QUINTEFEUILLE
Le vin de Quinquina, préparé selon la formule du Codex, se prend à la dose de 50 à 150 grammes par jour. Bouchardat conseille d'élever la proportion du Quinquina pour obtenir une liqueur fébrifuge. Voici la formule ,:
Quinquina Galisaya, 125 grammes; écorce d'Angusture vraie, 15 grammes; alcool, 5i50 grammes; vin blanc de Bourgogne, acide, 1000 grammes.
De 50 à 100 grammes comme fébrifuge ; de 20 à 30 grammes comme tonique.
Le Vin de quinquina composé renferme de la Camomille et de l'écorce d'Orange; c'est une excellente préparation tonique.
L'Extrait alcoolique de Quinquina est un fébrifuge très-énergique quand il est préparé avec du Galisaya ou avec des écorces riches. Dose, de 30 centigrammes à 4 grammes.
• La Résine de Quinquina, qui contient, outre les alcaloïdes, des matières grasses et colorantes, est dans le même cas.
Le Quinium de Labarraque est un extrait alcoolique de Quinquina à la chaux qui est dosé, et renferme des proportions sensiblement constantes des deux alcaloïdes principaux de l'écorce du Pérou ; 4 grammes 50 centigrammes de cet extrait représentent un gramme de Sulfate de Quinine uni à 50 centigrammes de Sulfate de Cinchonine. On en fait des pilules de 15 centigrammes, et un Vin de Quinium dont on donne de 50 à 100 grammes comme tonique et une dose double comme fébrifuge.
Le Sirop de Quinquina se prescrit k la dose de 30 à 60 grammes par jour. Il en est de même du Sirop de Quinquina au vin de Madère ou de Lunel.
On prépare aussi des tablettes et un èlecluaire de Quinquina. Le Bolus ad quarlanam contient 30 grammes de Quinquina Galisaya ; 1 gramme d'Bmétique, et 100 grammes de Sirop d'absinthe. L'émétique est décomposé par le tannin et n'agit plus comme tel. On prend 6 à 20 grammes de cette préparation dans la journée en plusieurs doses.
Mentionnons encore plusieurs cérats de Quinquina, plusieurs cataplasmes antiseptiques de Quinquina camphrés, uu Uniment antiseptique ayant la même composition et une poutre dentifrice.
Enfin , l'Élher quinique, en inhalations , a été vanté en Italie contre les fièvres intermittentes.
QUiiXTEFEUiLLE, Potentilla rcpians, L. — Rosacées-Dryadées.
Angl. Cinqfoilleaved Grass. — Ail. Fûnffmgerkraut.
La Quinlefeuille étale ses tiges rampantes le long des fossés et des chemms. Sa racine, dont l'écorce est insipide et le cœur fort amer, était usitée dès le temps d'Hippocrate contre les fièvres intermittentes. On l'a conseillée aussi comme astringente dans la diarrhée et la dysenterie, et en gargarisme contre les angines inflammatoires, pultacées, couenneuses et gangréneuses. iiilie peut devenir diurétique comme la Tormentille, etc.
Mi SUBSTANCES T.aÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANMAUX
""i» 8 2"« grammes à rint&ieur. On prend la ,r
ra.>', l'f-" I. rma^e, le fia.™» .„„^.
Angl. 7îadis/i. Ail. Meermig.
^ Le ^azAon n'est pas rare dans l'ouest de la France, dans les lieux hu-
Composition. - La racine, analysée par Gutret, a fourni les principes suivants : huile volât, le âcre, résine amère, extractif sucré, gonime,^amid;n ligneux albumine, acide acétique, acétate et sulfate de chaux
L volatile possède un goût d'abord douceâtre, puis âcre et brûlant avec une odeur excessivement développée de Raifort sauvage. Une seule goutte suffit à infecter une chambre. Légèrement soluble dans l'eau elle se dissout aisément dans l'alcool. Elle contient du soufre et de l'azote, mais pas d oxygène, et se rapproche beaucoup de l'essence de moutarde. Appliquée sur la peau, elle l'enflamme et détermine la vésicafion
Action physiologique. - De même que son huile essentielle, mais avec moms d énergie, le Raifort irrite la peau et peut soulever l'épiderme. Ses émanations odorantes provoquent une abondante sécrétion de larmes. Mâchée, sa racine excite un flux de salive. Son infusion, introduite dans l'estomac, cause une sensation de chaleur et des vomissements. Il en résulte quelquefois, avec de la transpiration, une diurèse copieuse. Au résumé, le Raifort est un stimulant âcre et piquant dont l'action peut se généraUser après absorption.
