TORMENTILLE
TILLEUL,, Tilia europxa, L. — Tiliacées.
Angl. Lime-tree. — aU. Linde.
Le Tilleul est indigène dans une grande partie du continent européen. Il en existe plusieurs variétés élevées au rang d'espèces : le Tilleul à petites feuilles (Tilia microphy lia, ail. Kleinblâlterige oder Winter Linde), et le Tilleul à grandes feuilles {Tilia plaiyphylla, ail. Sommer Linde).
Les fleurs sont à peu près la seule partie de cet arbre employée en médecine. Les meilleures sont celles du Tilleul à petites feuilles. Elles possèdent une odeur agréable, qu'elles doivent sans doute à, la présence d'une huile essentielle et sont très-recherchées comme antispasmodique. C'est un remède populaire dans les indispositions qui dépendent d'un état nerveux, d'un refroidissement ou d'une indigestion. Mondées de leurs pédoncules et de leurs bractées, bien séchées et conservées à l'abri de l'humidité, elles donnent une infusion d'une odeur suave et d'un goût extrêmement agréable, que Mérat et de Lens conseillent de substituer à celle du Thé de Chine pour l'usage alimentaire.
Les fleurs de Tilleul sont fréquemment associées à la fleur ou à la feuille d'Oranger, pour servir à la préparation d'une infusion calmante et antispasmodique. On en met une pincée pour 150 à 200 grammes d'eau bouillante.
L'Eau distillée de Tilleul est souvent employée en potion à la dose de 60 à 120 grammes,
TONKA (fève). Semence du Coumarouna odorata, Aublet. — Légumi-
THEUSES-GeOFFRÉES.
Le Coumarou est un arbre de Cayenne, dont la semence ou haricot offre une saveur amère avec l'odeur exaltée du Mélilot.
Composition. — D'après Bouliay et Boutron-Gharlard, la Fève tonka renferme : matière sucrée fermentescible, acide malique libre, malate acide de chaux, gomme, matière grasse ou coumarin, amidon, sel ammoniacal, et ligneux. Le Coumarin est un principe odorant, ' voisin des huiles essentielles, et primitivement confondu avec l'acide benzoïque.
Usages. — La Fève tonka sert de parfum. On en met dans le Tabac à priser et dans les bardes pour les préserver des insectes.
TORMEi\TiLLE, Tormentilla erecta, L. ; Potentilla Tormentilîa, TiQ. —
ROSACÉES-D RY ADÉES .
Angl. Tormentil, Septfoil. — Ail. Aufrechte Rolhwurz, Euhrwurz.
La Tormentille est conamune dans les bois et les pâturages secs. Sa racine est la partie usitée en médecine.
Composition. — Meissner y a constaté : huile volatile, résine, cérine, myricme, tannin, matière colorante, gomme ou pectine, extractif et fibre ligueuse. En outre, Rembold en a retiré, sous forme d'une poudre cristalline, de l'acide quinovique identique avec celui des quinquinas.
Action physiologique. — Usages.»— La racine de Tormentille doit au tannin ses propriétés astringentes et toniques. C'est un des meilleurs astringents indigènes. On l'emploie dans la diarrhée et la dysenterie chroniques, les h^morrhagies passives et l'hématurie des troupeaux, ainsi que contre la fièvre intermittente. Elle peut servir également à favoriser la diurèse dans les oliguries par congestion rénale.
A l'extérieur, on en fait usage contre la leucorrhée, les ulcères baveux, le ramollissemement des gencives, les contusions et les épanchements sanguins.
h&racine de Tormentille se prend en poudre, à la dose de 2 à 4 grammes. La décoction de 60 grammes de substance dans un litre d'eau se prend à la dose de 30 à 60 grammes, comme tonique astringent et diurétique. On s'en sert aussi en lotions, fomentations el injections.
La Tormentille entre dans la composition de la Thériaque et du Diascordium .
TRÈFLE D'EAU. — Voy. MÉNYANTHE.
TURBITH VÉGÉTAL. Ipomœa Turpethum, Brown. — Convolvulacées.
Angl. Indian Jalap Turpelh. — AU. Turbethwurzel.
Le Convolvulus Turpethum croît dans les Indes occidentales.
Composition. — La racine, analysée par Boutron-Charlard, a donné : huile volatile, résine, matière grasse, albumine, fécule, matière colorante jaune, ligneux, sels et oxyde de fer.
Action physiologique. — Usages. — Le Turbith végétal est purgatif comme ses congénères. Il agit lentement, k la manière de l'Aloès, et sa puissance est inférieure à celle du Jalap. On ne le prend guère maintenant, mais c'était autrefois le cathartique des maladies chroniques, de la paralysie et de la goutte.
On employait ïextrait de Turbith à la dose de 1 gramme à 1«%50, et la résine pure à dose moitié plus faible. Cette racine entrait dans un certain nombre de préparations officinales tombées en désuétude.
TUSSILAGE ou pas-d'awe, Tussilago Farfàra, L. — Composées ou Synanthérées-Eupatoriées.
Angl. ColCs-foot. — k\\. Hufiatlich.
Le Pas-d'dne croît communément dans les terres argileuses, humides et dénudées. En France, nous ne nous servons que de ses fleurs, mais en Allemagne ses feuilles sont d'un usage plus habituel.
