slomacace. Enfin, comme antiputride, on s'en sert pour la conservation des pièces anatomiques.
Modes d'administration et doses. — A l'intérieur, on donne la Créosote
en pilules de 2 centigrammes, trois par jour et davantage. A l'extérieur, on emploie h pommade et Veau créosotée. DamYeaucréosotce, la substance active est seulement tenue en suspension. On pourrait en favoriser la dissolution par l'addition d'une proportion suffisante d'alcool.
La Créosote fait, dit-on, la base des eaux hémostatiques, d'ailleurs peu efficaces, de Pinelli et de Brocchieri.
CRISTAUX DE SOUIÎE, — Voy. CARBONATE DE SOUDE. CROCUS. — Voy. OXY-SULFURE D' ANTIMOINE.
cuivre, Cuprum.
Angl. Copper. — Ail. Kupfer.
Le Cuivre se rencontre sous des formes variées dans le règne minéral. Il existe dans l'eau de Saidschiitz, en Allemagne, et dans celle de Saint-Christau, en France. De plus on l'a trouvé, peut-être accidentellement, dans les cendres de plusieurs espèces végétales et dans le sang de l'homme et des animaux supérieurs.
Action physiologique et usages. — A l'état métallique, le Cuivre est inerte, et ne saurait être absorbé, à moins qu'il ne fût réduit en poudre impalpable, auquel cas il pénétrerait peut-être comme le noir de fumée dans les vaisseaux de l'intestin. Cela ne veut pas dire que du Cuivre pur, introduit dans l'estomac, ne produirait aucun effet physiologique, car on a vu la limaille de Cuivre faire sentir son action sur l'urine, la salive et tout le système nerveux (Cothenius, Portai), et Barton racontait l'histoire d'un enfant qui rejeta pendant quelque temps plusieurs pintes de salive pour avoir avalé un cent (monnaie de cuivre). Seulement, dans ces cas, le métal avait sûrement été attaqué par les acides des premières voies, et transformé en acétate, lactate ou chlorure.
Aussi les sels de Cuivre font-ils seuls partie de la matière médicale proprement dite, le Cuivre métallique étant uniquement employé dans les opérations chimiques ou dans la confection des piles électriques et de ces armatures métalliques auxquelles certains praticiens accordent une puissance qu'elles ne sauraient avoir comme source d'électricité.
Les préparations de Cuivre font la base de la médecine systématique de Hademacher.
CYANURE DOURLE DE FER HYDRATÉ. — Voy. CYANURE EERROSO-
eerrique (Pharmacopée) .
CYANURE FERRICO-POTASSIQUE, FERRIC Y AN URE DE POTAS- SIUM, prussiate ROUGE de potasse, Cyanuretum ferrico-potassicum.
Angl. Ferricyanide of Potassium.
FERROCYAJNURE DE POTASSIUM. £09
Ce composé (Cl2Az6Fe2,K3) n'eit guère usité que comme réactif des sels de protoxyde de fer, avec lesquels il forme le /Jleu français, dit aussi Bleu de Tarn bail.
CYANURE F E R K OSO - POT ASSKJ U E , FERROl YAXTJRE DE POTAS- WIM, prussiate JAUNE DE POTASSE, Cyanuretum ferroso-potassicum.
Aiigl. Ferroeyanide of Potassium.
Le Prussiate jaune de Potasse (C,;Az:5Fe,K2-|-HC)) est un réactif précieux, et sert à obtenir le Bleu de Prusse.
De plus, il possède à peu près les propriétés du nitrate de potasse, et les expériences de Bouchardat établissent qu'il agit pareillement à la même dose. Il est rapidement éliminé par les reins et provoque la diurèse. Aussi en donne-t-on quelquefois de 2 à 5 grammes dans un litre d'eau, comme diurétique et pour combattre les maladies du foie.
