‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 178 sur 293 · FER · texte numérisé non relu

FER

dans l'estomac en quantité trop massive et sous une forme cencentree, agirait souvent comme irritant coagulant et caustique. En ce cas, il faudrait conjurer les accidents par les évacuants, les délayants,, les albummeux, les basiques, -r

Usages — Modes d'administration et doses. — Les ferrugmeux sont indiqués tour à tour comme astringents, coagulants, toniques, hémostatiques, reconstituants, etc.; mais il s'en faut bien que toutes les préparations soient également bonnes pour rendre ces différents services. L'action styptique appartient aux composés solubles; l'action coagulante et caustique, aux sels a acides minéraux puissants, spécialement au chlorure de Fer Enfin l'action hématinique, exclusivement dévolue aux préparations ou les affimtes du métal sont incomplètement satisfaites et d'où il peut s'échapper aisément pour entrer dans des combinaisons nouvelles, se rencontre pure et isolée, dans les préparations insolubles, ne pouvant pénétrer que lentement dans la circulation. F 11- 1 1

Les meilleures préparations hématiniques sont le fer metalhque, les sels de fer à acides organiques au minimum d'oxydation et particulièrement ceux dont l'acide est inoffensif ou peut même jouer un rôle utile. Citons d'abord le lactate ferreux, puis les carbonates, le citrate-, le tartrate simple et le tartrateferrico-potassique; l'oxyde ferrique tenu en dissolution par une petite proportion d'acide chlorhydrique; enfin l'oxalate ferreux (Girard). Le protochlorure de fer, plus récemment proposé, ne m'est pas encore connu.

Le Fer à l'état métallique doit être réservé poûi' la médication reconstituante, parce qu'étant insoluble par lui-même, il est privé de toute action topique immédiate, et ne peut offrir que des effets éloignés, constitutionnels. Il faut d'ailleurs l'administrer avec les aliments pour le faire dissoudre avec eux par le suc gastrique. Mêlé aux peptones, il est plus apte k devenir aussitôt partie intégrante de l'organisme.

Lorsqu'on recherche par-dessUs tout l'action tonique astringente sur la muqueuse digestive, ou quand on veut faire pénétrer rapidement une quantité considérable d'une préparation martiale pour diminuer les hypérémies, resserrer les parenchymes, suspendre les sécrétions ou arrêter les hémorrhagies, il faut s'adresser aux sels solubles, et particulièrement à ceux qui possèdent au plus haut degré les qualités styptiques : les sulfates et les chlorures de fer.

Malgré les éructations d'hydrogène sulfuré auxquelles il expose, le Fer réduit vaudra mieux que le citrate ou le tartrate, toutes les fois qu'on aura affaire à un état d'irritabilité de la muqueuse stomacale, justifiant en quelque sorte la dénomination de gastrite, ou bien dans les cas d'acor et de pyrosis. Mais, pour tout concilier, je donne la préférence à un carbonate de fer agissant par son oxyde ferreux ou ferrique- très-divisé et n'ayant pas l'inconvénient de donner lieu k des éructations nidoreuses.

On trouvera ailleurs (voy. Sulfate, PerchlorurE de fer), tout ce qui regarde l'histoire thérapeutique des préparations martiales solubles; il ne

sera question ici que du Fer métallique. Il en existe de plusieurs sortes : 1" la limaille de Fer préparée; 2° la limaille de Fer porphyrisée; 3» le Fer réduit par l'hydrogène (Miquelard et Quevenne); 4° le Fer réduit par l'éleciricilé (Collas). Ces deux derniers sont probablement équivalents.

Des différences notables existent dans les principales formes sous lesquelles le Fer se présente au praticien. La solubilité, toutes choses égales, étant proportionnelle au degré de division mécanique, la limaille se dissout plus lentement que le Fer réduit, d'où la supériorité de ce dernier, lequel, d'après les expériences si bien faites.el si précises de Quevenne, se retrouve dans le chyle en plus forte proportion qiae toutes les autres préparations chalybées. Cependant la limaille porphyrisée s'éloigne moins du Fer réduit sous le rapport de la solubilité. D'ailleurs, à part la résistance plus soutenue qu'elle oppose aux acides de l'estomac, la limaille de Fer prise chez un serrurier agit tout aussi bien que les préparations plus savantes, et ne présente aucun inconvénient, pourvu qu'elle soit exempte de limaille de cuivre. ■ Le Fer métallique ne pouvant se dissoudre et s'absorber qu'à la faveur des acides des premières voies, il est indispensable de l'administrer à l'approche des repas, c'est-à-dire au moment où le travail digestif va faire affluer le suc gastrique, à moins cependant qu'on ne fasse suivre Tingestion de la poudre ferrugineuse d'une boisson acidulé, telle que la limonade, susceptible d'en réaliser la dissolution.

La dose de Fer réduit par l'hydrogène est de 10 à 20 centigrammes au déjeuner et au dîner. Une petite cuiller métallique, de la contenance de 10 centigrammes, sert k mesurer chaque prise. Il est superflu d'en donner davantage, et des doses trop massives pourraient même avoir l'inconvénient de nuire à la digestion, en absorbant une trop grande proportion des acides de l'estomac, et de donner lieu à des renvois nidoreux très-déplaisants.

La limaille de Fer, moins facilement attaquable, se donne en quantité un peu plus forte, de 20 à 50 centigrammes. Quand elle est grossière, une partie échappe à la dissolution.

On peut administrer le Fer métallique en pilules de 10 centigrammes, avec un excipient convenable.

Une lame de fer bien décapée sert à séparer le cuivre de ses combinaisons salines, et à démontrer laprésence de ce métal. En outre, le fer doux et l'acier (carbure et azoture de Fer) sont très-employés dans la confection des appareils et des instruments chirurgicaux.

ÉTAllV, Stannum.

Angl. Tin. — AU. Zinn.

L'Étain, ou Jupiter des alchimistes, est particulier au règne minéral, et n'offre, quant k son état naturel, qu'une seule circonstance intéressante à noter pour la médecine, c'est sa présence en minime proportion dans l'eau de Saidschiitz.

Action physiologique. — Delà part du métal elle est nulle : mais comme

Page 1