RUE
aUE, Ruta graveolens, L. Rutacées.
Angl, Common or garclen Me. — AU. Raute.
La Rue, spontanée en France et dans le sud de l'Europe, est cultivée dans nos jardins.
Composition. — L'analyse de Mahl donne les résultats suivants : huUe volatile, extractif amer, chlorophylle, matière végéto-animale particulière acide malique, gomme, albumine, amidon et ligneux.
U huile volatile G^H^O^ (Cahours et Gerhardl), d'un jaune pâle, possède un goût amer-âcre. Elle est un peu plus soluble dans l'eau que les autres essences, c'est le principe actif de la plante.
L'extractif très -amer est insoluble dans l'alcool et l'éther. Il exerce également une action stimulante qui peut être poussée jusqu'à l'inflammation.
Action physiologique. — L'odeur de la Rue est forte et désagréable, son goût amer et nauséeux. Localement, la Rue agit à la manière d'un irritant âcre, produisant la rougeur, le gonflement de la peau et à la longue la vésication.
Les efi-ets généraux sont ceux des stimulants et des narcotico-âcres tout ensemble. Dans trois cas d'empoisonnement, publiés par Hélie, les suiets ressentirent les effets suivants : inflammation et gonflement de la langue, salivation, douleur épigastrique, vomissements continuels, coliques, fièvre' soit démarche chancelante, mouvements convulsifs, élourdissemenl, vue contuse, contraction pupillaire, rêvasserie, somnolence, et après quelques ]ours avortement. Pendant la stupeur le pouls était faible, très-pelit et d une extrême lenteur, puisque dans un cas il ne battait que trente fois par minute. Il y avait une profonde débilité, des défaillances, du refroidissement ue la peau.
Les expériences d'Orfila sur les chiens confirment ces vertus énergiques de la Rue. La mort de l'un deux a suivi l'introduction dans l'estomac de enflamméT'' ^"l'^^'^se gastrique fut trouvée
Substances synergiques, auxiliaires. - Les huiles essentielles sont en rannorts'îri-^^"r ? ^'"^^^ ^"^^^''^^ stimulantes. Sous d'autres
même aJieltT 7 x ^'"^ ^'^^^«t. Beau pense
eTo7en to r'^T'' ''''''' convulsivante sur l'utérus,
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eatalkél'l^''T°'''''''' " ^'Opium et la Belladone,
Uslt s mT antagonistes de la Rue.
même et de7vfrf "^7'""'' activité, ou plutôt à cause de cette activité fort re treims E iT " °" "^^^ ^^nt
sion des LTefco 1 i'i' f 'T-^'' dysménorrhée ou de suppres-
egles contre lesquels elle jouit d'une réputation populaire, et sou-
348 SUBSTANCES TIRÉES DES Vl^îG^TAUX OU DES ANIMAUX.
vent elle devient entre les mains des matrones et des médicastres un instrument d'avortement illicite.
Cependant ses qualités stimulantes sont quelquefois utilisées dans les coliques flatulentes, particulièrement chez les enfants. On l'a employée aussi avec avantage dans les convulsions infantiles, l'hystérie et l'épilepsie. On l'a prescrite comme anlhelminlhique et on l'a mangée comme condiment. Enfin, elle a été regardée comme un alexitère d'une puissance souveraine.
Topiquement, la Rue est un antiseptique, un rubéfiant employé pour stimuler et résoudre les engorgements froids et les contusions.
Modes d'administration et doses. —En raison de la volatilisation de son principe actif, la poudre de feuilles de Rue est une préparation défectueuse qu'on employait autrefois pour déterger les ulcères de mauvaise nature. Beau conseillait des pilules de Rue et de Sabine, contenant chacune 5 centigrammes de poudre de l'une et de l'autre substance. On emploie la Rue en infusion, à la dose de 2 grammes dans 500 grammes d'eau quand il s'agit de l'usage interne. La dose est de 5 grammes pour la même quantité d'eau pour un lavenient excitant.
On fait aussi un sirop et une confection de Rue, dans laquelle entrent un grand nombre de stimulants, ainsi qu'un onguent ou pommade, dans laquelle la Riie se trouve associée à l'Absinthe et k la Menthe.
L'huile volatile de Riie, très-active, se prend à la dose de 2 à 6 gouttes dans de l'eau sucrée.
8ABIKE, Juniperus Satina, L. — Conifères. Angl. CommonSavin. — k\\. Sadebaum.
Le Juniperus Sabina habite les contrées méridionales de la France et de l'Europe, surtout en Ralie, au pays des Sabins.
Composition. — Les analyses de Berlisky et de Gardes montrent dans la Sabine les principes suivants : huile volatile, résine, acide gallique, chlorophylle, extractif, ligneux et sels calcaires.
L'huile volatile, C'^H" (Dumas), présente exaltée l'odeur désagréable de la plante avec un goût acre et amer. Elle se dissout très-bien dans l'éther, dévie à droite la lumière polarisée, et, traitée par l'acide sulfurique, donne une essence impossible à distinguer de celle du Thym.
Action physiologique. — Appliquée sur des parties vasculaires et mal protégées par l'épithélium, sur les muqueuses saines et même sur la peau, la poudre de Sabine provoque une irritation vive, une inflammation véritable la vésicalion et jusqu'à l'ulcération. Quand son huile volatile imprègne les tissus elle y suspend les échanges de substances qui sont l'essence de la nutrition et sui)prime les actes vitaux sans détruire la trame orgamque. C'est un mortifiant et non un caustique chimique.