‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 118 sur 293 · SAGOU · texte numérisé non relu

SAGOU

Modes d'administration et doses. - Le Safran se donne en poudre ou pilules, à la dose de 20 à 50 centigrammes comme stomachique ou de

50 centigrammes à 2 grammes, comme emménagogue. Vulgairement on le

prend en infusion théiforme, en quantité plus considérable. La tei7iture et Valcoolat sont des stomachiques agréables qui se prennent à

la dose de 5 à 10 grammes. On prépare aussi un extrait psu usité et un

Sirop de Safran.

L'Électuaire de Safran composé, ou Confection d'Hyacinthes est une préparation qui renferme des absorbants ; terre sigillée et pierres d'écrevisse, associés à des stimulants aromatiques : Cannelle, Dictame Santal citrm, xMyrrbe et Safran. On en a supprimé les Hyacinthes, quï étaient inertes La dose est de 2 à 5 grammes dans les dyspepsies acescentes atoniques. Le Safran entre dans la Thériaque, le Miîhridate, le Laudanum de Sydenham, etc.

SAGAPÉMUffl. Gomme-résine du Ferula persica, Willd. — Ombelli fères-Peucédanées.

Angi. Sagapenum. — Ail. Sagapen Gummi.

Le Ferula persica croît en Perse, en Médie et en Arabie Composition. - Le Sagapénum, analysé par Pelletier, a donné les résul-

^IZ'^^'V ''r'^^'^"^''.^^^' i^assorine, malate de chaux et

matière particulière indéterminée.

L'huile volatile sulfurée possède une odeur alliacée forte et une saveur amère, chaude et alliacée.

en^L'7"' r?'°'i''^' ^'^^ ^'^^"^ dissout tout

Paute iiuf ' "^^^ ^'-^

Action physiologique et usages. - Le Sagapénum agit comme les autres gommes-résmes fétides des Ombellifères, et sert aux mêmlusais berapeutiques. Sa puissance paraît intermédiaiie entre le Galbanum e t l'I a fœtida (voy. ces mots). On le donne en substance pulvérisée ou sTu f rte pUula^re, à la dose de 25 centig. à 2 ou 4 grammes, comme stomachT^

diBusible, dans les affections soporeuses, l'hystérie et autres névroses.

Angl. Sago. — AU. Sago.

né^Vsm^' dont les stipes fournissent le Sagou habitent Sumatra, Bornéo les Moluques, les Philippines et les îles de l'archipel indien

ià^lT 'J"^ ^^^'^ "'^'^«^^ leconsidérir comme

un aurnun composition élémentaire, et comme

à l'arrow rn "T'^''''' équivalant à la fécule de pomme de terre, au nz,

Le commerce fournit deux espèces de Sagou : le pulvérulent et le granulé. Ce dernier n'est qu'imparfaitement soluble dans l'eau bouillante. Le Sagou pulvérulent est donc préférable comme aliment léger, de facile digestion, k donner aux valétudinaires et aux convalescents.

SAIIMBOIS. — Voy. Garou.

SALEP. Tubercules des Orchis mascula, L., Orchis Morio, L., et autres. — Orchidées.

Augl. Oriental Salep. — Ail. Salep.

Le Salep se récolte ordinairement en Perse, bien que les espèces botaniques qui le fournissent soient abondantes dans nos contrées.

Composition. — Les tubercules frais de ces Orchis contiennent un principe odorant particulier qui se dissipe par la dessiccation, de l'amidon, une matière mucilagineuse, une petite quantité d'extractif amer, du ligneux, des sels et de l'eau.

Le Salep a les qualités nutritives des autres substances amylacées. C'est un aliment léger, facile à digérer, émoUient et adoucissant. On prépare une Tisane de décoction de Salep, avec 3 grammes de Salep pulvérulent dans ,300 grammes d'eau.

SALSEPAREILLE DU MEXiftiiE, Sniilax medica, Schlecht., et salsepareille DE HONDURAS, Smilax Sarsaparilla, L. — Aspara-

GINÉES.

Angl. Sarsaparilla, or Sarza. — AU. Sarsaparille.

Le Smilax medica habite les pentes orientales des Andes du Mexique, et nous vient par la Vera-Cruz. Le Smilax Sarsaparilla, expédié de la J amaïque, croît naturellement dans la presqu'île de Honduras, d'oîi lui vient son nom commercial. Il existe en droguerie beaucoup d'autres sortes de Salsepareilles provenant des différents États de l'Amérique du Sud, mais qui, plus difficiles à se procurer pures ou moins efficaces, ont été exclues du Codex. Mentionnons la Salsepareille rouge de la Jamaïque, celle du Brésil dite aussi de Portugal et la Salsepareille d'Europe {Smilax aspera) qui croît dans le midi de la France.

