‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 22 sur 276 · CAFÉ · texte numérisé non relu

CAFÉ

tique fluide, une matière grasse fixe ; enfin un tannin particulier, l'acide cafttannique (Pfaff.), qui ne précipite pas la gélatine et colore en vert les sels ferriques. La torréfaction modifie notablement cette composition. Elle exalte le parfum de cette graine, soit parce que la matière grasse, fixe, cesse de retenir l'huile essentielle, soit parce qu'il s'en développe de nouvelles quantités aux dépens d'une autre substance préexistante, probablement, selon nous, aux dépens de la caféine, qui disparaît partiellement dans le café brûlé, d'après les analyses comparatives de Sclirader. D'ailleurs il se forme deux nouveaux principes, l'un brun et amer, l'autre huileux, volatil et brun, appelé caféone.

Action physiologique. — La Caféine étant le principe vraisemblablement le plus actif du Café vert ou cru, c'est-à-dire non torréfié, nous allons commencer par établir ses propriétés physiologiques connues.

Prise isolément à la dose de 10 centigrammes, la caféine produit d'abord un léger assoupissement, suivi d'une stimulation circulatoire favorable à l'exercice des fonctions animales, et particulièrement au travail intellectuel. Selon Lehmann, des doses plus fortes, de 30 à 50 centigrammes par exemple, causent une violente excitation des systèmes nerveux et vasculaire, des palpitations cardiaques, avec fréquence, irrégularité, intermittence du pouls, oppression, douleur de tête, trouble des sens, bruissement d'oreilles, scintillations devant les yeux, priapisme et délire. Cependant Delioux prétend que le Café cru ne cause pas l'excitation au même degré que le Café torréfié, ce qui indiquerait un pouvoir stimulant plus marqué de la part des principes aromatiques développés par la torréfaction.

La Caféine se détruit ou s'altère en partie dans la circulation. Liebig pense qu'elle contribue à la formation de la taurine, l'un des éléments de la bile. D'après les expériences de Lehmann, confirmées par celles de plusieurs autres observateurs, la Caféine augmente effectivement la sécrétion de la bile et celle de l'urée.

Le Café noir, à doses relativement faibles, occasionne du côté du système cardio-vasculaire des phénomènes d'excitation analogues à ceux qui viennent d'être décrits comme appartenant aux doses Tories de caféine, et détermine avec une exaltation considérable des fondions intellectuelles une insomnie redoutée par beaucoup de personnes, et recherchée par ceux pour qui le travail de l'esprit doit se prolonger au delà des limites ordinaires. Celte remarque enlève nécessairement une partie de son intérêt pratique à l'emploi séparé du principe actif, ou plutôt de l'un des principes actifs du Café.

Substances synergiques, m:\ii.i un ks. — Le thé et la théine, le cacai etla théobromine^ presque identiques de composition et d'eifets, sont vraisemblablement synergiques du Café et de son alcaloïde, .l'en rapprocherai la Coca et quelques autres substances. Ses auxiliaires sont certains stimulants diffusibles. Mais, à d'autres égards, le C'ifé trouve des auxiliaires dans les astringents, les amers, le quinquina et la quinine.

SUBSTANCI s ANTAGONISTES, INCOMP VTIBLES. — ANTIDOTES. — 1- 'opium et CUBLER. 4

îes narcotiques hyperémiants; à d'autres égards, les acidulés, les éméto-cathartiques, les délayants, les réfrigérants, sont antagonistes du Café, et ne doivent pas être administrés concurremment. L'opium et les sels de morphine, etc. , sont les antidotes du café.

Usages. — Le Café ou la Caféine, et les combinaisons de cette base avec les acides, sont usités depuis longtemps dans la céphalalgie, la migraine (Formey, Rudolphi), la torpeur intellectuelle et nerveuse, la mélancolie et l'hypochondrie ; dans les fièvres continues, adynamiques, les fièvres intermittentes (Grindel, Rasori, Delioux, etc. ); dans l'asthme essentiel (Musgrave, Pringle, Floyer, Laennec); comme emménagogue en Égypte, d'après Prosper Alpin; comme antidiarrhéique (Lanzoni) ; plus récemment, on a vanté les bons effets du Café à haute dose pour la réduction des hernies.

