CORNE DE CERF
COQUELOURDE. — Voy. ANÉMONE PULSATILLE.
CORAIL. DES JARDINS, — Voy. PIMENT DES JARDINS.
corail rouge, Jsis nobilis, Pallas; Corallium rubrurn, Lamk. — Zoophytes-Kayonnés.
Angl. Red Cor al. — Ail. Rothe Koralle.
Ce magnifique polypier passait autrefois pour avoir des propriétés absorbantes incomparables; mais on sait aujourd'hui qu'il n'est pas supérieur à la craie, et l'on n'utilise plus en médecine les déchets de cette pierre précieuse, dont on se contente de faire quelquefois une poudre dentifrice facile à falsifier.
CORIANDRE, Coriandrum sativum, L. — Ombellifères-Coriandrées.
Angl. Officinal Coriander. — Ail. Koriander, Wanzendille.
La Coriandre, spontanée en France et dans le sud de l'Europe, possède toutes les propriétés physiologiques et médicinales des Ombeliifères aromatiqueSj et les doit, comme elles, à une huile volatile. (Voy. Anis.)
On emploie la semence en infusion, et l'huile volatile jaune par gouttes sur du sucre ou dans une potion.
La Coriandre servait particulièrement à masquer le goût du Séné dans la médecine noire, et comme antipériodique contre la fièvre quarte. Elle est bien peu employée maintenant.
corne de cerf. Andouillers du bois de Cerf (Cervus Elaphus, L.). — Mammifères-Ruminants.
Angl. Bartshorn. — Hirschhorn.
La Corne de Cerf, tant vantée jadis, passe maintenant pour inerte, ou peu s'en faut. En réalité, cette production n'a pas d'autres propriétés que les os, auxquels elle ressemble tant par sa structure et sa composition chimique. Comme eux, le bois de Cerf est formé d'une substance animale transformable en gélatine et incrustée de carbonate et de phosphate de chaux (Mérat-Guillot). Sa ràpure, falsifiée souvent par celle d'os de bœuf, sert à préparer par décoction une boisson adoucissante et une gelée qui entre dans le blanc-manger. Calcinée et porphyrisée, la Corne de Cerf, formée en trochisques, est mise dans la décoction blanche de Sydcnkam, si fréquemment prescrite, même de nos jours, contre l'entérite, la diarrhée, la dysenterie. On en obtient encore Veau distillée de Cornichons ou Y esprit volatil de Corne de Cerf, liquide huileux, ammoniacal, autrefois usité à la dose de 10 à 30 gouttes comme tonique, antispasmodique, sudorifique, etc., et avec lequel on préparait la liqueur de Corne de Cerf SUCCÎnée; enfin une huile empyreumatique analogue ou plutôt identique avec celle de Dippel, substance azotée très-complexe, renfermant quatre huiles salifiables, plus de la créosote. L'huile animale de Dippel, obtenue (le la Corne de Cerf, est stimulante et antispasmodique; elle agit loca-
lement comme tonique et astringent. On l'a employée en applications topiques dans la grangrène, la teigne, etc. A l'intérieur, on s'en est servi pour prévenir un accès de fièvre, une attaque d'épilepsie et pour chasser le ver solitaire.
coTOft. Duvet de la semence des Cotonniers (Gossypium herbaceum, G. arboreum, G. indicurn, etc.). — Malvacées. Angl. Common Cotton. — Ail. Baumwolle.
La substance filamenteuse qui protège les graines des Gossypium, plantes originaires de l'Asie, n'est autre que du ligneux ayant pour formule Cl2H10O10.
Elle est inerte, tandis que les graines, au dire du docteur Davis, réussissent en infusion théiforme contre les fièvres intermittentes qui ont résisté au sulfate de quinine.
A l'extérieur, le Colon est employé de plusieurs manières. On en fait quelquefois des compresses et assez souvent des bandes pour l'usage chirurgical. Plus souvent on l'emploie sous forme d'ouate pour couvrir les surfaces érysipélateuses ou atteintes de brûlures, afin de les protéger contre l'accès de l'air. Mais la ouate, s'imbibant mal, ne peut remplacer la charpie de lin dans le pansement des plaies. Imprégnée de nitre ou de chlorate de potasse, elle sert à faire des moxas.
Le Coton, soumis à l'action des acides nitrique et sulfurique réunis, se change en cette singulière substance (C12H808) découverte par Schœnbein, et nommée Xyloïdine, Coton-poudre ou Fulmicoton, laquelle, à son tour, étant dissoute dans l'éther, donne le Collodion.
Celui-ci se présente sous forme d'une matière de consistance plus que sirupeuse, légèrement opaline, blanchâtre et exhalant une forte odeur d'éther. Quand le Collodion est étalé à la surface de la peau, l'éther s'évapore en quelques secondes, et laisse une couche membraniforme d'une substance sèche, résistante et très-adhérente.
