‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 128 sur 293 · STRAMOINE OU POMME ÉPINEUSE · texte numérisé non relu

STRAMOINE OU POMME ÉPINEUSE

Usages. — Ses propriétés physiologiques recommandent le Datura dans les névroses, les névralgies et les affections douloureuses.

En qualité d'anodin, il est usité dans le tic douloureux, la sciatique et les autres névralgies périphériques ou viscérales, ainsi que dans le rhumatisme, la photophobie, les ulcères irritables, les hémorrhoïdes doulouretises, les brûlures. En qualité d'antispasmodique, on l'emploie contre l'asthme et les dyspnées analogues, contre la coqueluche, la nymphomanie et le priapisme. On l'a aussi conseillé, mais avec moins d'avantages, dans certaines névroses accompagnées d'hallucinations et de délire ou bien de convulsions, comme dans la chorée et l'épilepsie. Enfin, les oculistes s'en sont servis comme mydriatique, et Jobert (de Lamballe) lui donne la préférence sur l'Atropine plus habituellement employée et dont les effets antiphlogistiques sur l'appareil de la vision sont si remarquables. C'est dans l'asthme spasmodique et les névralgies que la Stramoine réussit le mieux, mais spécialement, selon nous, dans la forme congestive des névralgies. De même, elle doit être conseillée préférablement dans les névroses cérébrales liées à un état hypérémique de l'encéphale. Elle peut rendre des services même dans l'épilepsie, quand les accès convulsifs reconnaissent cette condition anatomique pour cause prochaine, occasionnelle ou excitatrice. Stôrck, Odhelius, Bretonneau et autres ont obtenu des guérisons ou des améliorations par ce moyen. D'autres cliniciens ont observé quelques bons résultais dans la folie, et Moreau ('Je Tours) a posé les indications du traitement pxr le Datura dans cette maladie. Anderson, Sims, Laëanec, Cayol, Trousseau, ont obtenu d'excellents effets de l'emploi du Datura dans l'asthme et en ont vulgarisé l'usage.

En un mot, pour nous servir d'une expression de Trousseau et Pidoux, le Datura peut alors tout ce que peut la Belladone; il jouit seulement de propriétés plus actives.

Modes d'administration et doses. — La Stramoine se donne en poudre : les feuilles à la dose de 5 centigrammes, les semences à celle de 25 milligrammes seulement. Ces doses peuvent être portées progressivement, mais avec prudence, du simple au sextuple, dans les vingt-quatre heures.

L'infusion, de 5 à 50 centigrammes de feuilles dans 150 grammes d'eau se prend en plusieurs fois. L'extrait aqueux se donne à la dose de 2 à 20 centigrammes, et V extrait alcoolique à celle de 2 à 10 centigrammes.

L'extrait de semences de Stramoine s 3 prend à la dose de 1 à 10 centigrammes seulement. Le vin de semences s'administre par gouttes. Il en est de même de la teinture alcoolique et de Valcoolalure, dont on donne 2 à 20 gouttes.

La teinture éthérée, l'huile et la pommade de Stramoine sont usitées en Inclions. La pommade est formée d'une partie d'éxtrait alcoolique et de quatre parties d'axonge. On prépare aussi un emplâtre de Stramoine.

Enfin, dans l'asthme, on emploie fréquemment les cigares de feuilles de Uatura Stramonium qu'on fait fumer pendant les accès.

GuBLER, 2- édition. „c

Les diverses préparations de Stramoine, poudre, décoction, extrait, ont été appliquées avec succès par la méthode endermique (Trousseau et Kdoux). Elles paraissent cependant avoir l'inconvénient d'être plus irritantes que celles de la Belladone et de la Jusquiame.

