‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 35 sur 276 · COQUE DU LEVANT · texte numérisé non relu

COQUE DU LEVANT

étant ainsi allégée de tout le poids de la résine, qui dans ce cas est inutile.

Mais une partie du Copahu ingéré échappe toujours à l'absorption, et peut servir à diminuer l'hypercrinie muqueuse de la membrane interne des intestins dans l'en téro- colite chronique. Dans ce but, au lieu de favoriser la digestion et l'assimilation du baume en le donnant au voisinage des repas, comme nous croyons utile de le faire lorsqu'on veut obtenir les effets éloignés ou diffusés du médicament, il est préférable de l'administrer à jeun, ou du moins en dehors du travail digestif.

Dans ces dernières années, le Copahu a reçu de la part des dermatologues une nouvelle application. Ils l'ont employé à doses élevées, dans le but de stimuler la peau, et de provoquer un exanthème à la faveur duquel ils espéraient se rendre plus facilement maîtres d'une affection chronique. De bons résultats ont été obtenus ainsi par nos habiles collègues de l'hôpital Saint-Louis.

Modes d'administration et doses. — Le Copahu s'administre par la bouche et par le rectum.

Malgré son odeur et son goût désagréables, quelques personnes le prenaient sur du sucre ou bien en suspension dans un grand verre d'eau. Plus souvent il était avalé sous forme à'émulsion. On a préparé aussi un sirop et des pilules de Copahu. Tous ces moyens sont abandonnés depuis qu'on sait incarcérer celte substance nauséabonde\lans des capsules gélatineuses, ou la dissimuler sous une écorce de sucre.

Les capsules de Copahu, de diverses sortes, se donnent au nombre de 6 à 20 par jour dans la blennorrhagie. Il en est de même des dirigées dites de Copahine-Mcgc, qui communiquent moins d'odeur aux urines et à l'haleine.

Le Copahu se prescrit encore assez souvent sous forme Copiât associé à une quantité double de poudre de Cubèbes. La dose du mélange est de 8 à 24 grammes par jour en plusieurs doses. Nous conseillons la résine molle unie à de la poudre de réglisse à la dose de k à 8 ou 12 grammes au maximum, par jour, en bols de 50 centigrammes.

coque DU levant, Anamirta Cocculus, Arnott ; Menispermum Coc~ culus, L., Gàrtn. — Ménispermacées.

Angl. Cocculusr Indicus, Levant Nul. — Ail. Fischkorner.

Composition. — La Coque du Levant ou des pêcheurs, fournie par un arbuste de la côte de Malabar et de l'archipel voisin, a été analysée d'abord par BouUay, puis par Pelletier et Couerbe, qui ont trouvé dans la semence, de la Picrotoxine, de la résine, un acide gras, une matière odorante, et dans la Coque, de la Ménispcrmine, de la Paraménispermine, une substance alcaline jaune, de l'acide hypopicrotoxique, de la cire, sans compter les principes pour ainsi dire communs à toutes les matières végétales.

La Picrotoxine (BouUay), G|8Hl0O8, se rapproche beaucoup des alcaloïdes sans en avoir toutes les propriétés. Ainsi, elle est cristallisée en aiguilles ou filaments et soluble dans l'acide acétique; elle jouit de propriétés toxiques

énergiques; mais, d'un autre côté, elle ne forme pas de sels avec les acides et se dissout généralement dans les alcalis. Elle se dissout aussi dans un tiers de son poids d'alcool, dans une proportion un peu plus forte d'éther et dans 150 parties d'eau froide.

La Ménispermine est un alcaloïde véritable, soluble dans l'alcool et l'éther, mais non dans l'eau, et qui pourtant ne jouit pas de vertus délétères comme la picrotoxine, qui est neutre.

Action physiologique. — La partie active, c'est-à-dire l'amande, est inodore et amère; 30 à 50 centigrammes de cette substance causent des nausées et des vomissements. A dose toxique, elle agit principalement sur les muscles volontaires, probablement par l'intermédiaire de la moelle, et détermine la titubât ion, le tremblement, l'insensibilité et des convulsions tétaniques analogues à celles de la strychnine, avec cette différence (Cayrade) qu'elles ne sont pas bornées ou du moins presque limitées aux extenseurs, et qu'elles immobilisent le corps dans l'attitude où il a été surpris par l'action toxique. En sorte qu'on peut dire la strychnine tétanisante, et la picrotoxine catalepsiante (Gubler), car ce dernier principe agit exactement comme le fruit, avec une intensité plus grande. En outre, la picrotoxine ralentit notablement les mouvements du cœur. Elle tue un chien à la dose de 60 centigrammes.

Substances synergiques, auxiliaires. — La Coque du Levant a pour analogues et pour auxiliaires les poisons convulsivants,, et particulièrement ceux des Strychnos.

Substances antagonistes. — Ce sont celles qui contrarient les effets des alcaloïdes des Strychnées. Hahnemann prétend, sans qu'on sache pourquoi, que le camphre est l'antidote de la Coque du Levant.

Usages. — Malgré ses propriétés énergiques et spéciales, la semence de Y Anamirta Cocculus n'a pas d'usage médical à l'intérieur. La picrotoxine mériterait cependant d'être essayée dans certaines affections nerveuses, notamment dans la chorée. Actuellement on n'emploie la Coque du Levant sous forme C\ onguent que pour détruire les poux ou contre le porrigo invétéré (Jaeger).

coquelicot, Papaver Rhœas, L. — Papavéracées.

Angl. Common red or corn Poppy. — Ail. Klapjper Pose, wilde Mohn.

Cette fleur, d'une couleur ponceau éclatante, renferme, selon Riffard, deux matières colorantes, l'une jaune et l'autre rouge. Mais cette analyse par trop insuffisante n'explique ni l'odeur particulière, ni les propriétés légèrement narcotiques du Coquelicot.

D'après Navier, l'usage prolongé des pétales du Papaver Rhœas chez le chien détermine une coloration bleue rougeâtre de la muqueuse gastrique.

Le Coquelicot fait partie des Quatre fleurs pectorales, et se prend en infusion. On en prépare également un Sirop.

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