Le Collodion sert à beaucoup d'usages en médecine et en chirurgie. On l'emploie comme moyen de protection, de contention et de compression. Il remplace l'épiderme sur les surfaces excoriées; par la rétraction qu'il subit en se desséchant, il maintient rapprochées les lèvres des divisions superficielles. Le plus souvent il agit à la fois de plusieurs manières, aussi rend-il des services réels contre les fissures des lèvres, des mamelons, de la région anale; contre les brûlures et les plaies superficielles. On l'a quelquefois appliqué sur le visage au début de la variole pour faire avorter les boutons. Je m'en suis servi pour recouvrir une couche d'iodoforme, abandonnée de sa solution éthérée, et l'emprisonner ainsi au contact de la peau, ce qui a l'avantage de favoriser l'absorption, et de s'opposer à la volatilisation du médicament dont l'odeur est insupportable pour beaucoup de personnes. Ce procédé est préférable à celui de l'incorporation préalable de la substance active dans le Collodion encore fluide, parce que, une fois desséché, le Collodion ne cède, pour ainsi dire, plus
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le médicament emprisonné dans sa trame. Cependant on a préparé pendant quelque temps, surtout à l'instigation d'Aran, plusieurs Collodions médicamenteux : les Collodions opiacé, cantharidal, caustique, ferrugineux, etc.
En pharmacie, le Gollodion sert quelquefois à recouvrir les pilules d'une toile solide. ^
COURGE POTIRON, Cucurbita moxima, Duch. , et le GKRIXJION,
Cucurbita Pepo, L. — Cucurbitacées.
Angl. Pumpion, Pumpkin.
Le Potiron est le plus gigantesque des fruits de nos pays. On en mange la chair sous différentes formes : potages, tartes, raisiné. Dans quelques contrées, on fabrique avec les graines une huile à manger et à brûler.
Les semences de Potiron sont Tune des Quatre semences froides majeures. Elles ont sur les autres l'avantage de pouvoir être employées fraîches la moitié de l'année, aussi s'en sert-on de préférence pour faire une émulsion pectorale, rafraîchissante, qui se donne dans les rhumes, les inflammations du tube digestif, etc.
On emploie également la pulpe des graines comme téniafuge. Le Giraumon a la chair plus rouge et le goût plus prononcé ; il possède d'ailleurs les mêmes qualités et peut servir aux mêmes usages que le Potiron.
COUSSO, Banksia abyssinica, Bruce; Hagenia abyssinien, Lamk; Brayera anthelminthica, Kunth. — Rosacées-Spiréacées.
Angl. Kousso. — Ail. Blûthen der Wurmwidrigen Brayere.
Composition. — Les sommités fleuries du Brayera anthelminthica, arbre de l'Abyssinie, fournissent à l'analyse un principe cristallin spécial, la Koussine (Bedall), Cosséin (Stromeyer), Ktvoséin (Martin), deux résines dont l'une insipide, l'autre amère et acre (Wittstein), du tannin précipitant en bleu et du tannin précipitant en vert les sels de fer, une huile volatile ayant l'odeur de la fleur (Ch. Willing), de la matière grasse, de la cire, et quelques autres substances organiques et minérales.
La Koussine se présente en cristaux blancs, soyeux, rougissant le papier bleu, d'une saveur astringente, solubles dans l'alcool et l'éther. .
La résine acre, également soluble dans ces deux menstrues, est un corps neutre.
U huile volatile ) qui s'évapore avec le temps, se dégage cependant par l'ébullition de la plante sèche en répandant une odeur fragrante.
Ce sont ces trois principes, auxquels il faut peut-être joindre les tannins, qui agissent vraisemblablement comme téniacides.
Action physiologique. — Le Cousso, doué d'une odeur peu forte, mais passablement nauséabonde, rappelant celle du Sureau, ne détermine pas sur l'homme des effets physiologiques bien marqués. Tout se borne à de l'astriction de l'arrière -gorge, à une légère sensation de chaleur, avec de la nausée
ou parfois du vomissement et une excitation très -douce de l'intestin.
En revanche, il paraît exercer une action toxique violente sur les deux espèces de ténia qui, lorsqu'ils sont expulsés après l'administration du Cousso, ne donnent généralement aucun signe de vie.
Usages. — Le Cousso constitue un vermicide plutôt qu'un vermifuge, et s'administre aussi bien contre le Taenia Solium que contre le Bothriocephalus latus. C'est un remède fréquemment employé aujourd'hui et souvent avec succès.
Modes d'administration et doses. — La dose de poudre est de 15 à 20 grammes infusée un quart d'heure dans 250 grammes d'eau tiède. Le mélange est avalé en une seule fois. On peut prendre un peu de jus de citron dans de l'eau fraîche pour éviter les nausées et la restitution de la masse par le vomissement, ou des boissons adoucissantes pour calmer la sensation d'astriction de la gorge. Et, comme le Cousso n'est nullement purgatif, il faut le faire suivre de l'ingestion de 20 à 30 grammes d'huile de Ricin, ou d'une bouteille d'eau saline purgative ; quelquefois même il est bon de préparer le sujet par une purgation préalable.
Le Cousso s'administre aussi en granules (1 partie de Cousso, 2 parties de sucre) fabriqués par Mentel sur la demande de Bouchardat, et dont on donne 48 grammes, par cuillerées, avec de l'infusion froide de tilleul, dans l'espace d'une demi-heure.