CANNELLE DE CEYLAN
pas dire qu'il soit absolument dénué de propriétés actives. On l'a préconisé comme expectorant, anticalarrheux, diurétique, sudorifique et antiherpétique. La Camphrée n'est plus guère usitée qu'en Espagne et dans le midi de la France.
CANNE DE PROVENCE OU GRAND ROSEAU, Arundo Dono.X, L. —
Graminées.
Angl. Manured Reed. — AIL Spanisches Rohr.
Ce géant de nos Graminées indigènes a des rhizomes qui, dans le jeune âge, sont doux et sucrés, et, quoiqu'ils soient inodores, ils fournissent à l'analyse une matière résineuse, amère et aromatique, analogue à celle de la vanille. La fécule y fait absolument défaut (Chevallier).
La racine de Canne de Provence est employée à la dose de 80 à 60 grammes en décoction dans 750 grammes d'eau, comme anlilaiteux, chez les femmes qui ne peuvent nourrir ou veulent sevrer.
CANNELLE BLANCHE, Cannella alba, Murr. — Canneleacées.
Angl. Laurel leaved Cannella, or ivild Cinnamon. — Ail. Zimmt.
Le Cannella alba croît aux Antilles et sur le continent américain.
Composition. — Son écorce, d'après Petroz et Robinet, renferme une huile volatile, une résine, de l'extractif amer, de la canneiline et différents autres ingrédients. L'essence possède un goût acre; il n'en est pas de même de la résine (O. Henry), qui est simplement aromatique.
La Canneiline est une substance saccharine, cristallisa bîe, non fermentescible.
Action physiologique et USAGES. — La Cannelle blanche, d'une odeur douce qui rappelle celle du Laurus Cinnamomum , possède une saveur chaude, aromatique, un peu acre et amère. Elle jouit des propriétés dynamiques de toutes les substances analogues par leur composition. C'est un stimulant tonique, intermédiaire entre la Cannelle et le Girolle Dans ses lieux d'origine, on s'en sert comme d'épice et de condiment. En médecine, la Cannelle blanche se donne dans l'atonie des voies digestives et la débilité générale, dans le scorbut. On l'associe à d'autres toniques et à des purgatifs dans le Vin d'A lobs, la Teinture de Gentiane composée, la Poudre d'Aloès et de Cannelle appelée communément Hierapicra^ et le Vin de Gentiane.
t'A WFxrE; »e CEYLAN, Cinnamomum zeylanicum, Breyne; L<i<;rus Cinnamomum, L. — Lauracées.
Angl. Ceylan Cinnamon. — Ail. Zimmt.
Composi tion. — La seconde écorce du Cannellier de Ceylan renferme, d'après Vauquelin, une huile volatile : du tannin eu abondance combiné avec nue matière azolée cl soluble dans l'eau à la faveur d'un acide : du mucilage, une matière colorante, une résine, un acide et du ligneux. Planche y ajoute a\ ec raison de L'amidon.
AcrrON physiologique. — L'odeur aromatique de la Cannelle, sa saveur chaude, un peu sucrée, puis piquante et acre, aussi bien que la nature de ses principes chimiques, marquent d'avance sa place parmi les stimulants les plus énergiques. A faible dose, elle produit en effet une sensation de chaleur à la région épigastrique, et détermine, par action réflexe, l'irritation sécrétoire de l'estomac et la contractilité de la tunique musculaire du tube digestif, ainsi que l'excitation de l'appareil circulatoire. Des doses plus fortes exagèrent ces effets topiques et sympathiques; puis, une fois l'absorption effectuée, il en résulte un mouvement fébrile artificiel et des phénomènes spéciaux du côté des organes sécrétoires. L'action excitante atteint même, selon quelques observateurs, les fibres motrices de l'utérus.
Usages. — La Cannelle est un condiment apprécié et un tonique stimulant assez souvent employé. On l'associe aux amers pour en corriger le goût, et aux purgatifs pour modérer les coliques. Comme tonique excitant, on l'a prescrite dans les cas de faiblesse et d'atonie, quelle que soit la nature étiologique du mal. Elle entre, par exemple, dans la potion cordiale, administrée à la fin de toute pyrexie ou phlegmasie qui épuise les forces. On la donne aussi comme carminative et antispasmodique. Enfin on la conseille pour arrêter la métrorrhagie.
Modes d'administration et doses. — La dose de poudre est de 60 centigrammes à 1 gramme et jusqu'à 2 grammes. Les diverses préparations dè l'écorce se donnent en proportions équivalentes.