Si l'opium est l'antidote du Café, la réciproque est encore mieux démontrée par les recherches d'Orlila et l'expérience journalière des praticiens. L'infusion de Café noir sert à masquer la saveur de plusieurs médicaments amers ou nauséeux : de l'huile de ricin, du sulfate de quinine. Dans ce dernier cas, il se fait un trouble qui indique la formation du tannate de quinine, sel auquel on pourrait en conséquence s'adresser d'abord.

Enfin, dans ces derniers temps on a préconisé le Café non torréfié contre les douleurs de goutte ou de rhumatisme goutteux.

Modes d'administration et doses. — Le Café cru ou brûlé peut se manger en grains ou se prendre en poudre. Le plus souvent le Café torréfié se prend en infusion aqueuse.

On commence aussi à faire usage de la Caféine par prises de 5 centigrammes réitérées plusieurs fois par jour. Van den Corput conseille l'emploi de plusieurs sels de Caféine, spécialement du citrate, dont il prescrit 15 à 20 centigrammes avec 30 centigrammes de sucre vanillé, en une dose, contre la migraine. Hannon donne des formules de pilules, de lavement, de sirop et de potion au citrate de Caféine.

On recommande aussi le citrate de fer et de Caféine, le lactate et le malate de Caféine. L'arséniate de la même base, obtenu par Gastinel, a donné des succès contre la fièvre intermittente entre les mains de Schnepp.

cailcépsia., Khaya senegalensis. — Cédrélacées.

Composition. — L'écorce de Khaya senegalensis, Acajou du Sénégal, contient, d'après l'analyse d'E. Caventou, un principe amer, le caïlcédrin; de la matière grasse verte, de la matière colorante rouge en abondance et de la matière colorante jaune; de la gomme, de l'amidon et du ligneux; du chlorure de potassium et une essence aromatique.

Action physiologique et usages. — Mâché, le Caïlcédra développe une amertume bien marquée, quoique peu intense, due au principe amer dont ia proportion est minime. Malgré son défaut d'action sur l'organe du goût, E. Caventou pense que la matière colorante rouge jouit de propriétés actives.

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Toujours est-il que le Gaïlcédra, d'après les observations de Bulaud, Duvau et Moutard-Martin, possède une certaine valeur fébrifuge à la dose de 1 gramme ou 1gl , 50 par jour.

L'extrait aqueux doit être préféré. E. Caventou propose d'introduire le Caïl cédra dans un vin et un sirop toniques et tortillants.

caiixe-lait blanc, Galium Mollugo,L. — Rubt acées-Stellées.

Angl. Lady's Bedstraw, Chcese Rennet. — Ail. Weisse Labkraut.

Ce Galium, l'un des plus vulgaires, vanté autrefois par Jourdan, directeur de l'hôpital de Tain, est devenu depuis quelques* années, entre les mains de certains religieux du pays, un prétendu spécifique contre l'épHepsie. Le suc de la plante fraîche se donne à la dose d'environ 200 grammes après vingt-quatre heures de jeûne.

caille-lait jaune, Galium luteum, L. — Rubiacées-Stellées.

Angl. Yellow lady's Bedstraw. — AU. Gelbes Labkraut.

Le Galium. verum passait pour avoir la faculté de cailler le lait, ce qu'aucune expérience ne justifie (Young, Parmentier). L'erreur populaire vient, je le présume, du nom de caille-lait obtenu par corruption de celui de Galiet, qui est le mot Galium francisé, lequel nom a fini par abuser ceux qui remployaient sur les vertus absentes de la plante.

Le Galium verum était usité en Catalogne contre l'épilepsie, lorsque Bonafous le préconisa en France. Son efficacité n'est pas mieux établie que celle du précédent. En définitive, cette espèce, qui se distingue par une odeur de miel assez fade, pourrait bien être un peu antispasmodique et sudorifique, à la manière du tilleul et du sureau. Une autre espèce du genre, le Gal/mn Aparine, passe pour antiscorbutique et antiherpétique ; ses semences ont été proposées pendant le blocus continental pour remplacer le café.

