‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource] (volume 2)Chapitre 98 sur 276 · QUASSI A DE LA JAMAÏQUE · texte numérisé non relu

QUASSI A DE LA JAMAÏQUE

de teinture alcoolique. Au reste, l'exactitude dans la prescription des doses de cet amer franc n'est pas de rigueur, puisqu'il est sans inconvénient d'en exagérer la quantité ; aussi a-t-on pris l'habitude d'en employer des copeaux qu'on laisse macérer une ou plusieurs heures dans de l'eau de fontaine. Les calices de Bois de Surinam qu'on emplissait d'eau fraîche pour en boire le contenu, après quelque temps de contact, avaient le désagrément de se couvrir promptement d'une végétation de mucédinées blanches qui communiquaient à la macération un goût détestable de moisissure.

quassi A me LA Jamaïque, Picrœna excelsa, Lindl. ; Simaruba excelsa, DG. — Uutacées-Simaroubêes.

Angl. Loftybitter Woodtree. — Ail. Jamcïka-Quassienhofz. Ce bel arbre de la Jamaïque a été introduit comme succédané du précédent, dont il partage toutes les qualités et avec lequel il est souvent confondu. C'est aussi le Bit ter a ou Bitter Ash.

Composition. — Le bois du $ imarouba élevé contient : huile volatile une trace, principe amer (quassite), extractif gommeux, pectine, fibre ligneuse et sels (Pfaff, Pereira).

La Quassite ou Quassine, ou Bittérine (Cl0H6O3), est un corps neutre qui se présente en petits cristaux prismatiques, inodores, d'une amertume intense, très-solubîes dans l'alcool et fort peu dans l'eau ou l'éther. Sa solubilité dans l'eau est accrue par quelques sels et principes végétaux.

ACTION physiologique. — Le bois du Picrœna excelsa est un amer énergique et franc, dénué de toute propriété irritante, stimulante ou styptique. Il se comporte exactement comme le Quassi amer, et rend les mêmes services dans les mêmes circonstances. Toutefois les expérimentations sur les animaux et quelques faits cliniques semblent prouver que le Quassi de la Jamaïque possède une influence sur le système cérébro-spinal et des propriétés toxiques.

Il est connu depuis longtemps que l'eau chargée de cette substance est un excellent poison pour les mouches. Harel a montré récemment que le Siniarouba élevé n'est pas moins nuisible aux lapins: 5 centigrammes de son extrait alcoolique introduits dans une plaie de la cuisse ont causé la mort chez deux de ces animaux. Des lotions faites sur des ulcères avec de la décoction de Ouassi ont amené la paralysie complète des extrémités inférieures chez un chien (Kurtz). D'un autre côté, le même auteur a vu survenir ramaurosf, et Kraus l'amblyopie, à la suite de l'usage prolongé de cette substance; tandis que Barbier a remarqué des mouvements involontaires des bras et des jambes chez des femmes nerveuses qui buvaient l'infusion de Ouassi. Ces dernières observations sont peu probantes, et dans les cas de Barbier on doit reconnaître l'horripilation occasionnée par l'impression d'une substance sapide éminemment déplaisante. .

Quoi qu'il en soit, les faits expérimentaux conservent leur valeur et autorisent le rapprochement l'ait par Pereira entre le Ouassi de la Jamaïque et l'a-

GUBLER 1 S

Tih SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

cide pierique. Il est permis d'y voir un agent analogue à la Coque du Levant et jusqu'à un certain point à la Noix vomique. On pourrait donc concevoir les substances amères comme formant une série graduée dans laquelle on passerait de la plus innocente à la plus toxique par des nuances intermédiaires.

Usages. — Le Quassi de la Jamaïque est principalement employé dans la dyspepsie torpide et les différents états maladifs où l'on a recours au Bois de Surinam. Selon Delioux de Savignac, Se Bittera possède réellement des propriétés antipériodiques, mais bien inférieures à ceîies du Quinquina et de l'Arsenic. De plus, on a pensé qu'il pourrait être utile dans l'amaurose et les affections cérébrales. Kraus le conseille spécialement dans les cas de photophobie comme adjuvant de la Jusquiame et de la Belladone.

