POULIOT DES MONTAGNES
renferment du sucre, une grande quantité d'acide malique, des sels organiques et minéraux et de la cellulose. Elles offrent un goût plus ou moins acidulé et agréable, et quelques-unes de leurs meilleures variétés sont recherchées comme dessert et mangées au couteau; les autres servent à faire une boisson fermentée appelée Cidre. Cuites, les Pommes sont faciles à digérer, et conviennent aux convalescents qui ne peuvent encore supporter qu'une alimentation peu substantielle, et aux sujets échauffés et constipés.
En effet, les Pommes, comme les végétaux acidulés en général, sont rafraîchissantes et tempérantes. Elles diminuent l'hypérémie de la muqueuse gastro-intestinale, calment l'éréthisme de l'appareil digestif, facilitent l'exonération intestinale, apaisent la circulation et la calori fi cation, et tendent à rendre les urines alcalines. On ne les conseille cependant pas dans ce but, et l'usage ne s'est pas établi empiriquement de faire une cure de Pommes comme on fait une cure de raisin. La raison en est que les Pommes fatiguent davantage l'estomac, et que l'acide malique, même combiné avec la potasse ou la soude, s'oxyde moins aisément que l'acide citrique, par exemple (Mialhe).
Les Pommes, surtout celles de reinette, servent à préparer par décoction une tisane fort agréable aux malades atteints de fièvre, d'embarras gastrique, d'état bilieux, d'ictère, etc. Elle est parfois légèrement laxative. On l'a vantée contre l'asthme, la phthisie, et, plus justement, contre la graveîle. Ce qui paraît certain, c'est que les affections calculeuses sont à peu près inconnues dans les pays où l'on fait usage de cidre. Les cataplasmes de pommes cuites s'appliquent sur les furoncles et les inflammations des paupières.
La Pomme entre dans Yonguent de Mésué contre les gerçures.
potiron, Cucur bi ta maxima, Duch. , et le giraumon, Cucurbita
PcpO, L. — CUCURBITACÉES. — Vo\. COURGE.
POULIOT COMMUN. — Voy. MENTHE POULIOT.
pouliot des montagnes. Plantes fleuries de plusieurs espèces du genre Teucrium.
Angl. Nep. — Ail. Bergmùnz.
On distingue en droguerie : 1° le Pouliot des montagnes, a fleurs blanches, formé parles Teucrium Polium et T. montanum;2°\e Pouliot à fleurs jaunes, qui représente les Teucrium aureum et T.fïavescens, toutes espèces linnéennes. On a confondu sous le même nom le Teucrium creticum.
Ces Labiées du midi de la France et des contrées circum-méditerranéennes, sont toutes aromatiques-amères, et conséquemment stimulantes et toniques. Elles conviennent dans les diverses circonstances auxquelles s'appliquent les amers aromatiques, et notamment le Scordium. On les emploie en Orient contre la diarrhée simple, la dysenterie et même le choléra. J'ai démontré en 18M) que le prétendu Stachys anatolica, préconisé contre cette dernière maladie, n'était autre que le Teucrium Polium, var. capitatum.
POURPIER cultivé, Portulaca sativa, L. — Portulacées. Angl. Purslane. — AIL Portulak.
Le Pourpier, spontané dans l'Inde, s'est répandu dans presque toutes les régions du globe.
C'est une plante charnue, tendre, presque insipide, qui jouit de propriétés tempérantes, rafraîchissantes, antiscorbutiques, diurétiques, etc. On la mange confite au vinaigre, en salade, cuite avec les viandes, et de diverses autres façons. Son eau distillée, probablement inerte, est donnée rarement en potion.
Les semences de Pourpier, considérées comme vermifuges, sans qu'on sache pourquoi, sont employées comme telles en Perse, et entrent dans le Remède de Renaud, contre le ver solitaire. Elles font partie des Quatre semences froides mineures.
Le suc de Pourpier se donne comme rafraîchissant et antiscorbutique à la dose de 60 à 120 grammes. Les semences faisaient partie d'un grand nombre de confections entièrement abandonnées.
PRÊLE D'EAU, Equisetum fluviatile, et PRÊLE D'HIVER, Equisetum hiemale, L. — Equisétacées.
Angl. Common Horse-tail. — Ail. Kannenkraut.
Ces Prêles se rencontrent communément dans les lieux aquatiques.
