SANGSUE MÉDICINALE
la piqûre saignante, et l'on comprime la base de la saillie cutanée, en roulant un fil en huit de chiflre autour de l'épingle comme dans la suture entortillée.
Les Sangsues constituent un des agents habituels de la médication antiphlogistiqTie, Elles sont un moyen commode de tirer une quantité à peu près déterminée de sang, localement, au niveau du point malade ou sur la région jugée la plus convenable pour une émission sanguine. Sous ce rapport, les Sangsues ne sauraient être remplacées par les ventouses scarifiées, ni même par les Sangsues artificielles. Ainsi une Sangsue peut être facilement appliquée sur une gencive malade ou dans la narine, ou bien sur le col utérin
Quand on prescrit une application de Sangsues, on doit tenir compte de la quantité de sang à tirer et du siège d'élection pour pratiquer l'émission sanguine. Au point de vue de la spoliation de l'économie, il importe peu que l'issue soit ouverte dans une région ou dans une autre. Cette circonstance acquiert au contraire une certaine valeur, si l'on a pour objet tout à la fois de spolier et de dériver. Dans la dysménorrhée douloureuse, par exemple, il n'est pas indifférent d'appliquer les Sangsues à la base de la poitrine ou même à l'hypogastre, ou bien autour des parties génitales externes ou sur les extrémités inférieures. Cette dernière région est de beaucoup la meilleure, et pour épargner toute perte de sang inutile, il est encore préférable (Trousseau) de poser les Sangsues sur les saillies des condyles fémoraux.
Les effets physiologiques des applications de Sangsues sont ceux des autres émissions sanguines, avec 'cette différence, par rapport à la phlébotomie, que la perte de sang se faisant d'une manière plus lente ne donne pas lieu aux mêmes symptômes de faiblesse et d'anémie qui s'observent parfois à la suite d'une saignée de la veine. La syncope est rare, si le sujet demeure couché ou assis, ou si du moins il ne se fatigue pas immédiatement après. Mais les accidents consécutifs se produisent également bien dans les deux cas, et l'on voit à la suite d'une appHcation de sangsues survenir la céphalalgie, les troubles nerveux, les palpitations, l'étouflement la dyspepsie atomque et l'insomnie, quelquefois le délire et lo coma, aussi bien qu'après une saignée du bras.
Les Sangsues s'introduisent parfois accidentellement dans les muqueuses et produisent de graves accidents, dont on cite plusieurs exemples fameux in pareille circonstance on peut suivre le conseil de Bibiena, et administrer des doses répétées de vin, dans lequel ces Annélfdes ne peuvent vivre longtemps. L eau salée aurait la même efficacité, car c'est à l'aide de quelaues grains de sel qu'on parvient généralement à leur faire lâcher prise réusM^A fi ^'a '''J'""' 'ï'^'^'ï^'' précautions spéciales pour le faire
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h une à l'aide d'un tube étroit qu'on porte sur le col de l'utérus, par exemple, ou dans l'intérieur d'une cavité muqueuse.
^ Quant au nombre des Sangsues h appliquer, il doit être calculé d'après l'intensité des phénomènes physiologiques et fébriles, d'après la taille et d'après la force du sujet. On se rappellera alors que les enfants en bas âge supportent mal les émissions sanguines, et qu'il en est de même des sujets clilorotiques ou anémiques. Chez un enfant au-dessous de trois ans, on ne doit pas tirer plus de 30 à 60 grammes de sang, ce qui, d'après les évaluations précédentes, correspond à trois ou quatre Sangsues. Chez un adulte, on prescrit dh à vingt Sangsues à la fois, quand on veut obtenir une déperdition instantanée et assez considérable. On peut se borner à une demidouzaine, au plus, lorsque l'émission sanguine artificielle est destinée k suppléer aux flux habituels physiologiques ou morbides, à rappeler les menstrues ou les hémorrhoïdes.
Enfin, si l'on veut obtenir un écoulement constant, ou du moins prolongé, sans faire perdre une grande quantité de sang, on applique seulement une ou deux Sangsues à la fois, en ayant soin de les remplacer dès qu'elles tombent. C'est ce que nous faisons ordinairement dans les inflammations de l'encéphale et des méninges.
