‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 12 sur 293 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

celte (ipofjue, la théorie de la corrélation des forces a trouvé sa confirmalion clans quelques résultats expérimentaux, notamment dans les belles recherches de M. J. Béclard sur la contr'action musculaire. Elle se trouve exposée dans plusieurs travaux remarquables, et M. le professeur Gavarret en a fait l'objet de considérations élevées dans ses leçons de physique biologique. Cette grande idée, entrevue par le génie d'Aristote, perdue pendant une longue suite de siècles et retrouvée de notre temps par des géomètres et des physiciens, puis vulgarisée par les savantes publications de Grove, me semble dès aujourd'hui susceptible de s'appliquer utilement à l'interprétation de certains faits thérapeutiques.

En étudiant le mode d'action des agents réputés antidéperdilcurs , jiai cru reconnaître que la plupart d'entre eux, cédant à leconomie de la force, dont ils sont chargés à la manière d'un fulmmate, ralentissent ainsi le mouvement de dénutrition et la combustion des matières usées que ce travail rend disponibles. Le Café, le The, la Coca, me paraissent capables d'intégrer directement de la force dans e système nerveux, aussi bien que le fait un courant électrique a 1 égard du système musculaire, d'après des expériences qui me sont personnelles. Je propose, en conséquence, d'accorder à ce groupe thérapeutique la dénomination de médicaments dynamophores ou dynamisants. Ces agents ne sauraient tenir lieu des aliments plastiques; ils ne suppléent que momentanément, je ne dis pas les aliments respiratoires, qui sont aussi destinés à la réparation des organes, mais les principes combustibles provenant de la désassimilation, et dont la combinaison avec l'oxygène est la source, à peu près exclusive, de toute chaleur et de toute force dans l'économie animale.

Ces indications suffisent à montrer dans quel esprit je conçois le perfectionnement de la thérapeutique. Cette science d application a pour fondement la physiologie, et pour tributaires la physique la chimie et l'histoire naturelle. Sa véritable méthode ««11^;I^^^ savant illustre et un profond penseur, M. Chevreul, a désignée sous le nom de méthode expérimentale à posteriori.

Engagée désormais dans la voie féconde de l'expérimentation, ^ i s laquelle la main puissante de M. Claude Bernard guide toutes les sciences biologiques, la Thérapeutique actuelle ne «aurait cependant sous peine de s'annihiler, répudier l'héritage du passe. Le. noUon empiriques et rationnelles, laborieusement acquises a travers

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PRÉFACE

siècles par l'observation médicale, resteront longtemps encore ses principales richesses, et le travail de l'avenir consistera moins à découvrir des faits nouveaux qu'à systématiser les faits anciens et à les mettre d'accord avec les lois positives d'une physiologie rigoureusement exacte. Pour ne pas s'exposer à faire fausse route, il faut que la science de demain ne soit qu'une évolution logique de celle d'aujourd'hui.

Fidèle à cette règle de conduite, et ra'avançant dans la direction marquée par les éminents promoteurs de la renaissance thérapeutique en France \ je me suis efforcé d'éclairer la science traditionnelle au flambeau de la physiologie moderne. Heureux, si j'ai pu contribuer au progrès de l'Art de guérir, but suprême des aspirations du médecin, et si le disciple ne s'est pas montré trop indigne de son regretté et vénéré maître, le professeur Armand Trousseau, enlevé récemment à la science dans la plénitude de sa gloire et de son talent !

Paris, 25 décembre 1857.

A. GUBLER.

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