PIN MARITIME
Parmi ces symptômes de l'Essence de Térébenthine, les uns s'expliquent par la contraction des vaisseaux sanguins et l'apaisement de l'irritation calorifique et trophique; les autres, au contraire, impliquent une excitation des actes dont le réseau capillaire est le siège, coïncidant avec l'atonie paralytique de ce réseau. Ce dernier résultat appartient aux doses massives, le premier aux doses faibles et moyennes. Chez les animaux mammifères, l'Essence de Térébenthine se comporte à peu près comme chez l'homme. Tiedemann et Gmelin l'ont retrouvée dans le chyle du chien et du cheval. Mais sur les animaux inférieurs, cette huile volatile exerce une action toxique, reconnue dans un grand nombre de principes analogues.
Substances synergiques et antagonistes. — Les astringents et les agents de contraction pour le système vasculaire sont les auxiliaires de petites doses d'Essence de Térébenthine dans leur action décongestive et hémostatique ; de même que les stimulants diffusibles en sont les analogues pour les hautes doses. Mais les huiles essentielles résinifiables dans la circulation et les produits qui en contiennent sont les véritables succédanés de l'Essence de Térébenthine au point de vue des effets généraux et de l'action spéciale sur les organes urinaires. Tels sont le mastic, le styrax, le baume de Gopahu et les baumes proprement dits ainsi que les térébenthines des différentes Conifères. Au contraire, les hydrogènes carbonés des Labiées, des Laurinées, des Composées, qui en s'oxydant donnent des camphres, s'éloignent notablement de l'Essence de Térébenthine par leurs eiîets physiologiques et thérapeutiques. L'essence des Eucalyptus est dans le même cas.
D'un autre côté, les propriétés stimulantes et fébrigènes de l'huile essentielles du Pin maritime sont contrariées par les ioniques, les rafraîchissants, y compris le froid; et les effets irrritants topiques sont atténués par les mucilagineux, les délayants, les absorbants mécaniques. Il se pourrait aussi que la puissance pharmaco-dynamique des Essences de Térébenthine fût amoindrie par l'action des substances capables de s'emparer vivement de l'oxygène plus ou moins ozonisé qu'elles tiennent en dissolution et de changer leur état moléculaire. Les eaux sulfurées, une solution légère de permanganate de potasse, etc., auraient cette influence.
Mais ce qui n'est plus à l'état de prévision, c'est le pouvoir antidotique de l'Essence de Térébenthine par rapport aux émanations phosphorées.
Depuis longtemps l'usage s'est introduit dans certaines fabriques d'allumettes chimiques, en Angleterre, de dégager constamment dans les ateliers des vapeurs d'Essence de Térébenthine, afin de neutraliser l'action toxique des vapeurs de phosphore. L'efficacité de ce moyen, signalée dès l'exposition universelle de 1867, a été reconnue par M. Personne, qui a cru pouvoir l'attribuer à l'empêchement que l'essence apporte à l'oxydation du phosphore ; mais il est plus probable que l'Essence de Térébenthine jouit, au contraire, par l'ozone qu'elle retient dans sa masse, du pouvoir d'oxyder rapidement le phosphore qu'elle dissout et de le faire passer à l'état d'acide
pliosphoreux dont l'innocuité a été démontrée nar P.r. i • a (Voy. Phosphore.) ^ Personne lui-même.
