ARISTOLOCHE RONDE
Angl. Catechti palm, Areca nul. — AU. Ar&\anuss.
Composition. — Les fruits de l'Aréquier {Areca Bétel, Fée) renferment une huile volatile et une matière rouge insoluble, de l'acide gallique et une grande quantité de tannin (Morin).
Action physiologique. — Les noix d'Aree ont conséquemment des qualités astringentes énergiques.
Usages. — Elles conviennent à tous les usages auxquels on emploie les substances astringentes.
Dans l'Inde, la Noix d'Arec est associée aux feuilles d'un Piper et à de la cbaux vive pour constituer le Bétel, masticatoire fameux auquel les indigènes attribuent la propriété d'affermir les dents et les gencives et de rafraîchir la bouche. Cette mixture agit manifestement comme sialagogue, teint la salive en rouge, et détermine une sorte d'ivresse quand on en fait usage pour la première fois. Telle est la confiance des Hindous dans les ingrédients du bétel,' que le charbon des Noix d'Arec leur semble le meilleur dentifrice.
La noix d'Arec fournit l'une des espèces deCachou(voy. ce mot) ; de plus, on en compose une sorte d'électuaire liquide pour remédier à la constipation qui accompagne la dyspepsie atonique.
ARGEi\Tii\E, Potenlilla Anserina, L. — Rosacées-Dry adé es.
Angl. Silver weecl^ ivild Tansy. — Ail. Silberkraut, Gcinserich.
La Potentille des oies, si fréquente dans les fossés et aux bords des mares, est chargée de tannin dans sa racine et ses organes de végétation. Elle doit à ce principe immédiat les propriétés astringentes qui l'ont fait vanter contre la diarrhée, la leucorrhée, les hémorrhagies, et employer comme diurétique et même comme fébrifuge à la dose de 2 k 4 grammes de suc ou de 30 grammes de plante sèche bouillie dans un litre d'eau.
ARISTOLOCHE CLÉMATITE, Arislolochia Ckmatilis, L. — Aristo-
LOCHIÉES.
AU. Waldrebeosterluzeî.
L'Aristoloche Clématite, assez commune dans les vignes, a joui d'une grande réputation, parmi les médicaments indigènes, comme fébrifuge, antiarthrilique et emménagogue.
Sa racine est âcre et fort active : 20 grammes suffisent à faire périr un chien par une action stupéfiante sur le système nerveux (Orfîla).
. ARISTOLOCHE LONGUE, AristolocMa longua, L. , et
ARISTOLOCHE no^BE, Aristolochia rotunda, L. •— Aristolochiées. Angl. Long and round Birthwort. — AU Lang und runde Osterluzei oder Hohlwurzel.
Les Aristoloches longue et ronde, spontanéesdans nos provinces méridionales et le midi de l'Europe, ont des propriétés analogues à celles de la précédente.
Elles sont douées d'une saveur douceâtre, puis amère, et constituent des stimulants énergiques.
On administre les racines de ces deux espèces en poudre, à la dose de 8 grammes, en plusieurs prises, ou en extrait, à dose moitié moindre, contre la goutte et pour rappeler les règles, contre le catarrhe pulmonaire , etc. L'Aristoloche ronde entre dans le fameux remède antigoulteux connu sous le nom de Poudre du duc de Porlland.
ARISTOLOCHE SEUPENTAIRE OU SERPErVTAIHE DE VIRGINIE.
Arislolochia Serpentaria, Guib. — Ari5tolochiées.
Angl. Virginian Snakeroot. — AU. ScJilangenkraut
Composition. — La racine de Serpentaire est récoltée dans la partie méridionale des États-Unis d'Amérique. Ses principes actifs sont une huile volatile, une résine molle d'un jaune verdâtre et une matière exlractive. L'huile volatile, d'une saveur modérée, possède une odeur forte qui participe du camphre et de la valériane. L'extractif deBucholz et de Chevallier est très-ameret légèrement acre.