La plante tout entière est amère-astringente et mucilagineuse; elle est donc à la fois tonique et béchique. Aussi le Pas-d'âne est-il fréquemment employé mêlé aux trois autres fleurs pectorales pour calmer la toux {Tussilago) et faciliter l'expectoration dans les rhumes et les catarrhes bronchiques.
ULMAIRE OU BEINE-DES-PRÉS. 413
Les fleurs du Tussilago Farfara se donnent en infusion (une pincée pour un litre d'eau bouillante). Elles entrent dans le Sirop cfErysimum et dans celui de grande Consoude. Le sirop, la conserve et l'eau distillée sont inusités.
Les feuilles pilèes forment un cataplasme émollient; leur suc se donne contre la toux.
ULMAIRE OU REiME-DES-PRÉS, Spivasa Ulmaria, L. — Rosacées- Spirêacées.
Angl. Dropivort, Queen of the meadow. — Ail. Geisbart^ Wiesenspiersîaude.
La Reine-des-prés est commune dans les herbages humides et au bord des eaux.
Cette plante, dont les feuilles sont astringentes, est douée par conséquent de propriétés toniques et resserrantes, auxquelles on a recours dans les diarrhées et la dysenterie chroniques. Quant aux fleurs, elles possèdent une odeur agréable, due à uue huile essentielle dont la formule C^H^O' est aussi celle de l'acide salicyleux, l'un des produits de transformation de la salicine.
En qualité d'astringent, la Spirée ulmaire devient, en certaines circonstances, un diurétique utile, et l'on peut en recommander l'usage dans les affections organiques du cœur, le diabète albumineux ou maladie de Bright, les hydropisies et les hypérémies rénales avec diminution de la sécrétion urinaire. Comme le tannin réside principalement dans le système foliacé, ce sont, à ce titre, les feuilles d'Ulmaire qu'il faut conseiller en infusion prolongée à la dose de 4 à 8 grammes pour un litre d'eau bouillante.
Mais généralement on emploie l'infusion de fleurs qui, bue très-chaude, peut amener la diaphorèse, et qui, à une température moins élevée, agit comme diurétique.
Les observations des chniciens sont à cet égard concordantes (Teissier de Lyon, Gubler, etc.). Cette action diurétique n'a rien qui doive surprendre si l'on réfléchit que l'essence de Reine-des-prés se rapproche non- seulement par son odeur mais aussi par sa composition des médicaments cyaniques dont elle partage sansdoate les propriétés. Il est probable que, comme l'essence d'Amandes araères G"H''0', elle exerce une action sédative sur le système, et qu'après s'être oxydée elle passe dans les urines à l'état d'acide hippurique. Tels seraient, je pense, les deux moyens à l'aide desquels le principe actif des fleurs d'Ulmaire déterminerait un accroissement de la sécrétion rénale.
Outre l'infusion on emploie l'eau dislillce, V extrait, le sirop et la teinture tl™aire (Lepage), ainsi que la teinture d'acide salicyleux et le sirop sali-
414 SUBSTANCES TUaÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
cijlique avec diverses préparations de salicylates de potasse et de soude de Hajinon.
uvÀ. unsi. — Voy. Bussérole.
VALÉRIANE CELTIQUE, Yaleriam celtica, L. — Valérianées. Angl. AUea Nard. — Ail. Bergbaldrian.
La Valériane celtique habite les Alpes méridionales, appelées Celtiques par les anciens, depuis le Piémont jusqu'en Istrie.
Sa racine, d'une odeur moins forte, d'une saveur moins âcre et moins amère que celle de la Valériane officinale, est en même tem;;s plus aromatique. Associée à la racine du Valeriana saliunca, Ail., elle constitue en partie le Spicanard usité en Afrique et en Orient pour se parfumer le corps et pour aromatiser les ijains. Mais le vrai Spicanard des anciens est {ourni par le Valeriana Jatamansi, Roxb. [Nardostachys JatamOnsi^ DG.).
La Valériane celtique, dont l'action physiologique et les vertus thérapeutiques sont analogues à celles de la Valériane officinale (voy. ce mot), est employée contre l'hystérie et l'épUepsie. Elle est un des ingrédients de la Thériaque et du Milhridale.
VALÉRIANE PHU, Valeriana Phu,lj. — Valérianées. Angl. Garden Valerian. — Ail. Garden Baldrian.
La Valériane Phu habite les hautes montagnes de l'Europe, la Sibérie, etc. , mais on la cultive comme plante d'ornement, sous le nom de Valériane des jardins.
Ses propriétés sont à peu près celles de la Valériane officinale, que pourtant elles n'égalent pas. Les Baskirs la considèrent comme un puissant fébrifuge.
VALÉRIANE SAUVAGE, Valeriana o/Jîcinalis, L. — Valérunées. Angl. Officinal Valerian. — AU. Baldrianwurzel.
La Valériane officinale est dite sauvage par opposition à la précédente, parce que, se trouvant presque partout en Europe à l'état spontané, elle n'est pas l'objet d'une culture.
Composition. — L'analyse de Trommsdorff établit de la manière suivante la constitution chimique de la racine de Valériane : huile volatile et acide valérianique, amiiion, albumine, matière extractive (valérianine), exlraclif jaune, résine mollé balsamique, mucilage, valérianate de potasse, raalate de potasse et de chaux, sulfate et phosphate de chaux, silice et fibre hgneuse.
L'huile volatile de Valériane, non rectifiée, se compose de cinq principes immédiats dont deux fondamentaux : la. Bornéine, isoraérique avec l'essence