‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 179 sur 293 · ÉTAIN · texte numérisé non relu

ÉTAIN

rÉtain ingéré dans l'estomac et mis en présence des agents qui s'y rencontrent normalement, ne peut manquer d'entrer dans des combinaisons dont quelques-unes lui communiquent des propriétés actives, il n'est pas ■ exact d'affirmer que ce corps simple reste inerte dans les premières voies. On a cru remarquer que les substances grasses, acides, salines ou sim- ^ plement albumineuses, conservées dans des vases élamés avec de l'étain exempt de plomb, ont parfois occasionné des coliques et des vomissements. Or les substances albuminoïdes, acides et salines, ne manquent pas dans la cavité stomacale pour transformer l'Élain, et s'il existe réellement de l'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, il doit se former une quantité assez notable de chlorure pour déterminer des effets apparents. Dans d'autres cas, les dissolvants faisant défaut, le métal non transformé restera inoffensif. Telle est probablement la raison du désaccord existant entre les résultats d'Orfila et ceux de Schubarth, le premier considérant l'oxyde d'Étain comme un poison, et le second comme une substance dépourvue de toute efficacité.

Au reste, une circonstance a pu faire illusion sur la valeur de T'Étain métallique, c'est la présence habituelle d'une petite quantité d'arsenic dans celui qui n'a pas été purifié.

Usages. — Modes d'administration et doses. — La poudre d'Etain était naguère employée, chez nos voisins d'outre-Rhin et d'outre-Manche, contre les vers solitaires et l'épilepsie vermineuse (Monro, Fothergill, -Richter). Ce moyen n'est pas usité parmi nous. Il est même permis de se demander si cette action anthelminlhique ne doit pas être attribuée plutôt à la-faible proportion d'arsenic alliée à l'Étain. Cependant plusieurs auteurs, et nous inclinons facilement vers cette opinion, pensent que c'est l'Etain luimême qui agit en pareille circonstance, non pas mécaniquement, comme le croit Alston, en s'insinuant entre les parasites et la muqueuse intestinale, de manière à les détacher de celle-ci et à faciliter leur expulsion par les purgatifs, mais chimiquement, à la faveur de combinaisons dans lesquelles le métal a pu entrer. II est démontré, en effet, que certains composés stauniques, exempts de tout alliage, jouissent de propriétés vermifuges.

D'autre part, les expériences de A. Cahours et Jolyet nous apprennent que les sels de distannéthyle purgent énergiquement ce qu'il faut vraisemblablement attribuer plutôt au métal qu'au radical composé avec lequel il se trouve en combinaison. Quand ce dernier prédomine au contraire, comme dans le sesquistannéthyle et le peréthylure d'étain , on observe, d'après les mêmes auteurs, des phénomènes de stupeur du côté des centres nerveux avec la perte de coagulabilité du sang.

Jj'Élain purifié s'emploie sous deux formes : en limaille et en poudre, comme anthelminthique et surtout comme téniafuge, à la dose de 15 à 30 grammes. Sa présence, avons-nous dit, favorise l'action décolorante du sel d'oseille sur les taches d'encre. En outre, il sert à obtenir les combinaisons actives dont il fait partie, et à former avec une lame d'or roulée en

spirale la pile de Smithson, destinée à la recherche du mercure en médecine légale.

BISMUTH, Bismuthum.

Angl. Bismuth, Tinglass. — AU. Bismuth, Markasit.

Comme la plupart des métaux, le Bismuth est sans action sur réconomie. Gomme eux, il ne joue que le rôle d'absorbant vis-à-vis des acides, à la condition d'une oxydation préalable opérée aux dépens de l'eau ou d'une substance oxygénée.

A l'état salin, le Bismuth reste encore l'un des principes les plus innocents de la matière médicale, et semble aussi indifférent à l'organisme dans lequel il s'est -diffusé que le zinc lui-même, pourvu qu'il ne soit pas combiné avec un excès d'acide qui lui communique sa propre énergie (voy. Sous- Nitrate DE Bismuth).

Le Bismuth purifié n'a d'autre usage que de servir à la préparation du sous -nitrate de cette base.

ANTlMOliN'E, Slibium.

Angl. Antimony. — Ali. Spiessglanz.

Action physiologique. — Pas plus que les autres substances insolubles, l'Antimoine, à l'état de pureté, ne produirait directement d'effet sensible sur nos organes^, si les liquides digestifs ne parvenaient à en dissoudre des quantités appréciables, et à lui communiquer de la sorte des propriétés actives.

h' Antimoine ntétallique serait mênae plus actif (Trousseau et Pidoux) que certains oxydes ou oxysulfures de la même base, ce qu'il faudrait attribuer (Mialhe) à ce que c'est dé l'oxyde hydraté qui prend d'abord naissance. Cet oxyde se transforme ensuite aisément en chlorure ou même en tartrate, s'il existe dans l'estomaç des sucs végétaux chargés d'acide tartrique ou de tartrates alcalins, comme ceux de beaucoup de fruits, notamment du raisin. Il en résulte quelquefois l'action émétique.

Tel est, du reste, l'effet commun de toutes les préparations antimoniales dissoutes ou pouvant devenir solubles. Ces prépara:tions sont nombreuses, et je pense qu'elles empruntent à leur base métallique le caractère spécial et fondamental de leur action. L'acide n'ayant ici que le rôle accessoire de dissolvant, on pourrait, je crois, obtenir les mêmes résultats en associant l'Antimoine à l'acide citrique ou à l'acide malique en place de l'acide tartrique généralement usité. C'est d'ailleurs une combinaison que le médecin produit d'une manière inconsciente quand il fait boire de- la solution de sirop de groseille ou de cerise à la suite de l'administration du kermès ou de l'oxyde blanc d'Antimoine.

L'Antimoine possède aussi des qualités altérantes et semble enrayer l'hématose ; mais comme ses diverses propriétés pharmacodynamiques sont éminemment développées dans le tartrate antimonié de potasse, nous nous

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