HUILE DE FOIE DE MORUE
à sa propre nature. En outre, l'Huile de foie de Morue, de même que tous les autres corps gras, sert à la combustion respiratoire.
Quant à l'iode, au brome et au phosphore, leur action est secondaire sans être nulle, car L'influence des petites doses se fait sentir à la longue de la part des médicaments dits altérants.
Substances auxiliaires. — Succédanés. — Les huiles de toutes les espèces du genre Squale et du genre Baie sont presque identiques, et par la composition chimique, et par l'action thérapeutique, à celles qu'on extrait des foies de Morue (Lebœuf, Delaltre, Devergie). On peut les substituer indifféremment les unes aux autres. Nous n'en disons pasaulant de ce qu'on appelle, dans le commerce, huile de //uisson, parce que cette huile, provenant de diverses parties du corps, et spécialement de la chair de ces animaux, n'a pas la constitution chimique de celle que fournit la glande hépatique.
En revanche, nous assimilons l'huile des foies de poissons à celle des foies d'oiseaux ou de mammifères, et, pour dire notre pensée, nous croyons que les pâtés de Strasbourg ou de JNérac rendraient à peu près les mêmes services (jue l'Huile de foie de Morue. Nous recommanderions donc aux sujets qui éprouvent pour cette dernière une répugnance invincible de manger des foies de volailles grasses, aussi bien que des foies de raie, ou de faire entrer dans leur nourriture des animaux entiers, conséquennnent pourvus de cet organe, tels que des escargots, des huîtres, des moules.
Quant aux huiles d'olive, d'œillette, de noix, etc., aux graisses des animaux, nous nous refusons à les placer au même rang (pie les huiles de foies. A la vérité, elles pourraient, après absorption et transformation dans L'appareil hépatique, rendre les mêmes offices que la matière oléagineuse extraite directement du foie des animaux; mais, cette métamorphose préalable suppose chez le sujet l'intégrité des fonctions de l'estomac et du foie. Or, c'est là précisément ce qui lait défaut chez la plupart des malades auxquels s'adresse la médication ; tandis (pie la proportion des corps gras se trouve toujours suffisamment représentée dans l'alimentation habituelle pour rendre superflues les additions à titre médicamenteux.
Dans la pensée (pie l'Huile de foie de Morue agissait connue un corps gras quelconque, chargé d'un peu de phosphore, d'iode, de brome et de chlorure alcalin, .1. Personne a préparé une ImUr iodrc qui n'est pas sans mérite, et Trousseau a souvent prescrit des tartines couvertes du mélange suivant : beurre très-frais, 300 grammes; iodure de potassium, 15 centigrammes; phosphore, 1 centigramme; bromure de potassium, 1 gramme; chlorure de sodium, 2 grammes. Sans avoir les propriétés de l'Huile de foie, ce beurre médicamenteux a néanmoins rendu d< grands services par les agents altérants qu il renferme en proportion considérable.
Sous la dénomination fallacieuse d'oléo-morrhuine^ on débite aussi une poudre composée de sucre de lait et de substances minérales supposées actives dans l'Huile de foie de Morue*
Uhélicine, préparée, dit-on, avec le suc extrait de Y Hélix Pomalia, est donnée également, mais sans preuves démonstratives, comme un succédané de l'Huile de foie de Morue.
Usages. — L'Huile de foie de Morue est indiquée théoriquement toutes les fois que la nutrition et les actes plastiques languissent, comme dans la chlorose, le lymphatisme, la scrofule, la tuberculose, le rachitisme, et généralement dans les dyscrasies et les cachexies. Mais l'expérience a démontré qu'elle est plus efficace dans le rachitisme, la scrofule et la tuberculisation pulmonaire, trois aspects d'une même diathèse. Seulement, tandis qu'elle n'est qu'un palliatif dans cette dernière affection, et même dans la précédente, elle est curative, au contraire, lorsqu'il s'agit du ramollissement des os : c'est là son véritable triomphe.
Elle est aussi très-favorable dans les caries osseuses, les arthrites chroniques passant à la tumeur blanche, les engorgements ganglionnaires et le tabès mésentérique. Mais son utilité, quoi qu'on en ait dit, est moins manifeste dans la phthisie pulmonaire. Je ne l'ai constatée nettement que dans les périodes peu avancées du mal, et dans la forme chronique ou lente, analogue à la scrofule externe, observation conforme à celles de Trousseau et Pidoux et d'Homolle.
Ce résultat eût été facilement prévu par ceux qui eussent admis avec nous le caractère purement plastique du médicament, sans aucune spécificité d'action vis-à-vis des diverses entités morbides contre lesquelles on l'a successivement préconisé.