V essence de Cannelle, principalement formée par l'hydrure de cinnamyle, se donne à la dose de deux ou trois gouttes. V huile volatile de racine de Cannellier de Ceylan est- moins délicate et s'emploie de même.
V essence des feuilles se distingue par la présence d'un peu d'acide benzoïque, et sert aux mêmes usages que l'essence de Girofle.
Veau de Cannelle se donne à la dose de 30 à 60 grammes. On met à à 8 grammes de teinture dans une potion, ou bien dans \ 6 à 32 grammes de sirop.
La Cannelle entre dans une foule de liqueurs de table et de préparations stomachiques, stimulantes : YHippocras, la Pondre^ aromatique composée, la Confection aromatique, Y Eau de Mélisse composée, le Sirop antiscorbutique, la Thériaque, le Mithridate, le Laudanum liquide, etc.
CANNELLE GIROFLÉE DES UÏOLLQLES, OU ÉCOKCE DE CLLI- LAWiiRJ, Cinnamomum Culilawan, Blume. — Lauracées. Angl. Indian Clove bark. — Ail. Nelkenrinde.
L'écorce du Cannellier Culilawan sent le girofle, et sert aux Javanais comme masticatoire et parfum. C'est d'ailleurs un médicament en tout comparable à la Cannelle de Ceylan, et, comme celle-ci, fort employé dans ses lieux de production à titre de tonique stimulant, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, contre la paralysie, le rhumatisme, etc.
L'essence de Culilawan est inusitée en Europe.
CANTHARIDE. 5g
CANNELLE GIROFLÉE iw BRÉSIL. Écorce du Dicypellium caryophyllatum, L. — Lauracées.
Angl. Brazilian Clove bark, or Clove Cassia bark.
On peut répéter, à propos de l 'écorce du Dicypellium caryophyllatum, espèce du Para et des bords du rio Negro, ce que nous disons de celle du Cinnamomum Calilawan, naturel aux îles de l'archipel indien,
CANNELLIER (FLEURS DE), Cinnamomum Cassia, Fr. Nées, ou Cinnamomum perpetuoflorens, Burmann. — Lauracées.
Angl. Cinnamon-tree (flowers of thé), — Ail. Zimmt-Kassie {Blùmen von der).
Les fleurs non développées du Cinnamomum Cassia {flores Cassiœ immature?, clavelli Cinnamomi), analogues aux clous de Girofle, mais plus petites, ont des propriétés et une composition semblable à celles de l'écorce connue sous le nom de Cassia lignea ou Cannelle de Chine. L'huile volatile qu'on en retire par distillation a la même action physiologique et sert aux mêmes usages thérapeutiques que l'essence de Cannelle de Ceylan.
canth aride, Cantharis vesicatoria, Geoff.; Meloe vesicatorius, L. — Insectes-Coléoptères.
Angl. Blister Beetle, or Spanish Fly. > — Ail. Blasen-Kafer, Spanische Fliege.
Cet élégant Coléoplèrc, de la famille des Trachélides, vit sur les arbres de la famille des Jasminées, et particulièrement sur le Frêne.
COMPOSITION. — L'analyse de Ilobiquet donne les résultats suivants: Cantharidine ; huile grasse, verte, soluble dans l'alcool; matière grasse insoluble; substance jaune visqueuse, soluble dans l'eau et l'alcool; matière noire soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool; matière jaune soluble dans l'éther et l'alcool; acides acétique et urique libres; phosphates de chaux et de magnésie.
La Cantharidine, rangée parmi les substances neutres, est cristalline, de couleur blanche, insoluble dans l'eau — si ce n'esta la faveur des autres principes constituants de la Cantharide, principalement de sa matière jaune, — soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles Fixes el volatiles. Ses principaux dissolvants sont l'acétone et lé chloroforme. Elle se dissout dans la soude, de même que dans les acides sulfurique, chlorhydrique et nitrique bouillants. Un acide énergique la précipite de la première dissolution, l'eau suffil pour la séparer des suivantes. La Cantharidine ne commence à se sublimer qu'à 120 degrés et ne se volatilise rapidement qu'à 205 degrés. Aussi les effets attribués à sa vapeur dans des conditions de température ordinaire doivent-ils être rapportés, soil à des émanations pulvérulentes, soit à une huile volatile odo7*(inte qui donne aux Gantharides leur fragrance désagréable, et sur 1 existence de laquelle Orlila insiste avec raison.
