‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 88 sur 276 · PERSIL · texte numérisé non relu

PERSIL

en est de même des jeunes pousses encore herbacées (Brugnatelli, Gauthier).

Action physiologique. — Sans parler de la Pêche, fruit délicieux, sucré, légèrement acide et rafraîchissant, mais dont l'abus entraîne du dérangement des organes digestifs, nous dirons que les différents organes du Pêcher, chargés d'essence amère et d'acide cyanhydrique, ou pouvant en fournir, possèdent les propriétés de ces principes constituants (voy. AMANDES amènes et Acide cyanhydrique). C'est ainsi que l'usage immodéré des amandes, des boutons, des feuilles, de l'écorce et même des fleurs, a été plus (l'une fois funeste aux hommes et aux animaux. Il en est résulté des étourdissements, des convulsions, des vomissements et des purgations plus ou moins violentes, de la diarrhée sanguinolente, la stupeur et quelquefois la mort.

Les symptômes d'irritation abdominale distinguent l'action des fleurs de Pécher de celle de l'acide prussique.

Usages. — On peut se servir des amandes de Pêcher comme de celles de l'amande amère. Les parties herbacées servent à aromatiser les plats sucrés et les liqueurs.

En France, on prescrit les fleurs comme laxatif doux et agréable. Les fleurs munies de leur calice, ou les boutons de fleurs, se prennent en infusion.

On en prépare un sirop plus fréquemment usité chez les enfants comme léger cathartique, à la dose de 8 à GO grammes. Le suc des fleurs est quelquefois employé au même usage.

Les amandes servent à faire une liqueur de noyau, et les pèches sont un aliment recommandé aux personnes échauffées, sujettes à la constipation.

PENSÉE su V4tK. Viola tricolor, arvensis, DC. — ViOLARIACÉES.

Angl. Titrée coloured Violet. — Ail. Dreifaltigkeits Blume.

La Pensée sauva (je, fournissant un mucus excessivement abondant et n'ayant d'ailleurs qu'un goût légèrement acre, semble ne pouvoir répondre à l'opinion qu'avaient nos devanciers de ses vertus dépuratives, antiherpétiques et même antisyphilitiques. Cependant, Bergius assure que la plante est purgative et sa racine vomitive. De son coté, Rnullay affirme n'\ avoir pas trouvé d'émétine.

En somme, il se peul que ces propriétés existent à un faible degré, mais il parait certain que l'on a beaucoup exagéré les effets altérants de la Pensée sauvage.

dette plante a été employée contre les dartres, les affections rhumatismales. PERSIL, Petroselinum sativum} Hoffm. ; Apium petroselinum, L. —

OMBl 1 I II ERES.

\iml. (iarden Parsleij. — Ail. Pefersii 7e , GoTten Eppich.

La médecine utilise l,i racine, les feuilles et les fruits ('«' cette plante, d'une odeur fort agréable, qui croît en Sardaigne et même en Provence, el quel'ou cultive dans tous les jardins. Les semences en sont la parti" la plus active.

Composition. — Joretet Homolle ont trouvé dans les akènes du i'ersi

les substances suivantes : huile volatile, matière grasse butyreuse, pectine, chlorophylle, tannin, matière colorante, extractif, ligneux, sels inorganiques et apiol.

V Apiol est un liquide jaunâtre, huileux, non volatil, plus dense que l'eau, qui ne le dissout pas; bien soluble dans l'alcool, soluble en toute proportion dans l'éther et le chloroforme; d'une saveur acre et piquante, et d'une odeur tenace rappelant celle de la graine.

Les auteurs le considèrent comme le principe exclusivement antipériodique.

A la dose de 1 gramme, l'Apiol détermine une excitation cérébrale légère; à celle de 2 à h grammes, il produit une véritable ivresse avec bluettes, étourdissements, titubation, vertiges, sifflements d'oreilles et céphalalgie gravative.

Action physiologique et usages. — Les fruits du Persil doivent exciter à un degré plus faible les effets observés de la part de l'Apiol, et ceux des feuilles n'en diffèrent probablement pas beaucoup. La racine passe pour diurétique.

On emploie le Persil comme assaisonnement, comme résolutif sur les contusions, les piqûres d'insectes, les engorgements des mamelles. Le suc de cette plante est pris à la dose de 100 à 200 grammes par jour, comme fébrifuge contre la fièvre intermittente. V Apiol est également prescrit comme antipériodique et aussi comme emménagogue.

