‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 14 sur 293 · AIRELLE MYRTILLE · texte numérisé non relu

AIRELLE MYRTILLE

AIL, AUiwn sativum, L. — Liliacées.

Angl. Common ov cuUivated Garlick. — k\\. Knoblauch.

Composition. — La plupart des espèces du genre Allium sont abondamment pourvues, principalement dans le bulbe, d'une huile volatile sulfurée rCH'S), acre et pénétrante, à laquelle elles doivent leurs propriétés communes d'agents irritants et même vésicants. Au point de vue de l'énergie, YAllium sativum tient la tête, mais il peut être suppléé, par les A. Cepa ''oignon), ascalonicum (échalote), etc.

Action physiologique. — Les émanations du principe volatil des Alliumpicotent les yeux et font couler les larmes. En contact avec la muqueuse buccale, ce principe détermine une saveur acre et stimule la sécrétion salivaire. -Appliqué sur la peau, un cataplasme de pulpe d'Ail excite la rougeur, la cuisson, et détermine enfin un soulèvement épidermique comme ferait la cantharide ou le garou. Introduite dans le rectum, une gousse d'Ail irrite vivement la muqueuse et occasionne bientôt un mouvement fébrile intense. C'était, dit-on, un procédé assez usité par les soldats pour simuler une fièvre éphémère; et obtenir une exemption de service. Le principe volatil de l'Ail est un excitant pour l'estomac; porté dans la circulation, il devient un stimulant diffusible très-puissant, et qui mérite, sous ce rapport, la réputation d'alesipharmaque et d'alexilhère, c'est-à-dire d'agent propre à combattre les effets hyposthénisants des poisons et des venins.

L'essence d'Ail subit nne modification dans la circulation sanguine, et la substance nouvelle qui prend naissance est douée d'une fétidité repoussante qui en décèle la présence dans l'haleine et la sueur.

Usages. — L'Ail est employé comme irritant local et révulsif: comme agent antiseptique, sur les morsures d'animaux venimeux, et en lavements pour tuer les oxyures.

On le prend à l'intérieur comme antiscorbutique et comme antidote des poisons dépressifs. C'est aussi un remède populaire contre l'asthme. Sa composition et ses effets le rapprochent de YAsa fœlida.

Les Hindous s'en servent pour combattre la fièvre intermittente. Celse le conseillait déjk dans ce but. Enfin, on le considère comme diurétique et comme anticatarrhal.

Il entre dans la composition du Vinaigre des qioatre volenrs.

AIRELLE MYRTILLE, Vaccinium Myrtiilus, L. — Éricacées. Angl. Whorlleberries. — Ail. Heidelbeere.

Ce joli arbuste, commun dans nos contrées montueuses exemptes de calcaire, porte des baies d'un violet noir, qui sont rafraîchissantes, faiblement sucrées et légèremeat astringentes. On en fait des confitures et un sirop usités dans la dysenterie. Cependant l'usage de ces fruits dispose à la diarrhée. Il faut donc les éviter dans l'entérorrhée et cette forme de dérangement de corp3 où le froid provoque la supersécrétion intestinale et réveille les coliques. Mais \es baies de Myrtille conviennent dans la diar-

,rhéfi bilieusè, l'embarras gastro-inteslinal et l'entérite aiguë primitive ou secondaire.

ALCUlMiLLii: vuLtiAiiiE, Alchemilîa vuUjaris, L. — Rosacées-San-

GUISORBÉES.

Angl. Leontopodium. — AU. Lôwenfuss.

Ainsi que tant d'autres Rosacées, le Pied-de-lion renferme du tannin et constitue un astringent. On fait une décoction de ses feuilles ou de sa racine; on se servait autrefois de son extrait aqueux contre le relâchement du scrotum et des mamelles.

Pereira indigue, sans doute par erreur, l'A. arvensîs comme servant aux mêmes usages, car cette espèce est trop petite pour qu'on ait songé à la récolter.

L'AIchimille- vulgaire a passé à tort en Suède pour être l'antidote du Raphanus Raphanistrum, accusé de produire une intoxication désignée sous le nom de raphanie, et qui n'est peut-être que l'ergotisme.