Pereira divise les Salsepareilles en deux groupes, selon qu'elles sont pourvues ou exemptes d'amidon, distinction utile en pratique, puisque les deux espèces officinales appartiennent précisément à la seconde catégorie, dans laquelle on remarque des racines plus menues et plus riches eu principes actifs, la surcharge amylacée se faisant sans doute aux dépens de ceux-ci, ou du moins diminuant nécessairement la proportion de ces principes relativement'à la masse. Les Anglais étaient donc bien inspirés quand ils préféraient les Salsepareilles minces aux Salsepareilles gonflées d'amidon, et les savants auteurs du nouveau Codex ont eu raison de suivre leur exemple.

Composition. — On peut tirer des analyses de Cannobio, Pfaff, Palotta,

SALSEPAREILLE DE HONDURAS. 353 Batka et Thuheuf, la composition suivante : principe cristallin, résine, huile volatile, matière colorante, gomme, bassorine, amidon, albumine ce lulose, huile grasse aromatique, acide acétique, nitrate de potassium' calcium et magnésium, carbonate de chaux, oxyde de fer et alumine Le principe cristallisé, découvert par Palotta, et dénommé par lui Pariqline ouPanlUm, a été désigné plus tard sous les noms de Smilacine fFolchi) et de Salseparine (Thuheuf), et considéré par Balka comme un acide (acide Pariilinique). Poggiale a démontré l'identité de ces divers principes immé-

La Smilacine, Cm^O' (Poggiale), est une substance inodore quoiaue volatile, insipide, légèrement soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau chaude ; soluble dans l'alcool, l'éther et les huiles. Elle se dissout dans les acides minéraux, sans pour cela se combiner de manière à former des sels, et présente quelque analogie avec la Saponine.

D'après Gullerier, la Smilacine, bien supportée à la dose de 30 centigrammes a pu produire, à celle de 50 centigrammes environ, de la pesanteur d estomac et des nausées. Les symptômes morbides ont paru amendés à la suite de son emploi, et dans un cas la guérison a pu lui être attribuée Palotta constate que la Parigline agit comme débilitant, apaise la circulaetTa' dkphorèr <^«^«t"'=tion de l'œsophage, et excite la nausée

Action physiologique. - Les effets physiologiques de la Salsepareille ont été mal étudiés, et l'on n'a pas assez tenu compte de la nature des méd caments qui lui ont été presque toujours associés, et des qualités du liquide' qui ui servait de véhicule. Ce qui resso.t le plus nettement de i'obser Sn des faits, Ces. le pouvoir que possède cette racine, à dose forte, de prod^^e des nausées, des vomissements, la prostration des forces, l'engourdissement la répugnance pour tout mouvement, et le dégoût de toute nourri^u e La ittWu^'"^^^^ --^^--e -tachant'à

Prise en petite quantité, mais répétée journellement, la SalsenareiUe agirai 'une tout autre façon. Elle excite, dit-on, l'appét t et ll Zel^," accroît la force et le volume des muscles, et rétablit dans un rneSZl de santé ceux qui souffrent d'éruptions, d'ulcérations, de douleurs rhuma ismales. Aussi a-t-on l'habitude de considérer cette ^cine comme un aUe rant ou un depurauf du sang. Il est permis de supposer aue c^. , ^! l sont obtenuspar l'intermédiaire des e^ets produits directempnt ''\^'''^'^[' digestif et sympathiquement sur le reste du yst^r^Cu^ ^7 .'^'"'^ métiques jouissent, à faible dose, de la pro/rÎé rde pr v it Te lions gaslro-mtestinales et celles des glandes anne.P. T^ f. d'accélérer le cycle fonctionnel, de renTv 1er pl a^^^^^^^^^^^ sanguine et les tismi>! Pt n„ ^, i j. 1 ^ ^ipiuement Ja masse

fébrile, d'ameL la llo. et T'étab if " ^'^^"^ P^^^^e ou révulsion favorable à la tuéri'.nn / ï "^^^^^^^^ ^igeslive une

OuBLKK. édUio ' ^ Tel est, à mon

Sbk SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

avis, le rôle do la Salsepareille dans la cura lion des maladies diathésiques ou oonslitutionntUes, contre lesquelles on l'a préconisée.