Action physiologique. — La Serpentaire, d'après Jôrg, prise à petite dose, provoque l'appétit. A dose plus considérable elle détermine du malaise épigastrique, des nausées et une exonération répétée, sans que les selles deviennent plus liquides. Après absorption, elle augmente la fréquence et la plénitude du pouls, exalte la température de la peau et pousse aux sécrétions; elle peut même aller jusqu'à produire une douleur de tête corapressive, des troubles intellectuels, da l'agitation pendant le sommeil. Ces symptômes sont moins intenses que ceux que donne le camphre et plus forts que ceux du Oonlrayerva.
Usages. — La racine de Serpentaire est employée comme stimulant, dans les cas de torpeur et d'atonie, dans les fièvres malignes continues et mtermittentes, le typhus; comme diaphorétique, dans les angines malignes couenneuses et gaugréneuses. C'est un alexipharmaque recommandé contre la morsure des chiens enragés et surtout des serpents. " Modes d'administration et doses. - On administre la poudre à la dose de 60 centigrammes k 1^%50 ou 2 grammes; l'infusion ou la d.cociton à la dose de 4 grammes dans une quantité d'eau variable, en plusieurs fois. On prescrit la teinture à la dose de 10 à 20 gouttes
La Serpentaire fait partie de l'Eau Ihèriacale, de 1 Ormctan, etc.
ARISTOLOCHE Dii' BRÉSIL, MIL-HOMEA'S, Aristolochia cymbijcra,
Mart — Aristolochiées. .
VArislolochc imi-Homcns {Ar. grandi flora, Gomez) a des racines amères,
nauséeuses, toxiques pour les animaux, môme ^^^VO'^'^^'^:^^^^^^^^^ cnes et qui. à doses thérapeutiques, jouissent de propriétés stimulantes très-utiles, assure-t-on, contre la morsure des serpents vemmeux, les alieclions gangréneuses et putrides.
ARNICA. 2 b
C'est encore une espèce d'Aristoloche qui se vend depuis quelques années à Paris sous le nom de Guaco (Noël Pascal), mais nous avons aussi le Mikania Guaco de la famille des Composées-Eupaloriées. Cette Aristoloche, dont l'ai employé les tiges voluhiles, ou les racines, possède une saveur fortement amère mais en même temps nauséeuse, qui se fait sentir principalement sur l'arrière-gorge et laisse dans cette région une impression trèspersistante. Elle jouit de propriétés stimulantes et toniques analogues à celles de la Serpentaire.
ARMOISE , Artemisia vulgaris, L. - Composées ou Synanthérées-
SÉNÉCIONIDÉES.
Angl. Mugioort. — Ail. Gemeiner Beifuss.
V Armoise, fréquente dans les lieux incultes en Europe et jusqu'en Chine, est un stimulant analogue à l'Absinthe, seulement moins puissant. On la •îroit antihystérique, fébrifuge et même antiépileptique. Mais on ne la prescrit guère que comme emménagogue. Sous ce rapport, c'est un remède populaire qui n'est pas sans elficacité.
On se sert des sommités fleuries et des racines ; celles-ci à la dose de 4 grammes en poudre, celles-là à la dose de 8 grammes en infusmi.
On prépare encore un sirop d'Armoise qui entre dans les potions antispasmodiques, et une eau dtsiUlée. L'un et l'autre se donnent à la dose de 30 grammes.
L'Armoise entre dans la composition de l'Eau hystérique, etc.
ARKiCA., Arnica montana, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécio-
NIDÉES.
Angl. Mountain Arnica. — AU. Wolverlei, Fallkraut.
L'Arnica habite les régions montagneuses de l'Europe moyenne, et descend jusqu'au niveau de la mer dans le Nord, On fait usage des racines, des feuilles et des capitules.
