PREMIÈRE SÉRIE
ABELiuoscil, Hibiscus Abebnoschus, L. — Malvacées.
Angl. Target-leaved Hibiscus, Purple sioeet Sultan.
L'Hibiscus Abelmoschus croît dans les régions équatoriales de l'Asie et de l'Afrique. Sa semence doit à son odeur suave les noms vulgaires d'a?nbrelle on de graine musquée.
En Europe, l'Abelmosch, inusité comme médicament, ne sert que dans la parfumerie; mais les flispano-Américains considèrent sa graine comme stimulante, cordiale et antispasmodique, et l'administrent contre la morsure du Crotale. Elle entre dans la Poudre de Chypre, et sert, dit-on, en Arabie, à falsifier le musc.
Il serait avantageux de régulariser ce procédé, en substituant ouvertement le principe odoriférant de cette plante et de quelques autres espèces, telles que h Mimulus moschalus et le Chenopodium ambrosioides, au pro' duit de sécrétion des Ghevrotains porte-musc, devenu aujourd'hui si rare et si cher, et dont chaque petite masse coûte la vie à l'un de ces gracieux rummants. Tout porte à croire, en efl'et, que des substances aromatiques GUBLER, 2" édition. I
qui impressionnent l'odorat d'une manière identique jouissent, à quelque sous-règne qu'elles appartiennent , de propriétés physiologiques ana- I lègues. j
ABSINTHE, Artemisia Absinihium. L. — Composées ou Synanthérées- "
SÉNÉCIONIDÉES.
Angl. Common Wormwood. — AU. Wurmiod, Wermuih. . Composition. — Cette plante indigène renferme, entre autres principes, une huile volatile, une résine verte et une autre amère, ainsi que de l'acide absinthique combiné à la potasse et du tannin précipitant en gris les persels | de fer. Enfin nous mentionnerons spécialement leur principe amer, ou ■ absinlhine, obtenu par Caventou.
Propriétés physiologiques. — A dose modérée, l'Absinthe agit comme tonique amer-aromatique. Des doses plus forteë irritent l'estomac, fouettent la circulation, déterminent de la céphalalgie, du vertige et d'autres troubles i nerveux, dus en partie à l'absinthine, mais principalement à l'huile essentielle. Ces principes, après avoir été absorbés, s'éliminent par les divers ' émonctoires. Levait en devient amer et cause du malaise au nourrisson. ] L'usage prolongé d'une telle substance déterminerait vraisemblablement des désordres plus profonds dans l'économie, et l'on est en droit d'admettre que les accidents morbides si fréquents de nos jours chez les buveurs d absinthe sont dûs autant à la plante qu'à l'alcool lui-même. Cette vue est d'autant plus soutenable que, d'une part, les symptômes sont un peu diflérents de ceux de l'alcoolisme pur, et que, d'autre part, nombre d espèces . j toxiques doivent leurs propriétés vénéneuses à des principes resmoides. . i
Telle était l'opinion formulée d'ans la première édition de ce livre, -le la crovais d'autant mieux fondée que les symptômes de l'Absmthisme me pa- , raissaient différents à certains égards de ceux de l'alcoolisme pur et que, d'autre part, j'étais conduit à mettre sur le compte des matières résinoides , le pouvoir malfaisant d'un grand nombre d'espèces toxiques. Depuis lors la question a fait un pas qui semble décisif. Grâce aux recherches perseve- , intes de Magnan confirmées par celles de Challand et de quelques autres . - expérimentateurs, les différences, entrevues par les cliniciens et signalées par < Mo et et surtout par Marcé, entre les effets nocifs de la liqueur d Absm he et ceux des autres boissons spintueuses se trouvent actuellement précisées j
ei ceux ucB auiioc xj^j'.K,^^ — -, — ^
et directement démontrées par la voie experimen aie. , • - , •
