CAMPHRE DU JAPON
phre, on trouve dans le Laurier camphrier une essence liquide que Pelouze et Fretny ont décrite sous le nom d'huile de Camphre.
Action physiologique. — Le Camphre possède une odeur d'une fragrance particulière. Dans la bouche, il produit un goût aromatique avec une sensation de fraîcheur lorsque L'air y pénètre. À la longue il détermine de la rougeur, de la chaleur et de l'enflure de la muqueuse. Il se comporte aussi comme les acres au contact des surfaces dénudées et des plaies. Dans l'estomac, il détermine une sensation de chaleur, de l'irritation inflammatoire et même des ulcérations, quand il est ingéré en quantité excessive. De cette irritation résultent des nausées, des vomissements et des phénomènes réflexes ou sympathiques qui se confondent avec les accidents provenant de la diffusion du médicament dans toute l'économie. Après absorption, le Camphre amène la précipitation du pouls, et, à dose toxique, des spasmes, des convulsions, le délire, Téclampsie, l'insensibilité et la mort (Menghini, Alexandre, Carminati, Moiroud, Orfila, etc.).
A dose modérée, le Camphre est exhilarant et anodyn; à dose excessive, il trouble les sens, les facultés intellectuelles et la volition, et amène les symptômes ci-dessus énumérés. De même l'action sur le système vasculaire se partage en deux périodes. Une dose faible ou moyenne excite le centre circulatoire, donne un pouls fréquent et plein, élève la température, et provoque la sueur (Percira). Des doses toxiques produisent, soit directement après leur pénétration dans le sang, soit indirectement par l'inflammation du tube digestif, des phénomènes de langueur, de coliapsus, de paralysie, de refroidissement, avec pâleur de la face et dilatation des pupilles (F. Hoffmann, Pouteau, Cullen, Edwards, Schaaf, Stokes, Trousseau et Pidoux, etc.).
Du côté de l'appareil génital les phénomènes suivent la même loi. Un peu de Camphre excite les fonctions génésiques, beaucoup abat la puissance génitale. Trousseau et Pidoux ont observé ce dernier effet avec 1 gramme 80 centigrammes de Camphre. La dysuriea été décrite par Heberden, Scudery, etc.
En définitive, le Camphre est directement excitant, et ne devient contrestimulant (iue d'une manière détournée. Il ne se sépare donc pas des autres substances aromatiques.
Le Camphre a été retrouvé dans le sang de la veine porte et de la mesenteriquc du cheval par Tiedemann et Gmelin, mais non dans le chyle ni l'urine. Il est éliminé principalement par les voies respiratoires. L'haleine exhale une forte odeur de Camphre chez les personnes et les animaux à qui on en a fait avaler de grandes quantités (Trousseau et Pidoux). Il en est à peu près de même pour la transpiration (Cullen, Moiroud). Notons que Cullen n'a jamais pu constater, non plus que Tiedemann et Gmelin, la présence du Camphre dans la sécrétion urinaire.
Usages. — Le Camphre est employé comme stimulant général à la fin des inflammations qui ont épuisé l'économie, et dans quelques circonstances analogues. Dans d'autres cas, on le dit antispasmodique et exhilarant, mais ces
bénéfices ne sont obtenus que quand la mélancolie ou les convulsions dépendent d'une torpeur ou d'une asthénie du système nerveux. En ce cas, le Camphre est encore excitant.
Quand il provoque la diaphorèse, le Camphre agit de même par l'excitation cardio-vasculaire. C'est ainsi qu'il est utile dans le choléra, dans le rhumatisme ou la goutte atonique.
Les bons effets du Camphre dans l'irritation des organes urinaires et sexuels, ainsi que dans certains empoisonnements, ne s'expliquent pas parle même procédé. On peut en partie s'en rendre compte, soit par les effets toxiques anesthésiques des hautes doses, soit en admettant que le Camphre, n'étant pas éliminé par l'urine, empêche la cantharide, la scille, le garou, de passer par les reins et d'irriter les canaux urinifères (Gubler).
A l'extérieur, on emploie le Camphre en fumigations, en solution alcoolique ou huileuse, contre les épanchements sanguins, les tuméfactions inflammatoires, îes douleurs rhumatismales, etc. La solution de Camphre dans l'éther a été appliquée sur l'érysipèle (Malgaigne, Trousseau). La poudre de Camphre est. conseillée pour préserver le visage des marques de la petite vérole.
Les contre-indications du Camphre sont: les états inflammatoires de l'estomac, la fièvre intense, les formes sthéniques et irritatives des spasmes, convulsions et autres symptômes morbides pour lesquels il est conseillé.
Modes d'administration et doses. — La dose pour l'usage interne doit être de 50 centigr. à 1 gramme. On administre le Camphre en pilules et en ému l si on. L'ému Ision est prise en potion ou en lavement. Elle se prépare avec un jaune d'œuf, ou bien avec un mélange de sucre, gomme arabique et un peu de myrrhe. C'est une forme désagréable et qu'il faut réserver pour l'administration par le rectum.
On prépare une eau camphrée, une eau-de-vie, un alcool et un vinaigre camphrés. On a encore le Uniment de Camphre, le Uniment volatil camphré, etc.
La poudre de Camphre entre dans le cataplasme aromatique et narcotique de Trousseau. Le Camphre est la base du système thérapeutique de Raspail, qui en fait priser la poudre, le fait aspirer à travers des tuyaux de plume (cigarettes), l'applique topiquement, uni à l'ammoniaque sous le nom à' Eau sédative, laquelle est rubéfiante, vésicante et ne calme que par action révulsive.
Enfin, le Camphre entre dans le Vinaigre des quatre voleurs ou antiseptique, le Baume de Genièvre, le Baume Chiron, le Linimcnt hongrois et Y Emplâtre de Minium ou de Nuremberg.
CAMPHRÉE de MONTPELLIER, Camphorosma monspeliaca, L, — Chénopodacées.
Angl. Stinking ground Fine. — Ail. Kampferpftanz, Kampferkraut. Cet arbrisseau du Roussillon, de la Provence et du midi de l'Europe n'exhale qu'une odeur de camphre fugace et mal caractérisée, ce qui ne veut