Action physiologique. — Les Cantharides exhalent une odeur piquante, fétide, nauséabonde. Leur saveur est peu marquée, car la sensation d'âcreté et de causticité qu'elles déterminent plus tard paraît due à l'inflammation violente qu'elles excitent sur la langue comme sur tout autre point des téguments. Celte sensation n'est pas plus une affaire de goût que l'impression de l'ammoniaque sur les narines n'est un phénomène d'olfaction. Appliquée sur la peau, la poudre de Cantharides produit au bout d'une heure une sensation de chaleur qui devient bientôt cuisante, douloureuse, et s'accompagne de rougeur et de tuméfaction légère. Il s'ensuit une véritable phlegmasie du derme avec exhalation séreuse ou séro-fibrineuse sous forme de vésicules d'abord isolées, qui deviennent confluentes, et donnent lieu, ou bien à un certain nombre de bulles et ampoules, ou bien à une seule grosse phfj'ctène qui occupe toute la surface avec laquelle la Cantharide se trouvait en contact. Cet effet n'est complet qu'au bout de huit, douze, seize ou vingt-quatre heures, selon la ténuité de l'épidémie et la vitalité des téguments. Il peut employer quelques heures seulement à se produire, comme il peut faire absolument défaut malgré l'excellente qualité et l'application parfaite du remède. Car la Cantharide n'exerce pas sur la peau une action chimique, fatale, à la manière de l'acide sulfurique ou de la potasse caustique : elle provoque, irrite les tissus vivants qui répondent plus ou moins à son action phlogistique, et quelquefois demeurent inertes malgré un contact prolongé de deux ou trois jours. Mais ce dernier cas, que j'ai bien observé, est excessivement rare.
Dans le premier moment, l'action topique de la Cantharide est sans doute aidée par les acides de la sueur qui dissolvent le principe actif de l'insecte.
Tant que dure la violente phlegmasie déterminée par le contact de la poudre irritante, l'absorption ne s'exerce pas; mais dès que l'exsudation s'arrête par le fait de l'apaisement du travail inflammatoire en rapport avec J'éloignement du corps irritant, désormais séparé de la superficie du derme par une épaisseur plus ou moins grande de sérosité plastique, alors l'absorption redevient possible. Et comme elle s'exerce sur un liquide albumineux et alcalin nécessairement chargé de cantharidine, celle-ci commence à s'introduire dans la circulation et produit bientôt les effets qui lui sont propres.
Le pouls devient fréquent et plein, la respiration accélérée, la peau chaude et sudorale. L'urine diminue de quantité, et les mictions sont plus fréquentes, accompagnées de douleurs au passage. Ces phénomènes peuvent être trèsaccusés à la suite de la vésication, mais ils se montrent dans toute leur puissance lorsque la Cantharide est ingérée dans les premières voies. Voici alors ce qu'on observe :
Dans l'estomac, la Cantharide excite de la chaleur ou de la brûlure, de vives douleurs gastralgiques, des nausées et des vomissements. Néanmoins une partie du principe actif est absorbée, et va produire la fièvre artificielle, signalée tout à l'heure, avec une intensité plus grande et une soif ardente. Bientôt se montrent des ardeurs d'urine, des douleurs atroces dans les lombes et le bas-
C AN TH ARIDE. g [
ventre, un priapisme des pins pénibles. Le malade pisse, au milieu de cruelles souffrances, de l'albumine, de la fibrine, du sang, avec une urine rare et concentrée. Il éprouve une violente constriction de la gorge, de la difficulté d'avaler, de l'hydrophobie, du ptyalisme, de la dysenterie, une sensibilité exquise du ventre, comme dans le péritonisme. Si le sujet résiste, on voit une période de sédation et d'asthénie succéder à cette effervescence morbide; le pouls se ralentit et se déprime, la température s'abaisse, et les forces sont dans la résolution. Mais si la dose est trop forte, il survient du délire, des convulsions, le tétanos, l'insensibilité, le coma et quelquefois la mort. A l'autopsie, on trouve une inflammation violente, plastique et ulcéreuse du canal digestif et de l'appareil urinaire, principalement de la vessie.
Les lésions fonctionnelles et anatomiques observées du côté des reins et des voies urin aires indiquent suffisamment que c'est par là que se fait l'élimination de la Cantharidine et des autres principes actifs absorbables. En présence de ces profonds désordres, on admire la tolérance relative du système vasculaire pour la Cantharidine, mais l'étonnement cessera si l'on considère que L'albumine dissimule un grand nombre d'agents nuisibles ou toxiques, lesquels ne recouvrent leur pouvoir de nuire que lorsqu'ils reprennent leur liberté dans les sécrétions non albumineuses.
