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tologiques. A la place des recettes ou des panacées d'un autre âge, et sauf les cas infiniment rares d'inoculations virulentes préventives, il ne reste plus qu'une seule médecine : celle des indications physiologiques, tirées des états permanents ou transitoires des organes et de leurs . fonctions. Les instruments de la cure sont les agents de la Matière médicale, ainsi que les autres moyens d'ordre pliysique ou moral méritant le nom de remèdes, diversement agencés et combinés entre eux, suivant des règles dont chaque praticien a sans doute la notion intuitive, mais qu'il importe de mettre en lumière. L'ensemble de ces règles constitue la tactique thérapeutique, ou Tliérapeulaxie, laquelle comprend, outre l'ancien Art de formuler, une réunion de préceptes relatifs à des manœuvres plus ou moins compliquées et savantes dont mon excellent maître, M. le professeur Bouillaud, a donné un exemple en formulant sa méthode des saignées dans les maladies aiguës,
Tel est l'ordre suivi dans l'exposition des faits concernant l'histoire de Vaciion physiologique et des efjels thérapeuliques des médicaments. C'est à dessein que j'oppose ces deux termes, dont je tiens à préciser la valeur parce qu'ils résument toute une doctrine thérapeutique.
D'abord il n'y a que des actions physiologiques, en ce sens que, ^une part les médicaments sont uniquement des modificateurs d'organes ou de fonctions, et nullement des antagonistes d'entités morbides- et que, d'autre part, ils agissent en santé comme en maladie. C'est par exemple, une erreur de croire que les antispasmodiques, inertes dans une économie q^i fonctionne régulièrement, ne peuvent déployer leur puissance que là où se rencontrent des troubles morbides caractérisés par le mot « spasme ». Ces agents thérapeutiques suivant qu'ils sont de la nature des stimulants ou des sédatifs, exaltent ou tempèrent aussi bien chez les organismes sains les actions nerveu- . ses, sensitives et motrices, mais à la vérité dans une mesure plus resreinte. On ne sera pas étonné de cette différence, si l'on reffechit que : plus le "cercle à parcourir est étendu et plus grand l'écart préalable, plus aussi doit être apparent le mouvement qui ramené dans la normale le pendule un instant dévié.
En second lieu, il n'existe, à vrai dire, ni propriétés m ver us th rapeutiques. Le soulagement et la curation d'un mal ne sont pas le é!urtat d'une lutte engagée contre celui-ci par un agent capable de rrnmbattre et de le neutraliser directement, comme lera.t une base le Ce bénéfice est la conséquence des change-
'"rarportL dans a connues chimique, la structure et les actes Z^^^^^ P- - modificateur cosmique : changements a la
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faveur desquels l'économie recouvre enfin son équilibre troublé, pourvu qu'il y ait intégrité des actes nutritifs et plastiques, ou plutôt de la puissance fornaatrice, attribut essentiel des êtres vivants.
Ainsi l'organisme se guérit lui-même, le médecin ne fait que le placer dans des conditions favorables au retour d'un mode de fonctionnement régulier. Ceci explique du même coup, et le caractère aléatoire des résultats thérapeutiques, et la certitude relative des actions physiologiques des drogues ou des autres moyens usités dans l'art de guérir.
On connaît maintenant l'objet et le plan de Ce livre, ainsi que la méthode et la doctrine de l'auteur. Quant à l'exécution , le lecteur en sera juge. Qu'il me soit permis seulement d'appeler son attention sur quelques points neufs et intéressants, touchés à l'occasion dans le cours de l'ouvrage.
L'albumine joue, selon moi, un rôle des plus considérables dans le mécanisme des actions médicamenteuses. A dose relativement massive, elle devient un dissolvant pour les substances réputées insolubles, et même pour celles qui, en d'autres proportions, la coagulent énergiquement. Ce n'est pas tout, les substances ainsi dissoutes ont en même temps perdu quelques-unes de leurs propriétés chimiques, et les réactions auxquelles elles donnent habituellement lieu se trouvent dès lors empêchées. Cet ordre- de faits, connu sinon dans sa généralité, du moins dans plusieurs de ses Cas particuliers, est susceptible de recevoir des applications nombreuses et variées à la science physiologique et thérapeutique. Non-seulement l'albumine ne doit plus être proscrite rigoureusement de toute formule contenant des substances coagulantes ; 'mais si l'on veut obtenir des effets généraux ou diffusés, il y aura souvent avantage à préparer d'avance la solution albumineuse du principe actif avec les précautions exigées pour cette opération déhcate.
Ce pouvoir que possède l'albumine d'invisquer, d'enrober ou d'incarcérer les substances médicamenteuses, de manière à en dissimuler partiellement les propriétés, explique à merveille le contraste entre l'innocuité de quelques-unes ou l'inertie relative de la plupart d'entre elles , aussi longtemps qu'elles parcourent le cerde Vasculaire emprisonnées dans le sérum sanguin , et le développement de leur activité au contact d'organes lubrifiés par des liquides exempts d'albumine. Il nous fait comprendre pourquoi ces mêmes agents, innocents pour la membrane interne des artères et des veines, recouvrent leurs qualités irritantes dans les émonctoires qu'ils traversent; pourquoi la Cantha-
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ridine passe inaperçue dans l'appareil circulatoire et va dans les reins provoquer une violente inflammation.