Usages. — Loin de nier les vertus thérapeutiques de la Salsepareille, je les accepte, à la condition de les interpréter physiologiquement. Si la Salsepareille est anliarlhritique, antidarlreuse et anlisyphilitique, c*€st par le mécanisme indiqué ci-dessus, et non par une action spécilique, plus ou moins mystérieuse, sur une ou plusieurs entités morbides, inconnues dans leur essence. D'autres altérants ont une manière d'agir toute différente.

Quoi qu'il en soit, la Salsepareille a rendu des services, principalement dans les maladies syphilitiques invétérées, dans les maladies de peau rebelles, dans le rhumatisme chronique, et dans certains états cachectiques, indépendants de ces trois diathèses, et se rattachant en partie à la scrofule. Le plus souvent elle n'a pris qu'une part secondaire k la curation : le mercure ou l'iodure de potassium, l'arsenic ou le soufre, les anodyns ou les bains de vapeur, l'huile de foie de Morue, ou les toniques et les reconstituants, ont presque tout fait.

D'ailleurs^ l'action spéciale de la Salsepareille doit être favorisée par des ■ moyens adjuvants, tels que les purgatifs et les sudorifiques, qui lui sont ordinairement associés.

Modes d'administration et doses. — La racine des Smilax se donne en substance, ou sous forme à'infusion, de décoction, de vin, de teinture,

à'extrail et de sirop.

La poudre est inusitée. La tisane se fait avec la décoction de 64 grammes de racine dans 1000 grammes d'eau. C'est une mauvaise préparation puisqu'elle a perdu par évaporation deux principes actifs, l'huile essentielle et la Salsepareille. E. Derlon recommande justement l'infusion, suivie de macération prolongée, qui possède un arôme et une saveur bien autrement -j intenses- que dans la décoction. La tei^iture alcoolique et le vm de baise- .j pareille qui constituent de bons médicaments sont rarement prescrits en <\

France. . .1

Vexlrait alcoolique serait peut-être la meilleure préparation après la

teinture On prépare aussi un extrait aqueux solide; mai?, en Angleterre,

on réunit les deux menstrues, eau et alcool, pour obtenir de 80 parties de

racine une partie d'extrait fluide d'un usage commode.

Le sirop est fréquemment usité pour édolcorer des tisanes dépuratives. La Salsepareille est souvent unie aux trois autres espèces sudorifiques : le Travac le Sassafras, et la Squine, dans ia décoction sudorifique et le bochet simvll de l'Hôtel-Dieu de Lyon (Pétrequin). La Tisane de Feltz est préparée avec : Salsepareille. 60 grammes; colle de poisson, 10 grammes; sulftire d'antimoine impur, 80 grammes, et eau, 2000 grammes. Le sulfure danlixnoine cède une petite proportion de sulfure d'arsenic et d acide arsenieux auxquels celte décoction composée doit ses principales vertns. ^^yer a pro p!sé de remplacer le sulfure d'antimoine par 1 ou 2 mdbgrammes d acide arsénieux. A prendre par verrées : un litre par jour.

SANGSUE MÉDICINALE. 355 La Décoction de Zitlmann renferme, outre ]a Salsepareille de l'alun du kmo, du mercure doux, du cinabre, des feuilles de Séné et du Fenouil '

Le Sirop de Salsepareille composé, sirop sudorifique ou sirop de GuisiniPr est une préparation défectueuse qui renferme de la Bourrache des Roses pales, du Séné et de l'Anis. '

SAlVDARAQLîE. Résine du Thuia arliculata, Desf. — Conifères Angl. Gum Juniper, Juniper rosm. - Ail. Sandarach, Wachholderhar- La Sandaraque àécouh spontanément, pendant la chaleur dès tronn^ A Thuia articulata qui croît en Algérie. '

Cette résine, qui sert à faire des vernis, est, comme les substances arom. tiques du même genre, stomachique, stimulante et astringente. Elle mgmZT^ la diurèse, parce qu'elle est sécrétée par les reins, après avoir parcouru a Z^!':;^ '''' "^^^^ diarrhée, les hémor-

SA.>iG-DKAGor«. Résine du Cakmus Draco, Wild. - Palmacées

Angl. Dragon's blood. - Ail. Drachenblut. -^almacées.