ALCORNOQUE, BowdicMa virgilioides, Humb. et Bonpl. — Légumineuses-Gassiées.

Dans l'écorce d'Alcornoque, on doit distinguer deux médicaments : 1° les ' couches externes, rougeâtres, contiennent du tannin et sont astringentes; 2° les couches internes, chargées d'une gomme-résine jaune analogue à celle du Cambogia Gulta et teignant la salive en jaune, ont la vertu émétique.

Les Indiens de l'Amérique du Sud, qui administrent l'Alcornoque à doses massives, paraissent en retirer parfois de bons effets dans les maladies de poitrine. Mais en Europe on n'a rien observé de semblable; et ce médicament est complètement abandonné depuis quarante ans.

ALKÉKEKGE, Physalis Alkekengi, L. — Solanacées. Angl. Wintercherry. — AU. Judenkirsche.

Le Coqueret est franchement amer dans ses organes de végétation, sucré et acide dans ses fruits, qui sont des baies d'un rouge orangé, comestibles et servies sur les tables en Angleterre et dans les pays aUemands.

L'amertume est due, au moins en partie, k une matière résinoïde, \a.physaline (Dessaigne et Chautard).

Les parties douées d'amertume sont indiquées dans les cas où se donnent les amers dépuratifs, et spécialement le Solanum Dulcamara, qui est de la même famUle. Les baies, au contraire, sont diurétiques. La plante entière peut être administrée avec avantage lorsque l'indication de pousser aux urmes se rencontre chez des sujets cachectiques. D'après les observations de Gazm, il semble que YAlkékenge agisse un peu à la manière du sulfate de quimne. Gendron avait déjà cru y voir un succédané de ce médicament héroïque, mais ses espérances ont été déçues.

En définitive, le Coqueret n'est usité qu'en qualité de diurétique, principa-

ALOÈS SOCOTRIN. 9

lement dans la gravelle, la goutte et les hydropisies. Il doit à la couleur de ses fruits d'avoir été conseillé contre la jaunisse à l'instar de la tisane de carotte ou de garance. Ses organes de végétation s'administrent en poudre à la dose de 4 à 20 grammes; les baies en infusion ou en pulpe, celle-ci à la dose de 30 à 60 grammes. On les mange également en nature, et l'en prépare avec la plante un vin qui en reproduit assez bien les qualités diurétiques.

ALLELUIA. — Voy. SURELLE.

ALLIAIRE, Sisymbrium AUiaria^ Endl. ; Erysimum Alliaria, L. — Crucifères.

Angl. Sauce alone. — AU. Knobelauchkraut.

Cette Crucifère, commune dans les lieux ombragés, doit son odeur à une huile essentielle analogue à celle de l'ail, ou sulfure d'allyle. Il en résulte une étroite analogie d'action entre les deux plantes. Mêmes effets irritants locaux, même stimulation générale, mêmes modifications des sécrétions qui entraînent l'essence altérée.

Aussi VAlliaire a-t-elle été employée comme excitant, rubéfiant, antiscorbutique, anticatarrhal, antiseptique et vermifuge.

ALOÉS SOCOTRIN. Fourni par 1*^4^06 socclrina, Lamk, DG. A. Barbade ou de la Jamaïque, Aloe vulgaris et A. sinuata, Lamk. DG.; Et A. DU Gap, Aloe ferox, Lamk. A. horrida, A. spicata, Thuub. et A. linguœformîs, L., fam. des Liliacées.

Angl. Aloes. — AU. Aloe. '

Outre ces variétés, il en existe un grand nombre d'autres dans la matière médicale, notamment VAloès hépatique et VA-loès caballin, autrement dit fétide, réservé pour la médecine vétérinaire. L'Aloès barbade purge à trèspetite dose et paraît le plus actif de tous.

Composition. — h'Aloès renferme un principe amer et une résine de couleur puce (Braconnot). Il faut y joindre un peu d'albumine, et, d'après Trommsdorff, une trace d'acide gallique.

Le principe amer {aloïne, Smith; aloésine, Pfaff; matière saponacée, Trommsdorff) est une substance quaternaire azotée, brune, amère, peu soluble dans l'eau, bien soluble dans l'alcool pur.

