‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 55 sur 276 · BLEU · texte numérisé non relu

BLEU

Composition. — Le Gayac est un arbre originaire de Saint-Domingue et de la Jamaïque, dont le bois renferme, d'après Trommsdorfï : résine particulière, 26 pour 100; extractif amer et piquant, extractif muqueux, sels, matière colorante et libres ligneuses.

La résine de Gayac (angl. Guniacum) présente une odeur balsamique, légère, qui s'exalte par la pulvérisation et la chaleur. Broyée sous la dent, elle ne développe presque pas de saveur, bien qu'une fois avalée, elle laisse une sensation de brûlure dans le gosier. A l'état de pureté, la résine de Gayac prend le nom de Gayacine ou d'acide gayacique, parce qu'elle se combine avec les alcalis pour former des savons. Cette substance est remarquable par le polychroïsme qu'elle affecte en présence de différents agents, tels que l'acide nitrique.

Action physiologique. — Le Gayac est un stimulant acre, analogue aux médicaments balsamiques, et particulièrement à la térébenthine. Il doit principalement cette qualité à la résine, dont l'action représente, grossis, les effets du bois de Gayac. Parvenue dans l'estomac, la résine cause une sensation de chaleur poussée jusqu'à la brûlure, si la dose est forte, et suivie de nausées, de vomissements et de sejles diarrhéiques ; enfin, de céphalalgie et de fièvre. En quantité moindre, elle produit simplement la sécheresse de la bouche, la perte d'appétit, le relâchement du ventre ou la constipation, l'excitation circulatoire et surtout celle des organes sécréteurs. Mais, selon les conditions diverses où se place le sujet, l'irritation sécrétoire atteint, un appareil différent. Avec une température basse, la diurèse se trouve activée ; avec l'aide de la chaleur ambiante et des boissons chaudes, on obtient une sueur profuse. Il se produit aussi des phénomènes de fluxion sanguine du côté des vaisseaux pelviens, avec augmentation ou provocation du flux hémorrhoïdal et du flux menstruel.

A l'intensité près, le bois de Gayac et l'écorce de ce bois agissent de la même manière.

Usages. — Comme stimulant, le Gayac est conseillé dans la dysménorrhée douloureuse et l'aménorrhée, non liées à un état congestif de l'appareil génital, et dans la stérilité. Comme sudorifique, il est recommandé dans la goutte, le rhumatisme chronique et les dartres. Dans les maladies syphilitiques et scrofuleuses, comme dans le catarrhe pulmonaire chronique, il intervient des deux manières à la fois et peut être fort utile ; seulement, il faut bien se garder de Je prendre pour un spécifique, ainsi qu'on faisait au XVIe siècle, après la guérison éclatante du fameux chevalier Ulrich de Hutten. Le Gayac réussit chez les sujets phlegmatiques, mais il ne convient nullement à ceux qui sont pléthoriques et irritables.

Modes d'administration et doses. — On emploie le bois et la résine, rarement Vextrait et le sirop. Le bois se donne en décoction à la dose de 32 a 250 grammes pour un litre d'eau. On en fait une teinture alcoolique peu usitée .

GEJNÊT PURGATIF.

La ré aine peut être administrée en pilules ou bols, en émulsion ou en teinture, à la close de 1 à U grammes par jour, non compris le véhicule. La teinture alcoolique, ou remède des Caraïbes, se donne, en conséquence, à la dose de 20 à 30 grammes et au delà.

Dans les pilules, la résine de Gayac est parfois associée à 2 parties de savon médicinal, qui en facilite la dissolution.

Page 1