On a proposé aussi l'infusion de Quassi en lotion sur les blessures et les plaies compliquées, dans le but d'éloigner les insectes.

Modes d'administration et doses. -— Le bois de Simarouba élevé ne se donne pas habituellement en poudre, mais en infusion prolongée dans l'eau bouillante .

On se sert aussi de la teinture alcoolique, a la dose de 2 à 8 grammes. En Angleterre, on emploie une teinture de Quassi a composée, dans laquelle entrent le Cardamome et la Cannelle, chacun à la dose de 2 à h grammes.

QUIJL1LAI SAVONNEM, Quillaia Smegmadermos, DC. — Rosacées- Spiréacées.

Le Quillaia saponaria, Poir. , est un arbre du Chili dont l'écorce, de saveur piquante et poivrée, sert, dans ce pays, en guise de savon. Mêlée à l'eau, elle la fait mousser et enlève les taches de graisse.

Composition. — Boutron-Charlard et O. Henry lui assignent la composition suivante : matière spéciale très-piquante, solubîe dans l'eau et l'alcool, matière grasse, chlorophylle, sucre, gomme, matière colorante brune, amidon, acide libre, malafe de chaux et différents sels.

Le principe spécial signalé en premier lieu n'est autre que la Saponine, trouvée d'abord dans la Saponaire d' Egypte (Gypsophila Struthium, L.) et la Saponaire officinale.

Usages. • — Outre les usages domestiques indiqués ci-dessus, le Quillai savonneux peut en recevoir d'analogues en pharmacie et en médecine. Il serait utile, par exemple, pour en composer des bains, des lotions ou des injections agissant à la manière des solutions alcalines ou savonneuses sur les corps gras, et destinés à nettoyer la peau, les conduits auditifs, etc. Il a été essayé, dans ce but, par le docteur Laiiler, médecin de l'hôpital Saint-Louis.

QUINQUINA* Écorces des Cinchona. — - Rubiacées. Angl. Cinchona Bark. — Ail. China liinde.

Le genre Cinchona est nombreux en espèces qui habitent presque toutes

les montagnes de la Bolivie, du Pérou, de la Nouvelle-Grenade el de l'Equateur, dans l'Amérique méridionale.

Il s'en faut bien que toutes ces espèces aient une égale valeur au point de vue thérapeutique ; les unes sont éminemment actives, les autres à peu près nertes. Les écorces de ces dernières sont ce qu'on appelle les faux Quinquinas.

Les Quinquinas vrais diffèrent autant les uns des autres par leur composition chimique que par leurs effets physiologiques et thérapeutiques, suivant les types botaniques qui les fournissent et les conditions dans lesquelles la végétation ou la récolte s'est effectuée. D'où l'importance des distinctions pratiques à établir entre les diverses sortes commerciales. Mais pour être bien saisies, ces distinctions exigent la connaissance préalable de la composition chimique et de la structure des Écorces du Pérou.

Composition. — Voici la liste des constituants organiques que Pelletier et Caventou assignent aux Quinquinas : Quinine, Cinchonine, Aricine, Quinidine, acides kinique, tannique et kinovique, rouge cinchonique, matière colorante jaune, matière grasse verte, acides, gomme et ligneux.

Les cendres varient de 3fr à 58 millièmes du poids de l'écorce. Quelquesunes (Galisaya, Huanuco) sont vertes, à cause de la présence du Manganatc de potasse, et les analyses de Puttfarcken sont favorables à l'idée que la proportion de la chaux diminue dans l'écorce à mesure qu'augmente celle des alcaloïdes végétaux.

Les Quinquinas renferment en outre (Fabbroni, Trommsdorff) une huile volatile à laquelle ils doivent leur odeur particulière, et qui possède une saveur acre. L'action de ce stimulant diffusible est insignifiante.

