CHÉLIDOINE (GRANDE) OU ÉCLAIRE
USAGES. — A part les cas d'affections vermineuses dans lesquelles la Cévadilic est recommandée, on ne l'emploie guère à l'intérieur. A l'extérieur, on l'applique, non sans danger, sur le cuir chevelu, pour tuer les poux. C'est un moyen auquel il faut renoncer.
Sa teinture sert à produire la rubéfaction sur les jointures atteintes de rhumatismes chroniques, ou sur (a région du cœur, dans les cas de palpitations nerveuses. Mais la Cévadille sert principalement à obtenir la Vératrine.
Modes d'administration et doses. — On emploie la poudre contre les poux sous le nom de Poudre de capucin; la teinture en frictions sur la peau ; X extrait à l'intérieur en pilules, à la dose de 1 centigramme répétée plusieurs fois dans les vingt- quatre heures.
CHA)IJBDRY§. — Voy. GERMANDRÉE.
CHAM/EPITYS. — Voy. IVETTE.
chardon BÉ\IT, Cnicus benedictus, Gaertn. ; Centaurea benedicta,L. — Composées ou Synanthérées-Carduacées.
Angl. Blessed Thistle. — AU. Kardobenedicten, Spinnendistel.
Cette espèce du midi de la France et de l'Europe doit son épithète aux merveilles qu'on lui attribue. Elle renferme, d'après Morin, une matière grasse verte, de l'huile volatile, un principe amer (le Cnicin) et des sels.
C'est une plante inodore, mais d'une amertume prononcée, ce qui la fait considérer comme stomachique, fébrifuge, sudorifique et conséquemment alexipharroaque et alexitère. Ses sommités fleuries se donnent à la dose de 15 grammes en infusion dans 500 grammes d'eau.
CHARDOX ROLAXD. — ■ Voy. PANICAUT.
(ih:mi>oz\f (gimxde) ou éclairs, Chelidoaium majus, L. —
V \i> \\ É« \GÉES.
Angl. Greater Celandine, Swallowwort. — Ail. Schwalèenwurz.
Composition. — La Chclidoine se distingue de toutes les autres plantes de nos contrées par le suc jaune orangé auquel elle doit ses propriétés médicinales. C'est un liquide amer et acre, caustique, dans lequel Thomson assure avoir trouvé de la gomme-gutte, tandis que Chevallier et Lassaigne y ont vu deux matières : l'une résineuse, ainère et plus foncée; l'autre jaune orangé, également amère et gommo-résineuse.
La grande Eclaire esi un poison irritant (Orûla). Elle cause la rubéfaction de la peau et une chaleur mordicante dans les mains. A dose moyenne, elle purge sûrement et fait souvent uriner. On peut donc l'employer comme les autres purgatifs et diurétiques pour évacuer l'intestin el pour favoriser la résorption des épanchements séreux. Son suc caustique, appliqué sur des ver-
rues ou des végétations, réussit à les faire tomber. C'est là son usage vulgaire.
Quant aux vertus de la Ghélidoine contre les ophthalmies, les scrofules, la jaunisse et les maladies de la peau, elles sont controuvées ou non prouvées. Le suc de Ghélidoine se donne à la dose de oO à 40 gouttes au plus; Y extrait à la dose de UO à 60 centigrammes ; la racine à la dose de 15 grammes en infusion dans 750 grammes d'eau.
CHÊŒE isoiJWEiE, Quercus sessiliffora, Sm.; et CMÊrçE PÉD®rocïJLÉ,
Quercus pedunculata, Ehr., deux variétés du Quercus Robur, L. — Amen-
TACÉES-CUPULIFËRES.
Angl. Common Oak. — AU. Fiche.
Composition. — L'écorce de Chêne, selon Braconnot, contient : acide tannique et tannate de chaux, magnésie et potasse; acide gallique, sucre incristaîlisable, pectine et ligneux.