La résine, au contraire, se dissout dans l'alcool, l'éther et les solutions alcalines.

Enfin, ce que Trommsdorff a pris pour de l'acide gallique constitue un principe spécial : l'acide alocsique.

Valoine, substance cristallisable^ retirée par les frères Smith, représenterait suivant eux les propriétés de l'Aloès avec une puissance quatre ou cinq fois plus grande. Garrod établit aussi que le principe soluble est un purgatif puissant, donnant lieu à des coliques, tandis que la résine insoluble

dans l'eau, loin de posséder les propriétés irritantes qu'on lui attribue, est un agent de faible intensité. Toutefois Ed. Robiquet et Vigla pensent que l'action purgative réside dans les produits de sa transformation.

Action physiologique. — Les Aloès possèdent tous une saveur amère plus ou moins nauséeuse et une odeur douceâtre ou forte et désagréable. Quand on en laisse se dissoudre dans la bouche avant d'avaler, l'impression sur les premières voies est suivie d'un sentiment de dégoût et d'horripilation.

Parvenu dans l'estomac, l' Aloès agit à peu près comme font les amers et ouvre l'appétit. Ultérieurement il produit des effets purgatifs offrant quelques particularités qui les distinguent. D'abord ces effets sont très-lcmgs à se montrer : cinq ou six heures chez l'homme, quinze à vingt chez le cheval. Ensuite ils se caractérisent par l'évacuation d'une grande quantité de bile. Enfin ils s'accompagnent d'une irritation marquée et d'une fluxion sanguine de la fin de l'intestin.

Ces phénomènes sont diversement interprétés. Wedekind, dont l'opinion prévalait naguère, suppose que pour déterminer ses effets cathartiques, l'aloès doit être préalablement absorbé et porté dans le foie, dont il excite alors la sécrétion.

Il s'appuie sur la lenteur des résultats, soit qu'on administre le médicament par la bouche ou par le rectum; sur la manifestation de deux purgations successives lorsqu'on associe l'aloès à un sel neutre ; sur l'absence d'effets quand la bile fait défaut dans l'intestin, chez les icténques; sur l'existence du maximum d'action chez les sujets bilieux et sur la possibilité d'obtenir les effets purgatifs par une application topique en dehors des voies digestives. Ces circonstances comportent d'autres interprétations.

En premier lieu, si les selles, se font attendre, cela peut tenir à la lenteur avec laquelle se font les réactions (sécrétion et contraction réflexes) de l'appareil biliaire à la suite des impressions faites sur l'orifice inférieur du canal cholédoque et la muqueuse du voisinage. En second lieu, il est difficile de comprendre que l'absorption de l' Aloès puisse s'effectuer en présence du sulfate de soude, qui excite rapidement l'hypercrinie intestmale et 1 expulsion des matières alvines ; mais si, dans ces conditions, deux purgations s'observent réellement, on peut les expliquer aussi Lien par un effort naturel de la glande hépatique à la suite de toute purgation, ou par la présence dans le duodénum d'une certaine proportion daloes, qui n a pas ete entraîné en même temps que le flot séreux provoqué par le sel neutre. Troisièmement, l'inefficacité de l' Aloès, quand les voies biliaires sont obi. érées, prouve simplement que le flux bilieux a sa part une part peut-être prépondérante dans l'irritation intestinale d'où dépendent l'hypercrinie et l'expulsion réitérée des fèces, ou bien que labile est un dissolvau du pria-

' • "1 V.>Uh^ niilR -narce au'il favorise l'action de celte résine cipe resinoide de 1 aloès, utile parce qu n ,

et parce qu'il rend plus libre la substance soluble dans l eau. Dès lors U t facile de comprendre pourquoi les polycholiques sont mieux purges que e utres. Quant à la possibilité d'obtenir des effets purgatifs par une ab-

ALOÉS SOCOTRIN. H

sorption efl'ectuée à l'extérieur du corps, si elle est réelle, elle s'accorde aussi bien avec la manière de voir exposée ici qu'avec la théorie de Wedekind, carie même fait s'observe pour le tartre stibié dont personne ne songe cependant à contester l'action locale et directe sur l'estomac.