Sous le nom de Ferrocyanure de Potassium et. a" Urée, on a préconisé un simple mélange de ce dernier principe avec du Prussiate jaune de Potasse, auquel on attribuait de remarquables propriétés fébrifuges que l'expérience n'a pas confirmées. Tout porte à penser que ce mélange n'aurait d'autre effet que d'accroître la sécrétion urinaire.
deatrixe, Dcxtrina. — Voy. Pomme de terke.
esprit -de-vix. — Yov. Alcool.
étais. — Voy. Limaille d'Étain (Pharmacopée).
ÉTHER SULFUR1QUE. — Voy. ÉTHER SULFUR1QUE RECTIFIÉ.
eer. — Voy. Limaille de Fer préparée (Pharmacopée).
FEKRItlAXLRE DE POTASSIUM. — Voy. CYANURE FEKR1CO-POTAS- S1QUE.
FERROC1AXLRE DE POTASSIUM. — Voy. CYANLRE FERROSO-POTAS- SIOUE.
GLYCÉRINE, Glyccrina seu Glycerinum.
Angl. [Glycérine, Sivcct principle of Oils. — Ail. Glycerin^ Oilsûss, OUzucker.
La Glycérine est un alcool triatomique qui a pour formule C6H806. Elle fait naturellement partie de l'huile de Palme, mais on l'obtient artificiellement des corps gras neutres saponifiés par les bases minérales en présence de l'eau.
La Glycérine est un liquide sirupeux, qui attire l'humidité de l'air. Elle est soluble en toute proportion dans l'eau et l'alcool, nullement dans l'éther, et dissout à son tour un grand nombre de substances : le brome, l'iode, l'iodure de soufre, les chlorures et les sulfates alcalins, les nitrates de soude et d 'argent, le sulfate de cuivre, le tannin, les alcaloïdes végétaux, etc., etc.
Elle est à peu près informent esciblé, et comme, par sa consistance, elle abrite parfaitement du contact de l'air en même temps qu'elle dissimule l'eau, dont elle est très-avide, elle s'oppose par ce double moyen à la décomposition spontanée des substances organiques et spécialement à la fermentation putride.
Action physiologique. — Par sa saveur franchement sucrée, la Glycérine mérite l'appellation de principe doux des huiles ; mais si elle est absolument inoffensive pour les organes du goût, habitués au contact des substances sapides, souvent douées de propriétés chimiques actives, il s'en faut bien qu'elle se montre inerte vis-à-vis des surfaces dépouillées d'épidcrme ou enflammées.
La Glycérine est un alcool sucré, et retient quelque chose des qualités du groupe que sa composition rappelle. Aussi cause-t-elle du picotement et même de la cuisson, lorsqu'elle est déposée à la surface d'un vésicatoire, d'une fissure de muqueuse ou d'une gerçure cutanée, ou bien lorsqu'elle est introduite entre les paupières. Ces sensations sont accompagnées d'un appel fluxionnaire avec rougeur et supersécrétion de cause locale ou réflexe.
Cette irritation topique qui se produit avec la Glycérine la plus pure se montre à un degré plus prononcé, quand le médicament a subi depuis quelque temps le contact de l'air et a pu s'acidifier. Effectivement, la Glycérine d'excellente qualité offre souvent une réaction acide au papier de tournesol (Gubler), et, selon nous, la formation d'une certaine proportion d'acide glycérique explique naturellement ce phénomène. Si l'oxydation paraissait difficile dans la masse enfermée dans un flacon en vidange, il faut convenir qu'elle rencontrerait au contraire des conditions extrêmement favorables dès que la substance serait étalée en couche mince à la superficie de la peau, ou divisée dans les linges et la charpie des pansements. Toujours est-il que les onctions de Glycérine sur des surfaces eczémateuses, par exemple, déterminent une sensation de brûlure parfois intolérable. D'un autre côté, la Glycérine mouille 1 épidémie, dont elle maintient la souplesse, grâce à sa propriété hygrométrique. En vertu de cette même
GLYCÉRINE. Ml
propriété, elle s'empare des produits de l'exhalation cutanée et relient à la sur» face de la peau les principes irritants de la sueur.