La Dalurine, employée comme mydrialique (Jobert, de Lamballe), est susceptible de recevoir toutes les applications de l'Atropine.

n est un mode d'administration du Datura auquel les praticiens n'ont pas songé, c'est l'introduction dans les voies respiratoires, sous forme de nuages, avec un appareil pulvérisateur, de son infusion ou d'une solution dosée de son principe actif. La brume produite par des appareils vraiment nébulisateurs, tels que je les réclame depuis longtemps, pénétrant jusque dans les ramifications bronchiques irait porter directement son action sédative sur les organes atteints de douleur et de spasme, chez les asthmatiques, et remplacerait avantageusement la fumée irritante, provenant de la combustion des feuilles de Stramoine, pour faire cesser l'accès.

STYRAX LIQUIDE. Provenant du Liquidambar oriental, Lamk. — Amentacées-Balsamifluées.

Angl Liquid Storax. — AU. Flussiger Storax.

Ce produit était attribué naguère au Styrax officinalis, arbre de la Provence et des Alpes-Maritimes.

Le Liquidambar oriental habite la Grèce, l'Archipel et 1 Asie Mineure.

Composition. - Le Baume demi-fluide, obtenu par expression ou par décoction de son écorce, se compose, d'après Simon : d'huile volatile (styrol), d'acide cinnamique, de slyracine, d'une résine molle et dune résme

^Te Styrax calamité en diffère principalement par la présence de l'acide benzoïque k la place de l'acide cinnamique.

Vhuile volatile, Styrol ou Linnamène (G- H'), est extrêmement volatile d'un goût brûlant et d'une odeur aromatique spéciale; soluble dans 1 ether et

dans l'alcool. . , , t. a , via

Vaoide cinnamique (G"H«O'0, qui existe aussi dans les Baumes du Pérou et de Tolu, résulte de l'oxydation de l'hydrure de cmnamyle ou essence de Cannelle. Il est faiblement aromatique, d'un goût acre, peu soluble dans l'eau mais bien soluble dans l'alcool. Pris à la dose de 4 à 5 grammes au moment de se coucher, il est absorbé, et, comme l'acide benzoïque, il se convertit dans le sang en acide hippurique qui passe dans les urines

La Slyracine (C"H"0^) est une substance crislallisable, insoluble dans

l'eau soluble dans l'éther et l'alcool bouillant.

Action physiologique. - Celte composition dénote de la part du Styrax liauide des propriétés excitantes communes à tous les balsamiques. action le fait sentir sur l'estomac d'abord, et sympalhiquement sur 1 en

Son ensem-

action se laiistsuuii ' > - j i . u x • }

ble de l'organisme ; puis, après absorption, sur les émonctoires, et spécialenient sur les surfaces muqueuses. Les appareils urinaire et respiratoire res-

succi]sr on karabé. 337

sentent particulièrement son influence, qui se traduit, pour le premier par de 1^ diurèse, et l'accroissement de l'acide hippurique, aux dépens peut-être de 1 acide urique; pour le second, parla diminution de la sécrétion bronchique, ce qui l'a fait nommer expectorant stimulant.

Usages. — Le Styrax liquide, comme le calamité et las autres sortes de Styrax, est principalement employé dans les affections catarrhales des voies respiratoires, ainsi que dans celles des organes génito-urinaires pour restreindre ou faire cesser la sécrétion mucoso-purulente. Il remplace le Gopahu et le Gubèbe dans le traitement de la blennorrhagie et de la leucorrhée j (Lhéritier). En application topique sur des ulcères sanieux, il réduit la^sun puration, lui fait acquérir de meilleurs caractères, et agit, en un mot comme détersif. '

Modes D'ADMINISTRATION ET DOSES. - Le Styrax liquide est donné en pilules ^ la dose de 50 centigrammes à 2 et 4 grammes par jour. Il serait commode de 1 enfermer dans des capsules gélatineuses de Lehuby

L Extrait alcoolique de Styrax sert à la parfumerie et fait partie de la Teinture de Benjom composée, ainsi que des Pilules de Styrax composées dans lesquelles entrent aussi l'Opium et le Safran composées,

de ré^rT' f ^ ""T'' P^^^q'^^ à parties égales de colophone, de résine elemi, de cire jaune, de Styrax liquide et d'huile de noix C'est un détersif et siccatif qu'on additionne souvent de Laudanum et de cérat

srccitv ou KARABÉ. Résine fossile.