A mon avis, les graves symptômes observés dans les intoxications du côté du système nerveux ne sont pas uniquement le résultat de l'action directe du poison sur l'encéphale et la moelle; ils sont quelquefois les effets sympathiques ou réflexes de la violente irritation des organes digestifs et urinaires. Le tétanos lui-même se prête à notre explication, car il si1 montre fréquemment à la suite des lésions traumatiques de L'abdomen, peut-être parce que, dans celte cavité splanchnique, les corpuscules de Pacini sont presque aussi nombreux que vers les extrémités des membres.
La Cantharidine est accusée, à bon droit, d'être l'agent essentiel de tous ces désordres. Cependant la substance volatile odorante, considérée par Beaupoil et Orfila comme le principe vraiment toxique de la Cantharide, possède réellement des propriétés irritantes semblables à celles de la Cantharidine.
On cite des cas nombreux d'individus qui, pour être restés endormis à l'ombre des arbres chargés de Cantharides, ont inhalé par les poumons des quantités suffisantes de l'huile volatile pour qu'il en résultât, non-seulemeni des oph thaï mies, des éternuments et des saignements de nez, mais encore des vertiges, la dysurie, l'hématurie el la fièvre (Amoreux, Lyonnet, Boyle).
Usages. — Localement, la Cantharide serl à produire la rubéfacti >n, pour exciter la sensibilité et l'irritation de la peau dans la paralysie, les névralgies les douleurs rhumatismales, etc. C'est au -m plusMii' ci le moins do: don rem de tous les vésicants. Elle est pour cela d un usage vulgaire dans les maladies inflammatoires dont l'acuité commence à cé 1er, ou qui son! parvenues à l'étal chronique, notamment dans celles des yeux, des jointures, delà poitrine. anciens l'appliquaient sur la morsure d»'s animaux venimeux.
On a cru pouvoir imposer à l'érysipèle une barrière infranchissable en plaçant un vésicatoire sur sa route, c'était une illusion.
Gomme agent dynamique général, la Gantharide a été en grande réputation dans l'hydrophobie, le tétanos, la chorée, l'épilepsie et la manie. On n'y croit plus.
Mais on l'emploie encore pour agir sur les organes urinaires, et, d'une manière détournée, sur l'appareil génital. L'irritation cantharidique est conseillée dans la paralysie vésicale, dans le diabète sucré et le diabète albumineux, mais, malgré d'imposantes autorités et malgré l'action coercitive que nous assignons à l'albumine, nous ne pouvons nous défendre de croire que, si son action n'était point paralysée, elle serait plus redoutable qu'utile dans cette dernière affection. Elle est recherchée comme aphrodisiaque par les hommes blasés ou affectés de spermatorrhée, de tabès, et devenus impuissants; mais cette pratique n'est pas sans danger pour eux. Quant aux effets emménagogues ou antiherpétiques de la Gantharide, ils sont incertains, trompeurs et doublés d'inconvénients, si ce n'est d'accidents plus fâcheux. Enfin l'école italienne a cru trouver dans la Gantharide un moyen de contre- stimulation. Par malheur, cette substance ne calme l'éréthisme vasculaire que d'une manière détournée, et l'orage qu'elle excite d'abord doit en faire redouter l'intervention.
En somme, la Gantharide, si héroïque dans la médication irritante ou révulsive externe, n'est qu'un agent incertain ou périlleux de la médication interne.
Modes d'administration et doses. — On se sert de la poudre isolée ou incorporée dans des masses emplastiques, de solutions huileuses ou graisseuses, de teintures alcoolique, acétique et éthérée, de Y extrait alcoolique ou éthéré et de la cantharidine.
La poudre se donne à l'intérieur depuis 25 milligrammes jusqu'à 10 centigrammes et davantage, en pilules ou pastilles ou dans un liquide doux et mucilagineux. D'après ce que nous avons dit de l'innocuité de la Cantharidine incorporée dans le sérum, un véhicule albumineux dissimulant parfaitement ce principe actif serait le meilleur pour l'usage interne.
La teinture alcooliques prescrit à la dose de 5, 10 et 20 gouttes, en potion ou dans un véhicule approprié, une ou plusieurs fois par jour.