A l'intérieur, la Glycérine ne joue pas d'autre rôle que celui d'un aliment respiratoire.
Usages. — Les indications delà Glycérine nous paraissent ressortir nettement de ce qui vient d'être dit. Aucune induction, aucun fait expérimental ne justifierait quant à présent l'introduction de cet agent dans la thérapeutique interne. On peut l'employer comme moyen d'occlusion sur les plaies et comme antiseptique dans les cas de suppuration fétide (Startin), de gangrène ou de pourriture d'hôpital (Demarquay).
Comme dissolvant, elle a été utilisée souvent dans les cas de surdité dus à l'oblitération du conduit auditif externe par le cérumen accumulé et durci (David Steel, Gubler).
Dans les maladies de la peau, la Glycérine est loin d'être toujours utile, comme le croient quelques enthousiastes ; elle ne convient qu'à celles qui, telles que le psoriasis et la lèpre vulgaire, sont sèches, squameuses, chroniques et exemples d'irritation du derme. Elle doit être rejetée au contraire (Gubler, Lailler, Gatine) de la thérapeutique des dermatoses aiguës d'un caractère irritant ou inflammatoire, notamment de l'eczéma récent, accompagné d'une vive rougeur, d'excoriations, de démangeaisons, de chaleur ou de cuisson dans la partie affectée. En pareille circonstance, la Glycérine ne pourrait qu'ajoutera l'irritation préexistante.
Cette action irritante que nous reconnaissons à la Glycérine rend compte des bons effets obtenus avec cette substance dans le pansement des plaies atones, blafardes et pou disposées à la cicatrisation. A cet avantage de stimuler la production des bourgeons charnus, la Glycérine, suivant la remarque de Guibert, joindrait celui de ne pas laisser sur les parties malades et dans leur voisinage ces dépôts épais que forment les couches successives de cérat et qu'il faut enlever avec la spatule. Mais les pièces de pansement imprégnées de Glycérine ont en revanche l'inconvénient d'adhérer aux solutions de continuité (Nélaton, Guibert), lorsque le liquide médicamenteux n'est pas très-abondant.
En définitive, c'est surtout comme véhicule des substances éminemment actives que la Glycérine doit être employée.
Modes d'administration et doses. — Les préparations obtenues à son aide portent le nom de Glycérolés ou mieux Glycérés, si elles sont liquides, et de Glycérats, si elles ont la consistance d'une pommade. Cap etGarot établissent que la puissance dissolvante delà Glycérine se rapproche decelle de l'alcool affaibli plus que de celle de l'eau distillée, el que les corps sont d'autant plus solubles dans cemenstrue, qu'ils se dissolvent mieux dans l'alcool.
Le Glycérat simple, ou Glycérolè d'Amidon (Grassi), peut servir comme émollient et comme excipient de substances narcotiques ou stupéfiantes.
Le Glycérat de Goudron remplace la pommade de ce nom, comme le Glyçèré d'Iode caustique remplace avantageusement la teinture alcoolique d'iode,
ou la Glycérine iodée la pommade d'iodure de potassium, et la Glycérine anodyne le linimeut laudanisé. La Glycérine créosotée est plus puissamment astringente et antiseptique que la pommade au tannin, sans l'être autant que la solution de perchlorure ferrique. On fait aussi des glycérés de soufre, d'iodure de soufre, de sulfate de quinine, de morphine, de sulfate de cuivre: les uns destinés à remplacer les cérats et les pommades, les autres servant de collyres d'après les indications de Foucher. On peut dire d'une manière générale que les proportions des principes actifs sont celles de ces mêmes principes dans les préparations correspondantes ayant pour véhicules, soit l'eau, soit les corps gras.
Sans êlre partie essentielle, la Glycérine entre dans un certain nombre de préparations, dans le but d'en empêcher la dessiccation et d'y maintenir une mollesse favorable à leur aclion physiologique.