Le Calamus Draco est un Palmier de l'archipel indien, dont le fruit donne la résine communément appelée Sang-dragon ou Sandragon

On donne aussi ce nom à des produits du Dracœna Draco fLiliacées) et des Pterocarpus Draco et P. indiens (Légumineuses). ' ^

Composition.- Le 5an^?-dra^on contient, d'après Herber^er les nrin

Au reste, l'expérience populaire, confirmée par Lllelf ^^''ï^'' que cette sui^stance résineuse possède de vels 1 ""'^'T' 'P''"'^ rément, que ne les montrait l'LthouLsl uT^T;:^^ observateurs, mais pourtant réelles et utiles.

De même que les autres balsamiques le San^ Hra^.r, » serrer les tissus, diminuer les flux muqi^^ure;^^^^^^^^ présence de l'acide ben^oïque lui donnerït ' LZTT\ f'""''''' -peu la proportion d'acide uriqriTl^^^^^^

catarrhes des voies urinaires , la leucorrhée 1^ onseq.ent, dans les diathèse lithiaue Le SaT,^ ^.1 , etc. , et peut-être dans la

serand. ^ Sang-dragon entre dans l'Eau hémostatique de Tis-

JA^GS.K «KD,c.^A,.E, Hirudo medicinaUs, L. - Annélioes-Hib.- Angl. Lcach, blood sncking Leach. - Al\. Blutegel.

Moquin-Tandon décrit onze espèces de Sangsues, dont deux sont principalement employées. La première est VHirudo provincialis , Car,, ainsi nommée parce qu'elle est commune en Provence. La seconde est VHirudo medicinalis, Ray, L., qui se rencontre dans les ruisseaux et les étangs des contrées plus septentrionales de la France et de l'Europe. Celle-là s'appsUe aussi Sangsue verle, et celle-ci Sangsue grise. La Sangsue grise est la seule dont le Codex fasse mention ; c'est aussi l'espèce la plus commune dans le commerce. Au reste, il se pourrait que l'autre n'en fût qu'une simple

variété. ' j i u-

L'Angleterre reçoit d'Australie deux bonnes espèces de sangsues, les Hi-

rudo trislriala et H. quinqueslriata. La bouche de la Sangsue est armée de trois mandibules cornées, denticulées et tranchantes, qui font dans la peau une triple entaille rayonnée. La succion s'exerce ensuite par un mécanisme de ventouse, et l'Annélide ne se détache, en général, que lorsqu'il est gorgé de sang.

Il importe de savoir la quantité de Sang dont peut se charger ainsi une Sangsue. Alph. Sanson a fait là-dessus quelques expériences, d'où l'on peut conclure qu'en moyenne, une Sangsue absorbe 5 à 6 grammes de sang. Mais cela ne représente guère que la moitié ou le tiers de celui qui est verse par une piqûre qu'on laisse saigner deux heures sous des cataplasmes. Quelquefois même chez des sujets hémorrhaphiliques, ou bien accidentellement affectés d'un état aplaslique du sang, comme dans le scorbut, le purpura, les fièvres malignes, les piqûres de Sangsues saignent extraordinaire ment, et cette hémorrhagie peut non-seulement compromettre les résultats de la médication ou grever l'avenir d'une anémie difficile à guenr mais même devenir immédiatement menaçante pour la vie du malade. Pour prevemr une telle complication, il faut avoir soin, lorsqu'on a lieu de la craindre, d'appliquer les Sangsues loin des veinules superficielles d'un calibre un peu considérable, et au niveau de surfaces résistantes sur ^squelles la compression puisse s'établir efficacement: par exemple, sur es côtes, de préférence Lx espaces intercostaux, sur les condyles du fémur plutôt qu au

^"pl'^'unVfXl'accident produit, il faut mettre en œuvre tous les moyens hémostatiques usités en pareille circonstance. Les plus simples sont les ap- .irations d'amadou, de toile d'araignée, de charpie, de chiffon brûle, de Ïoudres absorbantes, et notamment de colophone. Si cela ne suffit pas, on y Cute des lotions d'alcool ou d'eau vinaigrée, des tampons d'amadou ou de

Cpie mbibésde perchlorure de fer ou chargés de poudre e tannin ou dïlun et soutenus par une légère compression digitale ou circulaire a 1 5w bande et de compresses graduées. En cas d'msuccès de ces moyens d ane bande et j cautérisation au fer rouge ou à h pierre m-

pergiques, on a r ^^^^^ méthodique. Enfin, comme

T ri re source on étreint la petite plaie dans une serre-fine, ou l'on

ri;! d Ta^t en part, à l'aide d'une épingle, un pli de peau comprenant

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