‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 23 sur 276 · CAMOMILLE ROMAINE · texte numérisé non relu

CAMOMILLE ROMAINE

Vémulsion des amandes de Cucurbitacées se prescrit comme tempérante ou rafraîchissante dans les phlegmasies des bronches, la fièvre gastrique, les affections aiguës des organes génito-iu in aires.

CAMOMILLE COMMUNE, CAMOMILLE Efe'ALÏ.EJIAGNE, Matricaria

(Itamomilla, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées.

Angl. Common wild Ckamomile. — Ml. Gemeine Kami lie.

La Matricaire Camomille est indigène et vient dans les lieux: cultivés.

Composition. — Parmi les substances qui entrent dans la composition de ses fleurs, nous citerons, d'après Freudcnthal, le bitartrate de potasse et le phosphate de chaux, de l'albumine soluble, un extraclif amer, de la résine et une huile volatile d'une belle couleur bleue, anciennement connue. Quand die est fraîche, cette essence possède une odeur spéciale très-forte, un goût piquant et nauséeux.

Action physiologique et usages. — La Matricaire Camomille est tonique, stimulante et antispasmodique. On emploie moins l'infusion de ses calathides que celle de la Camomille romaine ; mais, en revanche, c'est elle qui fournit l'huile de Camomille usitée en médecine pour le traitement externe.

L'huile de Camomille possède au plus haut degré les qualités de la fleur, et sert en frictions, en embrocations, soit pure, soit additionnée de camphre et de narcotiques, pour calmer les douleurs rhumatismales et autres, ainsi que pour résoudre les engorgements sanguins ou inflammatoires consécutifs aux contusions, aux entorses, etc.

CAMOMILLE PUANTE ou MAROUTE, Manda Cotilla, DC. , Anthémis Cotula, L. — Composées ou Synanthêrées-Sénécionidées.

Angl. Stinking Ckamomile. — Ail. Hunds-Kamille.

La Maroutc, abondante autour des villages, exhale une odeur fétide dont l'intensité s'accroît encore par le frottement. Elle est antispasmodique et réussit contre l'hystérie; elle est aussi emménagogue dans l'aménorrhée torpide. Ses qualités stimulantes et toniques l'ont fait administrer avec avantage dans les fièvres intermittentes rebelles et la scrofule.

En présence de sa fragrance extraordinaire, il est permis de se demander si elle ne pourrait, comme insectifuge, remplacer la Pyrèthre du Caucase.

La Camomille puante se donne en infusion (une pincée de fleurs dans 150 grammes d'^eau , et en lavement, à la dose d'une poignée.

CAMOMILLE ROMAINE, Anthémis nobilis, L. — COMPOSÉES OU SYNAN- THÊRÉES-SÉNÉCIONIDÉES.

\ngl. Jiuman Chamomile. — Ail. Homanische Kamille.

La Camomille noble est fréquente dans les lieux secs et pierreux. Ses capitules exhalent un arôme très-puissant qui tire un peu sur celui du Coing. Leur saveur est amère, chaude et même brûlante, quand on en mâche pendant quelques instants.

La plante cultivée, à fleurs doubles, offre des qualités semblables, mais moins énergiques.

Composition. — Les fleurs de Camomille romaine, analysées par Wys, ont donné la composition suivante: Matière grasse, chlorophylle, acide tannique (traces), huile volatile, plusieurs substances amères, de l'albumine et des sels.

L'huile volatile ressemble à celle de la Camomille d'Allemagne, à laquelle elle se trouve probablement toujours mêlée. Le principe amer se distingue par son égale solubilité dans l'eau et l'alcool.

Action physiologique. — La Camomille romaine mâchée provoque la salivation; ingérée dans l'estomac, elle stimule sa muqueuse, éveil!e l'appétit et favorise le travail digestif. En trop grande quantité, elle va jusqu'à produire des vomissements. Après cette action locale, la Camomille agit comme stimulant diffusible; mais, quoiqu'elle soit d'un usage journalier, ses effets dynamiques généraux n'ont pas été étudiés avec tout le soin désirable.

Usages. — La Camomille est employée comme stomachique et carminative contre les crampes d'estomac et la colique ; pour remédier à la constipation atonique, provoquer le flux menstruel, guérir la fièvre, donner du ton à l'économie. De plus, les Anglais et les Suédois donnent l'infusion de Camomille en abondance pour faire vomir.

Modes d'administration et doses. — On administre la plante en nature, Yinfusion, la décoction, Y extrait et V huile essentielle»

La poudre de fleurs, dont on donnait depuis 60 centigrammes jusqu'à 4 grammes, est presque abandonnée. Plus souvent on se sert de Yinfusion (5 calathides de fleurs pour 100 grammes d'eau) pour l'usage interne, et de la décoction en lavements ou en bains. V extrait, dépourvu d'huile volatile, conserve la valeur d'un tonique amer à la dose de 60 centigrammes à 2 grammes.

L'essence isolée est employée fréquemment en Angleterre, soit dans une infusion, soit en pilules, pour remplacer les préparations dans lesquelles entre la fleur. Elle se donne à la dose d'une ou deux gouttes.

La Camomille sert à faire des fomentations. Enfermée dans des sachets qu'on a trempés dans l'eau bouillante, elle est appliquée sur le corps pour déterminés* la caléfaction.

camphre »u japon. Stéaroptène du Camphora officinarum, Nées, Laurus Camphora, L. — Lauracées.

Angi. Japan Camphor. — AU. Japanisches Kampfer.

Le Camphre (C10H32O) est un stéaroptène ou huile volatile concrète qui se rencontre dans une foule de plantes de la famille des Laurinées, de celles des Labiées, des Composées, des Amomées, etc. Le stéaroptène du Laurus Camphora est la sorte commerciale la plus importante. Il est légèrement soluble (miscible) dans l'eau, très-soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles grasses et volatiles et des acides. Outre le Cam-

Page 1