Usages. — Le Raifort est usité comme condiment. C'est un excellent masticatoire et un rubéfiant énergique qu'on peut substituer à la moutarde. On peut en employer l'infusion pour faire vomir. Son sirop convient à certaines formes d'enrouement. En qualité de stimulant général, de diaphorétique et de diurétique, le Raifort sauvage a été conseillé dans la paralysie le rhumatisme chronique, la goutte, le catarrhe chronique des muqueuses,' et les hydropisies. C'est le plus puissant de nos anliscorbutiques.
Modes d'administration et doses. — La racine de Raifort sauvage se donne râpée à la dose de 2 à 4 grammes. L'eau distillée se prescrivait dans l'affection calculeuse. L'infusion composée, dans laquelle entrent les semences de moutarde, est stimulante, diurétique à la dose de 30 à 60 grammes.
La teinture de Raifort composée, avec de l'écorce d'Orange et de la Muscade, s'associe comme stimulant à des infusions diurétiques à la dose de 4 à 12 grammes.
Le Sirop de Raifort iodé de Dorvault est très-utilement employé chez les
RATANHIA.
sujets strumeux. Fournier l'a perfectionné en y introduisant du suc de Cresson iodé par le parcage, c'est-à-dire en ajoutant de l'iode à l'eau dans laquelle la plante végète. Il obtient de la même manière du Cresson iodo-ferré servant à la fabrication d'un Sirop de Raifort iodo-ferré , et qui présente les deux agents médicamenteux séparément assimilés et non pas réunis à l'état d'iodure de fer. Cette dernière préparation répond à deux indications thérapeutiques souvent réunies. Une cuillerée à soupe contient 8 centigrammes d'iode et de fer.
RAisixXS SECS, Fruits desséchés de la vigne {Vitis vinifera, L.). — Ampélidées.
Angl. Dried Grapes or Raisins. — AU. Getrocknete Trauben.
Les Raisins secs usités en médecine sont de deux sortes : 1» Le Raisin de Corinthe (Uvz Corinthiacx, seu Passulx minores), extrêmement petits,- et exempts de pépins; 2" le Raisin de Malaga {Vvse Malacensse, ou Passulx majores). C'était autrefois le Raisin de Damas ou de Smyrne qui portait cette dernière dénomination.
Composition. — D'après Bérard, le jus de Raisin mûr contient : matière odorante, sucre, gomme, matière glutineuse, acide malique, malade de chaux, bitartrate de potasse et surtartrate de chaux.
Par la dessiccation, le Raisin perd, en même temps que son eau, une proportion assez considérable de son acide libre., et gagne du sucre.
Action physiologique et usages. — Les Raisin? sont un aliment respi- ■ ratoire d'un caractère rafraîchissant, qui, pris en quantité trop forte, peut amener de la flatulence et des désordres des organes digestifs. Frais, gorgés de suc et plus fortement acides, ils sont tempérants, antiphlogistiques, et alcalisent les urines, par suite de la transformation de leurs sels alcalins en carbonates des mêmes bases. Secs, plus sucrés et moins acides, ils se comportent un peu différemment, mais restent adoucissants. Avec les Figues, les Dattes et les Jujubes, ils constituent les Quatre fruits pectoraux. On en donne la décoction dans les rhumes, le catarrhe, les ardeurs de poitrine et d'entrailles qui accompagnent la grippe et suivent les refroidissements. Ils entrent dans la plupart des préparations pectorales et béchiques : pâtes^ Sirops, etc.
On les retrouve aussi dans les formules de la Décoction d'Orge composée, de la Décoction de Gayac, de la Teinture de Cardamome composée, de la Teinture de Séné et de la Teinture de Quassia composée.
RAism.D'ouRS. — Voy. Busserole.
BA.TAî\HiA, Krameria Triandra, R. et P. — Polygalacées.
Angl. Rhatany. — AU. Peruvianische Ratanhiawurzel. ^ Le Krameria triandra habite la région des Quinquinas, dans les cordillères des Andes du Pérou et de la Bolivie, et fournit la Ratanhia péruvienne
334 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU ANIMAUX, ou de Payla qui est la plus répandue. Mais il existe deux autres sortes de Rataulua : 1 une dite Savanilla, ou de la Nouvelle-Grenade, qu'on ne sait pas encore rapporter à son espèce botanique ; l'autre des Antilles, provenant du M'amena Ixine.