Les teintures acétique et éthérée doivent se donner à doses beaucoup plus faibles. V extrait n'est guère usité. Ces préparations conviennent aussi pour l'usage externe.
Formules diverses. — V Emplâtre vésicatoire ou de Gantharides se compose de parties égales de : poix résine, axonge, cire jaune et poudre de Gantharides.
Le Vésicatoire anglais diffère surtout par la proportion plus forte (1/3 au lieu de 1/4) du principe actif.
La Pommade épispaslique verte contient : Poudre de Gantharides, 1 p.; cire blanche, k p.; et populéum, 28 p.
CAPILLAIRE DU CANADA. f 5 3
La Pommade dite de Dupuytren contre la calvitie renferme : Moelle de
bœuf, 300 p.; acétate de plomb cristallisé, 5; baume noir du Pérou, 10;
alcool à 21°, 50 p ; teinture de Cautharides, 2; teinture de girofle et de cannelle, de chaque 20 gouttes.
CAOUTCHOUC. Suc concret du Siphonia elastica, Pers. — Eupiiorbiacées; et des Ficus elastica et F. indica. — Morées.
Angl. Caoutchouc, Indian rubber, Gum elastic. — Ail. Kaoutchouc, élasticités oder Feder-Harz.
Outre le Siphonia elastica (S. cahvchu, Schreb. et Wild.) et les deux Ficus, on cite le Jatropha elastica, L. , et YHeoea guyanensis, Auhl. , comme fournissant de la gomme élastique.
Composition. — Le Caoutchouc est un carbure d'hydrogène (C8H7) solide, élastique, se durcissant par le froid et se ramollissant par la chaleur, mais qui, après avoir été soumis à l'action du soufre ou vulcanisé, conserve son élasticité aux basses températures et résiste à l'action dissolvante du pétrole et de l'essence de térébenthine. Son meilleur dissolvant est le sulfure de carbone.
Usages. — Les merveilleuses qualités physiques du Caoutchouc ont été utilisées pour la fabrication de quelques instruments de chirurgie et pour la prothèse des dents, des mâchoires, etc. On en fabrique des sondes, des bouts de sein, des pessaires à réservoir d'air, des tissus élastiques pour bas et suspensoirs, serre-bras, bandes contentives. Toutefois la presque totalité des sondes et bougies dites de gomme élastique ne sont autre chose que des mèches ou des moules de tissu recouverts de plusieurs couches d'huile de lin séchées à l'air.
Le Caoutchouc est employé aussi dans le traitement des plaies et des maladies de peau, par occlusion. On le dissout préalablement dans le chloroforme, puis, à l'aide d'un pinceau, on l'étalé sur la surface qu'il s'agit de protéger. Le suc laiteux de l'arbre dont on a retardé la coagulation par l'ammoniaque sert au même usage (Swediaur, Guibert).
Mille prépare un sparadrap au caoutchouc plus adhésif et moins facile à écailler que les emplâtres ordinaires.
Il faut arrivera 18V) pour voir le Caoutchouc s'introduire dans l'usage médical proprement dit. Le docteur Maurice Haller, instruit par hasard des elïels extraordinaires du Caoutchouc chez deux phthisiques. l'administre dans la tubercuiisation pulmonaire à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme et au delà, et prétend en avoir obtenu de bous résultats. L'expérience a été répétée suis succès. Hanon (de Bruxelles), mieux inspiré, donne le Caoutchouc dissous dans l'essence de térébenthine, el obtient des améliorations que la térébenthine seule (Mil procurées.
capillaire du cwAot. Adiatitum pedatum, L. — Fougèri s. Angl. Maidenhair. — Ail. Frauenhaar.
6fr SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
Le Capillaire du Canada renferme des acides ta unique et gallique, un extractif amer et une huile volatile.
Il donne une infusion plus amère et plus aromatique que son congénère européen. Aussi lui accorde-t-on la préférence pour la fabrication du Sirop de Capillaire, employé comme adoucissant, béchique et légèrement sudorifique, contre les rhumes et les affections catarrhales. On le prend aussi en infusion théifprme.
CAPILLAIRE DE MONTPELLIER, Adiantum Capillus- Veneris, L. — Fougères.
Angl. Ladys hair. — AU. Venus-Haar.
Cette espèce sert aux mêmes usages que la précédente.
CARDAMOME HE CEYLAK OU GRATOD CARDAMOME , Elettaria Major, Smith. — Amomacées.
Angl. Greater or Ceylan Elettaria. — AU. Kardamomen.