Angl. Ambir. — Ail. Bernstein.

Le Succin on Ambre jaune se rencontre au voisinage de la mer en Pro vence et en Picardie, mais surtout sur les bords de if BaltiquT où l'on e. fait une récolte suivie. ^ ' ®°

CoMPosrfioN. Il renferme, selon Berzslius : huile odoriférante inti mement combinée avec une résine jaune entièrement soluble^ d "^^^^^^^^^^^ ethere les alcalis; résine difficilement soluble dans l'alcool froid mais

slL dans le 0^0 ^^^-^ d'être nommés, mai's facilement

rhotograp^^^^ vernis d'Ambre, usité en

'* ('^•H'"') »I"bIe dans l'eau et l'alcool, .ais non

dans l'essence de térébenthine. Il possède des propriétés stimulantes antispasmodiques, diurétiques et diaphorétiques. On l'emploie dans la goutte et le rhumatisme chroniques, dans les éruptions rétrocédées et les crampes? La dose est de 30 centigrammes k 1 gramme.

Action physiologique et usages. — Le Succin ne prend d'odeur marquée que par le frottement ; sa saveur est âcre, bitumineuse et désagréable. Ses effets physiologiques, d'ailleurs fort peu sensibles, sont ceux des balsamiques en général. '

L'Ambre jaune a joui autrefois d'une grande réputation comme antispasmodique, anticatarrhal, aphrodisiaque et emménagogue. On le donnait en poudre, à la dose de 50 centigrammes k d grammes.

La teinture de Succin est souvent employée à la dose de 2 à 4 grammes dans une potion.

Les vapeurs qui se dégagent du Succin projeté sur des charbons ardents ont été conseillées contre les douleurs, et pour fortifier les parties qu'on y

expose. , r- .

Les colliers d'Ambre, qu'on mettait jadis autour du cou des enfants, passaient pour avoir la vertu de favoriser l'évolution dentaire et de prévenir les convulsions. Nous pensons, avec Mérat et de Lens, Trousseau et Natalis Guillot, qu'ils n'ont d'autre mérite que d'empêcher l'intertrigo du cou chez les petits enfants trop gras. x

Le Succin et ses préparations entrent dans une multitude d anciens médicaments, parmi lesquels le Baume de Fioravanli, Y Eau de Luce et ie Sirop de Karabé ' qui est opiacé, sont les seuls qu'on prescrive quelquefois. L Lau de Luce est une teinture alcoolique de Succin, additionnée de savon médicinal, de Baume de la Mecque et d'Ammoniaque, qu'on prescrit a la dose de 10 à 20 gouttes dans un verre d'eau ou dans une potion.

SUCRE DE CAWME, extrait de la Canne à sucre (Saccharum ofTicinarum, L ). - Graminées; et de la Betterave [Beta vulgaris, L.). - Gheno-

PODACÉES.

Angl. Suqar. — Ail. Zucker. > v •> , , . •

Ls^Canneàsucre, ou Cannamelle (angl. Sugar Cane), probablemen originaire de rinde. est cultivée sous les tropiques, en Asie, en Afrique et dans fe nouveau continent. La Betterave, principalement cultivée dans le nord de ! FrTnce pour l'extraction du sucre, est une variété k racmes succulentes dune espèce indigène dont le type est le 56m man/zma.

Le Sucre Canne (G"H"0'>) se distingue des autres principes sucrés par Le Sucre «^«^.^ ^ . j exquis. Il se dissout à parties égales

absolument nsoluble dans l'éther, 'Te'ir': n ilnt dU ™,p,ra,„ire. .aU ass.ré.en. p,asU,ua ï kLL ■,-m nourrisses parfois eMiusiveœent, et toujours un Sl^on Œ Zt on Jnne conson..a.ion progress.ve.en.

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