SAi\lCLE, Sanicula europasa, L. — Ombellifères Anomales. Angl. Sanicle. — Ail. Sanikel.
La Sanicle est une plante indigène dont le nom vient de sanare, et qui jouissait d'une immense réputation comme vulnéraire. Par elle toutes les contusions, plaies et fractures, guérissaient sans encombre. Aussi l'École de Salerne lui avait-elle consacré deux vers qui, jadis, se traduisaient ainsi :
Avec la Bugle et la Sanicle
On fait aux chirurgiens la nique.
L'engouement est fini depuis longtemps,, et c'est à peine si l'on sait aujourd'hui que la Sanicle est amère-astringente.
SANTAL, CITRIN. Bois du Santalum album, Roxb. — Santalacées.
Angl. Yellow Sauciers woocl. — AU. Gelbcs Sanclelholz.
Le Santalum album est un arbre de l'Inde et de l'archipel voisin, qui se retrouve au Chili et ailleurs. Garcias, Molina et Mérat lui attribuent le bois de Santal blanc, et d'un autre côté Gaudichaud a décrit, sous le nom de Santalum Freycinetianwn, une autre espèce à laquelle se rapporte, selon lui, le Santal cilrin.
Le Santal citrin possède une odeur suave, qui devient plus prononcée quand on le mouille et surtout quand on le brûle. On en retire, par la distillation, une huile volatile qu'on mêle à l'huile de Rose. Ce bois, l'un des trois santaux, est vanté comme cordial et alexipharmaque, et entre avec ses homonymes dans plusieurs préparations'officinales : le Sirop de Chicorée^ la
SANTOLINE OU AURONE FEMELLE. 359 Confection fT Hyacinthes, etc. En Orient, surtout en Chine, on le brûle comme parfum et l'on en fait de petits meubles de luxe.
L'essence de Santal citrin est oxydable et passe dans les urines à la manière de celles de Térébenthine et de Gopaha. Elle agit, comme ces dernières, sur la muqueuse des voies urinaires et génitales et peut les rempla^ cer dans le traitement du catharrhe vésical ou de la blennorrhagie. On l'emploie depuis quelques années à cet usage (Henderson, Berkeiey-Hill, Panas, etc.). J'en ai souvent constaté l'utilité.
On administre l'essence de Santal citrin en capsules données en même nombre que celles de Gopahu ou de Matico.
Les capsules de Santal jaune (Sirium myrtifolium), préparées par Gadet- Gassicourt, rendent les mêmes services.
SA]\'TAL ROUGE. Bois du Pterocarpus indiens, Wildd. — Légumineuses- Papilionacées.
Angl. Red Sanders wood. — AH. Rothes Sandelholz.
Le Pterocarpus indiens habite les montagnes de Goromandel et de Geylan. Son bois est insipide, et ne développe une légère odeur que lorsqu'il est frotté et râpé.
GoMPOSiTiON. — Pelletier y a trouvé une matière odorante végétale, qu'il a nommée Sanlaline, de l'extractif, de l'acide gallique et du ligneux.
La Santaline, d'un rouge sombre, d'une apparence résineuse, insoluble dans l'eau, est soluble dans l'alcool, l'éther, les solutions alcalines, l'acide acétique, et un peu dans les huiles volatiles.
Usages. — Le Santal rouge accompagne les deux autres Santaux dans les préparations officinales dont il a été fait mention ci-dessus (voy. Santal citrin). On le prescrit à la dose de 2 à 8 grammes. De plus, il est employé en pharmacie comme substance colorante, par exemple dans la Teinture de Lavande composée.
Le Pterocarpus indiens produit aussi, d'après les auteurs du Codex, une résine rouge nommée Sang-dragon, très-analogue à celle du Calamus Draco, et généralement attribuée au Pterocarpus Draco.
SARiTOLi]\E ou AURONE FEMELLE, SantoUua Chamxcypixrissus. * — Composées ou Synantiiérées-Sénécionidées.