Composition. — Ses racines contiennent une huile volatile et une résine acre. Ses fleurs, analysées par Chevallier et Lassaigne, présentent pour principes actifs de l'acide gallique, une résine à odeur d'Arnica et une matière amère analogue au cylisin, auxquels il faut joindre une huile bleue (Weber), de la Saponine (Bucholz) et, selon Bastick, un alcaloïde nommé arnicine, lequel est fixe, amer, sans âcreté, légèrement soluble dans l'eau, plus soluble dans l'alcool et l'éther et donnant avec l'acide chlorhydrique un sel cristaUin.
Action physiologique. — Ainsi que sa composition le faisait prévoir l'Arnica se distingue par ses propriétés acres. Avalé, il cause une sensation de brûlure dans la gorge, des nausées, des vomissements et de la gastralgie. Après absorption, il accélère le pouls et la respiration, pousse à la sueur et k la sécrétion urinaire. Il occasionne aussi de la céplialagie,du vertige et un sommeil pénible (Jôrg). A ces symptômes se joignent des trem-
blements et des convulsioas. Chez les femmes il cause, selon Turk, de violentes douleurs abdominales et des menaces d'avortement. Mais un symptôme prédominant de l'action de l'Arnica, ce sont les nausées et les vomissements. Par l'intermédiaire de ces ell'ets ou autrement, la plante amène en définitive une sédation et une débilité en opposition formelle avec les vertus stimulantes qu'on lui prête.
Substances synergiques, auxiliaires. — L'action physiologique de l'Arnica réclame de nouvelles et plus rigoureuses constatations. Il nous semble que cette action n'est pas très-éloignée de celles des principes actifs des Renonculacées et spécialement de l'aconitine. 1
Substances antagonistes incompatibles. — Hahnemann prétend que le vinaigre est le contre-poison de ^l'Arnica. On peut donner avec plus de confiance l'opium comme son antidote dynamique, et le tannin comme son contre-poison chimique.
Usages. — Les usages de l'Arnica sont loin d'être soumis à des règles rationnelles; l'empirisme, fort peu éclairé par la physiologie, gouverne la pratique en ce qui concerne cet agent. On l'employait autrefois comme émétique, comme fébrifuge, d'où le nom immérité de quinquina des pauvres, comme antiputride et tonique, antipsorique et anligoutteux. A titre de vomitif, il convenait quelquefois dans la dysenterie, contre laquelle StoU l'a préconisé. On le réserve aujourd'hui pour la torpeur cérébrale, et l'Arnica est un remède populaire contre les coups, blessures, commotions ; c'est, selon l'expression de Meissner, \3i panacealapsorum; mais l'eau froide a plus de part au succès que les quelques gouttes de teinture dont on prétend l'aiguiser.
Modes d'administbation et doses. — La racine se donne en poudre, à la dose de 20 à 30 centigrammes ; les fleurs en infusion, à la dose de 3 grammes dans 500 grammes. L'extrait représente si mal les propriétés de la plante, qu'il a fallu parfois le donner à la dose énorme de 4 grammes par jour. D'ordinaire on emploie la Teinture alcoolique pure ou étendue d'eau.
ARRÉTE-BŒUF OU BUGRANE, Ononis spmosa, L. — LÉGUMINEUSES-
Papilionacées.
Angl. Cammock pellywhin, Rest-barrow. — Ail. Ochsenbrechhraut.
Les racines de la Bugrane sont très-longues, b'ianches en dedans, noires a l'extérieur. C'est dans l'écorce que résident ses vertus apéntives et diurétiques, dont la puissance a été reconnue dès les temps les plus reculés. Gependant toute la plante jouit à un moindre degré desmêmes propriétés. LOnonw spinosa est indiqué dans les diverses circonstances auxquelles s'applique la médication diurétique : dans la diathèse urique, la gravelle, les inflammations de la muqueuse des voies urinaires, les hydropisies, etc. La matière résineuse, aromatique, exsudée par les extrémités des poils nombreux qm couvrent la lige, les feuilles et les calices, communique à l'eau distillée de cette
ARUM, GOUET, PIED-DE-VEAU. ^' espèce, et, à plus forte raison, à celle de V.O. Natrix, les qualités des substances balsamiques, et explique les bons effets qu'on en obtient contre les hémorrhoïdes, le scorbut et les ulcères.