Les graines du Cardamome de Ceylan renferment, selon Neumann, une forte proportion d'huile volatile, un extrait résineux et un extrait aqueux. Elles sont extrêmement aromatiques et jouissent des propriétés médicales qui appartiennent aux substances de celte sorte. Ce stimulant diflusible n'est pas employé seul, mais il entre dans la confection de la Thériaque et du Di'ascordium.
CARDAMOME DE mal.&rar, petit et moyes, Elettaria Car damomum, Maton. — Amomacées.
Angl. True or officinal Cardamon.
Composition. — Trommsdorff a trouvé dans le petit Cardamome : huile essentielle, huile fixe, sel de potasse (malate?) uni à une matière colorante, fécule, mucilage azoté, phosphate de chaux, matière colorante jaune et fibre ligneuse.
Le Cardamome du Malabar offre les mêmes propriétés organoleptiques que le précédent, avec une composition analogue et des indications thérapeutiques semblables. On l'emploie fréquemment dans l'Inde comme stomachique, carmi natif, stimulant, etc. Il entre aussi dans un grand nombre de confections, notamment le Diascordium et la Thériaque ; mais de plus il faitla base de la Teinture de Cardamome et de la Teinture de Cardamome composée, usitées en Angleterre.
carotte, Daucus Carota, L. — Ombellifëkes-Daucinées. Angl. Carvot. — Ail. Mohrrùbe.
La racine du Daucus Carota renferme beaucoup de sucre de canne, de la fécule, une matière colorante jaune soluble dans les huiles et l'alcool, de l'acide malique et des sels de chaux et de magnésie.
CARRAGAHEEN, CARRAGEEN, OU MOUSSE PERLÉE. 65
C'est un aliment agréable et de facile digestion qu'on a vanté contre différentes affections diathésiques, où il n'agit sans doute qu'à titre d'aliment végétal, et contre les vers, qu'il ne moleste guère. La racine de Carotte sauvage aurait dans ce cas des vertus plus marquées. On conseille la racine de Carotte en cataplasme sur les cancers ulcérés : toute autre substance pulpeuse aurait la même qualité sédative. Enfin la décoction de Carotte est un remède populaire contre la jaunisse, à cause de son analogie de couleur avec la maladie.
Les semences de Carotte ont des vertus plus réelles qu'elles doivent à leur huile essentielle et à la présence du tannin et d'un principe amer probablement résineux. Elles font partie des Quatre semences chaudes mineures, et jouissent des propriétés de celles des autres Ombellifères aromatiques. On les mêle parfois à la bière ; on les prend en infusion et en décoction comme stimulant diiïusible, tonique, diurétique, eniménagogue et antihystérique.
c akoi bsber, Ceratonia Siliqua, L. — Légumineuses-Césalpiniées.
Angl. Carob-tree, John s bread. — Ail. Johannesbroadbaum.
Les gousses de cette Légumineuse, indigène dans le midi de la France et de l'Europe, renferment, à leur maturité, autour des graines, une sorte de miel noirâtre d'une saveur sucrée et fraîche. Cette substance, analogue à la pulpe de Casse, est aussi laxative, et convient dans les rhumes, les embarras gasîriques, la lièvre de ce nom, la fièvre bilieuse et les phlogoses intestinales, maladies fréquentes dans les contrées de l'Europe et de l'Afrique où croît le Ceratonia Siliqua.
C'ARRAGAHEE*, CARRAGEEN, ou MOA'SSE PERLÉE, Fucus crispus,
L.: (lioiidrus jtol ijiiiofjihits, Lamx. — Algues-FugagéES. Angl. Irish Moss.
Composition. — ■ Le Chondrus crispus, abondant sur nos rochers marilimes, est en grande partie formé d'une gelée végétale, analogue à la pectine el nommée Carragahéenine. Il renferme aussi de l'amidon, de l'acide oxalique, du soufre, du chlore, du brome et de l'iode (Feuchtwangcr, Sarphati, Crosse), sans compter d'autres substances minérales : phosphore, potasse, chaux, etc.
I sages. ■ — La Mousse perlée est une substance nutritive, réparatrice pour le système nerveux, pouvant agir comme fondante et résolutive à la manière îles composés iodo-broinurés, mais ayant surtout des qualités éniollientes et adoucissantes qui la rendent utile dans l'angine glanduleuse et les autres inflammations du vestibule commun aux voies digesthes et respiratoires, principalement dans celles qui se rattachent a la dialhèse tuberculeuse. On l'emploie également dans certaines diarrhées dyseutériformes, la scrofule externe ou interne, le rachitisme, les maladies des reins et de la \essie. Dans certains pays on en prépare des gelées, sorbets et blanc -manger.