Ce n'est pas à dire pour cela que l'Aloès ne puisse être absorbé par la muqueuse intestinale, ni circuler dans le foie dont il activerait la sécrétion. Il est au contraire conforme à l'analogie d'admettre que les choses se passent ainsi, puisque l'Aloès renferme une substance résinoide assez rapprochée de celles qui entrent dans la composition de la bile. Seulement ce procédé est probablement exceptionnel.

Nous avons dit que l'abondance du flux biliaire est un autre caractère de la purgation aloétique. Cette abondance s'explique également bien dans les deux manières de voir, soit qu'on admette l'irritation duodénale et cholédoque avec la cholirrhée réflexe (Gubler), soit qu'on fasse intervenir l'absorption préalable et le transport dans le parenchyme hépatique (Wedekind). Reste la fluxion de la fin de- l'intestin.

On peut l'attribuer à l'action directe de l'Aloès sur la muqueuse rectale, à celle de la bile sur la même région ; ou bie"n la considérer comme une manifestation de la stase veineuse du foie avec retentissement sur les veines mésaraïques. Suivant toute apparence, ces trois causes se réunissent pour produire le phénomène. Il fâut encore y joindre la prédisposition du sujet aux congestions hémorrhoïdales. Cette congestion de la fin de l'intestin et de l'appareil uro-génital a pour conséquence l'irritation de ce dernier système organique et l'excitation génésique. Il en peut résulter encore des hémorrhagies vésicales et la ménorrhagie ou des épistaxis utérines.

L'absorption de l'Aloès étant nécessairement inverse de son action purgative, il ne doit en pénétrer que très-peu dans les racines de la veine porte, et l'élimination doit avoir lieu directement par la glande hépatique, sans qu'aucune portion, arrivée dans la circulation générale, puisse exciter le rein. Cependant, la diurèse s'est montrée quelquefois accrue à la suite d'un purgatif aloétique.

Quand l'Aloès est administré à doses assez fortes pour devenir énergiquement purgatif, il donne lieu indirectement à la faiblesse, au ralentissement du pouls et à l'abaissement de la température que produit toute spoliation de même valeur. Contrairement k l'assertion de Giacomini, l'Aloès n'est donc pas un hyposthénisant direct.

Substances auxiliaires et synergiques. — Les autres résines ou gommes- résines purgatives, principalement la gomme gutte, le calomel, qui provoquent également le flux de b^le, sont des auxiliaires souvent associés à l'Aloès dans les nombreuses formules dont il est l'objet. Le sulfate de fer, selon Christison, accroîtrait l'abondance des évacuations alvines.

Les alcalins sont adjuvants en ce sens qu'ils favorisent la solution des substances résineuses; les aromatiques parce qu'ils empêchent les coliques.

Substances antagonistes, incompatibles. — Les narcotiques contra-

rient les effets de l'Aloès comme ceux de tous les purgatifs; les acides ne sont pas favorables à son acLion. Les huiles essentielles en sont peut-être des correctifs, mais on ajoute sans preuves suffisantes que le savon et les alcalis diminuent les effets purgatifs de l'Aloès.

Usages. — L'Aloès, à petites doses, est employé comme apéritif et stomachique dans l'anorexie et la dyspepsie liées à l'atonie stomacale et à la pénurie de la sécrétion biliaire.

A doses plus fortes, il est très-fréquemment usité comme purgatif. On doit le préférer à d'autres chez les sujets phlegmatiques dont la muqueuse digestive est torpide, la tunique musculaire atone, et lorsqu'on veut faire couler la bile, déterminer l'effort menstruel ou l'activer; enfin, pousser aux hémorrhoïdes et les rendre fluentes.

Il est contre-indiqué toutes les fois qu'il existe de l'entéro-colite, de l'hépatite, des varices du col vésical et des hématuries, des métrorrhagies congestives, de la tendance k l'avortement, ou bien quand on n'a aucun intérêt à provoquer un flux hémorrhoïdal et qu'on craint d'exaspérer des hémorrhoïdes enflammées.