D'ap ès Magnan et Challand, l'huile essentielle d'Absinthe a ministree pure par inhalation pulmonaire, ou bien portée dans le tube digestd, ou enr njectée sous lap'eau chez des oiseaux ou ^es-mmiferes, oun^rait heu à un ensemble de symptômes bien détermmes, toujours semblables à euxmêmes etTrès-dUférents des effets de l'alcool employé à doses équivalentes TpTr 1 mêmes procédés. Tandis que ce dernier agent produit ordinaire- Int un iV esse douce, somnolente ou comateuse et parfo s des convulsions pilepl^Mes l'essence d'Absinthe au contraire détermine d'abord une exc-
•acajou (noix D'). 3
tation plus ou moins violente, désordonnée, et, quand la dose est suffisante, des crises convulsives de tout point comparables à celles de l'épilepsie. De même que dans une attaque de haut mal, on reconnaît à l'éçlampsie absinthique quatre stades : convulsions toniques, convulsions cloniques, coma stertoreux et période de retour. Magnan a rendu la Société de thérapeutique témoin de ces faits intéressants. En outre, cet observateur croit pouvoir affirmer que les cas d'absinthisme chronique chez l'homme se distinguent de l'alcoolisme habituel par la fréquence de la complication épileplique. De? faits cliniques recueillis par plusieurs autres médecins (Motet, Lancereaux Bourneville, Hillairet, Challand, etc.) reproduisent le même phénomène au milieu d'un cortège de symptômes propres à l'alcoolisme constitutionnel. (Voy. Alcool.) L'existence de ce symptôme complexe est toute naturelle, puisque les buveurs d'Absinthe quand ils prennent la liqueur en nature absorbent, en même temps que les principes aromatiques de la plante, de fortes doses d'alcool concentré.
Usages. — L'Absinthe est un stimulant diffusible et un tonique qu'on prescrit assez souvent, associé à d'autres médicaments analogues, pour stimuler la muqueuse gastrique et favoriser la digestion, pour relever les forces générales dans la convalescence et la cachexie, et même pour combattre la fièvre intermittente.
Cette plante doit sans doute en partie ses propriétés toniques au principe amer ou absinthim; mais d'après les recherches modernes, ses effets toxiques sont spécialement imputables à l'huile essentielle.
D'après cela la plante entière fraîche convient surtout comme stimulant diffusible, tandis qu'il faut donner la préférence à l'extrait dans la médication tonique.
Modes d'administration et doses. — L'Absinthe se donne en poudre à la dose de 8 grammes au plus; en infusion à dose double. On prépare aussi un vin d'absinthe et une eau distillée. Sa décoction sert à bassiner les plaies sanieuses.
Les Absinthes maritime et pontique possèdent des propriétés analogues.
Une ou deux autres espèces du genre : les Arlemisia moxa et indica fournissent le duvet dont les Chinois et les Japonais composent de temps immémorial leurs moxas.
ACAJOU (noix D'), Cassuvium, pomiferum, Lamk; Aiiacardium occidentale, L. — Térébinthacées-Anacardiées.
Angl. Cashew-nut. — Ail. Kaschunuss.
Celte semence, dont l'amande est bonne à manger, présente entre les deux couches de son enveloppe un suc très-amer et caustique qui, étalé sur la peau, détermine une inflammation érysipéloïde. Il suffit, dit-on, d'en enduire un verre à boire pour causer l'ivresse (Pétroz). On pourrait l'employer aux mêmes usages que le Thapsia ou l'huile de Groton. A la Guyane, on l'applique sur les cors et les verrues pour les détruire.
xcim m'.s MAUAis, cÉL,v.ni, Apium graveolens, L. — Ombellifères- Amminées.
Angl. Celery. — Ail. Seleri, Kuchenkraut.
L'Apium graveolens croît abondamment dans les marais du midi et de l'ouest de la France. Toute la plante est aromatique, un peu nauséeuse quand elle est fraîche.
Elle fournit l'une des cinq racines apôrUives et l'une des quatre semences chaudes.
L'Ache jouit d'ailleurs des qualités stimulantes, antifébriles et carminatives des autres Ombellifères aromatiques. Elle entre dans plusieurs confections officinales.