On a conseillé encore, avec succès, l'Huile de foie de Morue dans la goutte et le rhumatisme chroniques, dans quelques cas de paralysie, dans l'ophlhalmie chronique, strumeuse, et dans certaines affections cutanées se rapportant, sans doute, particulièrement à la classe des scrofulides (Bazin).
L'usage externe de l'Huile de foie de Morue est peu rationnel ; cependant on l'a employée en onctions sur les engorgements ganglionnaires.
Modes d'administration et doses. — Nous donnons la préférence à l'Huile de foie de Morue blonde sur la jaune et la brune dite noire, parce que la seconde, clarifiée et souvent additionnée d'huile à manger, ne remplit pas l'objet qu'on se propose, et que la troisième, de qualité inférieure, offense plus que toute autre le goût et l'odorat, sans aucune compensation. L'Huile de foie de Morue se digère mieux et laisse moins d'arrière-goût, lorsqu'elle est prise avec les aliments. En conséquence, on doit l'ingérer préférablement au commencement des repas.
Chez un adulte, on débute par une cuillerée à soupe; puis, on s'élève progressivement à deux, trois ou quatre cuillerées par jour. Chez les enfants, on procède par cuillerées à café ou par cuillerées d'entremets.
De nombreux moyens ont été imaginés pour rendre moins pénible l'ingestion de ce médicament. On l'emprisonne dans des capsules gélatineuses. En Angleterre, on emploie une cuiller fermée, sauf à ses deux extrémités, et qu'on introduit jusqu'au fond du gosier avant de relever le manche pour laisser
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s'écouler le liquide ; de celte manière, le goût, et surtout le flavow, ne se font, pour ainsi dire, pas sentir. Cel instrument ne s'est pas répandu en France.
On additionne quelquefois L'huile d'un principe aromatique : essence de citron, d'anis, de menthe poivrée, pour en masquer le goût déplaisant. Dans le même but, on enduit la cuiller de sirop d'écorce d'orange, ou Ton fait prendre, à la suite, de l'eau ou des pastilles de menthe, une liqueur alcoolique quelconque, du \in d'orange, du café noir.
Pour altérer le sens du goût, on fait fondre dans la bouche quelques grains de sel. 11 serait plus efïicace de laisser agir une huile volatile sur le palais, surtout la teinture de Pyrèthre, avant d'ingérer l'huile.
L'acide cyanhydrique en petite quantité, associé à un mucilage, est employé, à Brompton Hospital, pour dissimuler l'odeur de l'Huile de foie de Morue et calmer l'irritation de l'estomac.
L'Huile a été émulsionnée ou mise en gelée et aromatisée, tantôt avec une huile volatile, tantôt avec l'essence d'amandes amères ou l'acide cyanhydrique, ou bien avec le rhum (Stanislas Martin, Mouchon).
La gélatinisation s'obtient, soit par la gélatine animale ou par la gelée de Fucus crispus, soit par l'intermédiaire de la Céline et d'un sirop.
Un pharmacien de la Rochelle a eu l'idée d'émulsionner l'Huile de foie de Morue à l'aide d'ieufs de Haie.
Plusieurs préparations officinales de ce genre ont été proposées sans avoir réussi a se faire adopter par les médecins, ni par le public. Elles ont l'inconvénienl de coûter cher el d'augmenter le volume du médicament, sans avoir l'avantage d'en masquer complétemenl les qualités désagréables.
Le meilleur moyeu de faciliter la digestion de l'Huile de foie de Morue, c'esl de la donner au commencemenl des repas, en ayanl soin de faire rejeter autanl que possible les différents corps gras qui font habituellement partie de l'alimentation.
Pour l'usage externe, on emploie l'huile pure OU additionnée d'iode; c'est alors l'iode qui agil seul. On a proposé un savon d'Huile de foie de Morue el diverses préparations dérivées [Deschamps). L'Huile de foie n'j remplit pas d'autre office que celui de véhicule pour d'autres substances altérantes, telles que l'iodure de potassium
ni 1 1 m: ( oMm \i; Ostrea edu/is, L — Mollusqi es Acéphales.
Angl. ( otnmon edible Oystev. — Ail. Gemeine Auster.
(.«• mollusque très-recherché sur nos tables, prospère sur les côtes rocheuses de l'Océan ei de l,i M, un lie. Cependant la production spontanée devenant inférieure à la consommation, Costc a tracé, pour l'ostréiculture, des règles qu'on comm inec à pratiquer el donl il esl permis d'espérer de bons résultats.