Il est superflu de faire remarquer,, après Trousseau et Pidoiix, que l'Aloès ne crée pas des hémorrhoïdes de toutes pièces, et que, sans la disposition organique préalable, il donnerait plutôt un flux dysentérique qu'un bourrelet variqueux de la veine mésaraïque inférieure. Ce purgatif n'engendre pas davantage un ovule, il ne fait que décider une congestion sanguine, la rupture de la vésicule de Graaf et l'hémorrhagie utérine qui signale la dernière phase de l'ovulation spontanée. Toutefois l'Aloès à doses faibles et répétées peut, en maintenant Thypérémie des veines et de l'appareil génital interne, favoriser la nutrition et la maturation de l'ovule prédestiné; de même que la phlegmasie chronique d'une articulation ou du squelette d'un membre occasionne le développement luxuriant du système

pileux de la région. i>ai x

En qualité de drastique et peut-être par une action spéciale, 1 Aloès exerce, dans certaines conditions, une action vermifuge contre les ascarides lombricoïdes, et mieux encore contre les oxyures, lorsqu'il est porte directement dans le rectum.

L'action topique de l'Aloès était autrefois mise à contribution pour tonifier les ulcères et les surfaces muqueuses enflammées et affectées de suppuration. , ,, . , s ^ „

Maintenant, les effets directs et immédiats de 1 Aloes peuvent être recherchés pour des objets différents et au milieu de circonstances diverses, ce qui multiplie singulièrement le nombre des conditions morbides ou son emploi peut être avantageux. Ainsi l'Aloès est indiqué dans la multitude des cas où les purgatifs sont utiles. L'hypercrinie biHeuse et muqueuse, la fluxion sanguine qu'il détermine, détournent une autre fluxion ou tarissent un catarrhe sur un autre point. De cette façon, les aloétiques, dont 1 action primitive est assez simple, deviennent, dans les mains du tacticien nabile, les

ALOÈS SOGOTIN. ^3 instruments efficaces de la révulsion, de la dérivation et de plusieurs autres médications qui, bien qu'armées du même moyen, sont cependant distinctes, et par le but qu'elles se proposent, et par le procédé à l'aide duquel elles

s'efforcent de l'atteindre.

Modes d'administration et doses. — Entièrement soluble dans l'alcool, l'Aloès s'administre quelqiiefois en teinture vineuse ou alcoolique. Plus souvent ou le donne en pilules. On le prescrit à des doses variables de 5 centigrammes à 1 gramme, pur ou associé à d'autres agents synergiques ou adjuvants. Les doses les plus faibles conviennent lorsqu'on veut simplement exciter l'appétit et stimuler les fonctions digestives. Il faut augmenter la masse quand on veut obtenir les effets purgatifs ou fluxionnants.

1» Gomme apéritif et stomachique l'Aloès peut être donné sous forme de :

Pilules ante cibum, ou grains de vie. — Chaque pilule de 20 centigrammes contient environ 10 centigrammes d'Aloès, 5 centigrammes d'extrait de quinquina, une proportion trois fois moindre de cannelle, environ 2 centigrammes, le reste étant représenté par du sirop d'absinthe.

Pilules ou grains de santé du docteur Franck. — On suppose que la pilule de 10 centigrammes était, en majeure partie, formée d'aloès. Dans la formule généralement suivie, chaque pilule contient de 3 à 4 centigrammes d'aloès et de résine de jalap, et à peine un centigramme de rhubarbe avec du sirop d'absinthe.

2» Comme purgatif il convient de donner :

Pilules d'Anderson ou écossaises. — Chaque pilule de 20 centigrammes contient environ 8 centigrammes d'aloès, autant de gomme -gut te; le reste en essence d'anis et sirop de sucre. Deux k six pilules.

Pilules hydragogues de Bontius modifiées. — Elles sont également de 20 centigrammes, et renferment parties égales d'aloès, de gomme-gutte et de gomme ammoniaque. Deux à six.

Lavement d'aloès (Clark). Poudre d'aloès, 5 grammes ; décoction d'avoine, 300 grammes.

Contre les ascarides et pour provoquer les hémorrhoïdes.