ACOWiT FÉROCE OU BiSH (Inde), Aconitum ferox, L. — Wallich. ACOMiT MAPEL, Aconitum Napellus, L. — Renonculacées-Helle-
BORÊES.
Angl. Wolfs bane, Monk'shood. — AU. Eisenhut, Narrenkappe.
Les Aconitum ferox et Napellus, ainsi que les A. Anthora, Cammarum et Lycoctonum, sont de violents poisons.
Composition. — Il n'existe pas d'analyse complète de V Aconit Napel. Pallas a trouvé dans l'icomi tue-loup : huile brune, matière grasse, verte, substance analogue aux alcalis végétaux {aconiline impure), albumme végétale, amidon, ligneux et sels. D'un autre côté, nous savons par les travaux deBrandes, Peschier, Geiger et Hesse, Buchner, etc., que l'Aconit Napel contient un véritable alcaloïde, Vaconitine, un principe volatil acre, de l'acide aconitique et une huile grasse.
h'aconitine, principe éminemment actif de la plante, se trouve dans tous ses organes, mais en majeure proportion dans la racine. Elle existe à plusieurs états : amorphe (Hottot) ou cristallisée (Duquesnel) (Voy. Acom-
Le principe acre volatil, dont l'induction fait admettre l'existence, bien qu'il n'ait pu être isolé, se révèle par l'odeur de la plante fraîche. Il disparaît
par la dessiccation. „ „ • j
U acide aconitique hydraté est représenté par G«ff O^Ml est modore, d une
saveur acide, soluble dans l'eau l'alcool et l'éther.
V/mile grasse est extraite de la racine.par l'alcool, qui en est un bon dissolvant. • . 1 AA4^l
■ Action physiologique. - La plante fraîche maintenue sur la peau dete mine une chaleur mordicante semblable à celle que produit la Renoncu e scélérate et peut amener la vésication. Gomme les Renonculacées âcres elle excite sur la langue et dans le gosier une vive ardeur avec e^Jgourdis— ei Bichat remarque (Cours manuscrit de matière médicale cité par Merat et De Leus) que sa racine chauffée dans les mains produit des accidents presque semblables. L'Aconit est classé parmi les poisons narcotico- âcres, parce qu u
AGARIC BLAKC.
produit des ardeurs à l'épigastre, des vomissements, des coliques, la purgation, des vertiges, la paralysie du sentiment, le coma, le refroidissement et la mort.
Copland (cité par Spring) a observé la stomatorrhagie k la suite de l'empoisonnement par l'Aconit.
Les principaux effets de cette plante étant dus à un alcaloïde spécial, nous renvoyons pour les détails à l'article qui lui est consacré. (Voy, AcoNitINe). On y trouvera aussi ce qui concerne les substances synergiques et auxiliaires. Je me borne à noter ici le succès qu'aurait obtenu Richardson, dans un cas d'empoisonnement par deux cuillerées à soupe de Teinture d'Aconit, en injectant à plusieurs reprises de la liqueur d'ammoniaque sous la peau.
Usages. — L'aconit est employé depuis Stôrck contre le rhumatisme et la goutte. On l'a donné également dans les affections cutanées herpétiques et syphilitiques, et même dans le squirrhe et la tuberculose. L'Aconit a été prescrit contre le rhumatisme, la goutte et la syphilis (Stôrck) ; comme my driatique et contre l'amaurose (Guignon) ; contre les douleurs utérines (Dumas de Montp.) ; comme diurétique (Fouquier); contre la rétention des règles (West) : contre l'érysipèle (Tessier, de Lyon) ; et contre les névralgies (Pereira, Trousseau et Pidoux), sans compter nombre d'autres applications plus hasardées.
Modes d'administration . — Doses. — On s'est quelquefois servi de la poudre de racine ; mais d'ordinaire on n'administre pas la plante ni ses parties en nature. C'est plutôt à Yexlrait aqueux ou à Valcoolature qu'on a recours. Désormais on ne prescrira plus que Yaconitine. L'extrait se donne à la dose de 25 miligrammes à 40 centigrammes par jour; l'alcoolature, à la dose de 1 à 4 jusqu'à 8 grammes dans une potion à prendre par cuillerées. On prescrit bien rarement 25 milligrammes à 1 gramme et davantage, de poudre de racine.