ARROW-ROOT DE LA JAMAÏQUE, Marauta aruiidinacea^'PlvLm. et L.
— Amomacées.
Angl. West Indian Arrow -root.
Ces longues dénominations, anglaise et française, ne sont pas superflues. Outre VArrow-root proprement dit, il existe, en effet, quatre sortes de fécules qui portent ce nom : ce sont, l'Arrow-root de Portland fourni par VArum maculalum; celui des Indes orientales, parle Ciircuma angustifolia ; celui du Brésil, par le Jatropha Manihot: enfin, l'Arrow-root de Taïti, dû au Taccaoceanica.
Composition. — D'après Benzon, la racine de J/aranîaestformée de: huile volatile, exlractif gommeux, amidon, fibre ligneuse, albumine, chlorure de calcium et eau.
Action physiologique. — Les turbercules du Maranta arundinacea passent, aux yeux des Indiens de l'Amérique du Sud et de quelques Européens, pour avoir des vertus alexipharmaques. En réalité, la fécule de celte racine, débarrassée de l'huile volatile, n'est autre chose qu'un aliment respiratoire. Elle l'emporte seulement sur d'autres par sa finesse, ce qui en fait un aliment recommandable pour les dyspeptiques, les convalescents et les valétudinaires.
ARUM, GOUET, OU PiED-DE-VEAU, Arum maculatum, L. — Aroï-
DÉES.
Angl. Cuckoo-pint. — Ail. Aaronswwz.
Composition. — L'Arum maculatum, qui croît dans les lieux ombragés, est une plante âcra, caustique et vénéneuse quand elle est fraîche, presque inerte, au contraire, lorsqu'elle est sèche. Elle doit, en effet, ses propriétés à une subtance volatile et décomposable, tellement fugace qu'elle ne se retrouve pas dans l'eau distillée de la plante, et ne peut être saisie par l'alcool. Il n'en est pas moins vrai que le suc d& l'Arum maculalum, entre les mains d'Orfila, a fait périr des chiens en un jour, et que des enfants sont morts pour en avoir mangé les feuilles. Ce principe volatil paraît assez voisin de ceux des Aconits, et des Anémones, qui n'en sont peut-être que des modifications. A part celte substance volatile, les tubercules d'Arum sont presque entièrement formés de fécule facile à extraire.
Action physiologique. — A doses modérées, la racine ou les feuilles du Gouel causent de la brûlure et du gonflement dans la gorge, des vomissements, des coliques, de la diarrhée et des convulsions. Mcâchées en petite quantité, elles occasionnent dans la langue des picotements très-pénibles, qui durent plusieurs heures.
Substances synergiques, auxiliaires. ■— Les poisons acres des Renon-
enlacées et de plusieurs autres familles agissent probablement dans le même sens.
Substances Antagonistes. — antidotes. — Les antagonistes des poisons âcres ci-dessus monlionnés seraient probablement ceux de VArum. Au dire de quelques auteurs, l'expérience aurait appris que le MUlefeuiile {Achillea Millefolium) fait cesser inslantément la douleur de la langue, comparée aux piqûres de milliers d'aiguilles, que produit la mastication de la racine d'Arum.
Usages. — La racine de Pied-de-veau, à la dose de quelques grains seulement, a été employée comme émélo-catharlique violent. On l'a conseillée contre la fièvre et les affections accompagnées de débilité et de cachexie, contre le catarrhe pulmonaire et la céphalalgie. Rien de démontré ni même de rationnel dans la plupart de ces applications, d'autant plus que la racine a été d'ordinaire administrée sèche, c'est-k-dire inerte. Dans la poudre d'Arum composée^ elle tient simplement la place d'une fécule.
La fécule d'Arum se trouve dans le commerce anglais sous le nom de Portland Arrow-root oviSago; elle est pure et parfaitement comestible.
