‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 41 sur 276 · DAI CIS DE CRÈTE · texte numérisé non relu

DAI CIS DE CRÈTE

Angl. Canchj Carrot. — Ail. Cretischer Mohren Kûmmel.

Les semences du Daucus de Candie sont chaudes et stimulantes, comme celles des Ombellifères, en général. Elles sont au nombre des Six semences carminatives, et entrent dans la Thériaque, le Mithridate, le Sirop d'Armoise, etc.

ih<;itaee, Digitalis purpurea, L. — Scrofulamacées.

Angl. Purple Foxglnve. — AU. Rother Fingerlnit.

Composition. — La Digitale pourprée, magnifique espèce de nos régions tempérées, offre une composition chimique complexe et encore mal déterminée, malgré le grand nombre de travaux dont elle a été l'objet. Outre les principes fondamentaux des parties vertes des plantes, ses feuilles renferment deux huiles, dont Tune volatile, une matière grasse, une résine, un principe amer, la Digitaline (Homolle et Quévenne); plus le Digitalin et la Digitalose (H. et Q. ), les arides digitfdiguc et anlirrhhiique (Morin) et Yacide digitah'-iipic i kosmann .

La Digitaline de Homolle el Quévenne, celle que nous considérons comme méritant le plus de confiance, est en poudre blanche, à peu près incristallisable, peu soluble dans l'eau, même bouillante, ainsi que dans l'éther, mais bien soluble dans l'alcool.

Sans se combiner avec les arides, elle se dissout dans l'acide sulfurique n»n-

IQk SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

centré en donnant une couleur successivement brune, noirâtre, améthyste et cramoisie, qui tourne au vert par l'addition de l'eau. Sa solution dans l'acide chlorhydrique est d'abord jaune, puis d'une belle teinte vert-pré.

La Digitaline est une poudre inodore, très-amère, qui excite de violents éternuments. Ingérée dans l'estomac à la dose de 2 à 0 milligrammes, elle ralentit le pouls et augmente la sécrétion urinaire. Elle occasionne aussi des effets purgatifs, phénomènes analogues à ceux que nous offre la Digitale en nature.

Action physiologique. — Appliquée sur une muqueuse ou sur le derme dénudé^ la poudre de feuilles de Digitale, ou celle de digitaline, produit de la cuisson, une irritation vive pouvant aller jusqu'à l'inflammation et l'ulcération. Cette désorganisation ne doit pas être attribuée à un phénomène chimique, à une combinaison des principes de la plante avec les tissus et les fluides organiques, mais à l'action toxique de ces principes sur les nerfs de sentiment et sur les éléments histologiques de la région, d'où résultent l'exaltation et la perversion fonctionnelles et nutritives qui commencent par la fluxion sanguine pour aboutir au ramollissement, à la gangrène et à l'élimination ulcéreuse.

Rarement la Digitale est ingérée dans l'estomac en assez grande quantité; elle est d'ailleurs trop rapidement incarcérée dans le mucus, pour déterminer sur la muqueuse des effets irritants comparables à ceux qui viennent d'être signalés. Elle occasionne seulement des nausées et des vomissements. A dose faible, elle est même exempte de ces inconvénients, et se borne à produire le ralentissement et la régularité du pouls, en même temps que l'augmentation de la sécrétion urinaire.

A dose excessive, la Digitale donne lieu aux symptômes suivants : nausées, vomissements, salivation, lenteur et souvent irrégularité, quelquefois fréquence et faiblesse du pouls, sueur froide, refroidissement des extrémités, tendance syncopale, céphalalgie gravative, étourdissements, troubles de la vue, perte de sommeil, stupeur ou délire, dilatation de la pupille et convulsions. La mort vient quelquefois terminer la scène.

Les deux principaux effets de ce médicament singulier sont l'accroissement de la diurèse et le ralentissement du pouls, phénomènes connexes, à en juger d'après leur coïncidence fréquente dans les tableaux symptomatiques des divers agents de la matière médicale, bien que la diurèse puisse être augmentée par des médicaments qui, tels que les stimulants diffusibles ou les aromatiques, excitent le cœur et la circulation capillaire. Mais le fait capital dans l'histoire physiologique et thérapeutique de la Digitale, c'est son action sur le centre circulatoire, longtemps ignorée et mal comprise jusqu'à ces derniers temps.

La Digitale ralentit le pouls d'une manière remarquable et le fait tomber à 60, 50, li5 et jusqu'à 32 pulsations par minute, du chiffre de 100 à 120 ou 130 qu'il atteignait auparavant. On observe quelquefois la réduction du double au simple exactement, par exemple de 120 à 60 pulsations, par le fait de l'atté-

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