En médecine, on L'administre sous forme de gelée et de décoction, ou bien associée au chocolat et au cocoa.
GUBLER . 5
c&eitmme, Carthamus tinctorius, L. — Composées ou Synanthérées-Gynarées.
Angl. Safflower or bastard Saffron. — Ail. Safflor, Spindelkraut.
Les fleurs de cette belle Carduacée des Iodes sont employées dans la teinture. Elles renferment deux matières colorantes, l'une rouge, l'autre jaune, de l'extractif, de l'albumine et des sels nombreux. La première se nomme Carthamine,QVL huile carthamique. Leur couleur rouge mêlée à du talc constitue le rouge végétal usité comme cosmétique. Les fruits fournissent une huile que les indigènes trouvent bonne contre les rhumatismes, les paralysies, les ulcères de mauvaise nature. La graine entière, employée dès la plus haute antiquité comme purgatif, sert encore au même usage en Orient. On l'administrait autrefois dans le même but sous forme d'émulsion, à la dose de 8 grammes dans 120 grammes d'eau.
La composition chimique de cette substance est mal connue, et Ton ignore à quel principe elle doit ses effets purgatifs.
caekvi, Carum Carvi, L. — Ombfxlifères-Amminées. Angl. Common Caraioay. — AIL Kùmmcl.
Le Carvi, commun -dans nos montagnes subalpines et sur les collines du nord de l'Europe, offre, en général, la composition et les propriétés des OmbeSlifères aromatiques (voy. Anis). Les Allemands et les Anglais font une grande consommation de ses semences dans leurs sauces et leurs pâtisseries. La liqueur dite Huile de Vénus leur doit son arôme.
En médecine, ces graines servent aux mêmes usages que celles d'Anis; elles font partie des Quatre semences chaudes majeures.
Par la distillation, elles donnent V huile volatile de Carvi, qui se prend à la dose de 1 à 10 gouttes. On emploie aussi Veau et la teinture de Carvi.
CASC&BSiijSiE ofifscimaIjE, Croton Eluteria, Swartz, C lutta Eluteria, L. — Euphoubiacées.
Angl. Seaside Balsam or Sweet-wood. — AH. Cascarille Rinde.
Composition. — ïm Croton d' Eleuthère, l'une des Antilles, fournit une écorce médicinale d'une odeur agréable, d'un goût piquant et chaud, dans laquelle la chimie démontre deux huiles volatiles^ une résine amère, de la gomme et une substance amère, de l'oxyde de cuivre (Meissner), et une matière voisine des alcaloïdes végétaux : la Cascarilline de Bran des.
Action physiologique. — La Cascarille est un amer aromatique, c'est-à-dire un tonique stimulant exempt d'astringence. Mêlée avec le tabac à fumer, elle passe pour causer des étourclissements et de l'intoxication.
USAGES. — ■ Cette écorce rend des services dans les affections asthéniques du tube digestif et de l'organisme tout entier. Elle convient dans les diarrhées chroniques, le catarrhe pulmonaire, la fièvre hectique, les hémorrhagies passives. On l'a donnée comme anlhelminthique et antipériodique. Elle
CASTORÉU.VI. (37
s'est montrée utile, en effet, contre les fièvres intermittentes, sans avoir l'efficacité du Quinquina, dont elle augmenterait la puissance (Alibert).
La poudre de Cascarille se donne à la dose, de 60 centigr. à 2 grammes. On en prépare extemporanément une infusion ; les préparations officinales sont le Vin, le Sirop et la Teinture alcoolique.
cisse; officinale, Cassia Fistula, E. — Léciumineuses-Cassiées.
Angl. Pudding pipe tree or purging Cassia. — AU. Kassie.
Le Cassii r, ou Canc/icier, originaire de VmYmpve, donne d'énormes gousses cylindriques, connues sous le nom de Casse en bâtons, lesquelles renferment entre leurs fausses cloisons une pulpe noire, sucrée,, fade, un peu nauséeuse, quoique assez agréable, dont voici la composition d'après Vauquelin et Henry : sucre, gomme, matière analogue au tannin, gluten, matière colorante soluble dans l'éther.
Action PHYSIOLOGIQUE. — Selon la dose, la pulpe de Casse est un laxatif doux ou un vrai purgatif. La manne semblerait, au dire de Vallisnieri, en exalter la puissance catharlique ; mais les effets plus marqués sont en raison composée des deux purgatifs.