Le tannin du Quinquina,, ou acide Quinofannique, identique avec l'acide Cachou tannique (Pelouze et Fremy), est moins astringent que celui de la Noix de Galle, et précipite en vert les sels ferriques. Il absorbe l'oxygène de l'air avec une remarquable facilité, et se transforme en rouge cinchonique, acide carbonique et eau. Avec une moindre intensité, l'acide Quinotannique agit comme le tannin proprement dit. Il est probable qu'il subit plus que ce dernier l'action comburante de l'oxygène dans le sang, et qu'il est en partie brûlé quand il arrive dans les émonctoires, à moins que l'action protectrice de l'albumine ne s'oppose à cette oxydation. Le rouge cinchonique est inodore, insipide, à peine soluble dans l'eau froide, un peu plus dans l'eau chaud . mais très-soluble dans 'l'alcool et les alcalis. On admet néanmoins qu'il peut contribuer légèrement aux effets astringents de l'écorce.

Vacide Kinique ou Quinique existe vraisemblablement en combinaison avec les alcaloïdes des Quinquinas et avec la chaux. Par lui-même il est probablement inerte; toujours est-il que le Kinate de chaux ne possède ni astringence, ni amertume. Nous n'avons, du reste, aucune connaissance positive sur cel acide et ses combinaisons.

Vacide Kinovique, ou Amer kin'>ciquc, moins répandu que le précédent,

n'a été constaté que dans le Quinquina Calisaya et le Q. nova, dans celui-ci probablement à l'état de Kinovate de chaux. L'amertume prononcée de ce principe fait supposer qu'il peut être non-seulement tonique, mais encore fébrifuge ; cependant Weil ne lui a pas reconnu cette dernière propriété.

Les alcaloïdes des Quinquinas se trouvent dans les écorces, en combinai son avec un ou plusieurs acides : les acides kinique et tannique, selon Pelletier, Caventou et la plupart des auteurs; l'acide kinique et le rouge cinchoniquc, d'après O. Henry et Plisson.

Les deux principaux de ces alcaloïdes seront décrits ailleurs, et je me contente d'en inscrire ici les formules atomiques, pour les mettre en regard de celles des autres principes semblables et en tirer quelques inductions qui intéressent la matière médicale.

La Cinchonine = C40H2<Az2O2, et la Quinine == C40H24\z2O4 : celle-ci ne diffère, par conséquent, de la première que par 2 molécules d'oxygène en plus, et l'on trouvera légitime l'hypothèse de Pelletier consistant à considérer les alcaloïdes des Quinquinas comme des degrés d'oxydation d'un radical qui aurait pour formule C40H24Az2. Mais, de plus,*il est permis de se demander, comme je l'ai fait, il y a vingt ans, si la Quinine ne pourrait pas se former avec les progrès de la végétation aux dépens de la Cinchonine, ce qui semble d'autant plus vraisemblable, que les écorces des Quinquinas gris, plus chargées de Cinchonine, sont plus petites et appartiennent a des branches plus jeunes que celles des Quinquinas jaunes où prédomine la Quinine.

Ces deux alcaloïdes capitaux possèdent chacun deux isomères découverts et décrits par Pasteur : la Cinchonidine et la Cinçhonicine d'une part ; la Quinidine et la Quinicine d'autre part. Reste seulement YAricine ou Cinchovatine, dont la formule (C46fl20Az2O8) s'éloigne notablement des précédentes.

La Quinidinc et la Cinchonidine se trouvent dans le produit que livre le commerce sous le nom de Quinoïdine ; la Quinicine et la Cinçhonicine, obtenues des sulfates de Quinine et de Cinchonine par la chaleur, peuvent, selon Pasteur, se produire sous l'influence des rayons solaires dans les écorces qui ne les contiennent jamais naturellement.

L'action physiologique et thérapeutique de la Quinine et de la Cinchonine sera exposée avec tout le soin désirable dans les articles spécialement consacrés à ces deux alcaloïdes dans la Pharmacopée (voy. ces mots).

La Quinidinc, cristaîlisable, neutralise parfaitement les acides, se dissout dans 1500 parties d'eau froide, dans 750 parties d'eau bouillante, dans U5 parties d'alcool froid, dans 3,7 parties d'alcool bouillant et dans 90 parties d'éther. Avec l'identité de composition atomique, la Quinidinc possède, eu égard à la Quinine, une similitude complète de propriétés médicales. Bauduin et Pereira l'ont vue guérir la fièvre intermittente tierce avec la même sûreté que le sulfate de Quinine lui-même, à la dose de 60 centigrammes seulement.

La Quinicine se présente sous forme d'une masse résineuse, demi-fluide et a mère, presque insoluble dans l'eau, aisément soluble dans l'alcool.