Composition. — Diebold a trouvé dans Y Equisetum hiemale : chlorophylle, cire, matière extractive jaune, fécule, gallate de chaux, sucre, acide malique, oxyde de fer, sels, etc. Il faut y joindre une proportion considérable de silice (Pictet et John).
Action physiologique et usages. — Les Prêles sont astringentes, et par là constipantes, toniques, diurétiques, anticatarrhales. On les a conseillées contre la fièvre, les hydropisies, la phthisie, la blennorrhagie, la diarrhée, etc. Elles se donnent en décoction à la dose de 8 à 12 grammes de plante sèche, moins de plante fraîche, dans 750 grammes d'eau, par tasses de 100 à 150 grammes toutes les deux heures.
PRIMEVÈRE, Primula veris, L. — Prïmulacées. Angl. Cowslip. — AU. Schlusselblume.
La Primevère est une des plus charmantes fleurs printanières des régions du centre et du nord de la France (dans le midi, on ne trouve que le Primula acaul îs).
Composition. — Ses racines contiennent, d'après Saladin, un peu d'arthanitine, une huile essentielle d'une odeur de fenouil, du malate et du phosphate de chaux, de l'acide pectique et une matière soluble dans l'alcool.
Varthanitine est un principe actif du Cyclamen.
Action physiologique et usages. — On ne sait rien de positif sur les effets physiologiques de la Primevère, qui passe pour anodyne et hypnotique
PSYLLIUM.
(Boerhaave, Linné). Les parties vertes sont comestibles et réputées antiscorbutiques. Les fleurs sont utiles en infusion pour modérer les douleurs goutteuses, calmer l'irritation de la poitrine dans le rhume et le catarrhe bronchique, et pour dissiper l'hémicrânie, le vertige (Ghoniel). On en met une poignée dans 750 grammes d'eau, qu'elles teignent en jaune.
Veau distillée entre quelquefois encore dans les juleps calmants.
pro>ier commun, Prunus domestica, L. — Rosacées -Amygdaeées. Angl. Plum-tree. — Ail. Pflaumenbaum.
Le Prunier, qu'on croit originaire de Damas, est cultivé partout pour ses fruits sucrés, acidulés et rafraîchissants, parfois très-parfumés, qui conviennent dans les ardeurs de l'été, et généralement aux personnes échauffées ou sujettes à la constipation.
Les prunes se mangent fraîches ou confites à l'eau-de-vie ou bien en compotes, etc. Fermentées dans l'eau, elles donnent une liqueur spiritucuse, usitée dans le nord de l'Europe et dans les pays de montagnes, et dont on extrait de l'alcool. C'est principalement la Couetchc qui sert à cet usage. Avec les Prunes écrasées dans l'eau, on fait une boisson rafraîchissante. Séchécs au four, elles deviennent des pruneaux, dont il faut distinguer deux espèces fort différentes : l'une qui figure sur les tables [Pruneaux dWgen et de Tours), l'autre conseillée spécialement aux malades et aux convalescents, et qui sert à procurer la liberté du ventre.
Les Pruneaux noirs, dits à médecine, faits avec le petit Damas noir, sont aigres et beaucoup plus relâchants que les autres. On y ajoute quelquefois un peu de séné pour en augmenter l'action cathartique.
La pulpe de Prune entre dans le Lénitif, la Confection Hamech, VElectuaire diaprun, etc.
PSYLLIUM ou HERBE AIX PUCES, Plantago Psyllium, L. , et PLANTAIN e>es sables, Plantago arenaria, L. — Plan paginées.
Angl. Clammy Plantain. — Ail. Sand-Wegericli.
M Herbe aux puces, indigène dans la Provence et le Languedoc, est appelée ainsi à cause de la forme, de la petitesse et de la couleur de ses graines.
Ses semences fournissent dans l'eau bouillante un mucilage abondant, semblable a celui de la graine de Lin et servant aux mêmes usages. Le mucilage de Psyllium est émollient, calmant, relâchant, et se prend en boisson, en lavement et en fomentation, dans les cas d'inflammation, d'irritation et de spasmes. Cependant, comme il est beaucoup plus cher que celui de la graine de Lin, on le réserve pour les oph thaï mies.
Les semences du Plantain des sables remplacent parfaitement celles du Psyllium.
PULMONAIRE OFFICINALE, Pulmonaria officinalis, L, — Borra-
GINÉES.
