‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 127 sur 293 · STRAMOINE OU POMME ÉPINEUSE · texte numérisé non relu

STRAMOINE OU POMME ÉPINEUSE

90 grammes d'eau, a été conseillée contre la gale, et en lotions pour déterger les ulcères.

Autrefois on employait la décoction de quinze semences dans de l'eau miellée, comme éméto-cathartique. En poudre, on ne devrait, selon la remarque de Mérat et de Lens, l'administrer qu'à faible dose, 10 centigrammes, par exemple, dans un véhicule mucilagineux, contre les maladies non inflammatoires, et quand les premières voies n'ont aucune tendance à la phlogose.

La Staphisaigre est la substance active de la Pommade ad pHthiriasim.

STŒCHAS, Lavandula Stœchas, L. — Labiées. Angl. French Lavander. — Ali. Stœchas.

Cette plante, qui tire son nom des îles d'Hyères {insulœ Stœchades), où. elle croît en abondance, comme dans les terrains siliceux du midi de l'Europe, possède les qualités des Labiées aromatiques en général, et spécialement celles de la Lavande officinale (voy. ce mot). Elle sent le camphre et son huile essentielle renferme un stéaroptène abondant.

On emploie le Stœchas dans le catarrhe pulmonaire, l'aménorrhée torpide, certaines gastralgies (Alibert). Les sommités fleuries se prennent à la dose de 4 à 8 grammes en infusion théiforme. Elles entrent dans le Sirop de Stœchas, le Mithridate, le Sirop d'Erysimum composé^ etc.

STRA.MOi!\E OU POMME-ÉPINEUSE, Datura Slramonium, L. — Solanacées.

Angl. Thorn Apple. — AU. Stechapfel.

Le Datura Slramonium est une espèce indigène qui vient dans les terres remuées et les décombres. On fait usage des feuilles et des semences.

Composition. — Les feuilles selon Promnitz, contiennent : résine, extractif, y compris la daturine, fécule verte, albumine, phosphates et sels végétaux de chaux et de magnésie, fibre lignçuse.

La Daturine est un alcaloïde dont la formule G^H^AzO" est identique avec celle de l'Atropine, à laquelle elle ressemble d'ailleurs extrêmement. Elle est blanche, cristalline, inodore, d'un goût amarescent comme celui du Tabac. A peine soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante, elle se dissout aisément dans l'alcool, moins bien dans l'éther, et se combine avec les acides minéraux pour former des sels.

Comme l'Atropine et l'Hyoscyamine, l'alcaloïde du Datura est un poison mydriatique. Seulement la dilatation pupillaire qu'il produit au plus haut degré est, dit-on, moins durable qu'avec la Belladone. Toutefois Taylor établit que la mydriase dure plusieurs jours, lorsqu'elle a été déterminée par la solution de Daturine introduite entre les paupières. Ses autres effets sont d'ailleurs fort analogues à ceux de ses congénères. Absorbée et portée par le sang aux difiérents organes, la Daturine est éliminée par les reins et

se retrouve dans l'urine. Allan l'y a constatée trois fois par la méthode de Henry.

Action physiologique. — Ingérées dans les premières voies ou appliquées en poudre sur une surface dépouillée d'épiderme, les semences de Sùramoine donnent lieu aux symptômes suivants :

A dose faible ou modérée, le Dalura émousse la sensibilité et soulage la douleur, dilate la pupille et trouble légèrement la vue; occasionne un peu de sécheresse de gorge et de soif, ordinairement un peu de relâchement du ventre, quelquefois de la diurèse ou bien de la sueur, en même temps que l'élévation de la température et l'accélération du pouls. A dose élevée, il produit des nausées, des vertiges, un sentiment de faiblesse et d'affaissement général, une stupeur légère; puis de l'agitation, des spasmes, une dilatation énorme des pupilles avec obscurcissement de la vue, céphalalgie, délire furieux avec hallucinations continuelles, insomnie opiniâtre, soif ardente, sécheresse et constriction pénible de la gorge, dysphagie, peau sèche et chaude se couvrant parfois d'une éruption scarlatiniforme. Ou a noté aussi la rareté de l'urine et la fréquence de la miction, quelquefois de la cardialgie, des vomissements et de la diarrhée.

Si le cas doit être fatal, le sujet perd la voix, la sécheresse du pharynx rend la déglutition impossible ; la mydriase est extrême, les yeux demeurent insensibles à la lumière; le coUapsus et la stupeur succèdent à l'agitation délirante; il survient des convulsions ou bien la paralysie, le refroidisement, et enfin la mort. Si l'organisme triomphe de l'action toxique, on voit les symptômes se calmer peu à peu, tout danger disparaître en quelques heures, et bientôt même toute trace d'empoisonnement s'effacer. Néanmoins on a vu le délire et la cécité, ainsi que la mydriase, persister plusieurs jours et même plusieurs semaines. Cette puissance du Datura pour produire des hallucinations, des visions fantastiques, lui avait valu au moyen âge, les noms d'Herbe aux sorciers, d'Herbe au diable.

Ainsi le Datura est un poison narcotique cérébral qui fait surtout délirer et stupéfie, mais qui ne fait pas dormir. Son action, quoi qu'en dise Vogf, est très-semblable, si ce n'est identique, à celle de la Belladone.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les Datura ferox, D. fastuosa, D. Melel et D. sanguinea peuvent être substitués à la Stramoine, dont ils partagent les vertus. La Belladone est également synergique du Datura Stramonium. Il en est de même de la Jusquiame, et jusqu'à un certain point des autres Solanées vireuses, qui ont toutes entre elles une évidente analogie d'action.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — L'Opium est vraisemblablement l'antidote partiel de la Stramome au même titre qu'il l'est de la Belladone.. On peut présumer que les alcooliques ne seraient pas non plus sans influence sur les symptômes du Daturisme. Le Tannin et la Noix de galle sont les contre-poisons chimiques de l'alcaloïde.

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