MERCURE
réservons de les exposer et de les discuter à l'occasion de ce médicament capital (voy. Tartre stibié, Pharmacopée).
Usages. — On purgeait autrefois avec des pilules d'Antimoine impur mêlé d'arsenic, lesquelles passaient en grande partie inattaquées, et pouvaient ainsi servir plusieurs fois au même usage ; d'où le nom de Pilules perpétuelles. On faisait également vomir avec du vin ayant macéré dans des eoupes antimoniales appelées Coupes émétiqueS' ou Calices vomitoires. Ces pratiques sont tombées en désuétude, et l'Antimoine métallique ne sert plus qu'à donner les combinaisons antimoniales usitées en médecine.
MERCURE, Hydrargyrum, Mercurium.
Angl. Qïiicksilver, Mercury. — Ail. Quecksilber.
VHydrarrjyre ou Vif- argent, consacré à Mercure, dont il porte plus généralement le nom, est étranger à la composition des êtres vivants, et se rencontre dans le règne minéral à l'état natif ou combiné.
Action Physiologique. — Sauf l'impression de froid qu'il occasionne, le Mercure métallique est sans action immédiate sur nos organes. Mais on admet généralement que si le contact se prolonge et si le tégument externe est mal protégé par son épiderme- iL se développe une éruption vésiculeuse d'eczéma, constituant ce qu'on appelle l'hydrargyrie locale. Seulement, comme cet effet se montre à la suite des applications de pommade mercunelle, il serait probablement beaucoup plus juste de l'attribuer à la graisse rance qu'au métal qui lui est incorporé.
La peau intacte absorbe le Mercure métallique comme les autres matières gazeuses et capables de pénétrer, en vertu de la loi de diffusion, dans les orifices, les conduits et les cavités glandulaires des organes de la sécrétion sudorale (Gubler). En qualité de substance gazéifiable,. il est facilement absorbé par la surluce des voies respiratoires.
Injecté dans les veines, le Mercure se divise en globules qui, après avoirtraversé le cœur, vont s'arrêter da-ns les: capillaires viscéraux, surtout ceux des poumons,, où ils déterminent, de nombreux petits foyers inflammatoires et suppuratifs, accompagnés de fièvre et d^accidents généraux plus ou moins graves (Moulin, Gaspard, Gruveilhier).
^ Qu'il soit laissé en contact avec la peau, déposé dans le tissu cellulaire, mtroduit avec l'air sous forme gazeuse dans les voies respiratoires, ou porté dans le tube digestif, le Mercure est absorbé, et produit deux, ordres de symptômes : primitifs et consécutifs, aigus et chroniques.
Les premiers, à part des phénomènes' d'excitation, et une sorte de âèvre pnmaire bien rarement observée, sont le ptyalisme et la salivation pancréatique, mamfestée par le dérangement des fonctions diu tube digestif; la stomatite spéciale, avec son caTactère ulcéro-membraneux et sa fétidité repoussante, l'ébranlement et la chute des dents, la nécrose des maxillaires es lésions ulcéreuses de l'intestin ; avec une fièvre sympttvmatique ou secov!- 'lire, quelquefois Falbuminurie par néphTite et plus' souvent par dyscranie.
CORPS SIMPLES. j
l'hypoglobulie, l'état aplaslique du sang, et une sorte de scorbut; la chuic i
des cheveux, la faiblesse générale et la cachexie aiguë. ' ;
Les phénomènes de plus longue portée, en rapport avec un empoisonne- \
ment faible et lent, mais continu, qui a pu d'ailleurs déterminer au début j
les accidents primitifs énumérés ci-dessus, sont: l'anémie, l'albuminurie, j
l'altération nutritive et la cachexie; le tremblement et le bégayement, qui !
n'est en partie qu'un tremblement des muscles de la respiration, de la pho- j
nation et de l'articulation des sons; enfin le vertige, l'amnésie et un certain n
degré d'aphasie, le délire, la paralysie agitante, l'épilepsie et l'apoplexie, i
Sans parler de la fièvre hydrargyrique, de la polyurie, des sueurs profuses, ;|
des exanthèmes cutanés et des lésions parenchymateuses diverses qui viennent i
compliquer les symptômes ordinaires de Vhydrargyrisme aigu et chronique, i
dont A. Kùssmaul a tracé complètement l'histoire dans sa monographie du ;!
Mercurialisme constitutionnel. ,
On a pu administrer par la bouche' en une seule prise des masses énormes : j
de Vif-argent, sans produire aucun symptôme hydrargyrique, tandis que des ■ \
, quantités pondérales très-faibles du même métal amènent parfois des acci- \
dents rapides et sérieux. La différence est attribuée k ce que, dans le pre- (
mier cas, le Mercure métallique est demeuré intact, tandis que dans le se- j
cond il a pu s'oxyder (Guibourt) ou se transformer en chlorure double (
(Mialhe). Elle dépend aussi, selon moi, de ce que le métal sous forme mas- i ,sive a plus rapidement parcouru le tube digestif sans être absorbé.
Au reste, rien n'est plus variable que l'action du Mercure sur l'économie
et la susceptibilité individuelle pour ce médicament. J'ai vu une glossite i parenchymateuse et des lésions de la bouche et de l'isthme guttural mettre la vie en péril par asphyxie, à la suite d'une seule onction napolitaine faite sur l'hypogastre pour une péritonite puerpérale.
De pareils faits s'expliquent difficilement par l'introduction du Mercure
-par la seule voie cutanée, et me portent à penser que la vapeur métallique, i
respirée par le sujet, contribue pour une large part à l'intoxication. Il ne i
faut pas oublier en effet que le Mercure, qui se volatise au-dessous de 0° et \
possède une tension de vapeur mesurable à la température de 15°, doit )
fournir des émanations considérables à la chaleur du corps humain, prin- !
cipalement pendant la fièvre. Dans les cas ordinaires, l'hydrargyrisme qui \
succède aux frictions mercurielles s'explique sans doute en partie par la j
pénétration de la vapeur de Mercure dans les voies respiratoires et diges- I
tives en même temps que dans les glandes sudoripares, peut-être en partie i
aussi par l'absorption cutanée rendue facile à l'aide de l'eczéma local et de j
la mise à nu du réseau superficiel du derme. ;
Le Mercure circule daûs le sang à l'état d'albuminate. Il est éliminé par i
les urines, les salives, la sueur, la bile, et même par la sérosité des vésica- '
toires et des plaies. On l'a trouvé faisant partie intégrante de la plupart des =
tissus. Son élimination est favorisée (Melsens et Natalis Guillol), par l'io- \
dure de potassium, non parce qu'il se forme un iodure double plus soluble, '