Angl. Common Longwort. — AU. Lungenkraut.
Les feuilles de cette belle plante, commune dans nos bois, sont marquées de taches blanches d'un effet agréable, mais rappelant la disposition des masses tuberculeuses dans les poumons, ce qui, sans doute, les a fait considérer, par une sorte de signature, comme propres à guérir la phthisie et l'hémoptysie, ou du moins les rhumes et les catarrhes. Elles sont fort insignifiantes, mucilagineuses, d'un goût légèrement nitreux et à peine astringent, par conséquent elles ne peuvent être regardées tque comme émollientes et adoucissantes.
PYRÈTHRE officinale, Anacyclus Pyrethrum, DC; Anthémis
Pyrethrum, L. — Composées ou Synanthérées-Anthémidées.
Angl. Pellitory of Spain. — Ail. Speichelwurz.
La Pyrèthre habile l'Orient, l'Algérie et le nord de l'Afrique.
Composition. — Parisel a trouvé dans la racine de Pyrèthre les principes suivants : matière acre [Pyréthrine), inuline, gomme, tannin, matière colorante, ligneux, chlorure de potassium, silice et trace de fer.
La Pyréthrine est le principe actif de la racine et se trouve en plus grande abondance dans l'écorce. C'est une matière résineuse d'une saveur acre et brûlante, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et l'alcool, plus encore dans l'acide acétique et les huiles fixes et volatiles, partiellement soluble dans la potasse.
Action physiologique. — La Pyrèthre est un irritant local fort énergique. Maintenue sur la peau, elle agit comme rubéfiant; appliquée sur la langue et sur les parties intérieures de la bouche, elle cause une sensation de chaleur cuisante, faisant place à une impression de froid vif quand l'air est aspiré par la bouche, et détermine un afflux instantané de salive. C'est le plus puissant de nos sialagogues. La même impression de chaleur se fait sentir dans l'estomac, et, selon toute probabilité, le principe actif introduit dans la circulation détermine la stimulation générale et les autres phénomènes qui se manifestent à la suite de l'ingestion des substances balsamiques.
Usages. — Rarement la Pyrèthre est administrée à l'intérieur pour stimuler l'estomac. Presque toujours on s'en sert comme sialagogue, dans le but de dégorger les glandes salivaires et les follicules de la muqueuse bucco- pharyngienne ; de faire cesser par substitution les névralgies gingivales et dentaires, et par révulsion, celles de la face ; enfin, de remédier à la paralysie de la langue. Je l'ai prescrite assez souvent aux convalescents, chez qui les fonctions digestives ne se réveillent pas assez vite ; chez les dyspeptiques et les sujets affectés d'embarras gastrique, pour exciter la sécrétion salivaire, nettoyer la bouche de son enduit épithélial et muqueux, et ramener ainsi la réaction alcaline normale de l'entrée des \oies digestives, ce qui a le double avantage de prévenir
PYROLE OMBELLÉE. 271
le mauvais goût provenant de l'acescence des aliments, de celle du vin surtout, d'ouvrir l'appétit et de favoriser la digestion.
Modes d'administration et doses. — La racine de Pyrèthre est employée en substance comme masticatoire, à la dose, selon moi, trop forte, de 2 à h grammes. La poudre est sternulatoire et sert à tuer les poux.
La teinture de Pyrèthre est de deux sortes : l'une forte, l'autre faible. Celle-ci résulte de l'infusion de 1 partie de Pyrèthre dans 16 parties d'esprit de Romarin, et sert à la toilette. La teinture forte, au contraire, comporte 1 partie de racine pour k parties seulement d'alcool à 36°. On la prescrit en collutoire à la dose de 2 grammes dans 50 grammes d'eau.
La teinture éthérée, extrêmement acre, s'applique imbibée dans du coton sur les dents cariées et douloureuses. Il en est de même du Vinaigre de Pyrèthre.
Vhuile de Pyrèthre, préparée par digestion de 2 parties de racine dans k parties d'huile d'olive, est employée comme rubéfiant.
On prépare aussi des Pastilles de Pyrèthre, qui sont sialagogues.
pyrèthre DU CAUCASE, Pyrethrum camcvm ou Pyrethrumroseum, DC. — Composées ou Synanthérées-Anthémidées.