La racine de Persil est une des Cinq racines apéritives majeures, et la semence une àesQuatre semences chaudes mineures.

pervenche (grande et PETITE), Vinca major et Vincaminor, L. — Apocynacées.

Angl. Large and small Perwinkle. — Ail. Grosse und kleines Sinngrun.

Ces sous-arbrisseaux charmants, indigènes, le premier dans le Midi, et le second dans toute la France, portent des feuilles amères et astringentes, employées dans quelques pays-au tannage des cuirs, et vraisemblablement chargées de tannin.

Les Pervenches doivent sans doute à ce principe immédiat les propriétés qui les ont fait employer comme vulnéraires, astringentes, hémostatiques, et comme moyen de remédier aux engorgements laiteux des mamelles et d'autres organes, ainsi qu'aux affections dites laiteuses.

On se sert particulièrement de la petite Pervenche à la dose de 8 à 15 grammes et davantage, en infusion ou décoction, soit pour tisane, soit pour lavement. Contuse, on l'applique sur les plaies et les meurtrissures.

Elle fait partie du Fallrank ou Thé suisse, généralement composé de plantes odoriférantes.

PETIT-CHENE. — \'oy. GERMANDRÉE.

PETIT-ÏIOIX.

PHELLANDRÏE AQUATIQUE.

— Voy. Fragon épineux.

PEUPLIER, Popuïus nigra, L. — Salicacêes. Angl. Poplar. — AU. PoppeL

Le Peuplier noir, ou Peuplier franc, grand arbre indigène, porte au priatemps des bourgeons enduits d'une épaisse couche résinoïde dont l'odeur rappelle un peu celle du baume de Tolu.

Composition. — Cette couche de matière résineuse contient d'après Pellerin : huile essentielle odorante, résine, substance gommeuse, acides gallique etmalique, matière grasse particulière, albumine, phosphate de chaux et sels divers.

Action physiologique et usages. — Les bourgeons de Peuplier possèdent les vertus des substances balsamiques formées de résine et d'huile volatile. Leur teinture alcoolique a été préconisée contre les catarrhes pulmonaires et en frictions contre les rhumatismes. On en préparait aussi, pour l'usage externe, une huile appelée Oleum œgirinum. Maintenant, les bourgeons de Peuplier ne servent plus qu'à la composition de Y Onguent populéum, usité principalement contre les hémorrhoïdes compliquées de gerçures interstitielles et de suintement purulent. Les bourgeons du Populus balsamifera de l'Amérique septentrionale et de la Sibérie fournissent beaucoup plus de matière résineuse que ceux du P. nigra, et sont employés comme balsamiques, diurétiques et antiscorbutiques.

PHELLANDRÏE AQUATIQUE, Phellandrium aquaticum, L.; Œnanthe. Phcllandrium, Lamk. — Ombeelifères-SéSÉLLNÉES. Angl. Water Hemlock. — • Ail. WasserfencJiel.

La Pliellandrie, Cigùe ou Fenouil aquatique, fréquente dans les marais, est nue plante active très-nuisible au bétail, qui la mange fraîche, et d'une utilité reconnue en médecine. C'est la semence qu'on emploie.

Composition. — Nous ne connaissons pas d'analyse détaillée des semences de la Phellandrie, nous savons seulement qu'elles renferment des principes solubles dans l'eau, et d'autres, en plus grande quantité, solubles dans l'alcool, parmi lesquels une substance huileuse, volatile, légèrement ambrée, d'une odeur forte, pénétrante, nauséabonde, à peine diffusible dans l'eau, soluble dans l'alcool, L'éther, les huiles fixes et surtout les essences. Cette substance, isolée par Hutel et désignée par lui sons le nom de Phellandrine^ est considérée comme un alcaloïde et le principe actif de la plante, injectée dans les veines d'un chien ii la dose de 50 centigrammes, la Phellandrine a produit pendant plusieurs heures de la gène respiratoire, des tremblements nerveux et de l'anxiété. I.a même quantité a fait périr deux oiseaux en quelques minutes.

