LACÉES
Angl. Soapwort. — AIL Seifenkràul.
La Saponaire croît en Fiance, dans les buissons et au bord des fossés. Elle est inodore et légèrement amère. Ses feuilles, et principalement ses racines, donnent une décoction qui mousse comme de l'eau de savon, à cause de la présence d'un principe particulier, la Saponine, décrit par Bussy, qui l'a trouvé également dans la Saponaire d'Egypte, le Quillai savonneux, le Jalap, l'Arnica, le Marron d'Inde, le Polypode et beaucoup d'autres plantes de la famille des Rosacées, de celles des Sapi^idacées, des Polygalées.
Composition. — La racine de Saponaire contient, d'après Bucholz : résine brune et molle, saponine impure, gomme, cellulose, apothème d'extrait et eau. La Saponine, identique avec VAgrostemmine ou la Githagine et la Sénégine est un corps neutre, ternaire, d'une saveur âcre, soluble dans l'alcool, très-soluble dans l'eau, à laquelle elle communique de la viscosité et la faculté de mousser par l'agitation, et celle d'enlever les taches de graisse.
La Saponine (voy. Quillai savonneux) dissout les corps gras à peu près comme feraient les oléates de. potasse ou de soude, qu'elle ne saurait du reste remplacer pour l'usage interne, puisque ces sels agissent en qualité d'alcalins.
C'est une substance plus active qu'on ne l'imagine généralement. Sa poussière, répandue dans l'air, fait éternuer, occasionne de l'irritation des voies respiratoires et détermine une douleur rétro-sternale qui persiste plusieurs heures. L'action générale de la saponine sur les animaux l'avait fait ranger par Malapert dans la classe des poisons narcotico-âcres ; et, dans un rapport fait en commun avec Bonneau, cet expérimentateur lui attribue les effets toxiques produits par la Nielle des blés. Eugène Pelikan a fait là-dessus des expériences intéressantes d'où il ressort que la Saponine, ou les corps identiques, appliquée sur les muscles des grenouilles en affaiblit, puiâ anéantit la contractilité ainsi que l'irritabilité électrique, amène la rigidité musculaire, abolit les mouvements réflexes, diminue et bientôt détruit la conductibilité du nerf propre à la région. La section préalable du nerf lombaire, quand on opère sur la cuisse, ralentit les phénomènes. Au contraire la ligature des vaisseaux en accélère l'apparition, sans doute, selon nous, parce que la matière toxique n'étant pas emportée par la circulation, reste sur place et s'infiltre dans le tissu. Avec une dose considérable de poison, la paralysie musculaire gagne de proche en proche et s'étend à toutes les parties du corps. Le cœur lui-même y participe et s'arrête après la cessation des mouvements réflexes. La sensibilité à son tour est altérée.
-L) après le médecin russe, la Saponine envisagée comme poison muscu-
362 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, laire se rapprocherait de l'atropine et de la physostigmine. L'analogie est peut-être plus apparente que réelle, il'ne serait pas impossible que l'action de la Saponine lût purement chimique et topique. En tout cas, nous attendrons de nouvelles expériences pour l'admettre et pour faire k l'homme l'application des données expérimentales l'ournies par la grenouille.
C'est probablement un préjugé que d'accorder è la Saponaire des propriétés fondantes, désobstruantes, dépuratives, sudorifiques, etc., et ses succès dans les engorgements lymphatiques, l'ictère, le ihumatisme chronique, la goutte, la syphilis et d'autres affections, doivent être sans doute rapportés aux médicaments spéciaux employés concurremment.
La Saponaire est employée en décoction (15 grammes de plante sèche, 30 à 60 grammes de plante fraîche, dans 750 grammes d'eau). On prend aussi 30 à 60 grammes de suc, ou bien à 1 k 2 grammes à' extrait.
SAPOi\AiRE d'orieivt, Gypsophila Rokejeha, Delile. — Cartophyl-