Les huiles volatiles en général éloignent les insectes et les animaux inférieurs, mais certaines essences leur sont particulièrement nuisibles. De ce nombre est le principe actif de la Pyrèthre du Caucase, qu'on réduit en poudre et dont on se sert pour se débarrasser des puces et des punaises. Dans les localités où ces parasites abondent, on ne peut goûter de repos qu'à la cou dition d'en saupoudrer l'intérieur de ses vêtements et de son lit. Des instruments variés sont en usage pour insuffler la poudre de Pyrèthre dans les recoins où se réfugient ces êtres insupportables et dégoûtants.
J'ai émis ailleurs (voy. Camomille puante) l'opinion que la Maroute pourrait rendre les mêmes services.
PYROLE OMBELLÉE ou YIIN TER G RE EN, Pyrola umbellata L. ; Chimaphila umbellata, Nutt. — Pyrolagées. Angl. Wintergreen. — AU. Waldmangold.
La Pyrole ombellée est commune aux États-Unis, au nord de l'Asie et de l'Europe. Ce sont les feuilles qu'on emploie.
Composition. — 'D'après Martens, elles contiennent : extractif gommeux amer, extractif oxydé, résine molle et chlorophylle, résine dure, balsamique, tannin et acide gallique, fibre ligneuse et eau. Il faudrait sans doute y joindre une huile essentielle (Pereira) .
Les principes actifs sont la substance amère, la résine et l'acide tannique.
ACTION physiologique. — Les feuilles fraîches du Wintergreen exhalent une odeur spéciale quand on les froisse; leur goût est astringent, amer et d'une àcreté forte. Appliquées sur la peau, elles vont jusqu'à produire la vésication.
V infusion des feuilles sèches produit dans l'estomac une sensation de chaleur agréable, stimule l'appétit et le travail digestif, et agit comme tonique. En même temps elle excite la sécrétion urinaire, et diminue considérablement la proportion de l'acide urique et des u rates, en augmentant la diurèse aqueuse.
Usages. — La Pyrole ombellée est employée comme apéritive, stomachique et tonique, chez les sujets débilités ; comme diurétique chez ceux qui sont atteints d'hydropisie ou dont les organes génito-urinaires souffrent d'un catarrhe ou d'une inflammation ancienne, liée ou non à l'affection calculeuse; enfin comme tonique chez les scrofuleux.
Modes d'administration et doses. — Le Chimaphila se donne en décoction et en extrait, celui-ci à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme. Dans la décoction on met 30 grammes de la plante pour 750 grammes d'eau. La dose est de 30 à 60 grammes. L'essence de Wintergreen n'est pas fournie par la Pyrole ombellée, mais par le Gaultheria procumbens (voy. ce mot).
quassi amer ou bois amer de SURINAM, Quassia amara, L.—
RUTACÉES-SlMAROUBÉES.
Angl. Quassia.- — Ail. Quassienholz.
Le Quassi amer habite les bords du Surinam, dans les Guyanes hollandaise et française.
Composition. — Analogue à celle du Quassia de la Jamaïque (voy. ce mot).
Action physiologique. — Toutes les parties de cet arbrisseau sont douées d'une excessive amertume, sans mélange d'astringence ni de goût aromatique et sans odeur. C'est la racine qu'employait le nègre Quassia, et c'est encore la partie que recommande le Codex.
Le Quassi amer se distingue, comme le Quassia de la Jamaïque (voy. ce mot), de la plupart des amers, par l'absence de toute trace de tannin, et se rapproche par là de la Gentiane et de la petite Centaurée, dont il offre d'ailleurs les propriétés physiologiques. C'est un amer pur et franc, très -énergique d'ailleurs, et n'ayant aucun des inconvénients des amers- astringents et aromatiques. Même à haute dose, il n'occasionne pas la constipation, ni ne cause aucune excitation circulatoire, aucune irritation locale ou générale; il ne donne pas lieu à des nausées ou à des évacuations alvines, ce qui n'empêche pas son action tonique, apéritive et stomachique.
Usages. — Modes d'admlnistration et doses. — On emploie le Quassi dans la dyspepsie atonique, la débilité générale, la chlorose, la leucorrhée, les vomissements spasmodiques, la fièvre non symptomatique, soit en poudre, à la dose de 30 centigrammes à 2 grammes, soit en tisane, à la dose de 5 gram. pour 500 grammes d'eau. C'est la macération à froid qui couvient le mieux. On prend aussi de 20 à 100 grammes de vin de Quassi, ou de 5 à 15 grain.