La Casse est un laxatif excellent dans les affections inflammatoires et fébriles, spécialement dans les fièvres rémittentes bilieuses des pays chauds et dans la fièvre gastrique de ces climats. Son goût agréable la rend précieuse dans la médecine des enfants.
Modes d'administration et doses. — Cette pulpe se donne à la dose de 30 à 60 grammes pour purger un adulte. A un jeune enfant on en donne dix fois moins.
La Casse pré parce, c'est-à-dire purifiée, se prescrit à doses moins élevées. La confection de Casse se donne à la dose de 8 à 30 grammes.
La Casse associée à l'huile d'amandes douces constitue la Marmelade de Trône hin.
i\S**l\ LIGNE A. — Voy. MALABATHRUM*
CASTOKÉOI. Produit sécrété par le Cst,,.- F'd„-r. L. — M A M Ml ri: \\ ES -
Rongeurs.
Angl. Castoreufn. — Ail. Bibergeil.
De même que le musc et la civette ou l'hyraceum, le Castorcum est fourni par deux poches qui accompagnent les organes génitaux du Castor (Angl. ffèaver, Ail. IHhcr ; c'est l'ancien mot français JJièvre).
Composition. — Les Castoréums de Canada et de Russie, différents à quelques égards, renferment cependant tous deux une huile volatile, de la résine, do la Castorine, des matières albuminoïdes, de l'osmazôme, du carbonate de chaux et d'autres substances.
V huile volatile a l'odeur du Castoréum et un goût amer, acre. La Casto-
rine est une substance grasse, cristalline, non saponifiable. La résine dérive sans doute de l'huile volatile dont elle rappelle les propriétés.
Action physiologique. — Le Gastoréum est réputé stimulant et antispasmodique, quoique les expériences sur l'homme sain le montrent bien peu actif. Ses principes odorants passent néanmoins dans la circulation, et de là dans les urines, où leur odeur les fait reconnaître. Les menstrues à l'aide desquels on dissout le Gastoréum, et les médicaments auxquels on l'associe, ont sans doute une large part dans les résultats thérapeutiques.
Usages. — Le Gastoréum était en grande réputation pour modérer les troubles nerveux qu'on supposait liés à un désordre utérin. Il est un peu délaissé maintenant, à cause de son insuffisance et de son prix élevé.
Modes d'administration et doses. — Gette substance se donne en pilules ou bols à la dose de 50 centigr. à 1 gramme, répétée, s'il y a lieu, plusieurs fois par jour.
La Teinture de Gastoréum se donne à la dose de & à 12 grammes. Il en est de même de la Teinture de Gastoréum ammoniacale, qui est plus active.
cataire, Nepeta Cataria, L, — Labiées.
Àngl. Catmint. — Ail. Katzenkraut, Katzenmùnze.
Celte plante indigène est certainement active; l'action aphrodisiaque qu'elle exerce sur les chats le prouve suffisamment. Outre les vertus toniques excitantes des Labiées, elle possède des propriétés analogues à celles de la Valériane. Cependant elle est complètement négligée parmi nous.
Les sommités fleuries de cette Labiée se donnaient à la dose de 8 grammes en infusion.
CÉDRATIER DE MÉ©IE, Citrus medica, L. ; Cirrus Cedra, Gall. —
AURANTIACÉES.
Angl. Citron-tree. — AU. Gitronenbaum.
Le zeste du Cédrat fournit en abondance une huile volatile très-fragrante, rappelant l'odeur de la rose et fort usitée dans la parfumerie. Elle est identique à celle du Citron ou Limon (Dumas) ; ses effets physiologiques sont analogues également à ceux de cette dernière essence. Elle entre dans la composition de plusieurs liqueurs.
Le suc de Cédrat sert à composer des rafraîchissements.
cédrœtc, Simaba Cedron, Planchon. — Rutacées-Simaroubées.
Plusieurs espèces du genre, les Simaba ferruginca, S. Columbo et S. humilis, ont été signalées comme utiles dans les dyspepsies et les fièvres. Récemment le Simaba Cedron a été introduit dans la pratique par Hoolher et Rayer. Les expériences de ce dernier observateur démontrent l'efficacité des semences (cotylédons) de Gédron comme tonique et antipériodique, à la dose de 50 centigr. à 1 gramme par jour. En quantité plus forte , elles donnent des nausées et dérangent le corps.