CAIWÇA, Chiococca anguifuga, Mart. — Rubiacées-Cofeéagées. Le Caïnça est une Rubiacée du Brésil.

Composition. — Brandes a trouvé dans le Chiococca racemosa un principe voisin des alcaloïdes végétaux et analogue à l'émétine, lequel doit exister également dans la rapine du C. anguifuga, puisque celui-ci partage les propriétés médicinales du premier, qui présente une saveur aromatique amère, nauséeuse, avec une odeur désagréable rappelant celle de la valériane.

Action physiologique ET USAGES. — Le Caïnça, pris en petite quantité, purge; à plus forte dose, il est à la lois drastique el éméliqiio. Indirectement, il devient diaphonique, sialagogue, diurétique. Les propriétés catbarliques du Caïnça en font un dépuratif, un désobstruant et un résolutif On peu( L'employer avec avantage contre les hydropisies, les affections cérébrales congestives et irritantes, et toutes les fois qu'il s'agit de révulser ou de dériver vers le tube digestif.

La racine se donne en poudre à la dose de 1 gramme à lgr,50, ou bien en infusion (8 à 16 grammes dans un litre d'eau). V extrait est une mauvaise préparation.

CAJÊPCT, Melaleuca minor. ■ — MyrtacÉes.

Angl. Lesser Melaleuca. — AU. Cajeput.

Cet arbuste des Moluques fournit une huile essentielle épaisse, visqueuse, verdâtre, d'une odeur très-forte, rappelant celle du camphre, du cardamome ou du romarin. Cette huile, rectifiée par une seconde et une troisième distillation, devient limpide, ténue, d'un vert clair et même incolore, et d'une odeur si pénétrante, qu'elle peut occasionner la lipothymie. Sa saveur est piquante, fraîche et amère.

L'huile de Cajeput est un irritant local et un puissant excitant. On l'emploie en frictions contre les douleurs rhumatismales et goutteuses; à l'intérieur, dans la paralysie et les névroses convulsives, les coliques, la pneumalose intestinale, les affections vermineuses. Une ou deux gouttes dans une tasse d'infusion suffisent pour constituer un breuvage stimulant.

ciL.iiEOT, Calamintha officinal 'is, ftlœnch, Melissa Calamintka , L. — Labiées.

Angl. Calamint, mountain Balm. — Ail. Kalamenth, Bergmunze.

Le Calament est une Labiée aromatique amère qui croît dans les lieux boisés, secs et élevés d'une partie de la France et de toute l'Europe méridionale. A son huile essentielle il doit ses qualités excitantes, et à son principe amer son action tonique.

Le Calament entre dans le Sirop d'Armoise, la Thériaque, la Poudre chalybée, le Sirop de Stœchas, etc.

CALEBASSE «'EîJBSŒf8!:, GOfTî&DE ou c©&JG©UR©E, Lagenaria vulgaris, Scr. — Cucurbitacées.

Angl. Calabash, Bottle gourd. — Ail. Flaschenkurbis.

La chair du Lagenaria vulgaris, Ser., est amère et purgative. Ses graines font partie des Quatre semences froides majeures, avec celles du Melon et du Concombre, ainsi que celles du Poîiron, qui sont les plus grosses et les plus faciles à se procurer fraîches presque toute l'année.

Les semences du Potiron [Cucurbita maxima, Duch.), et du Giraumon (Cucurbita Pepo), sont recommandées depuis quelque temps contre le ténia, mais il y a longtemps qu'au rapport du docteur Hourau, cité par Mérat et De Lens, on donnait à l'île de France les semences d'une variété de notre Potiron pour chasser le ver solitaire. On faisait prendre 60 grammes d'amandes, réduites en pulpe dans 500 grammes d'eau, en une seule fois; après quoi on administrait de l'huile de ricin. Actuellement on suit à peu près la même pratique, ou bien on fait manger les amandes broyées avec du sucre.

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