La Cinchonidine, cristallisée, est insoluble dans l'eau froide, à peine soluble dans l'eau bouillante. Elle se dissout assez bien dans l'alcool, mal dans l'éther, un peu mieux dans le chloroforme. On ne sait rien sur les propriétés physiologiques et thérapeutiques de ces deux composés.

La Cinchonicine est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et se sépare de ses solutions sous forme d'une résine fluide. Forget l'a prescrite dans un cas de fièvre intermittente, et quoiqu'elle en ait triomphé, il ne la croit pas comparableau sulfate de Quinine. Cependant elle a bien réussi dans un cas de rhumatisme articulaire aigu (A. S. Tayloret G. O. Rees).

Enfin, YAricine est cristallisable, soluble dans l'alcool, peu soluble dans l'éther, à peine soluble dans l'eau. Douée d'une saveur amère et d'une réaction alcaline, elle forme avec les acides des sels solubles et cristallisantes. La Paricine de AYinckler en est très-voisine. Il n'a point été fait de recherches suivies sur l'action thérapeutique de l'Aricine; cependant on la croit généralement inerte.

Siège des principes actifs des quinquinas. — Delondre conclut de ses expériences : 1° que les feuilles et les fruits ne présentent aucune trace d'alcaloïdes; 2° que l'écorce des racines en contient moins que celle du caudex ascendant; 3° que les liquides obtenus par incision du tronc ou des branches offrent en dissolution toutes les substances que l'eau enlève à l'écorce.

Mais ce n'est pas toute l'épaisseur de l'écorce qui est pourvue d'alcaloïdes. Ni Pépiderme, ni la couche subéreuse n'en renferment la moindre parcelle; seulement les observateurs ne s'accordent pas sur celle des deux autres stratifications corticales à laquelle ces principes appartiennent. Pereira les attribue au liber; il mentionne toutefois un cas où il en existait dans une couche intermédiaire à celui-ci et à l'enveloppe herbacée. Pour Bouchardat, Howard et la plupart des auteurs, c'est le tissu celluleux, vert, ou mesophlœum, qui a le privilège de contenir les alcaloïdes, sous forme de petites masses blanches, bien observées par Pereira, qui n'y a cependant découvert aucune apparence de cristallisation, tandis qu'Howard y a vu des cristaux microscopiques parfaite ment déterminés. Ces cristaux, composés de quinates et de tannâtes de quinine et de cinchonino, diffèrent cssenliellementdes raphides ordinaires, qui sont des sels à bases alcalines ou terreuses.

Mode de production de ces principes. — Pelletier concevait la formation des divers alcaloïdes des Quinquinas par l'oxydation de plus en plus avancée d'un principe préexistant. J'ai introduit, en outre, cette vue que l'oxydation s'effectuerait avec le temps dans les écorces plus anciennes. D'après le docteur de Vry, chimiste associé à Junghunh pour les essais de culture du Quinquina à .lava, les alcaloïdes seraient le produit de la réaction de l'ammoniaque contenue dans l'écorce sur l'acide quiuotannique (C14H809), auquel elle fournit de l'azote, comme l'urine ammoniacale en fournit au lichen \Roccella tinctoria) pour développer une matière colorante bleue, l'orseille.

Puisque nous avons mentionné les essais de culture des Hollandais, ajoutons que les Anglais, qui marchent toujours en avant dans le progrès industriel, ont suivi ce bon exemple dans l'Inde, et que leur tentative a été couronnée d'un plein succès. Decaisne a montré récemment, à l'Académie des sciences, des graines mûres de bonne qualité provenant de ces plantations déjà prospères, qui bientôt viendront en aide à la production défaillante des forêts naturelles du nouveau monde.

Division des sortes commerciales de quinquinas. — Sous le rapport géographique qui respecte passablement les liens naturels en raison de la circonscription des espèces dans des contrées relativement restreintes, on divise les Quinquinas en ceux : 1° de la Bolivie; 2° du Pérou; 3° de la Nouvelle- Grenade. La division la plus précise et la plus sûre, celle qui serait fondée sur les caractères botaniques des espèces, n'est pas encore possible aujourd'hui, à cause de l'incertitude des déterminations.