Rarement la Glycérine est employée seule. Toutefois la Glycérine anglaise, la plus pure de toutes, sert, en qualité de cosmétique, à prévenir les gerçures causées parle froid. Délayée dans l'eau, la Glycérine a été conseillée sous forme de lavement émollient (Surun).
huile de aitrioe. — Voy. Acide sulfurique.
HYDROCARBONATE DE MAGNÉSIE. — Voy. CARBONATE DE MA- GNÉSIE.
HYPOCHLORITE DE CHAUX IMPUR. — Voy. CHLORURE DE CHAUX.
iode, lodum.
Angl. Jodine. — AU. Jod.
Ulode existe dans les deux règnes de la nature à l'état de combinaison. Sans parler des minéraux proprement dits, il se rencontre dans la mer, uni au sodium el au magnésium. Les eaux minérales chlorurées sodiques en renferment une proportion plus ou moins forte, ainsi que du brome. D'autres espèces d'eaux minérales, notamment certaines sources sulfureuses, comme celles de Castel-Nuovo d'Asti, de Challes, de Heilbrunn , d'Uriage, en contiennent également. Parmi les animaux, nous citerons les Éponges, les Gorgones, les œufs de Seiche, les Mollusques, Y Mus fœtidissimus, comme renfermant de l'Iode. Parmi les plantes, les plus chargées d'Iode appartiennent à la classe des Algues, et particulièrement aux genres Fucus, Laminaria, Gelidiwn, Ulva, Gigartina, etc. On a découvert aussi ce métalloïde dans bon nombre de végé-
IODE. k \ 3
taux habitant les eaux douces, spécialement dans le Cresson, le Beccabunga, la Gratiole, la Phellandrie aquatique, etc. (Chatin).
Ce métalloïde est faiblement soluble dans l'eau, si ce n'est à la faveur de l'Iodure de Potassium ou du tannin (Debauque), qui en accroissent singulièrement la solubilité. Il est au contraire très-soluble dans l'élher et l'alcool. La Glycérine n'en dissout que 1,90 pour 100.
Action physiologique. — L'action locale de Y Iode est celle d'un irritant et d'un caustique. Appliqué sur la peau, il colore l'épiderme en jaune brunâtre, l'imprègne dans toute son épaisseur et le frappe de mort. S'il parvient en quantité suffisante au contact du derme, il cause une sensation de chaleur ou de cuisson qui peut devenir fort pénible et durer plusieurs heures. Une rougeur vive et une élévation de température l'accompagnent. L'exhalation séreuse est quelquefois la conséquence de celte irritation, et l'on voit se former des phlyctènes plus ou moins nombreuses ou étendues, qui se vident ou se dessèchent lentement; après quoi l'épiderme s'enlève par larges lambeaux. Lorsque l'action est plus modérée, il se fait, au bout de trois ou quatre jours, une desquamation furfuracée. A l'état solide, l'Iode peut produire une eschare superficielle ; cet accident ne se montre pas, sauf dans des circonstances exceptionnelles, lorsqu'on fait agir la solution alcoolique.
Grâce à la mortification de la couche épidermique et à la pénétration de l'Iode jusqu'au réseau vasculaire superficiel du derme, une proportion notable du métalloïde passe quelquefois dans la circulation, ce qui n'a pas lieu quand l'inflammation est trop vive, ou quand la région est normalement le siège d'une exhalation active, comme cela a lieu pour la main. Si le membre badigeonné de teinture d'Iode est enveloppé d'une toile cirée, hermétiquement appliquée, on retrouve le lendemain l'enveloppe parsemée à l'intérieur de gouttes d'un liquide incolore dans lequel les réactifs démontrent la présence de l'Iode, non plus libre, mais engagé dans des combinaisons encore indéterminées dont la sueur a fourni les éléments.
Quelle que soit la quantité d'Iode qui pénètre par l'absorption cutanée, elle ne paraît pas pouvoir occasionner les phénomènes d'Iodismc décrits plus loin. Le mode de combinaison sous lequel le métalloïde pénètre dans l'économie, ou la lenteur de l'absorption rendrait peut-être compte de cette absence de symptômes caractéristiques.
