‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 103 sur 293 · PIN MARITIME · texte numérisé non relu

PIN MARITIME

Il donne en abondance de la térébenthine, de l'essence et de la colophone, non-seulement pour la consommation de tous les États-Unis d'Amérique, mais encore pour l'exportation. Ses produits ne se distinguent par aucune qualité thérapeutique de ceux de même nom qui nous sont fournis par l'espèce suivante.

PIM MARITIME, Pirvus maritima, DG. — Conifères.

Angl. Pimsler or cluster Fine. wJr'

Le Pinus Pimster, Lamb., croît dans les régions maritimes ou plutôt siliceuses du sud de l'Europe, et couvre d'immenses étendues dans les Landes comprises entre Bordeaux et Bayonne .

C'est en France la principale source de la Térébenthine dite par conséquent de Bordeaux, du Galipot, de l'Essence de Térébenthine et de la Colophone, de la Poix-résine, de la Poix noire et du Goudron. Toutes ces substances ont été ou seront décrites séparément sous leurs vocables, à l'exception de l'Essence, doTit nous allons parler ici, après avoir dit quelques mots de la manière dont ces différents produits dérivent les uns des autres.

Le suc propre, poisseux et odorant, qui s'écoule des incisions du tronc, et se concrète en larmes d'abord transparentes et plus ou moins volumineuses, s'appelle Barras ou Galipot. Chauffé dans de grandes chaudières ou laissé en repos au soleil, le Galipot se débarrasse de ses impuretés en devenant plus fluide, et constitue la Térébenthine proprement dite. Celle-ci est composée d'un hydrogène carboné liquide : c'est l'essence ou huile volatile; et d'une substance ternaire qui résulte de l'oxydation de cette essence et qui est solide : c'est la Colophone. Ces deux constituants de la T'érébenthiniS peuvent être séparée par la distillation.

La Poix-résim n'est autre que la résine ou Colophone brassée chaude avec de l'eau et devenue opaque. La Poix noire et le Goudron sont des produits empyreumatiques obtenus par la combustion du bois résineux.

Essence de Térébenthine — Caractères chimiques. — Cette huile volatile est incolore, très-fluide, d'une odeur forte, d'une saveur chaude ni acre, ni amère. Soluble en toutes proportions dans l'alcool anhydre, elle ne se dissout plus que dans 10 ou 12 parties d'alcool à 85 centièmes. Elle paraît un mélange de plusieurs corps isomères ayant pour formule C^'H". En absorbant du gaz chlorhydrique, elle se métamorphose en Camphre artificiel. Exposée k l'air, elle s'oxyde et se transforme en deux acides isomériques (CH'^O*), les Sicià.6s pinique et sylvique, dont la réunion fait la Colopbone. Cette résinification est accompagnée de la production d'une petite quantité d'acide formique.

L'Essence de Térébenthine n'est pas une substance toujours identique avec elle-même, car celle de France dévie à gauche et celle d'Angleterre à droite là lumière polarisée. En outre, il existe une sorte commerciale anciennement connue sous le nom de Térébenthine au soleil et qui paraît devoir ises pro-

292 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, priétés plus actives et spéciales soit à un changement d'état moléculaire, soit à la transformation en ozone de la totalité de l'oxygène préalablement dissous : modifications qui seraient dues à l'influence de la radiation solaire.

Action physiologique. — Appliquée sur la peau, l'Essence de Térébenthine cause de l'irritation caractérisée par de la rougeur, de la chaleur, du prurit et plus tard par des vésicules, des bulles et une douleur cuisante. A la dose de quelques gouttes seulement, cette huile volatile occasionne une impression de chaleur dans l'estomac et le ventre. Cette sensation augmente d'intensité avec des doses plus fortes de 2 à 4, k 8 grammes, qui sont alors mal supportées par l'estomac, et donnent naissance, non-seulement à de la pesanteur épigastrique et à des renvois désagréables d'Essence, mais encore à du dérangement intestinal ; en même temps, il survient de la fréquence du pouls, de la diaphorèse, de l'accroissement dans la sécrétion urinaire et dans la fréquence des mictions. L'éruption menstruelle survient,. à l'occasion, au milieu de cet appareil symptomatique.

Quelquefois l'excitation dépasse ces limites : l'urine devient rare, sanguinolente et l'émission s'en fait avec douleur; on observe de la soif, des vomissements et un mouvement fébrile. Mais, en général, ces j hénomènes n'ont lieu qu'à la suite de l'ingestion de doses fort exagérées, de 16 à 60 grammes, par exemple. Ils sont d'autant plus violents, que les évacuations par le haut €t par le bas font plus complètement défaut. Dans ce cas, on voit se produire avec la fièvre une profonde dépression du pouvoir musculaire, et des désordres cérébraux, accompagnés parfois d'une grande anxiété ou d'assoupissement. J'ai vu un ictère grave et qui faillit être funeste, succéder à l'ingestion accidentelle d'une gorgée d'essence de térébenthine. Ces symptômes sont dus à l'action locale sur l'estomac et à l'action éloignée de l'Essence qui passe dans la circulation et s'élimine par la peau, par les reins et principalement par les voies respiratoires. L'air qui s'échappe par les poumons est imprégné des effluves de cette huile volatile ; parfaitement reconnaissables, tandis que les urines exhalent l'odeur de violette; ce qui prouve deux choses, à savoir: que l'essence de Térébenthine est absorbée et qu'elle se métamorphose en partie dans la circulation. Elle y subit même une double métamorphose en résine et en principe aromatique, comme le produit primitivement fluide du Benjoin se transforme en résine et acide benzoïque.

En traversant les différents émonctoires, l'Essence de Térébenthine détermine des modifications fonctionnelles semblables à celles que nous avons déjà notées souvent à l'occasion des autres balsamiques, c'est-à-dire la diminution de la formation du mucus et des néocytes qu'on nomme globules de mucus ou de pus; l'augmentation, au contraire, de la diurèse et de la transpiration cutanée. Il en résulte parfois l'hématurie ou la production d'exanthèmes variés : rougeur scarlatiniforme, sudamina rouges, eczéma aigu généralisé. Les doses excessives amènent aussi, du côté des bronches, des symptômes d'irritation indiquant l'existence d'un enanthème de même origine (Gublor).

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