Angl. Sweet scented Lavander. — AU. Garten Cy presse.
La Sanloline, plante du midi de la France et de l'Europe, possède une odeur forte et pénétrante, et un goût amer, dû à une huile volatile trèsénergique.
Ces qualités indiquent une puissance stimulante qui peut être utilisée comme celle des aromatiques en général, pour exciter l'estomac ou l'économie entière. On l'a employée comme stomachique, stimulant diffusible, antispasmodique, et surtout comme anthelminthique. ■ La Santoline expulse môme le Ténia. On se sert dejl'huile essentielle;;à
360 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, la dose de quelques gouttes, 10 à 15, et jusqu'à 2 grammes sur du sucre ou dans un véhicule aqueux. Quelquefois on l'a administrée dans du miel avec 50 centigrammes de calomel.
Bayard, de Nancy, employait les semences à' Âurone femelle en guise de Semen-contra.
SAPiiM VRAI, Âbies pecHnata, DC; Abies taxifolia, Desf.; Pims picea, L. — Gonifères-Abiétinées.
Angl. Silvcr Ftr, Pilch-trce. — Ail. Weisse Tanne, edele Tanne.
Ce bel arbre de nos régions subalpines fournit à la matière médicale les Bourgeons de Sapin et la Térébenlhine au citron (voy. Térébenthine du pin ARGENTÉ), ainsi que les divers produits qui en dérivent.
Les Bourgeons de Sapin ont leurs écailles recouvertes d'une couche de matière résineuse, formée de résine et d'essence, à laquelle ils doivent des propriétés médicinales communes à toutes les substances d'une semblable composition. Ils sont réputés antiscorbutiques, stomachiques, diurétiques, etc., et possèdent réellement toutes ces vertus, en ce sens qu'ils sont stimulants et toniques, et qu'en excitant les sécrétions, ils diminuent la production du mucus et du muco-pus.
On prescrit souvent la décoction, cependant l'infusion est préférable, puisqu'elle garde le principe volatil. Celle-ci se prépare avec 8 à 16 grammes de bourgeons de Sapins dans 700 grammes d'eau bouillante.
Pour l'usage externe, j'ai souvent conseillé la décoction additionnée de 4 grammes de bicarbonate de soude par litre, afin de favoriser la dissolution de la résine et d'agir comme antacide sur des sécrétions purulentes. Ce liquide réussit très bien en injections contre la leucorrhée.
On connaît sous le nom d'Essence de Sapin, une substance ayant la consistance de la mélasse, avec un goût amer, acidulé et astringent, qui n'est autre qu'une décoction de jeunes rameaux à' Abies nigra (Black Spruce), dont les propriétés sont analogues à celles de la décoction de bourgeons de Sapin, et qui sert en Angleterre à la préparation d'une espèce de bière, Sprucebeer [Abielis cerevisia), contenant aussi du Piment, du Gingembre et du Houblon, et qui constitue une boisson assez agréable en été, rafraîchissante, diurétique et anti-corbutique.
SA.pii\ ÉLEVÉ, FAUX SAPiK PESSE OU ÉPICÉA, Abîes excelsa, Lamk.; Pinus Abies, L. — Conifères-Abiétinées.
Angl, Norway Sprwx-fir. — AU. Gemeine Fitche oder roth Tanne.
h'Abies excelsa, commun dans nos montagnes, est le plus grand arbre du continent européen, abstraction faite du Laricio, qui habite la Corse.
Il fournit la vraie Poix jaune ou Poix de Bourgogne (voy. ce mot). Les bourgeons servent aux mêmes usages que ceux du précédent. On les prend BOUS forme de décoction ou de bière, dans les affections scorbutiques, rjiumalismales et goutteuses. Ils sont associés au Sassafras, au Gayac et aux
SAPONAIRE OFFICINALE. 36i
baies de Genièvre, dans la Teinture de Pin composée de la Pharmacopée prussienne.
SAPOXAIRE OFFICINALE, Saponariu of/îcinalis, L. — Garyophyl-