‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 60 sur 276 · GOUDRON VÉGÉTAL. \U'Ô · texte numérisé non relu

GOUDRON VÉGÉTAL. \U'Ô

queuses ou purulentes, en empêchant les exhalations sanguines et tonifiant l'économie, constituent un moyen palliatif d'une incontestable utilité, et beaucoup de malades leur doivent en partie la prolongation de leur existence.

Modes d'administration et doses. — A l'intérieur, le Goudron s'administre en solution aqueuse, en pilules, en capsules, en dragées, en sirop. A l'extérieur, on l'emploie également en dissolution dans l'eau, et, de plus, en pommade et en glycérolé.

Veau de Gond) on, préparée ad libitum, se prend par verrécs ou dcmiverrées dans les intervalles des repas, ou mieux, en mangeant, soit pure, soit additionnée de vin.

En pilules ou en capsules, on administre par jour, en plusieurs prises, depuis 25 ou 50 centigrammes jusqu'à 1, 2, 3 et h grammes de Goudron. Il est préférable de les prendre au commencement du déjeuner ou du dîner.

Le sirop se donne par cuillerées à soupe, soit pur, soil étendu d'eau ou d'une tisane ayant des propriétés balsamiques. Gel ni de Du blanc est le plus chargé de principes actifs.

On a essayé de substituer à l'eau de Goudron, résultant d'une simple macération à froid ou d'une digestion à chaud en vase clos, une liqueur concentr de Goudron, obtenue à l'aide d'une proportion très-considérable de sous-carbonate de soude. Mais cette liqueur, fortement alcaline, n'offre plus certaines qualités de l'eau de Goudron, et ne saurait, par conséquent, remplacer facilement celle-ci dans tous ses usages. Au reste, l'expérience n'a pas encore prononcé sur sa valeur. La pommade et le glycérolé contiennent, ordinairement, environ le huitième, le quart ou la moitié de leur poids de substance active.

En Angleterre, on se sert quelquefois, en applications topiques, contre la teigne, de Y huile essentielle complexe (angl. tar OU, franc, huile de poix), obtenue par la distillation du Goudron. Péralre et Guibert recommandent spécialement la résinéone, qui possède, sous une grande puissance, toutes les qualités du Goudron.

Les fumigations goudronnées se font à froid : l°en plaçant dans la chambre du malade une assiette couverte de Goudron liquide; 2uà chaud, en maintenant en ébullition un mélange indéterminé d'eau et de substance balsamique. Mais pour éviter l'action irritante de l'acide pyroligneux, Grichton conseille d'ajouter 60 à 70 grammes de sous-carbonate de potasse par kilogramme de Goudron.

A côté du Goudron végétal se place naturellement le Coaltar, ou Goudron minéral, obtenu pendant la distillation de la houille, et qui a fait av ec éclat son entrée dans la matière médicale, en 1859, comme antiputride et désinfectant. La composition du Coaltar est fort différente de celle du Goudron végétal. On \ trouve, d'après Runge, les acides phéniquf, ros/Uique, brunolique ; des substances alcalines : ammoniaque, aniline, picoline, quinoléine, ou leucol et pyrol; des corps neutres : toluène, cumène, benzine, naphtaline % par anaphta* line.

Les trois principes d'une importance majeure à différents titres sont : la Ben-

\tiU SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

zine, l'Aniline et l'Acide phénique. Celui-ci, cristallisé en aiguilles, est peu solubledans l'eau, soluble en toutes proportions dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique concentré. C'est un astringent d'une puissance très-supérieure à celle de la Créosote, et par conséquent un caustique. Il jouit parla de propriétés antiputrides extrêmement énergiques. On en fait une solution de 1 gramme dans ZiO grammes, ou même 7 grammes seulement d'eau chaude pour lotions désinfectantes; une pommade, à k grammes pour 56 grammes de corps gras, contre le lupus. Réveil préfère le phénate de soude.

V aniline, fort peu essayée jusqu'ici, est une substance très-active qui nous semble avoir quelque analogie d'effets avec l'atropine.

D'après ce qui précède, on voit que l'usage inlerne du Goudron minéral est autrement dangereux que celui du Goudron végétal, et que, s'il possède des propriétés antiseptiques incomparablement plus énergiques, en revanche il ne jouit pas de qualités balsamiques aussi prononcées. Le Coaltar doit en conséquence être réservé pour les applications externes., sauf à reprendre isolément avec prudence, pour la thérapeutique interne, les principes actifs que la chimie parvient à en extraire.

On emploie une émulsion à parties égales de Coaltar, de savon et d'alcool (Demeaux) ; un mélange de 1 à 3 parties de Coaltar pour 100 de poudre inerte, plâtre ou autre chose; ou bien le Coaltar saponinéde Lebœuf, obtenu en prenant une teinture composée de 100 grammes de Goudron dans 2£i grammes de solution alcoolique de saponine, qu'on ajoute à une quantité cinq à vingt fois égale d'eau pure. Réveil préfère le phénate de soude neutre, ou phénol sodique de Bobœuf.

GRAIftE d'aubrette. — Voy. Abelmosch.

GRA1KE DE PARADIS. — Voy. MANIGUETTE.

GRAINES DE TIEEY. — Voy. CBOTON-TlGLIUM.

graisse »E porc, axonge ou saix Doux. Graisse extraite de la panne (épiploon) du Porc [Sus Scrofa, L.). — Mammifères-Pachydermes.

Angl. Hog's tard, Axunge. — AU. Schiveineschmalz.

VAxonqe est un corps gras, neutre, formé d'oléine et de margarine. Elle est rarement employée seule en onctions adoucissantes sur les surfaces érythémateuses, prurigineuses, excoriées, gercées ou affectées d'eczéma et d'autres éruptions. Habituellement cette graisse entre dans la confection des pommades, des onguents, des emplâtres et de certains liniments.

GRATIOLE, Gratiola officinalis, L. — Scrofulariacées. Ail. Gnadenkraut, Gottesgnade.

La Gratiole est une herbe indigène qui vient dans les prairies humides et les lieux aquatiques.

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