3° Comme emménagogue, l'Aloès entre dans trois préparations principales:

Pilules de Rufiis. — Elles sont de 20 centigrammes, dont 10 centigrammes d'aloès, 5 centigrammes de myrrhe et 25 milligrammes de safran; de plus, du sirop d'absinthe.

De cinq à dix comme purgatif emménagogue.

Êlixir de propriété de Paracelse. — Ce n'est, pour ainsi dire, qu'une teinture alcoolique faite avec la masse pilulaire de Rufus.

Pilules a'aloès et de fer. (Pereira). — Chaque pilule, d'environ 32 centigrammes, contient approximativement 6 centigrammes de sulfate de fer, 4 centigrammes d'aloès barbade, et le reste en poudre aromatique et conserve de roses rouges. De une à trois pilules comme emménagogue dans l'aménorrhée atonique, chlorotique.

On prescrit encore l'Aloès en collyre, injection, lotion et pommade.

AMANOES AMÈRKS. Semences de VAmygdalus communis^ var. amara, L. — Rosacées-Amygdalées.

Angl. Biller Almonds. — AU. Billere Mandein.

Composition. — Les Amandes amères se distinguent des autres, non par une quantité indéterminée d'huile volatile spéciale et même d'acide cyanhydrique, comme le croyait Yogel, mais par la présence d'une substance, Vamygdaline (Robiquet et Boutron), susceptible de donner naissance k ces deux principes actifs en présence d'un ferment nommé émulsine (Wôhler et Liebig) ou synaplase (Robiquet).

L'essence d'Amandes amères (C^H^O^) est un liquide incolore dont l'odeur, analogue à celle de l'acide cyanhydrique, rappelle parfaitement celle des amandes amères qu'on mâche, celle du kirsch ou d'une infusion de feuilles de laurier-cerise. Elle est soluble dans 30 parties d'eau, et en toute proportion dans l'alcool ou l'éther.

Dussart a obtenu une essence artificielle identique avec l'essence naturelle en traitant l'hydrure de benzoïle par l'acide cyanhydrique.

Gomme l'eau distillée de Laurier-cerise, l'essence d'Amandes amères atténue ou fait cesser l'odeur d'un grand nombre de substances organiques. J'ai fait à cet égard des expériences démonstratives sur des essences hydrocarbonées ou sulfurées, sur les préparations de valériane, sur des produits animaux empyreumatiques ou fétides, enfin sur le castoréum et le musc; mais je dois dire que si j'ai réussi à supprimer un certain nombre d'odeurs, il en est d'autres qui n'ont été qu'effacées et que celle du musc a résiste plus que toutes les autres.

Propriétés physiologiques — Les Amandes amères doivent leur vertu à leur huile essentielle et à l'acide cyanhydrique, dont les propriétés sont d'ailleurs fort analogues. L'essence, est un poison sensiblement aussi violent que l'acide prussique médicinal. Outre son odeur agréable, elle possède un goût amer et âcre. Un stylet trempé dans cette essence et porté sur la langue produisit instantanément, chez B. Brodie, une souffrance singulière au creux de l'estomac, accompagnée de faiblesse des membres et d3 perte de la contractilité musculaire. Des doses croissantes amènent des nausées et des vo- ■ missements, quelquefois des évacuations alvines, un tremblement gênerai et une éruption d'urticaire à répétition, si la guérison a lieu; ou bien des contractions convulsives, l'insensibilité, la perte de la parole, le coma et la mort Elle s'oxyde dans la circulation (Wôhler et Frerichs, Mitscherlich), et se retrouve dans l'urine à l'état d'acide hippurique. ^

Substances synergiques auxiliaires. - Les substances végéta es qui renferment la même essence que les Amandes ameres : ainsi les a^^andes d un grand nombre de fruits de Rosacées, les fleurs de quelques espèces de cette famille, les feuilles du Cerasus Lauro-Cerasus, peuvent remplacer les Amandes amères. L'acide cyanhydrique agit dans le même sens.

Les composés chimiques qui entravent les oxydations, tels que acide arsénieux ou les antimoniaux, les toniques sédatifs du système yasculaire et les

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