Action physiologique et usages. — L'expérimentation sur les animaux ne suffit pas à nous faire connaître l'action physiologique du principe actif de la Phellandrie. dont les effets étudiés chez l'homme sont manifestement sédatifs

et stupéfiants. Prise en quantité trop forte, elle va jusqu'à causer des vertiges, des spasmes et de l'anxiété. C'est à la faveur de son action calmante que la Phellandrie produit sans doute les résultats thérapeutiques qu'on en obtient dans la tuberculisation pulmonaire, et qui ont été observés par un grand nombre de praticiens (Thomson, Hufeland, Bertini, Sandras, etc.).

Ernsting la regarde comme apéritive, diurétique, atténuante, lithontriptique, antiscorbutique, et surtout comme fébrifuge. La plupart de ces propriétés sont insuffisamment établies ou absolument controuvées, ou bien elles dérivent comme effets secondaires d'autres actions primordiales, spécialement de l'influence sédative, anodyne, exercée par le médicament.

La Phellandrie et son alcaloïde conviennent aux affections des voies respiratoires accompagnées de douleur, de spasme, de toux fatigante : bronchites, asthme, phthisie pulmonaire.

LaPhellandrine est d'autant mieux désignée dans ces cas, qu'étant volatile, elle fait élection de la surface pulmonaire pour son élimination. Il en est de même de la cicutine, de la caféine, de la théine, de la théobromine, autres alcaloïdes également volatils. Thomson, médecin danois, a reconnu l'odeur de Phellandrie dans les crachats des malades qui en avaient pris pendant quelque temps.

L'apaisement des symptômes nerveux est suivi de diverses modifications favorables dans l'état local et dans l'économie tout entière : la fièvre se calme, le sommeil revient, et si les tubercules restent, du moins la phthisie est momentanément enrayée. Pour obtenir ce résultat, on associe au Phellandrium aquaticum , selon les circonstances , tantôt quelques moyens antiphlogistiques, tantôt des balsamiques ou des toniques astringents et névrosthéniques.

Substances synergiques, auxiliaires et antagonistes. — L'action de la Phellandrie nous paraît analogue à celle de la grande Gigiic (Conium maculatum), et reconnaît les mêmes auxiliaires et les mêmes antagonistes.

Modes d'administration et doses. — Les semences de Phellandrie aquatique se donnent en poudre à la dose de 2 à h grammes dans les vingtquatre heures, par prises de 20 à 30 centigrammes dans du pain azyme, dans un véhicule liquide, ou bien sous forme d'électuaire. Ernsting en a donné jusqu'à 15 grammes par jour contre les fièvres intermittentes.

En pommade au trentième, la Phellandrine agit comme le baume de Gonicine de F. Devay. Dorvault et Guibert conseillent à l'intérieur l'usage des granules de 1 milligramme de Phellandrine, ou du sirop contenant 1 centigramme du principe actif par cuillerée à soupe.

pied-ïie-chat, Antennaria dioïca, Gartner; Gnaphalium dioïcnm,L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées. Angl. Catsfoot. — Ail. Katzenpfotchenblume.

Cette jolie espèce indigène, vivace, croît sur les pelouses sèches des montagnes. Elle est réputée béchique, adoucissante et employée dans le rhume, le

PIMENT DES JARDINS. 2r)l

catarrhe pulmonaire, la grippe, etc. Ses fleurs ou sommités fleuries font partie des Quatre fleurs ou Espèces pectorales.

On les prend seulement en infusion, le sirop et la conserve étant tombés en désuétude.

PI€i\OX D'INDE. — Vov. CURCAS.

PIGNON DOUX. Semence du Pin à pignons (Pinus pinça, L. ). — Conifères.

Le Pin parasol fait l'ornement des paysages de la Provence et de tout le littoral méditerranéen. On Le cultive pour sa beauté et pour ses amandes volumineuses, d'un goût agréable, très-bonnes à manger fraîches, et dont on retire une huile douce et comestible.

piment de cayenne, Capsicum frutescens, L. — Solanacées.

Angl. Guinea Pepper or bird Pepper, — Ali. Spanischer Pfeffer.

Les fruits jouissent des mêmes propriétés et servent aux mêmes usages que ceux du Capsicum ar,nuum (voy. ce mot). On trouve dans les officines anglaises des pastilles ou tablettes et une teinture alcoolique de Piment de Cayenne, sous les noms de Cayenne lozenges et de Essence of Cayenne.

Page 1