ACIDE ARSÉNIEUX, OXYDE BLANC D'ARSENIC, ARSENIC BLANC
A la faveur de cet entraînement, ainsi que de la pre'caulion de nettoyer les premières voies par un vomi-purgatif et du soin apporté dans la graduation des doses et la fixation des intervalles des prises, Boudin, Maillot, Fremy et un grand nombre de médecins français et étrangers, ont obtenu d'excellents résultats de l'emploi de l'Arsenic dans le traitement des fièvres palustres et des névralgies intermittentes, probablement de celles qu'on nomme congestives (Gubler). L'Arsenic semble même avoir sur la quinine l'avantage de s'opposer plus longtemps aux récidives (Boudin, Fremy), sans doute, dirions-nous, à cause de sa permanence dans l'économie comme partie intégrante des tissus.
Malgré tant et de si bons témoignages l'Arsenic est certainement très-inférieur à la quinine comme fébrifuge, et je ne conseillerais pas d'y recourir contre des accès pernicieux. Son véritable rôle dans les affections palustres me paraît être celui d'un sédatif, d'un reconstituant indirect, et l'opportunité de son emploi existe dès qu'il s'agit non plus de combattre la fièvre dans sa vigueur, mais d'en effacer les traces, de restaurer un organisme épuisé et de le mettre autant que possible à l'abri des rechutes.
L'Arsenic a rendu également des services dans l'épilepsie (E. Alexander, Harless), dans la chorée (Rayer, Aran, Roger, Barthez, Wannebrouck, Millet (de Tours), Gillette, etc.), dans d'autres névroses graves (Teissier, de Lyon), dans l'asthme (Dioscoride, G. Weith, Koepl), dans la congestion cérébrale (Lamare-Picquot). On l'a beaucoup préconisé contre les dartres invétérées, surtout celles de forme squameuse, et plusieurs dermatologues paraissent avoir à s'en louer (Willan, Biett, Gazenave, Devergie, Hardy) . ^ Bazm considère l'Arsenic comme le meilleur agent curatif des manifestations de la diathèse herpétique ou de la dartre proprement dite, et conseille expressément les préparations arsenicales ou les eaux minérales renfermant des proportions notables d'Arsenic contre le lichen, le psoriasis et la lèpre. Comme le savant médecin de l'hôpital Saint-Louis, je crois à l'utililé de ce médicament dans certaines formes de dermatoses, abstraction faite de leur nature étiologique, seulement la démonstration péremptoire de cette efficacité est difficile à établir, en raison de la part que les applications topiques, les bams par exemple, et les conditions hygiéniques peuvent prendre à la guérison ou à l'amélioration des sujets dartreux soumis soit à un traitement pharmaceutique, soit à une cure hydriatique aux thermes de La Bourboule ou dans une autre station analogue.
Les mêmes réserves doivent être faites à propos du traitement du rhumatisme chronique et surtout du rhumatisme noueux ou plutôt toruleux (iiubler), par les bains alcalins additionnés d'arseniate de soude (N Guénau de Mussy).
Il peut être utile encore dans les affections pulmonaires pour enrayer le travail inflammatoire et la fièvre hectique (Eltmuller, Beddoes, Trousseau et l-idoux Moutard- Martin, Hérard), mais ce serait se leurrer d'un vain espoir que d attendre de l'Arsenic la curation des tubercules ou de la diathèse
cancéreuse. Il serait imprudent de compter sur ses effets anthelminthiques.
Contre les produits hétéromorphes, l'Arsenic n'agit que comme topique destructeur. C'est du reste un des escharoliques les plus employés pour faire tomber les tumeurs cancér euf^es superficielles et modifier les régions cutanées affectées de lupus ou de dartres rougeanles. La plupart des praticiens, depuis frère Côme j usqu'à Manec, emploient l'acide arsénieux sous forme trèsmassive, dans la pensée de produire une désorganisation sûre et rapide, comme par les caustiques ordinaires. Dupuytren se servait de préparations plus diluées, parce qu'il croyait suffisant d'obtenir une violente phlegmasie. Nous pensons, de notre côté, que des doses mitigées donneraient de bons résultats, pourvu que le poison fût assez concentré pour tuer localement les éléments histologiques.