Composition. — La science attend une analyse bien faite de l'Huître, qui, comme tout organisme très-complexe, renferme nécessairement une foule de
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principes différents. Tout ce que nous savons, c'est que la chair de ce mollusque contient de l'albumine, de la fibrine, du mucus, de la gélatine, de l'osmazôme et une matière animale phosphorée, et que les cendres fournissent de l'iodure de sodium, des phosphates de fer et de chaux, et généralement les sels en dissolution dans l'eau de mer. Une recherche plus minutieuse y ferait découvrir les substances qui caractérisent l'appareil hépatique, et beaucoup d'autres encore.
Dans l'écaillé, on a constaté, outre une matière albuminoïde, du carbonate et du phosphate de chaux, ainsi que de l'alumine, de la magnésie, du fer, des traces de manganèse et même (Chevallier) de la matière grasse.
Action physiologique et usages. — Les Huîtres mangées crues sont un aliment à la fois sain et agréable. Les meilleures sont celles de Cancale, ainsi que les Huîtres vertes de Marennes et les petites Huîtres d'Ostende. Ces dernières, excessivement délicates, conviennent spécialement aux malades dont l'appétit est peu éveillé ou les facultés digestives presque nulles.
L'eau qui baigne les Huîtres est apéritive : elle stimule l'estomac et facilite les fonctions de l'intestin. La chair de l'animal représente d'ailleurs un aliment complet, à la manière de l'œuf ou du lait.
L'Huître est, de plus, très-facile à digérer, parce qu'elle est tendre, et qu'étant mangée crue, elle renferme intacts les produits de sécrétion de ses organes digestifs : bile et suc gastrique, et peut aider ainsi à sa propre disso uûon.
Telles sont les qualités qui valent aux Huîtres une certaine importance médicale.
On les prescrit dans la dyspepsie torpide,la lienterie, les affections chroniques des voies digestives ; dans la convalescence des maladies aiguës et les états de débilité, de langueur et de cachexie; dans la scrofule et l'ostéomalacie. On le donne aussi avec avantage aux vieillards, aux personnes constipées, aux iclériques, aux hypochondriaques. Veau d'Huître à la dose de quelques cuillerées par jour a été conseillée dans les mêmes circonstances.
Les coquilles d'Huître et leurs excroissances , connues autrefois sous le nom de perles de Lorraine, après avoir joui d'une réputation imméritée comme médicament apéritif, stomachique, résolutif, diurétique, voire même antilyssique, etc., sont descendues à l'humble emploi d'absorbants et d'antiacides. Réduites en poudre, elles remplacent le sous-nitrate de bismuth, le carbonate calcaire, la poudre d'yeux d'écrevisse, lorsqu'il s'agit d'absorber les acides de l'estomac, de diminuer la sécrétion muqueuse de l'intestin, ou même de fournir aux rachitiques les principes nécessaires à la consolidation de leur système osseux.
HYPËRICUM. — Voy. MILLEPERTUIS.
BBYMHMG, fJijSSnpuS officinal is, L. — LABIÉES.
ICHTHYOCOLLE.
Angl. Hyssop. — Ail. Eisop, Isop.
C'est YEzob de Salomon; cependant quelques auteurs croient que la plante biblique esl le Thymbra spicata, L.
Composition. — VHysope ou Hyssope est une Labiée aromatique amère des provinces méridionales de la France, dans laquelle on constate une huile volatile fluide, très-brûlante au goût, un stéaroptène identique avec le camphre, une matière résineuse et du soufre (Planche). Herberger a cru y trouver un alcali qu'il a nommé Iiyssopine.
Action physiologique et usages. — Cette plante possède à un trèshaut degré les propriétés stimulantes et autres des espèces aromatiques. On en fait un usage assez fréquent dans les catarrhes bronchiques et dans la période hypercrinique de la bronchite aiguë. C'est un bon stomachique et carminatif, un sudorifique utile dans le rhumatisme apyrétique et les exanthèmes arrêtés ou rétrocédés, un emménagogue indiqué dans l'aménorrhée torpide. On l'a administrée quelquefois avec succès contre les vers lombricoïdes. On s'en est également servi en gargarisme dans les angines simples ou compliquées de diphthérite ou de gangrène : « et hysopo mundabor », a dit l'Écriture; en a>l lyre dans les ophthalmics catarrhalcs, en fomentations sur les contusions, les entorses et les blessures.
La dose est d'environ h grammes pour 500 grammes d'eau bouillante. VHysope entre dans Y Eau de Mélisse, le Haume tranquille et le Sirop f l'Armoise composé.
