‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 132 sur 293 · THE · texte numérisé non relu

THE

Action physiologique. — Les effets du Thé sont fort analogues à ceux du Café (voy. ce mot). Le tannin, dont il renferme 8,5 pour 100, lui donne des propriétés astringentes et toniques ; la Théine ou caféine lui communique des qualités stimulantes qui se traduisent par l'accélération des battements du cœur, l'accroissenaent de l'activité cérébrale et l'insomnie.

Toutefois, dans certaines conditions, le Thé sèmble exercer un pouvoir sédatif sur le système vasculaire, et augmente la diurèse à la manière de la Digitale. Le premier effet me semble alors une conséquence de l'action exercée sur le rein.

A haule dose et chez des sujets prédisposés, le Thé donne lieu à des sensations pénibles, et agit comme narcotique. Une forte infusion de cette plante introduite dans l'abdomen d'une grenouille, a causé la paralysie du train de derrière (Lettsom). Malgré la différence de ces effets, le Thé, ou plutôt la Théine me semble une de ces substances dynamophores , type des véritables corroborants, qui cèdent de la force aux appareils d'innervation, et remplacent momentanément les aliments de la combustion respiratoire.

Substances synergiques. — En qualité de dynamophore, le Thé a pour synergiques, le Café, le Cacao, le Guarana ou Paullinia, le Maté, la Coca, l'électricité, et pour analogues, les alcooliques, les stimulants, la chaleur.

Par son action sur l'appareil uropoïétique et consécutivement sur le système vaso-moteur, il se rapproche des diurétiques toniques.

Substances antagonistes. — Ce sont les nauséants, les stupéfiants, les réfrigérants (voy. Café).

Usages. — Le Thé est surtout usiké comme aliment. Ses feuilles, infusées dans l'eau bouillante, donnent une boisson aromatique et stimulante, d'un goût agréable et fort recherchée des peuples qui habitent les contrées froides et humides du globe.

A titre médicamenteux, le Thé est cependant employé très-souvent dans les indigestions ou dans les affections qui réclament l'emploi des stimulants diffusibles et des sudorifiques. Dans ce dernier cas, l'ingestion d'eau trèschaude est plus utile encore que la présence de la théine.

En qualité de diurétique, le Thé est favorable aux personnes dont les urines sont rares et chargées, aux goutteux et aux graveleux, ainsi qu'aux hydropiques. Mais j'ai remarqué que l'infusion du Thé pousse davantage aux urines quand elle est prise immédiatement après le repas et que le sujet évite la chaleur et les causes de sudation.

Gomme stimulant du système nerveux central, on l'emploie, ainsi que le Café, dans le narcoti^me thébaïqne^ et Gluttqrbuch le conseille pour dissiper la stupeur des fièvres graves. D'un autre côté, son action vaso-motrice l'a fait recommander par T. Percival et Pereira dans les maladies fébriles et mflammatoires, où il paraît avoir donné de bons résultats. Enfin, l'infusion de Thé sert, par son tannin, k neutraliser les effets toxiques des alcaloïdes végétaux 8t des substances qui en renferment.

Modes d'administrahon et doses. — Rarement on mâche des feuilles de Thé. Presque toujours, au contraire, on les pren4 en infusion h la dose de 4 à 12 grammes pour 500 grammes d'eau bouillante.

La dose doit varier non-seulement suivant les conditions individuelles et suivant le résultat qu'on veut obtenir, mais aussi suivant l'espèce de Thé employé. Le Thé vert, étant de beaucoup le plus excitant, doit être pris en quantité plus faible. Il sert à faire un collyre astringent.

On fait quelquefois usage de pastilles ou bonbons de Thé, qui ne sont pas de simples friandises, mais peuvent rendre des services réels, soit pour ranimer les forces, soit pour apaiser instantanément, chez certains gastralgiqties, le sentiment de la faim qui n'est alors qu'une hallucination de l'estomac. Certaines pastilles chinoises qui ont sans doute pour base le Thé, dont elles reproduisent le goût exalté, avec un mélange de saveur d'extrait de réglisse, sont éminemment stomachiques et je les ai trouvées d'une puissance incomparable dans la dyspepsie atonique, flatulente.

THÉ DU PARAGUAY. — Voy. MaTÉ.

THYM, Thymus vulgaris^ L. — Labiées.

Angl. Common or garden Thyme. — AU. Gemeiner Thymian.

Ce sous-arbrisseau habite les terrains calcaires ou le bord de la mer, dans le midi de la France et le sud-ouest de l'Europe.

Composition. — Les principaux constituants de cette Labiée sont : huile volatile, tannin, principe amer et fibre ligneuse. L'/mt/e esse?î(ie//e de Thym, d'abord rouge, devient blanche par une seconde distillation. Elle se compose, selon Lallemand, du Thymène, essence liquide, isomérique, avec celle de Térébenthine, et du Thymol, stéaroptène peu différent du Camphre proprement dit.

Action physiologique. — Usages. — Les principales propriétés du Thym dépendent de son huile volatile, qui est fragranfe et agréabk, et lui donne les qualités des stimulants diffusibles et des aromatiques en géiréral (voy. Camphre et Essence de Térébenthine).

La plante entière possède en outre les qualités toniques des amers astringents. On l'emploie, comme condiment aromatique et comme moyen d'éloigner les insectes. On en prépare une infusion stimulante et des bains fortifiants.

L'huile essentielle de Thym se prescrit par gouttes sur du sucre, ou en potion. On en imbibe aussi du colon pour l'appliquer sur les dents eariées et en cautériser la pulpe nerveuse.

Dans ces derniers temps on a préconisé l'acide thymique (C*'H"0') comme antiputride à l'égal de l'acide phénique sur lequel il a l'avantage d'une odeur agréable. Il a donné d'excellents résultats entre les mains dB' plusieurs chirurgiens français pour 1«B pansements des plaies à la suite des amputations.

Page 1