ASA FCETiDA, Ferula Asa fœlida^ L. — Ombellifères-Peucédanées. Angl. Assa fœlida ferula. — AU. Teufelsdreck.
Composition. — Cette Ombellifère, qui habite la Perse, l'Afghanistan et le Punjaub, fournit, par l'incision de la partie supérieure de sa racine vivace, une gomme-résine fétide, d'une odeur excessivement pénétrante lorsqu'elle est fraîche, et qui persiste des années dans l'espace confiné où elle est répandue. Cette substance renferme, outre des gommes et différents composés organiques et minéraux, de la résine et une huile volatile spéciales. La résine se décompose en deux espèces : l'une soluble, l'autre insoluble dans l'éther. L'huile volatile, d'une odeur exaltée à' Asa fœlida, possède une saveur d'abord djuca, puis amère et âcre. Elle renferme du soufre et probablement du phosphore au nombre de ses éléments constituants. D'après Hlasiwitz elle aurait pour formule : C"'H"'S". UAsa fœlida^ d'après le travail intéressant de Vigier, ne serait autre que le fameux Laserpilium de Pline. Mais on a peine à se persuader qu'une substance si repoussante pour nous soit réellement le Silpliium des anciens, lequel était si recherché des riches amateurs qu'il valait son pesant d'or et que les Romains trouvèrent dans la vente d'une provision de ce condiment de quoi subvenir aux frais de la seconde guerre punique. D'ailleurs il résulterait des intéressantes observations faites dans la Cyrénaïque par le docteur Laval, que le Silphium aurait une autre origine. La plante qu'il m'a rapportée est une espèce du genre Thapsia.
Action physiologique. — Dans la bouche et l'estomac, l'Asa foHida cause une sensation de chaleur, sans l'irritation locale des gommes-résines purgatives.
D'après Jôrg et ses élèves, des doses de quelques centigrammes suffiraient à produire du malaise épigastrique et des dérangements intestinaux, une
ASA FŒTIDA. 29
excitation quasi fébrile du pouls et de la chaleur, avec accroissement de la sueur et d'autres sécrétions, l'excitation génésique dans les deux sexes et des phénomènes d'irritation du côté des organes génito-urinaires. Trousseau et Pidoux n'ont pas rencontré une pareille susceptibilité organique vis-à-vis de VAsa fœiida, car 15 ou 16 grammes de cette substance, pris en une seule fois, n'ont produit d'autre effet que de communiquer, à diverses sécrétions, une horrible fétidité. Ce sont là sans doute des résultats extrêmes dont il faudrait prendre la moyenne pour obtenir la valeur ordinaire du médicament valeur qui, du reste, doit varier énormément selon les conditions de santé du sujet. En tout cas, l'expérience physiologique et pathologique démontre ce que la composition chimique, la présence d'une essence sulfurée et peut-être- phosphorée, faisait pressentir, c'est que YAsa fœticla jouit de propriétés stimulantes diffusibles incontestables et puissantes.
Cette gomme-résine est absorbée et passe dans les sécrétions, ainsi que le prouve l'expérience de Trousseau et Pidoux. Les Orientaux qui en font usage ont une transpiration infecte, ce que savait Aristophane.
Substances synergiques, auxiliaires. — Toutes les gommes-résines fétides des Ombellifères, les substances aromatiques et balsamiques, et en général les préparations sulfureuses et phosphorées, les alcools, les éthers, sont synergiques ou auxiliaires de YAsa fœtida.
Substances antagonistes, incompatibles. — ' Les acides, les relâchants, les sels neutres, le froid, etc., contrarient l'action de cette gomme-résine.
Usages. — Malgré son odeur repoussante, VAsa fœiida est un condiment fort recherché et fréquemment usité en Perse et dans l'Inde, où il sert peutêtre k corriger les effets débilitants du climat sur les organes digestifs. Les brahmes l'emploient expressément comme digestif, carminatif et aphrodisiaque.