ICHTHYOCOLLE ou COLLE DE POISSON. Fournie par le grand Esturgeon (Aeipenser ffuso, L.). — Poissons Chondroptérygiens-Sturioniens.
Angl. Fishylw, Isinglass. — Ail. l'iscldeim, H ausenblaze .
La Colle de poisson est la vessie natatoire ou aérienne de plusieurs Esturgeons, et de nombreuses espèces appartenant aux genres Silurus, Ololithus, Lofa et Polynciiins, sans compter les Morues, qui en donnent une détestable. L'animal producteur varie selon les pays où se fait la pèche.
Soumises à l'ébullition, ces vessies natatoires, préalablement desséchées, se transforment pour la majeure partie en gélatine pure, et servent à tous les usages auxquels s'applique cotte dernière substance. On préfère même à bon droit cette gélatine incolore, inodore et exempte de souillures à toutes celles que le commerce extrait des os ou des rognures de peaux (voy. Gélatine ammali , et on la réservepour les préparations culinaires ou pharmaceutiques
VIchthyo(ofle sert à faire des priées et d< s solutions nutritives diversement aromatisées pour les valétudinaires et les convalescents.
On en compose des emplâtres Qg glu ti natifs, des capsules destinées à contenir des substances actives. Mlle sert aussi à la clarification du café, du vill el de la bière.
16k SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
impératoire, Imperatoria Ostruthium, L. ; Peucedamwn Ostruthium, Koch. — Ombellifëres-Peucédanées.
Angl. Masterwort. — Ail. Meisterwurzeï, Kayserwurzel.
VImpératoire de montagne, qui se tire d'Amérique, est analogue à l'Angélique, mais plus faible, ce qui lui fait préférer cette dernière. Sa racine était usitée jadis comme sudorifique et alexipharmaque. Elle offre, en effet, une saveur chaude, un peu piquante et amère, qui excite la salivation, stimule l'estomac et les intestins, active la circulation, excite la calorification, pousse à la peau, et peut déterminer des flux vers diverses issues. VImpératoire est donc une plante active qui peut, à l'occasion, remplacer les meilleures Ombellifères aromatiques.
indigo. Matière colorante bleue fournie principalement par les Indigofera Anil et Indigofera tinctoria, L. — Légumineuses-Papilionacées. Àngl. Indigo. — Ail. Indig oder Indigo.
Composition. — La matière colorante appelée Indigo est essentiellement formée d'Indigotine ayant pour formule (Dumas) G16H5Az02; elle renferme aussi, selon Chevreul, une résine rouge et une matière rouge verdâtre unies à du sous-carbonate de chaux, de l'albumine, de la silice, de l'oxyde de fer et quelques sels. Elle fait partie d'une série de matières bleues azotées dont les principales sont le tournesol, le pastel, l'orseille, la pyocyanine et la substance bleue des urines dont j'ai démontré la présence habituelle dans une foule de maladies graves, substance qu'on croit identique avec l'Indigo, mais qui me paraît plus voisine du bleu d'Aniline, et que j'ai nommée provisoirement Indigose ur inaire.
Action physiologique et usages. — Longtemps l'Indigo n'a été employé que comme matière tinctoriale ; mais depuis trente-cinq ans environ on l'a préconisé contre les affections spasmodiques : l'épilepsie, les convulsions des enfants, la chorée et l'hystérie.
Roth lui assigne pour effets physiologiques la constriction de la gorge, un goût métallique sur la langue, des nausées, des vomissements, et plus tard la diarrhée ; symptômes accompagnés decardialgie et de coliques. Après quoi surviennent des étourdissements et de la dyspepsie. Les premiers expérimentateurs, guidés sans doute par l'usage populaire dans l'Inde de Y Indigofera tinctoria contre l'épilepsie, obtinrent des résultats en apparence très-favorables dans cette effroyable maladie et dans les autres névroses congénères. Mais les succès de l'Indigo furent de courte durée, et Pereira, qui l'a prescrit sur une grande échelle et à doses massives (de 2 à 30 grammes par jour), est obligé de déclarer qu'il n'en a jamais retiré le moindre bénéfice.
En pharmacie, l'Indigo, mêlé au Curcuma, sert quelquefois à colorer en vert les corps gras. Il entre dans l'absinthe suisse.
ipécacuanha annelé ou officinal. Racine du Cephœlis Ipécacuanha, Rich. — Uubiacées.
LP ÉCACU A N H A A N N E L É . 1 6 5
Angl. True ipecacuanha, fpecacuan, — AU. Brechiourzel.
