‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 117 sur 293 · SABINE · texte numérisé non relu

SABINE

A l'intérieur, elle fait sentir ses qualités irritantes sur la muqueuse digestive. De fortes doses occasionnent des douleurs épigastriques des vomissements, des déjections alvines et tous les signes d'une violente phlegmasie gastro-intestinale avec les troubles sympathiques que cette lésion appelle à sa suite. Prise en moindre quantité, la Sabine est mieux tolérée. En tout cas ses principes actifs sont absorbés, et portent, de toutes parts leur action stimulante ou irritante, suivant la dose. Il en résulte de la fièvre de la salivation, de la cholirrhée, de la fréquence d'urine, de l'hématurie et quelquefois de la métrorrhagie. On a vu la vie s'éteindre au milieu de ces désordres, et l'autopsie a permis de constater les signes d'une violente inflammation du canal alimentaire, et une fois la rupture de la vésicule du liel qui avait laissé épancher son contenu dans la cavité péritonéale. Le foie a ^té trouvé volumineux.

La Sabine exerce principalement son action irritante ou stimulante sur le tuLe digestif, qui la reçoit d'abord, et sur les reins, chargés en grande partie de son élimination. Ses autres effets sont secondaires dans l'ordre d'importance comme dans l'enchaînement sériai. L'action eraménagogue démontrée par Home et d'autres observateurs, paraît être attachée à Hmpression que fait au passage l'huile volatile sur les surfaces internes des organes uro-poiétiques étroitement liés à l'appareil génital. Quant aux vertus aborlives de la Sabine, elles n'ont rien de direct ni de constant, et le fœtus n'est souvent expulsé qu'au milieu d'accidents terribles qui mettent la vie de la femme en péril. Encore, des doses considérables et longtemps répétées sout-elles parfois demeurées sans résultats. Fodéré parle d'une femme qui pour se faire avorter, prit chaque matin, pendant vingt jours, une centaine de. gouttes d'huile volatile de Sabine, et qui accoucha à terme d'un enfant vivant Substances synergiques, auxiliaires. — Les huiles volatiles les térébenthines et les corps qui en renferment, jouissent de propriétés physiologiques plus ou moins analogues à celles de la Sabine. Dans son action locale elle peut être aidée par les toniques, les substances rubéfiantes, vésicantes ou légèrement cathérétiques. Gomme abortive, la Sabine trouverait des auxiliaires dans les drastiques, le séné et les convulsivants de l'utérus.

Substances antagonistes. — Antidotes, contre-poisons. — Nous ne voyons point à la Sabme d'antagonistes dynamiques bien caractérisés. Mais les émollients, les mucilagineux, les astringents, peuvent en atténuer l'action locale. Les opiacés, les narcotiques et les stupéfiants peuvent calmer 1 irritation qu'elle a fait naître.

Usages. - Modes d'administration et doses. - La poudre ou le suc exprim de la plante sert à faire tomber les verrues, à ranimer les ulcères

comn^X' ' r^''''' ''^Sne. Une poudre

ZZZ ' '7 vert-de-gris est considérée, par

rïr"'' P^"^ '^^'"^'^ P«"^ réprimer les vé-

fest^r. ^ ''ï''''- 1« Cérat de Sabine sort à entretenir ies \ésicatoires (perpétuai blislers).

A l'intérienr, la Sabine a été conseillée dans le rhumatisme chronique, l'hystérie et surtout dans l'aménorrhée torpide des chloroliques. L'expérience semble favorable à l'opinion de ceux qui croient que c'est le plus puissant et le plus certain de tous les emménagogues. Administrée avec ménagement, la Sabine est exempte d'inconvénients sérieux ; cependant on doit éviter d'y recourir toutes les fois qu'il existe une inflammation de l'utérus et des viscères pelviens, ou bien quand on a lieu'de soupçonner une grossesse.

La poudre se donne à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes par jour en plusieurs prises ; c'est une mauvaise préparation, parce qu'elle est privée, par la dessiccation, d'une grande partie de son huile essentielle.

La décoction et l'extrait sont passibles des mêmes objections. L'infusion se fait avec 1 à 5 grammes de plante pour un litre d'eau. La teinture alcoolique se donne en potion à la dose de 4 grammes. L'huile essentielle, qui est avec l'inlusion de plante fraîche la meilleure préparation, se prend à la dose de 2 à 10 gouttes.

SAFRAN, Crocus officinalis, L. — Iridées. Angl. Saffron, Saffron Crocus. — AU. Saffran.

Le Crocus officinalis est une plante de l'Asie Mineure, importée an temps des Croisades et abondamment cultivée en France, dans le Gâtmais et en

Espagne. . j, v i

Composition. — Les stigmates de Safran contiennent, d après les analyses de Vogel, Bouillon-Lagrange et Aschoff : huile volatile, cire, polychroïle, gomme, albumine soluble, fibre ligneuse et matière balsamique soluble dans l'éther et l'alcool.

L'huile volatile, d'où dépendent sans doute les propriétés du batran, est d'un goût brûlant, âcre, un peu amer; elle est légèrement soluble dans l'eau.

Action physiologique et usages. - Le Safran est un stimulant aromatique, d'une odeur et d'une saveur spéciales et très-prononcees. Ses émanations respirées en grande abondance causent la céphalalgie, la prostration des forces, et parfois un état en apparence voisin de l'apoplexie, pouvant être suivi de mort. On reconnaît dans ces symptômes une analogie d action avec les arômes des fleurs en général, et avec les anésthcsiques.

Pris à l'intérieur, il agit comme excitant, cordial, stimulant diffusible, et même, ajoute-t-on, comme narcotique. Murray prétend que le Safran équivaut k l'opium et au vin réunis.

La matière colorante du Safran (polychroïte) teint en jaune les matières fécales, et après absorption, les urines et les sécrétions diverses, mais non

pas les os. . -,

On emploie le Safran comme condiment et comme médicament. A ce oernier titre il est usité pour ses vertus exhilarantes, antispasmodiques, sédatives et surtout emménagogues, dans l'hypochondrie et la mélancolie; dans l'hvstérie l'asthme et même la coqueluche; enfin dans la suppression des lochies ou des règles, quand l'économie pèche par défaut d'excitation.

Page 1