A l'intérieur, l'Iode occasionne dans la bouche une saveur piquante, chaude ou caustique, et dans l'estomac une sensation de chaleur et de stimulation qui éveille l'activité gastrique. Un appétit plus vif et plus soutenu succède h l'ingestion de petites doses répétées. Des doses excessives amènent la phlogose, l'ulcération de la muqueuse et la mort. La vapeur d'Iode répandue dans l'air, puis inhalée dans les voies respiratoires, cause de la chaleur, du picotement, et excite la toux. De la bronchite peut naître sous l'influence de cette irritation, ou, s'il en existait déjà, elle se trouve accrue, et de l'hémoptysie peut survenir à celte occasion chez des sujets prédisposés.
Au contact du mucus des voies digestives, comme à celui de l'épidémie cutané, l'Iode s'unit aux matières albuminoïdes qu'il brunit et qu'il coagule. Il se comporterait pareillement vis-à-vis des substances alimentaires azotées. Cette action de l'Iode rend compte de ses effets antiseptiques et antizymotiques, observés et interprétés par Liebig, Magenclie, Boinet, Duroy.
En même temps le métalloïde se combine partiellement avec la soude, qui donne aux sécrétions muqueuses leur réaction alcaline. Cette fraction convertie en iodure de sodium est facilement absorbée. Il n'est même pas impossible que, dissous dans un grand excès de substance albuminoïde, le métalloïde pénètre dans le système sanguin, sans avoir été préalablement salifié, et circule quelque temps sous sa forme première, invisqué par l'albumine du sérum. En ce cas, l'Iode libre aurait des effets généraux, différents de ceux de ses combinaisons avec les bases. Mais la majeure partie de celui qu'on ingère dans les premières voies né passe dans le sang qu'après avoir été transformé en iodure sodique, et par conséquent l'action diffuse de l'Iode métallique se confond avec celle des iodures. Nous en parlerons longuement dans la Pharmacopée, à l'occasion de I'Iodure de Potassium (voy. ce mot).
De même que les iodures, l'Iode métalloïdique est entraîné après absorption dans les humeurs sécrétées, et principalement dans l'urine, où il se retrouve certainement en combinaison avec la soude. Nous ne savons sur quelle raison Thomson se fonde pour affirmer que l'Iode passe inaltéré dans les urines.
Substances synergiques, auxiliaires. — Comme antiseptique, l'Iode a pour analogues toutes les substances qui arrêtent d'une manière ou d'une autre les fermentations. Comme rubéfiant et vésicant, il se rapproche des agents de la médication révulsive. Comme stimulant, il est congénère des alcooliques, des huiles essentielles, des ammoniacaux et de l'opium.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contré- poisons. — Les antagonistes de l'Iode sous le rapport de l'excitation circulatoire sont tous les agents toniques du système vaso-moteur : la quinine, la digitale, le froid, et spécialement le bromure de potassium, qui en est l'antidote dynamique en même temps que l'auxiliaire dans ses effets fondants et désobstruants. Les contre-poisons chimiques de l'Iode sont les matières albuminoïdes et féculentes.
Usages. — Outre ceux qui lui sont communs avec les iodures, l'Iode libre possède quelques usages spéciaux fondés sur ses effets irritants locaux et son action antiputride. A ce dernier titre, il est employé comme topique contre la pourriture d'hôpital (Sauvel) et les suppurations fétides dans les cavités anfractueuses.
On s'en sert comme caustique ou cathérétique, tantôt pour amener la vésicalion et la rubéfaction cutanée, tantôt pour provoquer une inflammation adhésive des surfaces séreuses, des trajets tapissés par une pseudo-muqueuse, dite membrane pyogénique, et amener l'oblitération des cavités normales ou accidentelles, ou bien simplement produire une modification avantageuse dans