GENTIANE
Le Génipi ou Génépi varie selon les pays et les espèces botaniques qui reçoivent ce nom banal, et qui appartiennent aux genres Achillcaet Artemisia. VAchillea nana donne le Génipi noir ; Y Artemisia ru/jestris, le Génipi blanc; Y Artemisia glacialis, le Génipi des Savoyards ou Génipi vrai. Ces diverses plantes des hautes montagnes sont fortement aromatiques, et passent pour les pins puissants de tons les vulnéraires.
On les prend en infusion, à la suite des chutes, contusions ou blessures, ou bien au début des maladies de refroidissement. On en fait aussi des fomentations sur les parties contuses.
V Absinthe suisse, si supérieure pour l'arôme à L'absinthe ordinaire, est préparée avec le Génipi et colorée en vert par L'infusion alcoolique d'anis ou d'indigo.
GENTIANE, Gcntiana lutea, L. — Gentianées.
Angl. Common or yellow Gentian. — AU. BitterwurzeL
Composition. — La racine de la grande Gentiane, commune dans les montagnes subalpines de nos contrées, renferme un principe odorant fugace, sorte d'huile volatile, un principe amer, une huileverdàlre fixe, un acide organique libre, du sucre incristallisable, de la gomme, une matière colorante fauve et du ligneux (Henry et Caventou).
Le principe amer ou Gentianin (Gentianéi ne deMérat et de Lens)estjaune; cristallin, et communique ses qualités austères a la racine. On y a découvert deux principes distincts, l'un insipide {Gentisine ou acide Gentisique), Y 'autre amer {Gentianite).
Action physioi.ogiolt;. — La Gentiane est un type d'amer pur et simple, dénué d'arome et d'astringence, lorsqu'elle est sèche; caria racine fraîche doil à son principe odorant, volatil, des qualités narcotiques et en quelque sorte toxiques démontrées par les observations de Planche, de Buchner, etc., confirmant L'opinion de Haller : que l'innocuité de la Gentiane n'est pas aussi complète qu'on le suppose.
Desséchée et privée de sou principe aromatique, la racine de Gentiane jouit d'une amertume franche, et n'agit plus que comme simple tonique. Elle ouvre l'appétit, stimule les fonctions digestives, précipite le mouvement péristaltique et relâche le ventre. II eu faut des doses très-fortes pour occasionner des vomissements. Barbier dit qu'elle accélère le pouls. La Gentianine est absorbée ci va porter son action dans tout le système. Elle est éliminée par l'urine ci par hi sueur, auxquelles elle communique sa saveur amère (Arnemann).
I SAGES. — La Gentiane est fréquemment employée dans les divers cas morbides auxquels conviennent les amers. Elle doit être préférée aux amers astringents chez les su jets disposés à la constipation, ou chez qui la liberté du ventre est une condition de guérison. On la prescrit habituellement dans les états d'anémie et de débilité, dans la dyspepsie torpide, la goutte, les névroses, l'hystérie et les affections de type intermittent. Mais elle ne réussit que contre
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les fièvres saisonnières et non contre les accès d'origine palustre. On l'emploie aussi comme antivermineux.
En chirurgie, la racine de Gentiane sert de tente pour dilater les pertuis fistuleux. Projetée en poudre fine sur les exutoires, elle en active la suppuration. On fait avec la décoction des fomentations résolutives.
Modes d'administration et doses. — On prescrit la Gentiane en infusion, en teinture alcoolique, en sirop, en vin, en extrait. On peut également faire prendre de la poudre de racine, dans du pain azyme, à la dose de 50 centigrammes à 3 et k grammes.
La tisane de Gentiane se prépare avec 8 grammes de racine dans un demi ou dans un litre d'eau. V extrait se prend à la dose de 1 à 3 grammes. On donne la teinture alcoolique à la dose de h à 8 grammes, le vin à celle de 120 à 200 grammes, le sirop à la dose de 15 à 30 grammes.
On fait aussi une infusion de Gentiane composée avec des écorces d'oranges et de citrons; une teinture de Gentiane composée, renfermant de l'écorce d'orange et du cardamome ; une teinture de Gentiane ammoniacale ou Elixir antiscrofuleux.
La Gentiane entre dans un grand nombre de préparations magistrales, ainsi que dans le Diascordium, la Thériaque, le Mithridate, le Baume opodeldoch et beaucoup d'autres préparations officinales .
GERMANDRÉE, CHAM/EDRIS OU PETIT- CHÊNE, Teucrium ChamŒ-
drys, L. — Labiées.
Angl. Wall Germander. — Ail. Gamander.
La Germandrée, fréquente dans nos bois secs et sablonneux, est une Labiée amère aromalique, par conséquent tonique et stimulante, qui renferme une huile essentielle en même temps qu'un principe amer et du tannin précipitant en vert les sels ferriques. Après avoir joui d'une grande réputation comme antigoutteuse et fébrifuge, elle est abandonnée aujourd'hui à la médecine populaire, malgré des vertus très-réelles qu'elle partage avec les autres espèces de la même famille, également aromatiques et amères.
On la donne avec avantage en infusion, à la dose de 15 grammes pour 750 grammes d'eau, dans la bronchite chronique et les catarrhes des muqueuses; dans la dyspepsie torpide et la tendance au dévoiement. Elle entre dans plusieurs recettes contre la goutte : la Poudre arthritique, celle de fortland, la Thériaque d ' Andromaque , etc.
gingembre, Zingiber officinale, Roscoe; Amomum Zingiber, L. — Amo VI ÂGÉES.
Angl. Narrow -leaved Ginger. — Ail. Ingwer, Imber, Ingher.
Une seule espèce botanique, probablement originaire d'Asie, mais cultivée dans les trois grands continents sous les tropiques, fournit toutes les sortes commerciales de Gingembre, dont on distingue trois variétés principales d'après