Le Cephœlis Ipecacuanha {Callicocca Ipecacuanha) habite les provinces chaudes et humides du Brésil. Ses racines, un peu variables selon les localités, donnent trois sortes commerciales d'Ipécacuanha annelé : le brun, le rouge etlegris.
Composition. — Pelletier a trouvé dans l'Ipécacuanha annelé :émétine, matière grasse odorante, cire, gomme, amidon, ligneux, et extractif non émétique.
La matière grasse odorante, d'un goût âcre et d'une odeur très-forte ou même insupportable, analogue à celle du Raifort, est composée de deux principes : une substance volatile très-fugace et une matière grasse fixe.
UÉmétine, ainsi nommée parce que c'est la matihe vomitive pinexcellence, est inodore, avec un léger goùl amer, faiblement soluble dans l'eau, bien soluble dans l'alcool, moins dans Tel lier et les huiles. Elle se combine avec les acides, à la manière des alcaloïdes, sans toutefois les saturer complètement, et se comporte avec la teinture d'iode et le tannin comme la morphine, en donnant naissance à des précipités d' iod hydrate ? d'Emètine et de tannate d 'Emètine. Chez l'homme, 1 centigramme d'Emétine excite la nausée et le vomissement ; 7 à 10 centigrammes provoquent des vomissements répétés et la tendance an sommeil, (le dernier symptôme, coïncidant avec la paralysie de la sensibilité et la diminution de la motricité (Pécholier), s'est constamment montré à un très-haut degré chez les animaux, après les évacualions nombreuses produites par des quantités considérables d'Emétine impure. Chez quelques-uns, la mort s'en esl suivie, et Magendie a trouvé une inflammation intense du tissu pulmonaire et de la muqueuse de tout le canal alimentaire, depuis le cardia jusqu'à l'anus.
L'Émétine réside principalement, presque exclusivement, dans la partie corticale de la racine, donl le uwd ut i 1 1 i tnn est peu actif.
\< i im\ PHYSn >i.< k;i< u k. - — L'Ipécacuanha, que souvent on nomme Ipéca pour abréger, est un irritant plus ou moins vif pour toutes les surfaces tégumentaires. Quand sa poudre pénètre dans les yeux ou reste adhérente à la face, elle occasionne de la rougeur el du gonflement de ces parties. Inhalée, la poussière d'Ipéca provoque la dyspnée, de l'anxiété précordiale, de la suffocation même, el un véritable accès d'asthme qui se termine après une heure par une expectoration plus ou moins abondante. De tels phénomènes s'observent particulièrement chez les garçons de laboratoire chargés de la pulvérisation de cette ruine. Si le contact esl trop prolongé, il en peut résulter un véritable empoisonnement avec sensation d'oppression pectorale, de constriction de la trachée et du gosier, el pâleur mortelle de la lace.
Ingérée dans I estomac, la poudre d'Ipécacuanha produit des effets variables suivant les doses, bien qu'au fend l'action soit toujours semblable. En masse un peu forte, elle détermiue des nausées, et bientôt des vomissements accompagnés de refroidissement de la peau, de sueur profuse, de ralentissement el d'affaiblissement du pouls, de résolution subite des forces. En quantité moindre,
l'Ipécacuanha ne donne lieu qu'à des nausées avec salivation, pâleur et dépression musculaire. Enfin, à doses minimes, il ne produit plus qu'un léger malaise, avec une supersécrétion marquée des liquides buccaux et du mucus bronchique, ainsi que des produits d'élimination des glandes abdominales.
Tout cela dérive du même fait, à savoir : l'impression spéciale exercée sur la muqueuse gastrique, propagée aux centres nerveux, sympathiques, puis réfléchie par les ganglions dans toutes les divisions du système vaso-moteur, et jusque dans les cordons nerveux dévolus à la contractilité de l'appareil digestif, quand l'impression est assez forte pour retentir sur le bulbe spinal d'où s'irradient les nerfs vagues. Contraction des capillaires sanguins, réfrigération, hypercrinies, spasmes de la tunique musculaire de l'estomac et mouvements convulsifs synergiques du diaphragme, voilà donc autant de phénomènes réflexes succédant à l'excitation de la muqueuse stomacale par la poudre d'Ipéca. La différence des résultats apparents tient uniquement au degré d'intensité de l'action première (Gubler).
Les vomissements obtenus par l'Ipéca n'atteignent que rarement à la violence de ceux qui sont provoqués par le Tartre stibié, et ne sont jamais suivis des symptômes cholériformes qui rendent parfois ce dernier si dangereux. L'action de la racine émétique est ordinairement douce et exempte d'inconvénients; elle se concentre sur l'estomac, puis secondairement sur l'appareil respiratoire, sans produire beaucoup de dérangement intestinal ni modifier sensiblement la sécrétion urinaire.