Composition. - La racine de Ratanhia (Trousseau a Pidoux écrivent Ratama), renferme, selon Peschier, 42 pour 100 de tannin, un peu d'acide gallique, de la gomme, de l'exlractif, de la matière colorante et de l'acide kramérique.^L'acide tannique de cette racine précipite en gris brun les persels de fer. L'acide kramérique, encore mal défini, jouit également de propriétés styptiques (Peschier). A ces principes, Gotton ajoute une substance volatile odorante et un sucre particulier à la faveur duquel se dissout le rouge extractif qui provient d'un dédoublement incomplet du tannin.
Action physiologique. — Les vertus de la Ratanhia résident dans son tannin et son acide gallique, et peut-être un peu dans l'acide kramérique. C'est un amer astringent, produisant à un degré intense tous les effets des agents de cette classe (voy. Tannin, etc.) .
Usages. — La Ratanhia était d'abord employée par les dames péruviennes pour affermir les gencives et, dit-on, pour se blanchir les dents. On la recommande encore en collutoire ou en gargarisme contre la gingivite scorbutique ou la simple tuméfaction des gencives, ainsi que contre le relâchement de la luette et l'angine inflammatoire légère. Mais ce n'est là qu'un cas particulier d'un usage plus général dans toutes les affections caractérisées par l'atonie des capillaires ou des tissus contractiles et par la débilité locale ou générale. On prescrit la Ratanhia dans les cachexies, les hydropisies passives, les hémorrhagies de même nature, les flux muqueux ou purulents.
Mgdes d'administration et doses. — On emploie rarement la poudre à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes, plus souvent l'infusion, et surtout l'extrait aqueux, dont la meilleure sorte est l'extrait Granml, le seul qui soit entièrement soluble et pouvant s'incorporer en totalité dans une potion. I
L'infusion se prépare avec 10 ou 20 et même 30 grammes de racine pour 1000 grammes, 500 grammes au moins, d'eau bouillante. On en prend de 30 à 60 grammes à la fois, ou bien on s'en sert pour l'usage externe. On la préfère à la décoction parce que, dans celle-ci, le tannin passe en grande partie à l'élat insoluble. Cependant la décoction a été recommandée en collyre dans les kératites chroniques.
L'extrait se donne en pilules ou en potion, à la dose habituelle de 2 à 4 grammes. Trousseau et Bretonneau en prescrivent 1 gramme seulement, dans un quart de lavement, contre la fissure anale.
La teinture alcoolique de Ratanhia, inusitée chez nous, se donne à la dose de 5 à 20 grammes.
Le sirop de Ratanhia, qui contient 1 gramme d'extrait pour 40 grammes, est conseillé aux personnes affaiblies par des hémorrhagies répétées ou
RÉGLISSE. 335 par une diarrhée chronique, qui doivent faire un usage prolongé du médicament.
RÉGLISSE, Glycyrrhiza glabra, L. - Légumineuses-Papilionacées.
Angl. Liquorice. - AU. Siissholz, Lakritzenholz
Le Glycyrrhiza glabra appartient au midi de la France et de 1 Europe.
Composition. — La racine de Réglisse contient, d'après Robiquet : glycvrrhizine, amidon, asparagine, huile résineuse, albumine, fibre ligneuse sels (phosphates et malates de chaux et de manganèse). La Glycyrrhizinè ou sucre de Réglisse, est incristallisable, soluble dans l'eau et l'alcool. Elle se combine avec les bases, et les sels et les acides la précipitent de ses dissolutions. L'huile résineuse donne à la racine le léger degré d'âcreté
qu'elle possède. ,
Action PHYSIOLOGIQUE. — La racine de Réglisse est plutôt un aliment respiratoire ou un condiment sucré qu'un véritable médicament ; mais elle a sur le sucre de canne et sur les autres matières sucrées un avantage trop peu apprécié : c'est de ne pas se métamorphoser sous l'influence des ferments qui pullulent dans les premières voies chez la plupart des fébricitants et des malades. Tandis que les spores à'Oïdiam albicans, presque toujours présentes dans le cours des maladies tant soit peu graves et prolongées (Gubler), transforment instantanément les boissons sucrées en matières acides bu acres et désagréables, elles respectent au contraire la Glycyrrhizine, ce qui épargne aux patients une souffrance réellement fort pénible, ainsi que les inconvénients attachés au mauvais état de la bouche et des premières voies, c'est-à-dire l'inappétence, la dyspepsie et l'insuffisance de la réparation organique.
