‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 5 sur 276 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

recouvrent leurs qualités irritantes dans les émonctoires qu'ils traversent ; pourquoi la Cantharidine passe inaperçue dans l'appareil circulatoire et va dans les reins provoquer une violente inflammation.

Une conséquence importante découle naturellement de ces remarques, c'est que les médicaments n'agissent pas sur le reste de l'organisme tant qu'ils sont charriés avec le sang dans le système circulatoire, et que leur activité ne se déploie qu'au moment où, délivrés de l'albumine, ils s'unissent aux éléments anatomiques du système nerveux et des viscères, ou bien se dissolvent dans une sécrétion presque exempte de principes protéiques, telle que l'urine, la sueur et le liquide céphalo-rachidien.

Les médicaments présentent aussi quelques faits généraux à constater relativement à leurs voies d'élimination. D'abord ils sont rejetés avec d'autant plus de rapidité, qu'ils s'éloignent davantage des principes constituants de l'organisme. Ainsi les sels de potasse, plus hétérogènes dans le sang, y sont moins bien tolérés que ceux de soude; d'où cette conséquence pratique : que si Ton veut exciter la sécrétion urinaire, il faut s'adresser aux sels cle potasse, mais qu'il convient d'user des combinaisons sodiques, s'il y a lieu de produire lentement, sans secousse et sans révolte, les effets dits altérants.

Les matières introduites du dehors dans l'économie s'échappent par des issues déterminées à l'avance d'après leurs qualités physiques et chimiques : elles vont rejoindre leurs semblables,, ou leurs analogues parmi les principes normaux de l'économie, et sont éliminées concurremment avec eux. Les sels neutres traversent les reins et les glandes sudoripares ; il en est de même d'un grand nombre d'autres composés jouant le rôle d'acides et pouvant se combiner avec les bases. Les substances volatiles s'exhalent par les voies respiratoires, pulmonaires et cutanées. Les corps gras sont éliminés par les reins, le foie, les glandes sudorales et les follicules sébacés, auxquels j'assimile les glandes mammaires.

Lorsqu'une substance peut se dédoubler en deux composés, l'un volatil et l'autre saliiiable, ceux-ci se séparent pour suivre deux voies d'élimination différentes. C'est ce qui se remarque à l'occasion des produits balsamiques, dont l'essence s'échappe en grande partie

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