Substances synergiques, auxiliaires. — Succédanés. — Les substances vomitives tirées des minéraux et des végétaux, agissant en partie dans le même sens que l'Ipécacuanha, peuvent l'aider ou le suppléer. Le Tartre stibié, les Sulfates de cuivre et de zinc, la Scille, etc. , sont ses auxiliaires ; mais il n'a de véritables succédanés que dans les autres racines émétiques : l'Ipécacuanha strié (Psychotria emetica, Mutis) et l'Ipécacuanha ondulé [Bichardsonia scabra,\ DC). En effet, les sulfates métalliques se distinguent par leurs qualités astringentes et la privation du pouvoir diaphorétique : la Scille est acre et pousse davantage aux urines; le Tartre stibié est cathartique autant que vomitif, et ainsi de suite.
Substances antagonistes. — Les narcotiques à doses moyennes, les aromatiques et les stimulants, le froid glacial ou la chaleur vive, sont antagonistes de l'Ipéca et des émétiques.
Usages. — On demande à l'Ipéca tantôt l'action vomitive, tantôt simplement les effets nauséeux et hypercriniques.
L'action vomitive est recherchée dans le but de débarrasser l'estomac d'aliments indigestes, de mucosités et de produits épithéliaux confondus sous le nom àesabuwes, de substances étrangères, nuisibles ou toxiques; ou bien de provoquer l'afflux et l'évacuation d'une bile surabondante. On excite aussi le vomissement pour obtenir, par son intermédiaire, la supersécrétion de la muqueuse respiratoire, la cessation momentanée d'un éréthismc phlegmasique
IPKCACUANHA ANNELÉ. 167
ou fébrile, d'une fluxion sanguine et d'une congestion apoplectique, d'une hémorrhagie viscérale, d'un état spasmodique ou convulsif, ou même tout simplement de la tonicité musculaire qui s'oppose à la réduction d'une luxation ou d'une hernie. Le vomissement sert encore à favoriser la diaphorèse et les exanthèmes, lorsque la violence de la fièvre enchaîne les actes dont ces phénomènes dépendent. Enfin, on fait vomir afin d'arrêter, par une sorte de bascule ou de balancement fonctionnel, une diarrhée excessive qui compromet l'existence par l'abondance même de la spoliation séreuse.
En conséquence, l'Ipéca trouve son emploi dans les indigestions, les embarras gastro -hépatiques, les empoisonnements, les inflammations thoraciques, les pblegmasies, les fièvres en général, la congestion cérébrale, les hémoptysies, la chorée, les convulsions, la période d'invasion des fièvres éruptives, I'entérorrhée, la dysenterie, etc. Mais on a plus souvent l'occasion de le prescrire comme expectorant, sudorifique et antispasmodique, dans le catarrhe des bronches, l'emphysème, la toux quinteusc, l'asthme, ou comme contre-stimulant dans les pneumonies et les pneumorrhagies, et comme substitutif dans la dysenterie.
Modes d" \dmintstration et doses. — Comme èmètiquc, la pondre d'Ipéca se donne à la dose de 1 à 2 ou 3 grammes aux adultes, et à dose moitié plus faible aux jeunes enfants. On l'administre en deux ou trois prises, à dix ou quinze minutes d'intervalle, dans de l'eau tiède. Souvent on l'associe à 5 centigrammes de tartre stibié pour en accroître les effets.
Comme nausnuit, on n'en donne que 5 h 15 centigrammes; comme incisif, expectorant et sudorifique, 5 centigrammes seulement à la fois.
Tes pastilh s d'Êmétine colorée, qui contiennent chacune un peu plus d'un demi-centigramme de principe actif, conviennent particulièrement pour ce dernier usage, maison n'emploie que les pastilles d'ipécacuanha, dont chacune renferme 15 centigrammes de poudre.
L'infusion n'est guère usitée, non plus que les extraits qui se donnent à la dose de '20 à GO centigrammes.
UÉmétine brune, ou médicinale, est une sorte d'extrait alcoolique exempt de matières gomineuses ou féculentes et de matières grasses ou résineuses.
On prépare un Vin d% Ipécacuanha avec 1 partie de racine, Wl parties de Vin de Xérès, et un Sirop très-usité, principalement dans la médecine infantile. Ce sirop se don ne pur, à la dose de 15 a 30 grammes, aux en fuit s du premier âge. Chez ceux qui sont plus âgés, nous prescrivons souvent le sirop additionné de 30 à 50 centigrammes de poudre d'Ipéca ou de 1 à 2 centigrammes de rartre stibié. Eu place d'eau chaude, on leur fait boire de l'infusion de N iolette, qu'ils acceptent plus volontiers à cause de sa belle couleur.