En France, on partage habituellement les Quinquinas en trois groupes fondés sur l'apparence extérieure, et répondant en partie à des différences de composition chimique :

1° Quinquinas gris ; 2° Quinquinas jaunes ; 3° Quinquinas rouges.

Ainsi que le fait remarquer Bouchardat, et que le confirme la savante commission du Codex, cette distinction pêche en ce sens que, d'une part, une même espèce a été rangée parmi les gris, les jaunes et les rouges, selon les temps et les lieux, et €jue, d'autre part, on réunit dans le même groupe des Quinquinas excellents ou nuls : le Quinquina Huanuco, par exemple, et le Quinquina Jaën, qui ne renferme que de l'aricine.

Cette division est bonne tout au plus pour la séparation des écorces de différents âges appartenant à des espèces déterminées, et qui, par ce seul fait qu'elles ont été récoltées sur des troncs plus ou moins volumineux ou des rameaux plus ou moins jeunes, possèdent une coloration, une structure, des dimensions et par suite une composition chimique différentes.

Dans ce sens restreint que j'admets, on peut dire qu'en général, les Quinquinas gris sont plus astringents, contiennent beaucoup de Tannin et de Cinchonine, mais peu de Quinine ; tandis que les Quinquinas jaunes, beaucoup plus amers et moins astringents, sont très-riches en Quinine et pauvres en Cinchonine. Les Quinquinas rouges, intermédiaires aux deux autres, sont également astringents et amers, et contiennent des proportions moyennes de Quinine et de Cinchonine. Ils tiennent aussi le milieu, pour la texture et les dimensions, entre les écorces grises, qui sont les plus minces et les moins fibreuses, et les jaunes, qui sont épaisses et fortement fibreuses.

Parmi les Quinquinas gris, on doit signaler : 1° celui de Loxa; 2° le Q. de Lima ou Huanuco ; 3° le Q. Huamalies ; 4° le Q. Calisaya roulé.

Parmi les Quinquinas rouges : le rouge vif et le rouge pâle de V Equateur ; le rouge de la Nouvelle-Grenade ou de Mutis, et le rouge vcrruqueux.

Les meilleurs Quinquinas jaunes sont le Calisaya jaune royal ;lc Calisaya

de la Nouvelle-Grenade; le Quinquina Cqrabaya, le Q. Pitaya, le Quinquina jaune du roi dJ Espagne, etc.

De toutes ces sortes commerciales et d'un grand nombre d'autres que nous passons sous silence, le Codex n'en admet que trois dont nous allons maintenant nous occuper particulièrement.

QCINQUINA GRIS ni'AXï'CO, Cinchona micrantha, Ruiz et Pavon, non Pôppig ni Weddell. — Rubiacées-Cinchonées.

Angl. Grey silver Bark. — Ail. Graue China; China Huanuco oder Havane.

Ce Quinquina tire son nom commercial de la province de Huanuco, où croît le Cinchona micrantha, P., et où il porte le nom de Cascarilla provinciana. Guibonrt Ta nommé Quinquina de Lima.

On en trouve deux sortes dans le commerce : l'une de qualité supérieure (fine grey Bark), attribuée par quelques auteurs au Cinchona nitida, R. et P. ; l'autre moins bonne, nommée [coai"se grey Bark), rapportée au C. micrantha, Pôppig.

La première est le Quinquina rouge de Lima, Guib. , et le Quinacana légitima, Laubert. Elle possède une odeur argileuse douceâtre, que Rerger dit lui être spéciale. Son goût est astringent, aromatique et amer, nullement désagréable. Cette écorce donne 2,113 pour 100 d'alcali, à savoir: Quinine, 0,571 ; Quinidine, 0,142; Cinchouine, 1,/j (Howard). Bouchardat lui assigne pour richesse moyenne 6 grammes de Sulfate de Quinine et 12 grammes de Sulfate de Cinchouine par kilogramme.

La seconde sorte, appelée par Guibourt Quinquina de Lima gris brun, est la Cascarilla provinciana de Pôppig; elle offre un goût amer, astringent, acide et aromatique. Son odeur est celle du bon Quinquina gris. Howard y a trouvé 1,773 pour 100 d'alcaloïdes, se décomposant ainsi : Quinine, 0,243 ; Quinidine, 0,28; Cinchouine, 1,25.