Action physiologique. — Elle est semblable à celle de tous les végétaux chargés de tannin (voy. Tannin ou Acide tannique), mais plus énergique que dans la plupart d'entre eux.
Usages. — L'écorce de Chêne est réservée surtout pour l'usage externe ; le tannin (voy. ce mot) pour l'usage interne. La poudre, succédané de celle de Quinquina, sert à saupoudrer les plaies gangreneuses, fétides ou de mauvais caractère, les régions de peau qui s'ulcèrent dans le cours des fièvres graves. La décoction s'emploie dans les mêmes conditions ; elle s'administre aussi en gargarisme dans l'angine chronique avec relâchement de la luette, en injection dans la leucorrhée, en lotion sur les parties relâchées ou herniées. On en. donne aussi des bains aux jeunes enfants affaiblis ou affectés de fièvre intermittente. Exceptionnellement, Yécorce de Chêne ou son extrait ont été administrés par la bouche contre la fièvre intermittente.
La médecine emploie aussi les glands du Chêne yeuse [Quercus ïlex) et même ceux du Chêne rouvre. Les uns et les autres contiennent une forte proportion de tannin. Torréfiés, pulvérisés et infusés dans l'eau, ils donnent une liqueur tonique, analogue au café, qui convient aux estomacs paresseux, aux sujets faibles et irritables. On donne le Café de glands aux enfants délicats et maladifs.
CHÈVREFEOOJE, Lonicera Caprifolium, L. — Caprifoliacées.
Angl. Honey-suckle, Woodbine. — Ail. Hahnenfusslein.
Le Chèvrefeuille des jardins, spontané dans le midi de l'Europe, est cultivé pour l'odeur délicieuse de ses fleurs, dont les parfumeurs composent des essences. Les pharmaciens en font un sirop estimé cordial et bé chique. On s'en sert aussi en gargarisme dans l'angine inflammatoire simple.
CHOU ROLGE.
CHICORÉE SAUVAGE, Cichorium Intybus, L. — Composées ou Synanthérées-Chicoracées.
Angl. Wild Succory or Chîcory. — Ail. Wegwarliourzel.
Composition. — Parmi les principes constituants de la Chicorée (racine), nous citerons un extractif amer, de la résine, du sucre, de i'inuline, et comme substance dérivée accidentellement, la gomme sacchocickorine de Lacarterie.
La Chicorée amère doit à son amertume franche et bien prononcée la réputation dont elle jouit parmi nous contre les langueurs d'estomac, les altérations du sang- et ies maladies de peau. On emploie la décoction des racines à la dose de 30 à 60 grammes; des feuilles à dose plus forte, dans 750 grammes d'eau. On prend aussi le sue de la plante associé à celui d'autres espèces dépuratives. Les fleurs de Chicorée sont réputées cordiales; les semences passent pour antiphlogistiques. En outre, Y extrait est usité comme stomachique et fondant. La racine entre dans le Catholicon et les Pilules angéliques. Enfin, depuis le blocus continental, la racine de Chicorée a reçu un emploi nouveau. Torréfiée et pulvérisée, cette racine sert à renforcer le goût et à colorer l'infusion de café, et même à falsifier la poudre de cette substance alimentaire. On la vend sous le nom de Chicorée-moka.
CEI BEN DENT OFFICINAL ou PETIT CHIENDENT, Triticum repens, L. — Graminées.
Angl. Do(fs Grass, common Wheatgrass.- — Ail. Queckengrass,Hundsgrass.
Les tiges souterraines du Triticum repens, appelées racines de Chiendent, sont des parties jaunes, épaisses et succulentes du chaume, qui renferment une provision de fécule et de sucre. Par la fermentation, elles donnent de l'alcool.
Leur saveur est douce, un peu sucrée, et leur décoction est extrêmement usitée en France comme rafraîchissante, délayante, diurétique, antiphlogistique. On augmente son efficacité en l'additionnant de nitre, d'oxymel scillitique. Associée à la réglisse, la décoction de Chiendent constitue la tisane commune des hôpitaux.