En Europe, YAsa fœtida est donné dans la constipation atonique avec pneumatose intestinale et dans la colique flatulente. On le prescrit aussi comme emménagogue dans l'aménorrhée torpide de certaines chlorotiques et anémiques. Il estrationnellementindiqué, en qualité de balsamo-sulfureux, dans la bronchite chronique accompagnée de sécrétions muco-purulentes, même lorsque ces symptômes se rattachent à une tuberculisation de forme lente et sans complication inflammatoire.
Mais on en réserve surtout l'usage pour des phénomènes nerveux variés, caractérisés principalement par des spasmes et des convulsions, la toiix spasmodique, l'angine striduleuse et le spasme glottique, l'asthme, les convulsions infantiles, voire même l'épilepsie; enfin, et par-dessus tout, pour les manifestations multiformes de l'hystérie et des névropathies voisines.
Contre-indications. — Seulement on doit renoncer à ce moyen dès que l'hystérie devient fébrile et s'accompagne de symptômes d'embarras gastrointestinal. Il faut éviter de même ses propriétés stimulantes toutes les fois qu'on a aflaire à une pyrexie, k une phlegmasie, ou même k une simple phlogose des premières voies.
Modes d'administration et doses. — UAsa fœtida se donne en nature à la dose de 50 à 60 centigrammes, répétée trois fois par jour, soit en pilules, soit en émulsion. Pour lavement, la dose est de 4 grammes. La teinliire alcoolique se prescrit à la dose de 2 grammes.
li'Asa fœlida entre dans les Pilules de Fuller, la Potion antihyslérique du Codex, et dans presque toutes les formules contre l'hystérie.
ASAKUM ou CABAiiET, Asarum europœum, L. — Aristolochiées. Angl. Common Asarabacca. — Ail. Haselwurz.
Composition. — Le Cabaret est une plante indigène dont la racine, trèsaclive, renferme deux huiles volatiles, l'une liquide, l'autre cristallisant en aiguilles soyeuses ; un principe analogue au camphre, et un autre doué d'amertume. — L'huile volatile, très-âcre, se rapproche du principe volatil de l'Arum.
Action physiologique. — Toutes les parties de la planté sont irritantes, d'une saveur acre, d'une odeur poivrée, La poudre de racine, portée dans les narines, provoque l'éternument, un écoulement de mucus et quelquefois une épistaxis. Avalée, elle occasionne des douleurs d'entrailles, des nausées, des vomissements et des évacuations alvines. Elle produit aussi quelquefois un flux urinaire.
Usages. — V Asarum est le plus violent sternulatoire que nous possédions. On l'a employé comme tel dans diverses affections du cerveau, des yeux, de la face et de l'entrée des voies respiratoires. .
Gomme émélique, le Cabaret n'est surpassé que par le tartre stibié et les ipécacuanhas ; 30 k 50 centigrammes de racine fraîche suffiraient pour provoquer les vomissements qu'on n'obtient qu'avec 50 centigrammes à 2 grammes de racine sèche. On la donne en poudre et en infusion, mais non en décoction, à cause de la fugacité de son principe éminemment actif.
V Asarum entre dans la Poudre Saint-Ange, l'Orviétan, V Emplâtre diabotanum, etc.
ASCLÉPIADE ou DOMPTE. VENiiv, Asclepias Vinceloxicum, L.; Yinceloxicum officinale, Mœnch. — Asclépiadées.
Angl. Swallow-wort. — Ail. Schwalbenwurz, Giftwurz.
Le Dompte-venin, ainsi nommé parce qu'on le croyait alexitère, est fréquent dans les taillis des terrains secs et pierreux. C'est un poison acre dont il faut se défier, et qui renferme, selon toute probabilité, entre autres substances un principe immédiat analogue à l'apocynine trouvée dansl'^pocmum cannabinum. A petites doses, on peut l'utiliser en médecine. Il a été conseillé comme stimulant et comme purgatif hydragogue dans la scrofule et les maladies de la peau.
A la suite du Dompte-venin se place naturellement une plante exotique dont on dit merveille depuis quelque temps et qui apparUent à la même famille.