Soubciran a retiré de 500 grammes de Quinquina Huanuco, sans distinction de variétés, 6 grammes de Sulfate de Cinchouine. Il ne mentionne pas la Quinine. Un kilogramme de la même écorce a fourni à Delondre 2 grammes de Sulfate de Quinine et 10 grammes de Sulfate de Cinchouine. Les auteurs du Codex indiquent la proportion moyenne de 0,027 de Cinchouine.

Le Quinquina Huanuco gris, dont Bouchardat reconnaît trois variétés : le gris fn de Lima, le gris de Lima en grosses ccorccs, et le gris de Lima blanc, est cependant assez facile à ne pas confondre avec les Quinquinas gris de mauvaise qualité, ce qui Ta fait adopter d'abord dans les hôpitaux de Paris et ensuite dans le nouveau Codex De plus, i! possède des qualités toniques et fébrifuges très-prononcées, en raison de la proportion assez forte d'alcaloïdes qu'il renferme.

La difficulté, au contraire, de distinguer le Quinquina gris de Lima [Cinchona Condaminea^ eddell, C. academica, Guib. ) du pseudo-Loxa de Bergen,

a fait renoncer à recommander comme officinale cette écorce, d'ailleurs aussi active que la précédente, connue dans le pays sous le nom de Cascarilla fina de Uritusinga, et appelée croion Bark par les Anglais, qui en font, comme savons, un grand usage.

QUINQUINA CALINAT A, QUINQUINA JAUNE KO Y AL, Cinchona CûU-

saya, "Weddell. — Rubiacées-Cinchonées,

Angl. Royal or genuine yellow Bark. — Ail. Konigs China.

Le Cinchona Càlisaya croît dans le district de la Paz, en Boli vie.

Dans le pays, on en reconnaît trois sortes, qui sont : Yorangé, le foncé et le i pâle. La première, plus abondante dans le commerce, est la variété officinale.

Elle se subdivise en deux sous-variétés, selon que les écorces sont minces et roulées sur elles-mêmes (qui lied yellow Bark), ou bien plates et épaisses {fiât yellow Bark) ; celles-ci provenant du tronc et des grosses branches, celles-là des petits rameaux.

Le Quinquina Calisaya, roulé et muni de son epiderme, fournit de 15 à 20 grammes de Sulfate de Quinine, et de 8 à 10 grammes de Sulfate de Cinchonine par kilogramme.

Le même poids de Quinquina Calisaya plat et privé de périderme donne généralement 30 à 32 grammes de Sulfate de Quinine et 6 à 8 grammes de Sulfate de Cinchonine. Exceptionnellement, des écorces choisies ont donné le double de cette énorme proportion de Quinine (Guillermond et Glénard). Cette écorce est d'un goût très -amer d'abord, à peu près sans mélange de stypticité. L'amertume se développe graduellement par la mastication. Le défaut d'astringence est en rapport avec la faible proportion de tannin.

Angl. lied Bark, red Cinchona. ■ — -Ail. Rothe China. — Esp. Cascarilla colorada, Case, roxa verdadera.

La couleur rouge appartient aux écorces de nombreuses esp èces de Cinchona, parmi lesquelles on doit citer les Cinchona ohlongifolia, C. ovata, C. micrantha, C. nitida, C. su.ccirubra, et même le C. Calisaya.^ eMell affirme que le vrai Quinquina rouge du commerce est produit par le Cinchona ovata. Le Codex n'en recommande que deux espèces : le Quinquina rouge non verruqueux, fourni parle Cinchona micrantha, d'autres disent parle C. nitida, R. et P., et le Quinquina rouge verruqueux, dû au C . succirubra de Pavon.

Le Quinquina rouge est importé de Lima et de Guayaquil. Son goût est fortement amer, quelque peu aromatique, sans être ni aussi intense ni ausH persistant que celui du Quinquina Calisaya; son odeur est faible et analogue à celle de la tannée.

Composition. — Selon Pelletier et Caventou, le Quinquina rouge contient : Kinate de Cinchonine, Kinate de Quinine et Kinate de chaux, matière

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