Usages. - L'Essence de Térébentlùne est rationnellement - a- / pour combattre, les flux muqueux ou rnuco-purulenr^es c21 chiques et intestinaux, la. hlennorrhagie et laîeucorrhée
Son action constrictive sur les vaisseaux capillaires sanguins en fait un d s meilleurs hémostatiques, et la plupart des L. kérnosZ^,ues oÏlZ base une solution d'Essence de Térébenthine. Je l'ai vue souvent réLsTr contre es hémoptysies des tuberculeux. L'excitation cutanée et le more! ment febnle qu'elle provoque, à haute dose, seraient probablement des aux^haires de l'opium et des alcooliques dans les hémorrhagies passives soit puerperales^ou axitres chez des sujets exsangues; ce sont, en Lt cas! des conditions favorables a la curation des rhumatismes chroniques et de névralgies de même sorte. L'Essence de Térébenthine a rendu les plus grands services dans la sciatique, depuis Pitcairn, Home, Martinet, etc Trousseau a étendu heureusement son emploi aux névroses multiformes gui résistent aux moyens ordinaires, et dont elle a souvent triomphé. Ensuivant son exemple, j'ai obtenu aussi des résultats très-avantageux : dans les gastralgies, et les névroses torpides,, par des doses élevées, fébrigènes; dans les névroses irritatives, par des doses faibles, toniques. L'Essence de Térébenthine est conseillée dans l'hystérie, l'épilepsie, la chorée, le tétanos Lette huile volatile est encore usitée comme carminative et comme moyen de faire disparaître le météorisme intestinal. On l'a prescrite dans la constipation opiniâtre avec quelque succès, dans les fièvres, et notamment la fièvre puerpérale. L'Essence de Térébenthine rend des. services dans les périodes av.ajicées de. la, dysenterie, la diarrhée chronique et le mékena. Elle a parfois été d'une utilité extrême aux sujets affectés de gastrite, d'ulcère simple de 1 estomac et même de cancer, en diminuant la vascukrité des surfaces malades, s'opposant aux suintements hémorrhagiques, favorisant même la cicatrisation (Trousseau, Gubler). Plusieurs de nos malades ont dû à ce moyen la prolongation de leur existence ou leur guérison, quand il s'agissait, de simples ulcérations stomacales. L'Essence de Térébenthine est efficace aussi contre les entérites ulcéreuses chroniques et contre les hémorroïdes. Elle fait partie du remède de Durande, préconisé à tort pour la dissolution des, calculs; bihaires. Enfin, on l'a administrée à la dose, de 30 à 60 grammes comme anlhelminthique contre le ver solitaire, qu'elle tue et qu'elle aide. à. expulser. Cependant il ne faut pas trop compter sur son action cathardque, et il est plus sûr de faire suivre son administratiou de celle d'un purgatif proprement, dit, et particulièrement d'huile de Ricin.
A l'extérieur, l'Essence de Térébemhine s'emploie en collyre dans les ophthalmies chroniques; en frictions, en fomentations, dans le rhumatisme froid, les névralgies des membres; ;en applicalwns topiques sur les brûlures, les ulcères atoniques, la gangrène, etc. Elle agit aussi comme rubéfiant et comme vésicanf, surtout quand elle est chaude, et l'on peut s'en ser-
PISSENLIT OU DENT-DE-LION. 295 vir pour obtenir la révulsion. Dans les affections de la moelle Trousseau conseillait souvent d'appliquer le long des gouttières vertébrales, des bandes de flanelle imprégnées d'Essence de Térébenthine et de promener dessus un fer à repasser convenablement chauffé.
. Modes d'administration et doses. - L Essence de Terébenthme se prend comme anticatarrhale et hémostatique, à la dose de 50 cent^rammes k4 grammes- comme stimulant général et comme modiEcateur de la muqueuse intestinale, à celle de 4 à 8 grammes; comme anthelminthique, à la dose de 30 à 60 grammes. On met également 30 grammes d Essence de Térébenthine dans un lavement. On l'administre tantôt en capsules ou en verles tantôt en suspension dans une infusion aromatique, additionnée d'une teinture stimulante, telle que ceUe de Piment, ou bien émulsionnée k l'aide d'un jaune d'œuf ou d'un mucilage, ou enfin incorporée dans du sirop ou du miel sous forme d'électuaire. On donne aussi depuis quelques années des bains de vapeur iérébenthinée très-utiles aux rhumatisants. Je me sers souvent d'eau chargée d'Essence de Térébenthine ou bien d'Eucalyptol pour dissoudre le sulfate de cuivre et composer un excellent collyre astringent.
Le professeur Seitz, de Munich, prescrit ce qu'il appelle V huile de Térébenthine ozonisée, c'est à-dire ayant subi l'action de la lumière solaire et de l'air dans des bouteilles de verre blanc, et ayant pris une odeur pénétrante et un goût brûlant et amer. Cette substance dite ozonisée serait beaucoup plus active que l'autre. Faisons remarquer toutefois que la. vieille Térébenlhine au soleil devrait participer de cette activité supérieure.