Une conséquence importante découle naturellement de ces remarques, c'est que les médicaments n'agissent pas sur le reste de l'organisme tant qu'ils sont charriés avec le sang dans le système circulatoire, et que leur activité ne se déploie qu'au moment où, délivrés de l'albumine, ils. s'unissent aux éléments anatomiques du système nerveux et des viscères, ou bien se dissolvent dans une sécrétion presque exempte de principes protéiques, telle que l'urine, la sueur et le liquide céphalo-rachidien.
Les médicaments présentent aussi quelques faits généraux à constater relativement à leurs voies d'élimination. D'abord ils sont rejetés avec d'autant plus de rapidité, qu'ils s'éloignent davantage des principes constituants de l'organisme. Ainsi les sels de potasse, plus hétérogènes dans le sang, y sont moins bien tolérés que ceux de soude; d'où cette conséquence pratique : que si l'on veut exciter la sécrétion urinaire, il faut s'adresser aux sels de potasse, mais qu'il convient d'user des combinaisons sodiques, s'il y a lieu de produire lentement, sans secousse et sans révolte, les effets dits altérants.
Les matières introduites du dehors dans l'économie s'échappent par des issues déterminées à l'avance d'après leurs qualités physiques et chimiques : elles vont rejoindre leurs semblables, ou leurs analogues parmi les'principes normaux de l'économie, et sont éliminées concurremment avec eux. Les sels neutres traversent les reins et les glandes sudoripares; il en est de même d'un grand nombre d'autres composés jouant le rôle d'acides et pouvant se combiner avec les bases. Les substances volatiles s'exhalent par les voies respiratoires, pulmonaires et cutanées. Les corps gras sont éliminés par les reins, le foie, les . glandes sudorales et les follicules sébacés, auxquels j'assimile les
glandes mammaires. ,
Lorsqu'une substance peut se dédoubler en deux composes, 1 un volatil et l'autre salifiable, ceux-ci se séparent pour suivre deux voies d'élimination différentes. C'est ce qui se remarque à l'occasion des produits balsamiques, dont l'essence s'échappe en grande partie avec les gaz de la respiration, tandis que la résine acide, se combinant avec l'alcali du sang, se retrouve dans la sécrétion rénale à l'état de resmate
de soude. ... , . „.
Mais il s'en faut bien que les agents de la matière medica e soient toujours repoussés de l'économie avant d'avoir pénétré dans la trame de nos tissus. J'ai établi ailleurs que plusieurs substances, notam-
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ment l'Arsenic, combinées avec le plasma et se substituant parfois à des éléments normaux, deviennent pour un temps partie intégrante de l'organisme. En ce cas, la portion contenue dans les épithéliums, les poils et les ongles, abandonne le sujet au fur et à mesure que tombent ces éléments caducs.
Ce qui a lieu pour les médicaments altérants pourrait bien se reproduire en partie à l'occasion des modificateurs temporaires, et je considère comme vraisemblable la combinaison ou, si l'on veut, la pénétration momentanée des divers principes actifs de l'Opium, de la Belladone, du Quinquina, etc., dans les parenchymes, spécialement dans le système nerveux. Cette intussusception serait même la condition de la mise en jeu des propriétés du médicament, qui aurait ainsi, de même que l'Arsenic ou le Tartre stibié, le pouvoir d'exciter ou. d'entraver directement les actes organiques du tissu pénétré par lui. A. part les cas où le grand sympathique est atteint d'emblée par la substance active, les troubles du système vaso-moteur, avec l'hypérémie ou l'ischémie consécutive, ne seraient que des phénomènes secondaires.
Si les agents toxiques de la matière médicale vont dans l'intimité des tissus modifier les fonctions de leurs parties élémentaires, il en est d'autres, moins héroïques et plus voisins des aliments, qui favorisent la genèse des éléments histologiques et surtout des globules sanguins. De même que l'albumine est indispensable au développement des utricules végétaux, de même la graisse et la glycose sont le point de départ nécessaire des cellules embryonnaires chez les animaux. Il semble donc que, pour réahser la formation d'un organe ou d'un individu rudimentaire, il faille la réunion de deux matières caractérisant chacune l'un des embranchements de l'empire organique, et constituant, pour ainsi dire, un couple histogénique. Mais l'espèce du sucre, de la matière grasse ou de la substance protéique n'est pas chose indifférente, et, dans mon opinion, le foie est chargé de fabriquer de la graisse en même temps que de la zoamyline pour alimenter la production des hématies et des tissus organiques. En me plaçant à ce point de vue, j'ai été conduit à considérer l'Huile de foie de morue non plus comme un médicament iodique, bromuré et phosphoré, ni simplement comme un aliment respiratoire, mais bien comme la première des substances histogéniques.
La transmutation des forces se réalise dans les êtres vivants, ainsi que je l'ai professé dès 1858, non-seulement entre les forces physiques, mais aussi entre ces dernières et les forces organiques. Depuis