Usages. — Aussi ne saurais-je trop recommander, lorsque cette fâcheuse disposition de la bouche rend intolérables les boissons sacrées, de recourir à la Réglisse comme substance édulcorante. Au reste, c'est un moyen populaire, et la Réglisse fait partie de la Tisane commune des hôpitaux de Paris. C'est aussi la base de cette boisson qui se vend dans les rues de la capitale et ailleurs sous le nom de Coco.
Modes d'administration et doses. — La racine de Réglisse, ratissée pour la débarrasser, autant que possible, de son amertume, se donne en infusion, ordinairement associée à d'autres substances médicamenteuses, particulièrement au Chiendent, On en fait un extrait sec d'une couleur sombre, d'une saveur douce et sucrée, très-agréable, qu'on laisse fondre dans la bouche, et qui sert à la maintenir humide en faisant affluer continuellement la salive. Telle est son utilité réelle dans les angines, les rhumes ou la grippe.
On en prépare une pâle molle et des tablettes oa losanges, qu'on aromatise de différentes laçons. Généralement les malades les préfèrent à tous les autres bonbons, parce qu'ils ne laissent pas d'arrière-goût aigre et désagréable, comme font les sucreries.
336 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX. REUVE-nES-PRÙS. — Voy. Ulmaire.
RùsiiviK cuiiiMui\iE. — Voy, Poix-Résine.
RÉSINE .1A11I\E. — Voy. PoiX-RÉSINE.
RËSirvE LAQUE. — Voy. Laque.
RHAPOniTic, Rheum Rhaponticum, L. — Polygonacées.
Angl. Pontic Rhubarb. — Ail. Poniischer Rhabarber.
Cette espèce croît en Thrace et sur les bords du Pont-Euxin, d'où lui vient son nom. On la cultive en France pour sa racine médicinale; en Angleterre, pour ses pétioles et nervures de feuilles qu'on mange en confitures, en tartes et en poudingues. Les Cosaques en mangent aussi les pousses et les feuilles, qui sont acides, pour combattre le scorbut.
Les racines ofirent une saveur amère, mucilagineuse et un peu astringente, avec l'odeur affaililie de celles de la Rhubarbe, dont elles se distinguent chimiquement par la présence d'un principe particulier, la Rhaponticine. C'est un laxatif plus doux que la Rhubarbe elle-même, et de propriétés toniques plus prononcées. Il convient particulièrement aux sujets débilités et dont les entrailles, fatiguées par une diarrhée prolongée, demeurent irritables.
Le Rhapontic, fort peu usité maintenant, entrait dans la Thériaque. Il sert à falsifier la Rhubarbe.
RHURARRE DE LA cuiiN'E, Rheum palmatum^ L. — Polygonacées. Angl. China Rhubarb. — Ail. Chinesiche Rhabarber. Le Rheuvi palmatum est spontané dans l'empire mogol et sur les confins de la Chine.
Composition. — Ses racines, d'après les analyses de Pfaff, Henry, Gaventou, Brandes, Schlossberger, Dôpping et d'un grand nombre d'autres chimistes contiennent : matière jaune cristalline, granuleuse, résine, acides tannique et gallique, extractif amer, sucre incristallisable, amidon, pectine, malate et surtout oxalate de chaux, sulfate ds potasse, chlorure de potassium, phosphate de chaux, oxyde de fer et quelques autres substances. Il faut y ajouter une matière odorante, sinon une huile volatile (Pereira), dont l'odeur peut être imitée par un mélange d'acide nitrique, d'aloès et de chlorure de fer (Zenneck).
La matière jaune cristalline de Henry, ou acide chrysophanique (G*"I1'0'), est appelée aussi acide rhabarbarique, rhêine, etc. Elle est inodore, insipide, volatile, passablement soluble dans l'alcool, mais non dans l'eau ni dans l'éther. L'acide chrysophanique est légèrement purgatif.
La résine se décompose en trois espèces, que Schlossberger a nommées aporétine^ phéorétine et énjthrorètinc. Tagliobo lui a reconnu des propriétés