Pour éviter les accidents généraux qui pourraient suivre l'absorption d'une trop grande quantité de substance toxique, il convient de n'appliquer le caustique arsenical que sur une surface restreinte, ne dépassant pas chaque fois 4 centimètres carrés.
Enfin l'Arsenic est usité comme épilatoire, mais c'est l'orpiment qui sert à cet usage.
Modes d'administbation et doses. — L'Acide arsénieux est administré à l'intérieur en solution, en poudre, en pilules, en fumîgalion, et à l'extérieur sous forme de pâtes. Dans ce dernier cas on pourrait essayer l'emploi des injections parenchymaleuses conseillées comme substitutives par Luton. La Solution arsenicale de Boudin contient 1 gramme d'Acide arsénieux par litre d'eau distillée, et se prend par doses de 10 à 20 gouttes (un demi à 1 milligramm,e du principe actif) à la fois, tous les quarts d'heure. Il est plus commode d'étendre préalablement cette solution d'une quantité quadruple de vin blanc, d'infusion de Café ou d'eau pure, et de prendre une demi ou une pleine cuillerée à café du mélange.
Pour injection intestinale, Boudin conseille 30 grammes de la solution ci-dessus, soit 5 centigrammes d'Acide arsénieux dans 100 grammes d'eau distillée.
La Foudre arsenicale (Boudin) se compose de 1 partie d'Arfenic blanc et de 2 parties de sucre. Chaque doae doit représenter un demi-centigramme dn principe actif.
Trousseau el Pidoux administrent àespilules de 2 milligrammes au nombre de deux à huit par jour. On emploie plus habituellement des granules de 1 milligramme seulement dont la nature est dissimulée sous le nom de Dioscoride et qu'on donne au nombre de 4 k 20 par jour au commencement des repas.
La Liqueur de Fowler est constituée par 5 grammes d'Arsenic blanc et autant de carbonate de potasse en solution dans 500 grammes d'eau. Elle se donne par gouttes, depuis 5 jusqu'à 20 par jour. Devergie propose de subsUtuer une solution d'Acide arsénieux et de carbonate de potasse, ââ 10 centi-
grammes, dans 500 grammes d'eau fortement teinte par la cochenille. Chaque gramme de solution ne contient que 2 décimilligrammes du principe actif. Aran a réduitencore demoitiéla proportion d'Acide arsénieux, cequi permet de doser la solution par cuillerées.
A l'extérieur, on emploie des poudres contenant des proportions diverses d'Acide arsénieux. La Poudre forte due à frère Côme, et dont celle de Rousselot n'est qu'une m odification, en'contient un huitième; la Poudre faible d'Antoine Dubois, 1/25" seulement, le reste étant formé de Sulfure rouge de Mercure, avec de l'éponge torréfiée pour la première et du Sang-dragon pour la seconde. Ces poudres peuvent d'ailleurs être employées sous forme de pâte, d'onguent ou de trochisques.
On peut aossi se servir, comme caustique d'une solution concentrée d'Acide arsénieux dans la glycérine.
Enfin l'eau arsenicale forte de la Bourboule est souvent conseillée sur place et même loin de la source pour combattre la scrofule, la dartre, les anémies et les cachexies. Les eaux arsenicales sulfurées, arsenicales ferrugineuses (Sylvanès, etc.) méritent également d'être recommandées en pareilles circonstances.
ACIDE AZOTIQUE. — Voy. AciDE NITRIQUE.
ACIDE CARBONIQUE. — Voy. AciDE PHONIQUE.
ACIDE CHLORHYDRIQUE , ACIDE HYDROCHLORIQUE, ACIDE nURIATlQUE, Acidum chlorhydricum.
Ail. Chlorwassersloffsàure.