ACORE VRAI ou CALAHius AROHiATicus, Acorus Calamus, L. — Aroïdées-Callacées.
Angl. Commoti sweet Flag. — AU. Kalmus, Teichlilie.
L' Acorus Calamus occupe sur l'ancien continent une zone étendue depuis la Chine jusqu'à la Meuse. Son rhizome, d'une odeur aromatique agréable, d'une saveur aromatique chaude et poivrée, renferme une résine visqueuse et une petite quantité d'huile volatile rappelant le goût du camphre.
On l'emploie comme stomachique, carminatif et sudorifique. Il entre dans la composition de la Thériaque et de VOrviétan.
AGARIC BLAi\c, Polypore du Mélèze, Polyporus officinalis, Fries; Boleius Laricis^ Jacq. — Champignons hyménomycètes. Ang. Larch Agaric. — AU. Lœrchenschwamm.
Ce champignon, doué d'une saveur douceâtre, puis très-amère, contient
en abondance une matière résineuse associée à une petite quantité d'extractit . amer, des acides furujiquc et boléliquc et dilïérents principes organiques ou minéraux.
G. Fleury y signale deux produits nouveaux : une résine amère faiblement purgative, soluble dans l'élher et l'alcool absolu, et un acide cristalhsable soluble dans les dissolvants habituels des corps gras.
Il passe pour drastique. Cependant on a pu le donner à la dose de 4 grammes et davantage sans obtenir d'effets purgatifs. On le considère, d'après de HasD, Burdach, Andral et autres, comme un spécifique contre les sueurs des phthisiques. S'il agit efficacement dans ce cas, c'est sans doute k la faveur de son action dérivative vers l'intestin.
L'Agaric blanc entre dans la Thériaque et YÉlixir de longue vie.
On le prescrit en poudre à la dose de 2 grammes et au delà.
AGARIC DE CHÉWE, Polyporus fomentariibs et P. igniarius, Fries ; Bolelus fomentarius, B. igniarius, L. - Champignons HYMÉNOMycÈTEs
Celui-ci est l'amadou des fumeurs, le hard amadou des Anglais ; le premier est leur real amadou.
Ail. Zundschioamm.
■L'Agaric amadouvîer des chirurgiens, vulgairement ^fifanc de c/iene, s obtient par une sorte de clivage du chapeau de ces deux Polypores indigènes, dont les lames sont amollies par le battage. Cette substance moelleuse et souple est l'un des meilleurs absorbants physiques. On s'en sert habituellement pour arrêter le sang qui s'écoule des piqûres de sangsues et comme moyen de tamponnement. . , > , - j'.,„„
Dans l'épistaxis, un morceau d'amadou tordu en spirale a la manier* d une allumette de papier dite alumbrador, et introduit dans la narme qui est le siège de l'écoulement sanguin, avec la précaution de Im '^Vn^^'^ vement de rotation dans le sens du pas-de-vis, pénelre au loin et constitue un excellent hémostatique. Une rondelle percée au centre sert a préserver les cors enflammés de la pression douloureuse des chaussures
De petits cylindres d'amadou, roulé et serré par un fil, forment des moxas faciles à se procurer et d'une exécution très-simple.
i • •„ TP^r^ntnrin L — RoSACÉES-SaNGUISORBÉES-
AlGREMOiiXE, Âgnmonia Eupatoria, l,.
Angl. Agrimony, Livenoort. - AU. Odermenmg. vïigreLine d'Eupator est une plante indigène qui P°;-'i; J^^^^^^^ . , QeçP7 souvent dans la médecine populaire con
astringentes et qu on «^Pf ^^^^f^ ""^'^ isme, en décoction dans l'eau ou
L'A^rlmolne entre dans le Calholicon et l'Eau vulnéraire.