L'Essence de Térébenthine est associée à l'éther dans le Remède de Durande, à l'opium dans \a. .Mixture de Térébenthine de Rayer et le Linimenl de Bellencontre, à l'ammoniaque dans Le Uniment volatil térébenthine qui est puissamment irritant.
PIN SYX„\îES.TRJE, Pinus sylvestris. L. — Conifères.
Angl. Wild Fine, Scotch Fir. — AU. Wald Fichte.
Le Pin sylvestre, qui croît dans les montagnes d'Ecosse, de Danemark, de Norwége, etc., fournit à ces contrées des produits semblables à ceux.duPin maritime et propres aux mêmes usages économiques et thérapeutiques. En Angleterre, la Térébentliine de ce Pin est la.commo?i rwrjjenïme.. Nous avons dit qu'elle se distingue de la nôtre en ce qu'elle dévie à droite la lumière polarisée.
piSSEî\xiT ou-DENT-DE-LiiOiN., Leontodon Taramacum^ L.; Taraxacum Dens-leonis, Desp. — Composées ou SYNANTHÉRÉES-GHicoRAciES- Angl. Dandelion. — Ail. Lôwenzahn.
Le Pissenlit,, la plus ubiquiste peut-être de toutes les espèces végétales, croît dans les cinq parties du monde, partout où L'homme a porté ses pas.
Composition. — Les feuilles, analysées par Sprengel, ont donné : albumine, mucilage, gomme, sucre, cire, résine, chlorophylle, cellulose.
Le suc laiteux de la racine, d'après John contient : caoutchouc n>ati^>r. am re, résme, sucre, gomme, acide libre, phosphates, sX reUhT hv drates de potasse et de chau.. Squire y ajoute un principe odoran
Le principe amer, ou Taraxacine {dandelion [hiUer), soluble dans l'eau bouillante l'ether et l'alcool, est cristallisable, d'un goût amer TLIxZ peu acre. C'est la substance active. ^"'^'^''^ Action Physiologique. - Le Pissenlit, en qualité d'amer est tonique et stomachique. Il est aussi diurétique, ce qui lui a valu son nom franZ i^ar ces actions primitives, il amène à la longue des modifications dans là crase sanguine et la nutrition. S'il est mal digéré, le Pissenlit donne de la gastralgie, de la flatulence, des coliques et de la diarrhée.
Modes d'administration et usages. - Le Pissenlit est employé comme dépuratif, apéritif et tonique dans les maladies chroniques de l'appareil di-
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On en prend le suc, la décoction et l'extrait. Celui-ci à la dose de 60 centigrammes a 4 grammes, le suc à la dose de 60 à 120 grammes. En Angleterre, on fait entrer la poudre ou l'extrait de Dent~de-lion dans du café et au cùocolat. Partout on le mange en salade.
PISTACHIER, Pistacia vera, L. - Térébinthacées-Anacardiées. Angl. Pistachia-tree. — Ail. Pistazienbaum.
Le Pistachier, originaire de l'Asie Mineure, est cultivé dans le midi de la France pour ses fruits, dont les amandes, de couleur verte , d'un goût agréable rappelant cependant un peu celui de la Térébenthine, sont servies au dessert, et entrent comme co^diment ou comme ornement dans plusieurs préparations alimentaires.
Les Pistaches contiennent de l'huile fixe, une fécule colorée, de l'amidon et une matière colorante verte. Leur saveur sensiblement térébentbinée lait présumer la présence d'une petite proportion d'huile essentielle et de résine.
On en prépare une émulsion et un sirop moins adoucissants que les préparations analogues d'amandes douces, mais convenant mieux dans la période catarrhale de la bronchite. Elles faisaient partie de plusieurs médicaments estimés aphrodisiaques, tels que VÉlectuaire satyrion, et leur réputa- -tion n'était peut-être pas tout à fait usurpée , puisqu'eUes sont légèrement balsamiques.
PivomE OFFICINALE, Pœonia officinalis, Retz. — Renonculacées-
PÉONIACÉES.
Angl. Piony. — AU. Pfmgstrose , Pœonie.
Cette plante, jadis appelée divine, croît ; spontanément dans les bois du centre et du midi de la France.
Elle possédait, au dire des anciens, les propriétés les plus admirables pour faire cicatriser les plaies les plus meurtrières , guérir la morsure des ser-