I. 'Ipêcacuanha est associé au Séné dans le Sirop de Desessarts, à l'Opiun et au Sulfate de potasse dans la poudre composée, connue sous le nom d< Doirrr. Ilannay a proposé une ponwxafb' (VI, ,''<<i pour remplacer l'huile de Croton connue irritant externe. Magendic employait VËmétine bruneou im-
pure en tablettes et en sirop, mais on a trouvé trop peu d'avantage à se servir de ce principe actif pour continuer à l'extraire.
IRIS »E FliOREMCE, Iris [lorentina, L. — Iridées.
Angl. Florentine Orris. — ■ Ail. Florentinische Iris.
VIris officinal représente trois espèces botaniques : les Iris florentina, 1. pallida et /. germanica.
Composition. — Le rhizome de VIris renferme, d'après Vogel, huile volatile, résine acre, extractif astringent, gomme, amidon et ligneux. On y trouve aussi des cristaux d'oxalate de chaux (Raspail).
Action physiologique. — La racine d'Iris possède, avec une odeur prononcée de Violette, une âcreté qu'elle ne perd pas par la dessiccation. Sa poudre produit sur la peau de la rougeur et une éruption. Prise à l'intérieur, elle détermine des vomissements et des évacuations abondantes et stimule la sécrétion urinaire.
Usages. — On s'en servait autrefois comme calhartique contre les coliques et les flatuosités chez les enfants, comme diurétique dans les hydropisies et même comme hypnotique. On en faisait aussi des applications topiques sur les ulcères sanieux et les engorgements indolents.
Aujourd'hui, on emploie la poudre d'Iris pour parfumer la poudre de riz qui sert à la toilette; on en prépare une teinture alcoolique, vendue sous la dénomination d'Fau de Violette. Le rhizome d'Iris sert encore à faire des pois irritants pour les cautères et des hochets de dentition pour les enfants. Ce dernier usage n'est pas sans inconvénients.
La racine dJlris entre dans la Thériaque et dans nombre d'autres préparations actuellement inusitées, ainsi que dans plusieurs poudres dentifrices.
iris fétide, Iris fœtidissima, L. — Iridées. Angl. Stinking Orris. — AH. Stinkinde Iris.
VIris gigot, fréquent dans les haies et les bois, a passé pour vulnéraire antidartreux, antiscrofuleux et antispasmodique. Le fait est que son rhizome purge assez énergiquement, et que dans certaines localités, les campagnards utilisent encore cette propriété, que les médecins négligent tout à fait.
I veste ou ciïauœpitys, Ajuga Chamœpitys, Schreb. ; Teucrium Chamœpitys, L. — Labiées.
Angl. Ground Pine. — AU. Feld Cypress, acker Gamander.
Cette espèce indigène passe pour laxative. Elle est, en réalité, amère-aromatique, et jouit, en conséquence, de propriétés toniques qui l'ont fait employer dans le traitement de la goutte et du rhumatisme, du catarrhe et de l'emphysème pulmonaire.
Elle est d'ailleurs presque entièrement délaissée par les praticiens modernes.
JALAP TCBÉREUX. 169
ivette musquée, Ajuga Iua, Schreb.; Teucriumlva, L. — Labiées.
VJvette musquée, qui croît dans le midi de la France, possède une saveur amère, forte, résineuse, et des propriétés plus énergiques que la précédente. Elle était prescrite dans les mêmes cas que le Chamœpitys ; de plus, on lui accordait des vertus antispasmodiques, et elle était employée contre la paralysie et l'hydropisie.
JACÉÉ im'.s PRÉS, Centaurea Jacea, L. — COMPOSÉES ou SYNANTHÉ-
rées-Cynarées.
Angl. Triait ij Herb, Ifeart's case. — AH. Flockenblume.
La Jarre des prés, qu'il ne faut pas confondre avec la Jacée des champs ' {Yiolu aruemis), est une plante amere à peu près inusitée.
JALAP TUBÉREUX ou OFFICINAL, Exogonium Purga, Bentl). ; Concolvulus Jalapa, L. — Convolvulacées.
Angl. TrueJalap. — Ail. Jalapemrurzel.
Le Jaliip croît abondamment dans les bois, aux environs de Xalapa, ville du Mexique qui lui a donné son nom.
Composition. — Sa racine, analysée par Guibourt, a donné les résultats suivants : résine, sucre liquide, extrait saccharin brun, gomme, amidon et ligneux.