Il' Acide chlorhydrique du commerce, qui est mêlé d'acides sulfurique et sulfureux, d'acide ni treux, de chlore, de' chlorure de fer et parfois d'arsenic, doit être réservé pour l'usage externe. On peut l'employer comme caustique et pour la préparation de pédiluves ou même de bains généraux excitants, à la dose de 32 à 125 grammes dans le premier cas, et à celle de 300 grammes dans une baignoire de la capacité de 300 litres.
Nous donnerons dans la Pharmacopée, à l'article Acide chlorhydrique DISSOUS, l'histoire physiologique et thérapeutique de cet bydracide.
ACIDE CITRIQUE, Acidum a^ricum.
Ang. Cilric Acid. Ail. Citronensàure.
L'Acide cilrique (G"H«0") est répandu, à l'état libre ou en combinaison a-veck potass-^, dans un grand nombre de fruits: cilrons, oranges, cerises, groseilles, framboises, et presque tous les fruits rouges. La tomate et les fruits des solanées lui doivent sans doute leur acidité, car Silvestri a découvert une forte proportion d'acide citrique dans une plante de la famille, originaire du Mexique, le Cyphomandra belacea. La saveur acide en est trèstorte, mais en même temps très-agréable, lorsque la dilution est suffisante.
Quant à son action physiologique et thérapeutique, elle se confond avec colle des autres acides végétaux, et généralement avec celle du citron (voy. ce mot), dont l'acide citrique est le principe actif.
L'Acide citrique est donc employé pour composer des boissons rafraîchissantes, tempérantes, utiles dans l'embarras gastrique , la fièvre de même nom, les affections hépatiques, la fièvre typhoïde et les maladies septiques ou putrides, ainsi que dans le scorbut, la pourriture d'hôpital, etc.
La Limonade citrique se prépare avec 1 gramme d'acide dans un litre d'eau, aromatisée avec quelques gouttes d'alcoolat de citron et convenablement sucrée, ou bien avec 60 grammes de Sirop d'Acide citrique, d'après la formule du Codex, avec addition d'alcoolature de citron, 15 grammes. Ce mélange constitue le Sirop de Limon; on obtient le Si7vp d'Orange, en se servant d'alcoolature d'orange pour aromatiser.
Les confiseurs préparent sous le nom de Limonade sèche une poudre composée de 1 partie d'acide citrique pour 32 parties de sucre, avec essence de citron ou d'orange q. s. pour aromatiser, dont on met une cuillerée dans un verre d'eau.
ACIDE HYDROCHLORIQUE. — Voy. AciDE CHLORHYDRIQUE. ACIDE MURIATIQUE. — A GIDE CHLORHYDRIQUE.
ACIDE I^ITRIQUE. — Voyez, dans la Pharmacopée, Acide nitrique
OFFICINAL.
ACIDE OXALIQUE, ACIDE DU SUCRE, Acidum oxalîcum.
■ Ail. Kleesaûre.
L'Acide oxalique (G*H'Û') est une hydrure d'acide carbonique. Il existe dans les aliments de l'homme : oseille, et dans les médicaments : Rhubarbe, Gentiane, Surelle, à l'état d'oxalate de potasse ou de chaux. Dans cette dernière combinaison il fait quelquefois partie de la sécrétion urinai re, et constitue les calculs muraux, heureusement fort rares dans nos climats, mais probablement plus communs chez les Lapons et autres peuples hyperboréens, qui se nourrissent en partie de lichens, généralement riches en oxalates.
Action physiologique. — A petites doses, l'Acide oxalique est rafraîchissant à la manière des autres aciduies(voy. Surelle) ; mais en masse plus considérable, de 8 à 30 grammes, par exemple, il produit des désordres qui parfois ont rapidement amené la mort. Une acidité brûlante se fait sentir dans la gorge quand on l'avale, puis s'étend dans l'œsophage et l'estomac, et, selon le degré de concentration de la liqueur, il survient des vomissements immédiats ou dans le délai d'un quart d'heure ou d'une denai-heure. Ces évacuations sont suivies de prostration générale, de tendance syncopale, de stupeur. Le pouls devient irrégulier, petit, presque insensible; la respi-