CHOU ROUGE. Sous-variété à feuilles rouges du Chou pommé (Jïrossica oleracea eu pilota, DC). — Crucifères.
Angl. lied Cabbage. — AU. Braunkohl.
Le Chou, de même que les Crucifères en général, doit ses propriétés à une huile essentielle sulfurée, à une résine et un extractif amers. La présence du soufre explique pourquoi le Bouillon et le Sirop de Chou rouge conviennent aux personnes dont la poitrine est délicate.
Au reste, L'alimentation par des substances naturelles chargées de soufre, telles que les œufs, les Crucifères, etc., donne des résultats excellents dans les affections herpétiques et les maladies des voies respiratoires. On a tort de négliger cette méthode de traitement hygiénique.
ILl SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
CÎ&3JË o&'Fïiix.iLK ou GRAKDE ciguë, Conium maculatum, L. —
OMBEI.LIF È R ES-SM Y R X É ES.
Angl. Cornmon or spotted Hemlock. — AU. Schierling.
Composition. —La grande Ciguë [Cicuia major, Lam.), commune dans les lieux humides, fournit à l'analyse les substances suivantes : Cicutine ou Conicine, acide conéique, huile volatile, résine, matière colorante, albumine, ligneux et sels.
La Cicutine (conéine, conicine) est le principe- actif de la Ciguë (voy. cet alcaloïde). V acide conéique lui est associé à Fétat de conéate de conicioe. L'huile volatile est la substance à laquelle la plante doit son odeur spéciale.
Action physiologique. — La plante répand, surtout lorsqu'elle est froissée, une odeur fétide spéciale, comparée à celle de l'urine de chat, et qui peut causer à la longue une sorte de narcotisme.
Ingérée dans l'estomac à dose élevée ou toxique, elle produit l'ensemble des symptômes que nous décrirons dans l'article consacré à son alcaloïde (voy. Cicutine) et qui en font un poison stupéfiant.
L'usage longtemps continué de la Ciguë amène la sécheresse de la gorge et parfois une éruption cutanée. Les anciens croyaient que cette plante pouvait tarir le lait, s'opposer chez les filles au développement du sein, et chez les garçons atrophier les testicules. Cette opinion n'est pas confirmée par l'observation rigoureuse des faits, bien que dans un temps peu éloigné de nous, on ait signalé la diminution de volume des mamelles. Une propriété mieux démontrée de cette Ombellifère est celle d'accroître assez souvent ïa sécrétion urinai re. Stôrck affirme que pendant son usage, (es urines déposent un sédiment épais, glaireux, deviennent mordicantes, et exhalent une odeur nauséabonde : ce qui donnerait à penser que la Ciguë favorise le mouvement de dénutrition ou détermine du catarrhe des glandes uropoiétiques.
Usages. — Les usages de la Ciguë officinale se rapportent à deux chefs principaux : tantôt on recherche ses propriétés fondantes, résolutives ; tantôt on utilise sa puissance calmante, stupéfiante. Comme fondant ou altérant, ïa Ciguë a été conseillée contre le cancer, les engorgements strumeux des ganglions, les obstructions viscérales, les hypertrophies (méyalies, Piorry) du foie, de la rate, du pancréas, du corps thyroïde, les tumeurs mammaires, contre les maladies de la peau, les alîections syphilitiques, les hydropisies articulaires.
A titre de calmant, de stupéfiant cérébro-spinal, la grande Ciguë s'emploie dans la coqueluche, la phthisie, la toux spasmodique, la chorée, la nymphomanie, le sat#riasis, le diabète laiteux (galactorrhée), où elle agit sans cloute en éteignant la sensibilité qui, par action réflexe, préside à !a sécrétion lactée. Elle sert encore à calmer les douleurs du rhumatisme ou de la goutte, de certains ulcères, des cancers encéphaloïdes et squirrheux.
Modes d'administration et doses. — La Ciguë s'administre de trois manières : à l'intérieur, par les organes digestifs ; en applications to-