La n:<iit<' f/r Jii/np, soluble dans l'alcool, insoluble dans les huiles fixes et volatiles aussi bien que dans l'eau, est le principe actif de la racine. Buchner el Herberger onl établi que cette résine est composée de deux principes distincts : 1° la Jalapine ou Rhodêorétine, insoluble dans l'éther, soluble dans l'alcool, incolore, inodore, insipide, jouissant de propriétés acides, et qui semble (Gubler) devoir être rapprochée des gh/cosides parla transformation dont elle est susceptible: 2" Yacidr Jrdiipiqu<\ qui est peut-être le principe odorant du .lalap, dont il rappelle l'odeur, présente un i^oùt acre, un*1 couleur brune, une consistance molle, jouit de réactions acides, se combine avec les alcalis, et se dissoul dans l'éther comme dans l'alcool.
\ction pu YSioLoc, nu t.. — Localement, le .lalap es! un irritant, Vppliqué sur la plèvre, le péritoine el le canal intestinal des chiens, il occasionne une inflammation partielle Cadet de Gassicourt). Porté dans l'estomac des Carnivores, il détermine constamment une purgation énergique, tandis que chez les Herbivores ses effets sonl incertains Gilbert, Donné).
Chez l'homme, le Jalap esl un purgatif puissant, drastique même, mais inégal dans son action. H donm lieu fréquemment à des nausées, quelquefois ,'t ors vomissements, el assez souvent à des tranchées.
D'un autre côté, on lui accorde l'avantage de ne pas exciter la lièvre, el de
ne pas laisser à sa suite une constipation aussi opiniâtre que les autres purgatifs.
Usages. — Gomme purgatif énergique et passablement sûr, le Jalap est souvent employé dans les cas auxquels conviennent les drastiques. On doit l'éviter cependant lorsqu'il existe de l'inflammation ou de l'irritation du canal alimentaire, de la congestion sanguine des organes pelviens ou de la muqueuse rectale et de la tendance aux métrorrhagies.
Le Jalap est employé isolément ou en combinaison, surtout dans la constipation, les affections cérébrales et cardiaques, les hydropisies, la rétention des règles, et l'absence d'un flux hémorrhoïdal habituel. On le donne aussi comme vermifuge.
Modes d'administration et doses. — La racine de Jalap, à peu près sans saveur, se donne en poudre dans du pain azyme, du sirop ou des confitures, à la dose de 1, 2, 3 grammes et au delà.
La décoction est une mauvaise préparation, maintenant abandonnée.
La résine {extract of Jalap) se prescrit à la dose de 20 à 50 ou 80 centigrammes, en bols, ou dans les mêmes véhicules que la poudre de racine.
La Teinture alcoolique de Jalap est plus usitée en Angleterre qu'en France, où l'on emploie de préférence la Teinture de Jalap composée ou Eaude-vie allemande, dans laquelle entrent aussi le Turbith et la Scammonée, et qu'on donne à la dose de 15 à 30 grammes.
Les Anglais font usage d'une Poudre de Jalap composée, dans laquelle ils mettent du Bitartrate de potasse et du Gingembre. Enfin, le Jalap fait partie de YElixir antiglaireux de Guillé, et de la fameuse Médecine de Leroy.
joubarbe DES TOITS, Sempervivum tectorum, L. — Crassulagées.
Angl. Great common Houseleek. — Ail. Gemeine Hausivurz.
La grande Joubarbe, commune sur les toits de chaume, présente dans ses feuilles épaisses, charnues et succulentes, qu'il suffit de réduire en pulpe, un cataplasme tout préparé, et dont les habitants de la campagne n'ont pas manqué de faire usage contre les tumeurs inflammatoires, l'érysipèle, les abcès mammaires, les hémorrhoïdes, et contre les brûlures, en y ajoutant de l'huile. On s'en est servi également pour calmer les arthrites goutteuses.
Le suc de Joubarbe est employé en gargarisme ou collyre, comme adoucissant. A l'intérieur, il est donné à la dose de 60 à 100 grammes, en qualité de rafraîchissant, dans les fièvres bilieuses et la dysenterie.
«IUJUBIEB, Zizyphus vulgaris, Lamk. ; Bhamnus Zizyphus, L. — Rham- NACÉES.
Angl. Jujube-tree. — ■ Ail. Brustbeere.
Le Jujubier est un arbre spontané en Provence et en Italie, dont une variété cultivée donne des fruits rouges, charnus, à saveur sucrée et un peu vineuse, qui sont agréables à manger étant frais.