‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 172 sur 276 · SOLDE · texte numérisé non relu

SOLDE

porcelaine; puis on porte cette pâte, ù l'aide d'une spatule, sur la peau préalablement recouverte d'un morceau de diachylum percé à son centre d'un trou de la grandeur de l'eschare qu'on veut produire, ou un peu plus petit. Le sparadrap doit être hermétiquement collé sur la région pour s'opposer à la diffusion du caustique. La durée de l'application est ordinairement de quelques minutes; mais, comme elle varie nécessairement un peu suivant le degré de causticité de la pâte, il convient de soulever celle-ci de temps à autre afin de vérifier le progrès de rescharification. Quand on aperçoit une surface brune, transparente comme de la corne claire et traversée par des stries arborescentes, sombres, formées par des veinules profondes du derme comprises dans le travail de mortification, alors il est temps d'arrêter l'opération. La pâte est enlevée à l'aide de la spatule; puis, le sparadrap étant rapidement détaché, on lave à l'eau vinaigrée pour saturer les parcelles de poudre escharotique restées adhérentes, et l'on essuie. La région est ensuite recouverte d'une croix de .Malte en sparadrap de diachylum, qu'on renouvelle au moins une fois par jour, en ayant soin de ne pas laver si l'on veut accélérer la chute de l'eschare, laquelle se fait attendre de une à trois semaines, selon la profondeur de la mortification et l'intensité de l'infiammation éliminatrice.

Le Caustique solide de Filhos, qui n'est que de la poudre de Vienne fondue au feu, coulée et solidifiée dans des tubes de plomb ou de gutta-percha, est beaucoup plus maniable que la poudre, et rend de véritables services lorsqu'il s'agit d'escharifier le col utérin ou de brûler de larges excroissances des parties génitales.

SOUDE, PKOTOXYDE DE SODIUM HYDRATÉ, Oxydum sodicum. Angl. Caustic Soda, Oxyde of Natrium. — Ail. Natrum hydricuiu seu causticwii.

La Soude (NaO) existe en masses immenses, à l'état de chlorhydrate ou chlorure, dans les eaux des mers et de quelques lacs salés, et dans les mines de sel gemme. C'est elle qui donne au sang et aux liquides animaux leur réaction alcaline. Nous avons déjà parlé de son état naturel à propos de la potasse (voy. ce mot).

En pharmacie, on ne se sert que de la Soude caustique liquide on Liqueur des savonniers (angl/ Soap boiler's lye).

Action physiologique et usages. — Les effets locaux et généraux de la Soude sont semblables respectivement à ceux de même ordre produits par la potasse (voy. ce mot), avec cette légère différence que la Soude, moins hétérogène, est moins rapidement éliminée par l'urine et qu'elle stimule probablement moins la sécrétion lactée et la métamorphose des muscles.

La Soude caustique pourrait suppléer la potasse dans ses diverses applications; eu fait, elle ne sert qu'à préparer des savons.

GAZ AMMONIAC et AMMONIAQUE LIQUIDE, ALCALI VOLATIL,

Ammonia.

Angl. Ammoniac, volatile Alkali. — AN. Ammoniacum Causticum sohitum.

L'Ammoniaque (AzH3) est partout : dans la terre, l'eau de mer et quelques eaux minérales; dans l'atmosphère et l'eau de pluie ; dans l'urine, en combinaison avec les acides. C'est un produit habituel de la décomposition des matières organiques azotées. On en admet aussi la présence à l'état libre, mais en minime quantité, dans quelques végétaux, notamment dans la Vulvaire, le Sorbier des oiseleurs, le Pastel, la racine d'Hellébore noir, les feuilles d'Aconit, etc.; mais il se pourrait que les chimistes eussent rencontré de la propylaniine ou quelque autre alcali artificiel, et non de l'Ammoniaque : du moins le fait est déjà établi pour le Chenopodium Vulvaria.

Action physiologique. —Les vapeurs ammoniacales, au contact des yeux, déterminent un vif picotement, la rougeur des conjonctives et le larmoiement. Dans les narines, elles occasionnent une sensation analogue perçue en l'absence du sens de l'odorat, et provoquent l'épiphora en même temps qu'un flux de liquide séreux fourni par la muqueuse nasale comme au plus fort d'un coryza. Aspirées dans les voies respiratoires, elles excitent la muqueuse laryngo-bronchique, causent du malaise et un spasme gloltique pouvant aller jusqu'à la suffocation, le tout suivi d'un flot de mucus liquide.

Appliquée sur la peau ou sur les muqueuses, l'Ammoniaque produit une sensation de chaleur (\m ne tarde pas à devenir cuisante et excessivement douloureuse. En même temps le derme rougit, s'échauffe ; puis l'épidémie blanchit, se bouillonne et se laisse soulever par une sérosité plus ou moins abondante. Si le contact se prolonge, il survient une mortification qui peut atteindre le tissu cellulo-adipeux sous-cutané. L'Ammoniaque est donc, selon la dose, un excitant local, un irritant ou un escbarotique.

Ingérée dans les premières voies, l'Ammoniaque produit tous ses effets topiques : érythème, vésication, cautérisation avec une forme exsudative ou croupale (Bretonneau), et donne lieu à l'ensemble des symptômes qui caractérisent les poisons irritants et corrosifs. Il survient des vomissements, de la gêne respiratoire et des convulsions.

En petite quantité, elle n'agit d'abord que comme un excitant local et comme absorbant des acides. Mais l'Ammoniaque pénètre bientôt dans l'appareil sanguin, qu'elle stimule vivement. La circulation s'accélère et se renforce, la température s'élève; les sécrétions s'exagèrent, notamment celle des bronches; la peau se couvre de sueur : en un mot, il se développe une véritable lièvre artificielle quelquefois intense, toujours fugace.

L'usage abusif de l'Ammoniaque à l'intérieur donnerait lieu à une dyscrasie sanguine caractérisée par tendance à l'état aplastique du sang et aux héinorrhagies multiples, avec des lésions de nutrition et une débilité plus ou moins profonde.

L'Ammoniaque libre ou combinée avec l'acide carbonique, étant volatile,

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